AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2246003539
Éditeur : Grasset (01/10/1977)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 69 notes)
Résumé :

Du Delta tonkinois aux fjords de Norvège, des Maldives à Saint-Pierre et Miquelon, le roman de Pierre Schoendoerffer est un voyage au long cours à la rencontre du destin. Ancien d'Indochine, le narrateur est un médecin de marine qui a rempilé sur le tard, à bord d'un aviso de la Royale, chargé d'escorter les pêcheurs du Grand Nord. Tandis qu'il suit la campagne, dans la tempête glacée, la brume et la nuit... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
08 février 2014
Magnifique! Un grand livre, un très grand livre. J'avais adoré le film que je pourrais voir et revoir avec toujours autant de passion. J'attendais beaucoup du roman, je suis plus que satisfaite de cette superbe rencontre avec l'écriture de Pierre Schoendoerffer. C'est un immense moment d'émotion. Un coup de coeur. Un livre sur le courage, l'honneur, le devoir, la marine, la mer, le dur métier d'homme de mer. Un roman d'aventure que je recommande. Oui, "Le crabe-tambour" est un monument!
Lien : http://araucaria20six.fr/
Commenter  J’apprécie          481
Herve-Lionel
22 février 2014

N°562 – Mars 2012
LE CRABE-TAMBOUR – Un film de Pierre Shoendoerffer [1977]
Le 14 mars 2012, Pierre Shoendoerffer nous quittait à l'âge de 83 ans. La République et l'armée ont rendu un hommage solennel aux Invalides, en présence du Premier ministre et du ministre de la culture à celui qui s'était engagé dans le service cinématographique des armées en Indochine jusqu'à la défaite de Diên Biên Phu. Il avait continué sa vie en tant que photographe de presse, cinéaste et romancier, se situant dans la lignée prestigieuse des écrivains de marine.
C'est l'occasion d'évoquer non pas son oeuvre toute entière, d'autres le feront mieux que moi, mais un film en particulier, considéré comme son chef-d'oeuvre. J'en avais gardé, lors de sa sortie, un souvenir précis non seulement parce qu'il était servi par des acteurs prestigieux (Jean Rochefort – César 1978 du meilleur acteur, Jacques Dufilho – César 1978 du meilleur second rôle) mais aussi à cause des somptueuses prises de vue en mer (César 1978 de la meilleure photographie), le vieux navire qui geint de toutes ses membrures, les vagues qui se brisent sur la coque, l'étrave qui fend la tempête dans le brouillard et la haute mer...
L'histoire tout d'abord. Elle est suggérée par un roman éponyme de Shoendoerffer paru chez Grasset (Grand prix du roman De l'Académie Française), inspiré par la vie du lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume. Il retrace la dernière mission d'un capitaine de vaisseau, homme austère, dévoré par un cancer, (Jean Rochefort dit « le vieux ») qui reprend un commandement à la mer sur l'escorteur d'escadre « Jauréguiberry » dont c'est le dernier voyage avant sa réforme définitive. Il s'agit d'assurer une mission de surveillance et d'assistance aux chalutiers français pêchant sur les bancs de Terre-Neuve.
Pourtant c'est un peu plus que cela, c'est un retour dans le passé puisque « le vieux » veut revoir une dernière fois son ami et compagnon d'armes, l'ancien lieutenant de vaisseau Willsdorff, dit « le crabe-tambour » (Jacques Perrin) devenu capitaine de chalutier dans ce Grand Nord désolé, fuyant ainsi l'espère humaine avec, comme toujours, un chat noir sur l'épaule. C'est Pierre (Claude Rich), le médecin du bord, qui en a parlé le premier sur la passerelle « Vous connaissez Willsdorff ?». Lui était son ami en Indochine et souhaite le revoir une dernière fois. C'est la vraie raison de son rengagement et de sa présence à bord. Après la défaite française, il est resté là-bas pour soigner ses anciens ennemis. Il a pourtant été expulsé du Viet-Nam. le commandant, habile manoeuvrier, confie au médecin son corps meurtri par la maladie mais aussi son âme tourmentée d'homme « déjà mort » en l'invitant chaque jour à sa table. Il est évidemment question de Willsdorff, ce mythique soldat perdu qu'ils ont connu séparément. Pourtant, cette rencontre n'aura lieu qu'en filigrane, avec une grande économie de mots, comme si, malgré son ultime démarche, le commandant ne pouvait plus parler à cet ami, comme si c'était trop tard, comme s'il n'avait plus rien de commun avec lui, comme s'ils n'étaient plus l'un pour l'autre que deux fantômes. Cette idée est suggérée dans la scène du transfert du courrier où les deux bâtiments se côtoient, une trace sur l'écran radar, la radio qui grésille, rien que quelques mots convenus trop lourds de passé, un salut de sirène, une page qui se tourne, définitivement ! « Adieu » ne cesse de répéter Willsdorff, « Aperçu » fait simplement répondre le commandant par le timonier. Seul Pierre échangera quelques mots amicaux et complices avec Willsdorff et le chalutier s'éloignera.
