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ISBN : 224686108X
Éditeur : Grasset (16/08/2018)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 30 notes)
Résumé :
« Tu étais libre et sauvage. D’une beauté à couper le souffle. Tu n’étais plus une enfant, pas encore une adulte quand tu enflammas la pellicule du Dernier Tango à Paris, un huis clos de sexe et de violence avec Marlon Brando.
Tu étais ma cousine. J’étais une petite fille et tu étais célèbre. Tu avais eu plusieurs vies déjà et de premières fêlures. Tu avais quitté ta mère à quinze ans pour venir vivre chez mes parents. Ce Tango marquait le début d’une grande ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  10 septembre 2018
Elle était belle, non, plus que cela : superbe avec ses cheveux bruns et tout le monde se retournait sur son passage. C'est sa cousine, Vanessa Schneider qui a écrit « Tu t'appelais Maria Schneider » sur cette actrice française, un monstre du cinéma dans les années soixante-dix, décédée trop tôt, à 58 ans en 2011.
Vanessa écrit : « Ce livre est pour toi, Maria. Je ne sais pas si c'est le récit que tu aurais voulu, mais c'est le roman que j'ai voulu écrire. » Ainsi que ces paroles de toi : « J'ai eu une belle vie. » Puis :
« Tu as glissé sur cette phrase comme un doigt fatigué se promène sur une panne de velours avec un sourire doux et le regard envolé vers des souvenirs heureux. C'était quelques jours avant ta mort. » (p.7)
Dans cet ouvrage, Vanessa s'adresse à sa tante Maria, dans un récit émouvant, un livre qu'elles auraient aimé écrire ensemble mais le destin en a voulu autrement.
Maria était mal aimée de sa mère, elle gênait entre ses frères, mais elle a appris tout de même que son père était Daniel Gélin qui n'a pas pu la reconnaître car il était marié. Elle finit tout de même par le rencontrer et il l'emmène sur des plateaux de tournage où elle fait la connaissance de comédiens ainsi que de metteurs en scène ou de réalisateurs qui ne sont pas indifférents à son physique avantageux. C'est qu'elle est tellement belle !
Pendant ces années soixante-dix, toute jeune, elle commence à faire des figurations grâce à Alain Delon et elle va même vivre quelque temps chez Brigitte Bardot qui restera son amie jusqu'à la fin.
Mais voilà qu'à peine à l'âge de dix-neuf ans, Bernardo Bertolucci lui propose un rôle dans « Dernier Tango à Paris » avec l'immense séducteur Marlon Brando. Un film scandaleux à cette époque, qui va être lourd de conséquences pour Maria car elle va subir des insultes et se révéler une source d'humiliations pour elle.
D'ailleurs le film (sorti en 1972, « ne passe pas la censure et se retrouve classé « interdit aux moins de 18 ans », un visa qui déchaîne la curiosité. Il devient immédiatement objet de scandale. » (p.60).
Il va rester un fardeau pour Maria durant toute sa vie, lui coller à la peau. Mais cela ne l'a pas empêchée de rester en contact avec Marlon, « ils n'avaient jamais rompu le fil » (on l'apprendra par surprise car personne ne le savait).
Vanessa Schneider rend un bel hommage à Maria dans un style épuré, des phrases courtes mais qui touchent. Elle nous fait part de toutes ses belles rencontres artistiques, elle le sex-symbol involontaire mais aussi de ses excès d'alcool, de drogue, de sa lente descente aux enfers.
Parmi ces rencontres, il est à remarquer celle qu'elle a eue avec Patti Smith dont l'auteure dit « 
« Je ne connais pas particulièrement l'oeuvre de Patti Smith, si ce n'est quelques morceaux devenus cultes et le sublime Just Kids qui raconte ces années-là. (…) Au détour d'une interview à propos de son dernier album Banga, je découvre qu'elle a composé pour toi un poème chanté, un adieu doux et mélancolique avec des riffs de guitare que tu aurais adorés. La chanson s'appelle Maria, simplement Maria. Patti Smith l'a écrite au lendemain de ta mort. » (p.190). Elles s'étaient rencontrées dans un restaurant où Patti était venue au-devant de Maria, tout intimidée devant tant d'honneur.
