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ISBN : 2070363910
Éditeur : Gallimard (25/05/1973)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 45 notes)
Résumé :

" Willsdorff a dégoupillé une grenade. Lentement, Torrens se lève, tenant sa carabine d'une main, il calme encore de l'autre le tireur F.M." Feu ! ".Il accompagne son hurlement d'un grand geste de son bras libre. Toutes les armes du groupe tirent en même temps, le fracas est assourdissant. En quelques secondes la colonne de coolies et de soldats se disloque. Les corps tombent au milieu des impacts de balles et des explosions de grenade... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
oran
  18 mars 2017
Quand on évoque la guerre d'Indochine (1946-1954), on pense souvent au Viêt-Nam, mais on a tendance à oublier que le conflit se déroulait aussi au Cambodge et au Laos.
Ce roman se passe dans la jungle laotienne, un an avant la fin du conflit. Une section, sous-division composée d'une quarantaine de 41 supplétifs (combattants recrutés parmi la population locale pour compléter l'armée régulière.) encadrée par quatre militaires français est confrontée, lors de sa progression dans la jungle, aux combattants du Viet-Minh.
Parmi eux il y Routier, Perrin, l'adjudant Willsdorff , un Alsacien qui a combattu du côté des Allemands, , Torrens, un sous-lieutenant de 22 ans, frais émoulu de Saint- Cyr, récemment arrivé .
Cette petit troupe, pendant 9 jours, le temps qui s'écoule entre le début du récit - 26 avril 1953 , 17h30 et sa fin 4 mai 1953, 13h – va devoir affronter tous les dangers : la guérilla , les mouches, les moustiques, les sangsues , la dysenterie, l'inhospitalité de la forêt tropicale...
Au fil des heures, des jours, les hommes meurent, d'autres sont grièvement blessés mais Torrens refusent de les abandonner, et la colonne reprend, à chaque fois, sa marche, inexorable, chaque fois un peu plus ralentie par le transport des blessés agonisants.
Roman de guerre sans concession. En épigraphe, Pierre Schoendoerffer a inscrit « Tout ressemblance avec des personnages vivants serait purement fortuite car les hommes qui ont inspiré cette histoire sont morts ». A la fin du récit, on apprend que le seul rescapé l'adjudant (devenu chef, entre temps) Willsdorff, en décembre 1960, blessé grièvement dans le djebel Amour (partie centrale de l'Algérie) ne survivra pas.
Roman de guerre , certes, réaliste ,implacable , mais empreint d'humanité, de fraternité, d'amitié. L'auteur a puisé dans ses propres souvenirs pour nous livrer ce récit attachant, qui témoigne de ce que fut cet enfer.
Des touches de poésie pour adoucir les atrocités ...
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dourvach
  06 octobre 2018
Solitude et pudeur. Détresse. Mots crus et "techniques" du quotidien soldatesque. Vaine attente de la mort. Murmures de la jungle. Crépitements des fusils-mitrailleurs et soubresauts des mortiers...
1965 : surgit à la fois ce témoignage vibrant ET une oeuvre romanesque, profondément universelle.
L'adaptation cinématographique qui s'ensuivit (réalisée par l'écrivain) fut une même complète réussite artistique.
Oeuvre existentialiste (même sans le dire), à fonction cathartique et "carburant" empathique... Un livre fondateur, sobrement descriptif... et pour tout dire inoubliable ! (pour moi, découvert à quinze ans sur les bords de Creuse, je crois...).
Pas bien loin des valeurs éthiques d'Antoine de SAINT-EXUPERY dans son "Pilote de guerre" [1942].
Pas loin non plus du ton dégagé de "Un balcon en forêt" [1958] de Julien GRACQ, au même "saltus" et à l'ambiance presque similaire... Forêt ardennaise, jungle vietnamienne... Crépuscule s'étirant peu à peu autour d'un ilôt humain qui se sait condamné...
Avec ces lueurs de "fin d'un monde" annonçant celles, tout aussi émeraudes, de l' "Aguirre, la colère de Dieu" de Werner HERZOG [1972]...