Cette quête est alimentée en flash-back par des évocations de gens qui l'ont également connu, le commandant puis Pierre, le narrateur de ce récit, mais aussi le chef mécanicien, dit « le chef », alcoolique et catholique pratiquant (Jacques Dufilho) et ses histoires loufoques du pays bigouden, chacun apportant témoignages et souvenirs de cet homme hors du commun ayant combattu en Indochine. Ils évoquent, chacun à leur manière et avec des anecdotes, le parcours militaire de cet officier fidèle à son engagement et à lui-même, à son sens de l'honneur, qui est exclu de l'armée, jugé pour désobéissance et rébellion. (« une histoire de mer et de discipline poussée jusqu'à l'absurde ») Cela sonne comme un hommage, comme un remerciement à quelqu'un qui a refusé la compromission face à un choix.
Dans ce film il y aussi un questionnement chrétien et même profondément humain qui m'interpelle, même s'il passe quelque peu au second plan. C'est celui qui est évoqué par « La parabole des talents », texte de l'Évangile qui invite chaque homme à s'interroger sur le sens de son passage sur terre et sur l'usage qu'il a fait des facultés qu'il a reçues à sa naissance, sur la fidélité aussi. « Qu'as-tu fait de ton talent ? », « Celui qui ne fait pas fructifier ce qu'il a reçu du Seigneur sera jeté dans les ténèbres extérieurs », rappelle « le chef ». C'est aussi l'occasion pour l'auteur d'asséner des aphorismes : « Qui êtes-vous pour le juger ? » de rappeler que le choix de l'homme «  n'est pas forcément entre le bien et le mal, mais entre un bien et un autre bien ».
Le nom même de Pierre Shoendoerffer évoque des films devenus mythiques qu'il a réalisés « La 317° section » (1964), « L'honneur d'un capitaine » (1982) qui s'interrogent tous sur les guerres coloniales françaises, sur les militaires eux-mêmes Plus que « Ramutcho »(1958) et « Pêcheurs d'Islande »(1959) qui sont des adaptations des romans de Pierre Loti et qui ne rencontrèrent guère le succès, Pierre Shoendoerffer s'attacha toujours à évoquer l'aventure humaine, témoin « La passe du diable » (1956) qui est une adaptation du roman de son ami Joseph Kessel mais aussi la dure réalité de la guerre, sur les questions qu'elles posent, les personnalités qu'elles révèlent [ « Diên Biên Phu »(1992)]. C'est que les personnages de ces films s'inspirent tous d'hommes ayant réellement existé, témoignent de leur parcours personnel, de leurs questionnements intimes sur leur mission, sur leur vie. Chacun à sa manière, ils ont nourri l'oeuvre de Shoendoerffer.
C'est pour moi un film émouvant. Il ne s' agit pas ici de polémiquer sur la guerre mais de porter un regard, mais pas un jugement, sur les hommes de tout grade qui l'ont faite, de l'engagement de ces soldats perdus, de leur courage, de leur abnégation, de leur obligation d'obéir aux ordres face à leur conscience, valeurs aujourd'hui contestées, et même regardées comme désuètes dans une société sans boussole. L'auteur porte témoignage de ces conflits décriés, volontairement oubliés et parfois même injustement rejetés par la communauté nationale, de ces soldats oubliés.
© Hervé GAUTIER - Mars 2012.
http://hervegautier.e-monsite.com 
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          52
topocl
23 janvier 2015
« le vent crie. Des cris qu'on est toujours sur le point de comprendre…
Et qu'on ne comprend jamais ! »
Nous sommes en mer sur l'Éole, un navire de la marine marchande en campagne d'assistance à la grande pêche. À l'assaut du Nord, de la glace, des nuits sans fin.
Les marins, du premier au dernier, sont de petits garçons purs et solitaires se croyant des hommes, persuadés que la vie est vaine, mais prêts à tout pour prouver le contraire. Courant après leurs rêves même si ce ne sont que des cauchemars, l'alcool comme une maîtresse, l'amitié comme roc salvateur ultime. Ils sont désabusés, solitaires, taciturnes ou logorrhéiques, il vivent le désespoir au coeur dans une dignité blessée, ils traînent derrière eux leur passé de guerre et d'Indochine.