Vanessa, grand reporter et écrivaine à succès, avec toute cette énumération des personnages ayant connu Maria, reconnaît son destin tragique et son désir de retrouver l'amour d'un père. Cette « femme trop belle, punie pour ses audaces et ses mauvais choix » avait trouvé en la personne de Brigitte Bardot une amitié tellement fidèle que celle-ci avait tenu à prendre en charge tous les frais des obsèques – un beau geste d'une autre sex-symbol considérée elle aussi comme une femme-objet de désir, seulement jugée sur son physique.
C'est ainsi que Maria a sombré petit à petit, avec parfois quelques moments d'espoir, mais la fin est inéluctable avec la maladie qu'elle endure de façon héroïque.
Avec ce roman où les faits sont très précis, Vanessa nous offre un beau témoignage d'amour et d'admiration pour Maria – un beau récit sur une famille, sur une femme qui voulait rester libre de ses choix pendant ces années soixante-dix. Il y est également question d'événements politiques avec la gauche qui est en passe de prendre le pouvoir – la mort de Mao, le Grand Timonier ...
Encore un beau livre bien complet mais qui se lit très rapidement pour cette rentrée littéraire 2018.
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Bazart
  18 septembre 2018
Sans le fameux mouvement #MeToo, sans doute jamais Bernardo Bertolucci n'aurait pris la peine de s'excuser, 40 ans après les faits, de la façon particulièrement violente et cruelle avec laquelle il a tourné la fameuse "scène du beurre" de son film le dernier tango à Paris , à l'insu de son héroïne Maria Schneider.
En effet, il faut savoir que, pour sa jeune comédienne , ce tournage a été ressenti comme un viol, l'une des scènes emblématiques et sulfureuses n'étant pas inscrite au scénario mais préméditée et par Marlon Brando et par le réalisateur.
Vanessa Schneider, grand reporter au Monde et romancière, et qui n'est autre que la cousine de la comédienne , revient, dans un livre évène
ment de la rentrée, sur cette scène et sur l'incidence qu'elle a eu dans la vie de .Maria Schneider, mais elle tient aussi à rappeler qu'elle n'était pas la femme d'une seule scène choc.
Vanessa a toujours été fascinée par sa cousine. Dès 6 ans, elle collectionne tous les articles qui lui sont consacrées : difficile d'en connaitre réellement les raisons : est ce parce que la vie de cette actrice a eu des “incidences” directes sur la sienne ? est ce parce qu'elle faisait partie de son quotidien ?
Quelque que soit la raison, lorsque Maria Schneider décède, Vanessa Schneider prend la plume et nous parle de son enfance bancale, à côté d'une mère qui ne sait pas l'aimer, de ses débuts au cinéma, de son mal être croissant.
La comédienne, juste aprés « le dernier tango à Paris » de Bernardo Bertolucci, est tombée dans les affres de la drogue et va connaitre son lot de parts d'ombre et tourments, mais aussi quelques moments plus heureux dont Vanessa veut aussi parler, comme ce tournage avec Jack Nicholson pour un film dont elle était fière : le très beau "Profession Reporter" d'Antonioni.
Au fur et à mesure de notre lecture, son destin malheureux nous a fait penser à celui de Jean Seberg et hasard, ces deux jeunes femmes, toutes les deux femme-enfant, se croisent à un moment dans ce très beau récit de Vanessa S.
Comment ne pas être touché par la vie de cette actrice, manipulée par Bertolucci et Marlon Brandon, portée aux nues et conspuée en même temps, rejetée du monde du cinéma à partir du moment où elle refuse de tourner des scènes de sexe, propulsée si jeune dans un monde où “cet enfant perdu” n'avait peut être pas sa place.
Dans ce récit vibrants d'émotions, l'on y croise aussi son père Daniel Gélin, mais aussi Alain Delon et Brigitte Bardot qui sont même particulièrement soignés par l'auteur, sortes de bienfaiteurs inattendus .