Souvenirs noirs des singes hurleurs au-dessus du fleuve du "Heart of Darkness" ["Au coeur des Ténèbres", 1899] de Joseph CONRAD...
" Est-ce ainsi que les hommes vivent (et trop souvent meurent) ? "
Une oeuvre littéraire, une vraie... car votre langue, Pierre SCHOENDOERFFER, à la fois sobre et inspirée, sait aller à l'essentiel de chaque instant précaire ainsi vécu : elle ne se démodera point.
Lien : http://fleuvlitterature.cana..
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blogconstellations
  19 mai 2019
On a donc à faire à une histoire en pleine débâcle française en Indochine. Au Laos la 317ème Section quitte son avant-poste dans la jungle pour regagner Tao Tsaï à pied alors que le Viêt Minh envahit la région.
La 317èm section est commandée par le jeune sous-lieutenant Torrens qui vient tout juste de sortir de formation à Saint-Cyr. Il est secondé par l'adjudant Willsdorff, vieux routier et vétéran de la Seconde Guerre mondiale, dans la Wehrmacht. Les sergents Roudier, Perrin et Ba Kut complètent l'encadrement. La fuite de la section est ponctuée d'embuscades et de morts. L'inexpérience et la bonne volonté de Torrens sont sans cesse confrontées au pragmatisme et aux efficaces réflexes de guerre de Willsdorff, mais dans la compréhension et le respect. En fait il y a assez peu de combats dans ce livre, c'est surtout une galère apocalyptique d'une poignée d'hommes dans une jungle étouffante en territoire ennemi et sans moyen.
Le récit est bien écrit, très prenant et très rythmé. Les chapitres sont courts et s'enchaînent bien. Cela permet aussi une lecture par petite tranche, dans les transports par exemple. Les paysages sont très bien d'écrit, même si l'auteur ne s'y éternise pas « à la Tolkien ». J'ai beaucoup aimé l'ambiance, le côté crépusculaire façon Apocalypse Now de cette histoire. On a l'impression de lire un récit biographique ou autobiographique tellement c'est prenant.
Il y a une ellipse de 5 jours entre les deux derniers chapitres. le dernier justement nous présente des personnages au bout du rouleau. Affamés et usés par la maladie, ils ressemblent plus à des zombies qu'autre chose. Alors que je les pensais sortis d'affaire, ils tombent dans une dernière embuscade qui m'a littéralement fauchée tant je ne m'y attendais pas. C'est ce dernier chapitre qui achève d'en faire une grande histoire et un récit vraiment sombre d'une guerre totalement absurde.
Au rayon des défauts, il n'y a pas grand-chose. J'ai eu du mal avec la transcription de l'accent alsacien germanophone de Willsdorff ou les « d » sont remplacé pas des « t ». Ca donne : « Pourquoi pas crever tous ensemble sur cette putain te piste ».
Ensuite, ce qui pourrait choquer dans un livre écrit à notre époque, c'est la transcription des propos des personnages laotiens dans leur français limité qui passerait pour caricatural et moqueur, même si replacer dans le contexte de l'époque ça marche bien dans le livre. Si ajoute le côté paternaliste des personnages français envers les Laotiens qui reflète malheureusement assez bien l'état d'esprit de l'époque.
Donc en préparant cette chronique j'ai découvert un film que je vais me regarder très prochainement, mais aussi un autre livre de l'auteur, qui m'a l'air d'avoir inspiré Apocalypse Now et d'avoir le même genre d'ambiance crépusculaire : L'Adieu au Roi. Donc voilà si vous aimez ce genre d'ambiance, si vous aimez les récits très immersifs je vous recommande franchement la lecture de la 317ème Section.
Lien : https://blogconstellations.h..
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moravia
  28 février 2013
Du même niveau que le livre de N.Mailer : des nus et des morts.
C'est dire !
Lu en 2006 et toute sa saveur me reste encore.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
oranoran   18 mars 2017
« Important le règlement. Vous savez pourquoi j’ai failli louper mon peloton te cabot en 46 ? »
Il essuie ses mains humides sur le fond de son pantalon.