« J'ai trop bu. le chef est un subtil tentateur, comme tous les buveurs il est prosélyte. le lâche, le faible, le couard, sont prosélytes. C'est une dernière pitoyable tentative pour se sauver : si tous les hommes renient, alors il n'y a pas de reniement, il y a la nature de l'homme qui est de renier…»
Mais il ne renoncent pas car ils jouissent aussi de ces vies tout à la fois vides et pleines, en lutte perpétuelle : la quête de soi sous forme de fuite en avant, être un homme, un vrai, à qui l'action dans la nature, hostile mais fascinante, donne un sens. L'action? Ils devisent dans la chambre du commandant, sirotent leur whisky, se souviennent, se jaugent…. Ils trainent tous leur passé comme un fardeau, et sans doute voudraient-ils que la vie ait un sens. Parce qu'ils savent qu'ils auront des comptes à rendre, au moins à eux-mêmes, quand la faucheuse se présentera.
« L'hélice tourne sans défaillance, et les turbines grondent, le temps passe. Demain sera comme aujourd'hui, comme hier. Il n'y aura pas d'âcre odeur de poudre, pas de promesse de gloire, ni espoir, ni peur ; tout est en ordre. La mort n'entrera pas en tempête, mais elle est quand même là, tapie ; une voleuse attendant avec une infinie patience. »
Au loin, la figure fascinante de Wilsdorff, le Crabe-Tambour, l'Alsacien, l'Innocent, suivi de son chat -fétiche, qui les aimante tous, celui qu'ils voudraient être, celui dont les yeux rient , celui qui n'a pas besoin de parler. Les retrouvailles sont perpétuellement repoussées, le sort en veut ainsi, puis elles ont lieu, point n'est besoin de mots pour les décrire, elles sont là, cela suffit.
L'aventure, la nature, la fidélité entre les hommes, et leurs valeurs. Voilà ce qui les unit tous, ballottés dans leurs tempêtes intimes : ils se raccrochent à leurs valeurs, un gouvernail comme un autre qui permet d'avancer, à défaut d'être sauvé. Ça pourrait être grandiloquent et moralisateur, mais non, cela emporte le coeur de désespérance cachée. La nature (et derrière elle la mort ) impose sa loi aux hommes-mêmes qui veulent l'affronter dans une leçon d'humilité assumée.
Au-delà des tempêtes, des sauvetages, des soins aux blessés, de l'efficacité technique des marins, il y a des pauses, il y a l'ennui et l'amertume et entre ces changements de rythme, les hommes sont ballottés, le lecteur est charmé par ce livre âpre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Drych
21 février 2014
Un grand roman de marine, celle de la guerre d'Indochine et celle des pêcheurs du grand nord. Des vies de marins faites de courage, d'honneur, de sens du respect, de l'amitié et du devoir. On découvre tout au long du roman un monde rude mais attachant, que l'on sent en même temps disparaitre pour un plus moderne moins coloré. J'ai beaucoup aimé les personnages et l'ambiance du récit, et attends avec impatience l'occasion de voir le film qui en a été tiré.
Commenter  J’apprécie          121
fklevesque
27 mai 2017
Un ouvrage admirable que je ne me lasse jamais de lire et de relire. Pierre SCHOENDOERFFER dans un style magnifique nous transporte à travers des vies d'Hommes avec un grand H où les tempêtes qui déchaînent l'océan ressemblent aux orages de l'Histoire que les personnages principaux de cette oeuvre magnifique ont traversé dans leur existence de Guerriers. Présent et passé s'entremêlent en découvrant des pages de mémoires blessées.
Chaque lecture me projette les images de la sublime adaptation cinématographique et me berce avec la musique des dialogues des comédiens au summum de leur art: Jacques PERRIN, Claude RICH, Jean ROCHEFORT et l'unique, le grand Jacques DUFILHO.
Ce roman me touche particulièrement et me bouleverse chaque fois tant du fait de mon passé militaire qui me conduit à partager bon nombre de ressentis des Hommes qui y trouvent vie mais également de par l'adhésion aux Valeurs d'abnégation, d'honneur et d'amitiés au-delà du temps et des distances qui nous conduit, nous soldats, à vivre régulièrement d'intenses moments de nostalgie qui dureront jusqu'au jour où la vie nous quittera, jusqu'au moment où les portes de l'autre-monde s'ouvriront vers les jardins où se trouvent les âmes de nos camarades trop tôt disparus. Un univers d'Outre-Tombe où M. SCHOENDOERFFER a également rejoint tous ses camarades tombés en Indochine et en Algérie. Un grand merci à vous monsieur. A vous qui avez si bien compris ce qu'est un soldat, ce que sont la souffrance et la solidarité qui unit les combattants dans l'épreuve en faisant fi des causes politiques des conflits.