"Tu t'appelais Maria Schneider" est aussi le tableau d'une époque, celle des années 70 et celui d'une famille où la folie et les excès sont toujours présents.
Réduite à une image qui n'était pas vraiment elle (même Libération lorsqu'il fait son portrait, choisit une photo d'elle nue, ce qui serait impensable pour un homme), avec ce livre, Vanessa Schneider redonne à Maria Schneider une complexité et une densité profondément humaines.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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coquinnette1974
  12 août 2018
Quel plaisir de découvrir la rentrée littéraire en avant première grâce à net galley :)
Les éditions Grasset ont eu la gentillesse de m'envoyer : Tu t'appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider.
Maria Schneider est une actrice française née le 27 mars 1952 à Paris et décédée le 3 février 2011. Elle a défrayée la chronique en jouant dans le Dernier Tango à Paris, avec Marlon Brando. Alors mineure à l'époque (la majorité était à 21 ans), la jeune femme ignorait que ce film changerait sa vie et sa réputation à jamais !
Vanessa est la cousine de Maria, elles auraient du écrire cet ouvrage toutes les deux mais Maria est décédée avant d'un cancer.
Alors, Vanessa s'est décidée à lui rendre hommage, enfin, en nous dévoilant qui était Maria. On découvre aussi Vanessa, son enfance, comment elle a découvert qui était réellement sa cousine, ce qu'elle en en a pensé..
Ce n'est pas un roman mais un ouvrage très personnel, un hommage qui est très bien conçu.
Je n'ai jamais vu le dernier tango à Paris, le nom de Maria Schneider me disait vaguement quelque chose. Mais j'ai un peu plongé dans l'inconnu avec ce livre. Et il m'a énormément plu car c'est bien écrit, l'auteure vogue entre son enfance, Maria, ses souvenirs, leurs souvenirs communs...
C'est un bel hommage, avec des retours en arrière, cela peut paraître un peu brouillon mais pourtant à aucun moment je ne me suis perdue.
C'est une autre époque que nous découvrons avec ce livre, une époque révolue mais pas si lointaine. Une époque où les hommes avaient le pouvoir et n'hésitaient pas à aller un peu trop loin avec les jeunes actrices.. Est ce que cela a réellement changé ??
Je viens de dévorer ce livre d'une traite, je suis contente d'avoir découvrir cette femme et je mets avec plaisir quatre étoiles.
Encore une bonne découverte de cette rentrée littéraire :)
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Cigale17
  23 août 2018
Je ne me joins pas à ce concert de louanges ; j'en suis presque gênée...
Tu t'appelais Maria Schneider ne se présente ni comme un roman, ni comme une autobiographie, ni comme une biographie. En fait, l'auteure, Vanessa Schneider, grande reporter et écrivaine, semble vouloir effacer rapidement la frontière entre les genres : « Je ne sais pas si c'est le récit que tu aurais souhaité, mais c'est le roman que j'ai voulu écrire ». Il y aurait beaucoup à dire sur cette seule phrase qui révèle le souci de l'écriture et qui ouvre le champ des possibles. Les oppositions entre « tu » (Maria) et « je » (Vanessa) ainsi qu'entre le récit que Maria aurait souhaité (faire, lire, écrire ?) et le roman que Vanessa a voulu (écrire) apparaîtront à de nombreuses reprises dans le texte et suggèrent les multiples contradictions que l'auteure fait partager aux lecteurs. On se rendra compte au fil de la lecture qu'il s'agit de raconter autant Vanessa que Maria.
Dans une suite achronologique de chapitres très brefs pour la plupart, Vanessa Schneider évoque la carrière scandaleuse et la vie tourmentée de sa cousine Maria, de dix-sept ans son aînée, en alternance avec sa propre vie. Les deux femmes appartiennent à une famille dysfonctionnelle sur laquelle Vanessa a d'ailleurs écrit d'autres textes auxquels elle fait allusion à quelques reprises : Tâche de ne pas devenir folle sur sa grand-mère paternelle, d'origine roumaine, qui est aussi la grand-mère de Maria, et La Mère de ma mère sur sa grand-mère maternelle, d'origine haïtienne, à laquelle elle doit sa couleur de peau qui, explique-t-elle, la marginalise et la fait beaucoup souffrir pendant l'enfance et l'adolescence. Les récits de leurs deux vies s'entremêlent ; tantôt la biographie de Maria est privilégiée, tantôt elle n'est qu'un point d'appui pour raconter celle de Vanessa.