« Un coup vient te partir. Que faut-il au canon pour se refroitir ? Question. Hein Perrin ? Que faut-il ?
-J’sais pas moi…
-C’est tans le manuel, caporal Perrin, c’est tans le manuel.
-Ben j’sais pas, du froid quoi. »
Willsdorff ricane.
« Pas mal caporal Perrin, pas mal, mais c’est pas ça. Question : un coup vient te partir, que faut-il au canon pour se refroidir ? Réponse : un certain temps. »
Torrens part d’un grand rire.
« Un certain temps, ça c’est génial. Un certain temps ! C’est de la poésie pure. »


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EricB40EricB40   02 juin 2015
Je vais vous dire quelquechose mon Lieutenant. J'aurai laissé Roudier à Pak La et à l'heure actuelle on serait à Tao Tsaï. Quand on fail la guerre, y'a qu'une chose dont ll faut être sûr. C'est que l'objectif à atteindre justifie les pertes. Sans ça on ne peut plus commander. Je sais bien, quand on est chef de section les pertes, ce sont les copains. Mais quand-même, vous avez tort. Vous faites une connerie... Et merde! Je suis content que vous l'ayez faite et je suis content d'être avec vous pour ça. Et si on doit tous y rester, et bien, vive la mort!
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oranoran   18 mars 2017

Quand Willsdorff rejoint Torrens il fait déjà chaud mais les lointains ont encore la fraîcheur, la netteté des miniatures d’un livre d’heures du Moyen Age. Des banderoles de brouillard subsistent dans les creux d’ombre. La jungle étincelle de rosée. Gorgées d’eau les rizières en gradins éblouissent comme des plaques d’acier. L’air est joyeux comme en Europe, en mars entre deux giboulées.

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moraviamoravia   06 avril 2013
Quand ils entendirent l'explosion et, tout de suite après, une rafale brève et quelques coups de feu isolés, Willsdorff, Ba Kut, Ty et le supplétif étaient déjà presque arrivés sous la protection de la jungle. Ils s'arrêtèrent mais ne purent rien voir.
De grands oiseaux noirs tournaient inlassablement dans le ciel blanc sans jamais donner un coup d'aile.
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CornelioCornelio   30 avril 2019
–Ils ne le plantent pas aussi bien qu'au Tonkin. Mais c'est beau cette vallée, hein ? Et tans quinze jours trois semaines tous les arbres le long te la rivière seront rouges. Ce sont tes flamboyants. Alors les Lao feront un « boum » — une fête — et ils se saouleront la gueule, et ils tanceront avec les filles toute la nuit... Je vais vous tire quelque chose mon lieutenant. J'aurais laissé Routier à Pa Ka et à l'heure actuelle on serait à Tao Tsaï. Quand on fait la guerre, il y a une chose tont il faut être sûr. C'est que l'objectif à atteindre justifie les pertes. Sans ça, on ne peut plus commanter... Je sais bien, quand on est chef de section, les pertes, ce sont les copains. Mais quand même, vous avez tort. Vous faites une connerie... Eh merte ! Je suis content que vous l'ayez faite et je suis content t'être avec vous pour ça. Et si on toit tous y rester, eh bien, vive la mort !
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Vidéo de Pierre Schoendoerffer
Le voyage en Amérique de Pierre Schoendoerffer. Entre la Guerre d’Indochine et son retour en France en 1955, Pierre Schoendoerffer s’est offert « un tiers » de tour du monde durant lequel sa détermination à faire, un jour, du cinéma, s’est maintenue. Après l’expérience des combats, caméra sur l’épaule et l’enfer de Diên Biên Phu, il retourne à la vie civile en faisant au gré de son voyage de fabuleuses rencontres : témoignage sur ses années d’insouciance pendant lesquelles il découvre une Amérique qui lui paraît familière grâce au cinéma américain dont il était un spectateur boulimique, bien avant de poser un pied sur le fameux continent.
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