Les femmes de leur famille ont des destins « exceptionnels » écrit Vanessa Schneider, et pas dans l'acception positive de l'adjectif ! La mère de Vanessa coupe les ponts avec sa propre mère « splendide et vénéneuse Haïtienne » sans que l'on sache trop pourquoi. Sa grand-mère paternelle, mariée à quinze ans à un homme beaucoup plus âgé qu'elle, aura des enfants de plusieurs hommes, privilégiera ses six garçons (dont le père de Vanessa) et négligera sa seule fille, la mère de Maria, qui développe une personnalité très perturbée, par exemple dans les relations avec sa fille : elle jalouse Maria et semble incapable de l'aimer. Ces déséquilibres se répercutent sur les générations suivantes.
Tout en lui reconnaissant d'évidentes qualités littéraires, j'éprouve beaucoup de difficultés à commenter ce livre qui m'a mise profondément mal à l'aise. le scandale provoqué par Dernier tango à Paris n'en n'est pas la cause. Je suis de la même génération que Maria Schneider, et sans être une habituée des journaux à potins, je connaissais déjà la plus grande partie de ce qui est raconté ici tant la tempête autour de ce qu'on a appelé la scène du beurre fut énorme. Ce qui m'a dérangée, c'est que l'auteure donne parfois l'impression de régler ses comptes.
On dirait en effet que ce livre veut mettre en lumière certains défauts, faiblesses, bassesses de l'entourage proche ou moins proche de Vanessa Schneider. Maria Schneider est présenté sous différentes facettes, sans concession. Mais la compassion de l'auteure ne sonne pas toujours juste, et l'alternance entre une prétendue bienveillance et une grande sévérité construit cette histoire. le père de Vanessa est parfois adulé, mais plus fréquemment, il n'est pas à son avantage. On pourrait croire que Vanessa s'approprie la rancoeur de Maria qui est restée longtemps sans parler à son oncle : c'est lui qui l'a fait enfermer dans un « établissement […] loin de Paris ». Mais avant de raconter cet épisode, Vanessa interpelle son père à qui s'adresse alors le « tu » habituellement destiné à Maria : « Tu n'as jamais rien pu jeter, papa, […] te résoudre à te débarrasser d'un fond de lait, d'un reste de poulet », etc., lui reprochant une forme d'avarice et son intransigeance. Ou encore : « Les forêts me font peur, papa, depuis que tu nous y as perdus un automne alors que nous étions si petits », comme si le père avait perdu volontairement les enfants et ne s'était pas lui-même perdu…
C'est la famille Gélin qui fait les frais du plus grand nombre de coups de griffes, me semble-t-il, même quand l'intérêt pour éclairer l'histoire de Maria n'est pas évident. Par exemple, ces remarques sur la famille Gélin qui assiste à l'enterrement de Maria : « À droite, leur mère, Sylvie Hirch, aux courbes alourdies par les années. le mari de Fiona ne figure pas sur le cliché. de toute façon, il ne l'a pas été longtemps », etc. Bref, le sentiment de culpabilité provoqué par l'écriture de ce livre souvent avoué puis dénié, l'indulgence pour les frasques de Maria affirmée puis effacée, le déballage des inclinations de chacun (qui est bisexuel, qui s'est drogué, qui a tapiné, etc.), et la quantité de remarques acerbes m'ont sans aucun doute empêchée d'apprécier toutes les qualités du document.
Comment dire… J'ai parfois eu l'impression d'avoir été incitée à participer au grand déballage du linge sale qui n'aurait pas encore été lavé en famille...
Pour le Grand Prix des lectrices de Elle : merci pour tous les livres !
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jg69
  19 août 2018
L'actrice Maria Schneider est décédée à l'âge de 58 ans en 2011. Dans ce livre c'est Vanessa, sa cousine, sa cadette de dix sept ans, qui s'adresse à elle. C'est un livre qu'elles avaient prévu d'écrire ensemble car Maria tenait à donner sa version des faits qui ont marqués sa vie mais devant les doutes de Maria, elles ont renoncé toutes deux à ce projet. Vanessa entreprend de raconter leur histoire à elles deux "ce livre parle beaucoup de toi et un peu de moi... Ce livre est pour toi, Maria. Je ne sais pas si c'est le récit que tu aurais souhaité mais c'est le roman que j'ai voulu écrire".
Maria a été mal aimée par sa mère et n'a pas été reconnue par son père Daniel Gelin. Mise à la porte de chez elle par sa mère alors qu'elle n'a que 15 ans, elle vit alors chez son oncle et sa tante, les parents de Vanessa, des parents militants gauchistes baba cool qu'elle décrit comme magnifiques et libres "c'était avant que je comprenne quelle famille nous étions, c'était avant l'âge où la honte est venue" car alcoolisme, folie, bâtardise, drogue, suicides, internements psychiatriques, incestes sont légion dans cette drôle de famille.
Daniel Gélin, entraîne Maria adolescente sur les plateaux de cinéma, lui fait découvrir la vie parisienne, les boîtes et la fête. Maria fait ses premières figurations grâce à Alain Delon, est hébergée un temps chez Brigitte Bardot qui jouera un rôle de mère auprès d'elle jusqu'à la fin de sa vie.
Mais le rôle qui lui est proposé à l'âge de dix-neuf ans dans le film de Bertolucci "Un dernier tango à Paris" va faire basculer sa vie. En effet, ce film symbole de l'aliénation de la femme, de sa soumission totale au désir de l'homme a été le film le plus scandaleux des années 70. Impressionnée de jouer, elle la jeune inconnue, avec le grand Marlon Brando, Maria tombe dans un piège car il lui sera imposé une scène qui deviendra son fardeau toute sa vie. Rendue célèbre et maudite par ce film, elle sera victime de blagues douteuses, recevra des insultes dans la rue, des attaques très violentes auxquelles elle n'était pas préparée.
Dès la sortie du film, Maria commence à sombrer, à se perdre elle-même et à se défoncer aux drogues dures. Elle joue dans sa vie un rôle conforme à l'image sulfureuse qui lui est accolée, une image de sex-symbol, de femme-objet trop lourde à porter pour cette jeune femme très fragile. Elle sera l'incarnation des excès et de la liberté à outrance... Bien entendu au cinéma il ne lui sera plus proposé que des rôles où elle sera dévêtue.
J'ai beaucoup aimé ce récit qui nous entraîne dans les années 70 au sein d'une famille très compliquée que l'auteure n'hésite pas à qualifier de famille de fous. C'est aussi une plongée dans le monde du cinéma, décrit comme un milieu d'hommes misogynes avec un metteur en scène qui manipule odieusement une jeune actrice.
Ce roman retrace le destin tragique "d'une femme trop belle, punie pour ses audaces et ses mauvais choix" d'une jeune femme pour qui le cinéma était un moyen de se rapprocher de son père, une enfant perdue en quête de l'amour de son père. J'ai été touchée par le destin de Maria que Vanessa résume parfaitement avec cette phrase : "tu as manqué de tous les regards, de tous les égards, ceux de ton père absent, ceux de ta mère si mal aimante. Tu ne pouvais que devenir comédienne". Vanessa Schneider est une journaliste de valeur qui a une jolie plume et son livre est tout sauf people.
Lien : http://leslivresdejoelle.blo..
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critiques presse (7)
LePoint   18 septembre 2018
'est cette vie brisée que Vanessa Schneider reconstitue avec empathie et tristesse pour réhabiliter une cousine qu'elle aurait aimé mieux connaître. On découvrira l'amitié et la fidélité inaltérables que Brigitte Bardot portait à cette petite sœur, qu'elle aida, conseilla, hébergea comme si, au lendemain du Dernier Tango à Paris, elle avait compris que la vie de cette comédienne au talent indiscutable se terminerait tragiquement.
Lire la critique sur le site : LePoint
Actualitte   06 septembre 2018
A la fois biographie, autobiographie, mais aussi chronique des années 70, époque où un peu partout dans le monde, porté par le mouvement étudiant, on pensait que tout était possible et qu'on allait refaire le monde en levant tous les interdits, tous les tabous, Vanessa Schneider parvient à peindre un univers où les êtres humains finissent par hurler comme des bêtes sauvages.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Culturebox   03 septembre 2018
En flashes successifs, l'écrivain et journaliste Vanessa Schneider brosse un portrait émouvant de sa cousine et dissèque, en arrière plan, le noeud toxique familial qui les unit.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Liberation   03 septembre 2018
Avec «Tu t’appelais Maria Schneider», la journaliste et cousine de l’actrice nous fait entrer dans l’intimité d’une femme qui, aujourd’hui, serait sans doute une des figures de proue du mouvement #MeToo.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs   24 août 2018
Le destin de l'actrice Maria Schneider, révélée et détruite dans «le Dernier Tango à Paris», fut une tragédie. Huit ans après sa mort, sa cousine Vanessa Schneider lui adresse une lettre bouleversante, où elle la venge du mal qu'on lui a fait.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaPresse   23 août 2018
Sous la plume de la journaliste, on découvre une Maria fragile, complexe, vulnérable, sauvage et libre malgré tout. Un superbe texte empreint d'émotion et de lucidité qui n'essaie pas d'embellir une vie qui a cruellement manqué de beauté, justement.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Bibliobs   22 août 2018
"Cette histoire, écrit Vanessa Schneider, a forgé ce que je suis, elle m'appartient."
Elle la restitue avec une audace, une loyauté, une rage peu communes, et une empathie qui rappelle celle de son père, Michel Schneider, pour une autre grande brûlée du cinéma: Marilyn Monroe.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   12 septembre 2018
Tu as quatorze ans, tes cheveux sont toujours aussi courts, mais ne t’empêchent pas d’être de plus en plus jolie. (…) A ta mère qui te presse de questions, tu avoues un jour avoir un amoureux. (…) Une seule chose l’intéresse : Est-ce que tu couches avec lui ? Tu t’offusques, tu es heurtée, comment peut-elle penser une chose pareille ? Non bien sûr, ça ne va pas ! Elle soupire, lève les yeux au ciel, puis les repose sur toi : Qu’est-ce que tu manques de courage, ma pauvre fille !
P.24/25
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nadiouchkanadiouchka   11 septembre 2018
Je vais avoir douze ans dans quelques jours. C’est l’année 1981, une année particulière chez nous comme chez beaucoup d’autres Français. La gauche est en passe d’accéder au pouvoir. (…) J’avais balbutié : qu’est-ce qui se passe ? Mao est mort. Je me souviens avoir partagé sa peine. Le Grand Timonier était notre modèle, le grand-père que je n’ai jamais eu. Les exemplaires du Petit Livre rouge étaient partout dans l’appartement. (…) Il avait libéré son pays et s’apprêtait à faire de même avec les opprimés du monde entier.
P.170.171
+ Lire la suite
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nadiouchkanadiouchka   10 septembre 2018
Tu es une enfant d’après-guerre, de la reconstruction du début des Trente Glorieuses.
P.19
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ZarpsZarps   08 septembre 2018
Dans ma famille, on ne fait pas les choses à moitié. Quand on boit, on meurt à huit grammes.
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ZarpsZarps   06 septembre 2018
Lire ELLE représente alors une incongruité totale, un plaisir immense, une bouffée de futilité. ELLE raconte tout ce que nous ne connaissons pas : la mode, les vacances au soleil, la Méditerranée, les crèmes de beauté, quand l'objectif fixé par l'organisation à laquelle papa appartient est de changer le monde.
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Videos de Vanessa Schneider (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vanessa Schneider
Rencontre avec Vanessa Schneider.
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