Pour moi, "Le crabe-tambour" est l'un des livres qu'il faut avoir lu dans sa vie en étudiant les hommes qui y évoluent et sans désir de juger. Simplement pour comprendre la grandeur des hommes qui sont à la base de notre outil de défense. Un ouvrage unique !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
fklevesquefklevesque15 mai 2017
Le soir, ma journée d'hôpital finie, j'allais souvent sur l'appontement attendre le retour de la flottille. Il y avait là une petite cahute de marchand de soupe –quelques planches et de vieilles toiles de tentes japonaises. J'aimais y flâner, grignoter des Cà Long Tông et boire une bière avec mon ami Cao Giao, un confrère vietnamien, au milieu des marins et des coolies accroupis sur leurs tabourets. Un peu de fraîcheur montait du fleuve faussement immobile. le soleil couchant allongeait des ombres immenses sur la plaine engourdie ; il n'y avait pas le flamboiement d'or et de pourpre qu'on peut voir en mer, mais une lente et calme asphyxie ; un adieu sans couleur, sans passion, sans regret. La brume montait, grise comme la poussière. Nous interrogions les aboiements des chiens, le vol des grands oiseaux noirs planant haut sans jamais donner un coup d'aile. Alors du fond de quelque nulle part éclatait le son du cor. Les marins, les coolies écoutaient en silence. La fille du marchand de soupe relevait une des toiles de tente et regardait le fleuve. Elle donnait des leçons de vietnamien à Willsdorff et je crois qu'elle l'aimait. le vieux chant des chasseurs d'Europe, mélancolique et noble, semblait emplir la vacuité de cette plaine, de ce ciel, de cette poussière ; résonner contre le rempart même de la nuit. Des lumières apparaissaient, l'une derrière l'autre ; les petites embarcations débouchaient du dernier coude et venaient accoster. Willsdorff était assis dans son fauteuil de roi, devant lui, debout sur le toit, Bocheau sonnait, sonnait à fendre l'âme. Parfois le chant était plus triste que d'habitude et je savais alors qu'il y avait des blessés à débarquer qu'on emmènerait à l'hôpital. Un soir, je n'étais pas sur l'appontement, un soir il y eut un coup de feu, un seul. Une riposte tardive et plus rien, seulement le battement assourdi des moteurs. Quand on m'apporta Bocheau, il était déjà mort.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
araucariaaraucaria04 février 2014
"Willsdorf avait un chat, tout noir avec une cravate blanche - un petit triangle de poils blancs sous le cou -, Monsieur Dégouzzi! Quand la flottille rentrait le soir, les équipages - des Bretons, des Cambodgiens, des Vietnamiens et un Angevin - chantaient sur un air de comptine :

Dégouzzi a une quéquette
Pas plus grosse qu'une allumette
Il s'en sert pour faire pipi
Vive la quéquette à Dégouzzi!

"Sale bête! Sans Dieu ni maître - toujours à dormir le jour, à vadrouiller la nuit - et il vous engueulait! il vous miaulait des insultes quand vous lui marchiez dessus dans l'ombre - vous pensez : tout noir!
"Monsieur Dégouzzi était vautré sur les genoux de Willsdorf, qui lui-même était assis tout droit dans son fauteuil - un fauteuil de mandarin, austère, en bois noir, au dossier de marbre gris veiné de blanc, avec des idéogrammes gravés en rouge et un cachet de collectionneur. Je ne sais pas où il l'avait déniché mais il l'avait fait boulonner sur le toit de tôle de son rafiot - une pièce de musée!..."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
araucariaaraucaria08 février 2014
Une voiture de l'Amirauté vient se ranger le long du bord.
Le commandant s'en va. C'est un spectre, mais il se tient très droit. Un peu de sang coule d'une coupure sur sa joue, dilué de pluie. La garde présente les armes. Tous les officiers sont là. Tout l'équipage, les permissionnaires et les autres en tenue de travail. Tous, immobiles, figés. Je ne savais pas que nous l'aimions tant - que nous le respections tant; un respect qui se reconnaît à la pâleur de ceux qui le regardent, aux larmes refoulées quand il nous regarde.
Il ne dira pas un mot. Et c'est très bien ainsi.
Il passe lentement, raide. Il salue la garde. Sa pince noire et luisante tremble un peu.
Sifflet du maître d'équipage.
Le commandant monte sur la coupée et s'arrête, tourné vers la poupe, vers le pavillon. De nouveau il salue d'un geste lent. Longtemps. Mince et droit.
Il franchit la coupée et monte dans la voiture - la portière claque. Il ne s'est pas retourné. Il n'a pas dit un mot.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
araucariaaraucaria05 février 2014
De retour à bord j'ai été mis aux arrêts de rigueur pour être descendu à terre sans autorisation et avoir retardé l'appareillage du bateau - les trois légionnaires roux étaient aux fers, en fond de cale - mais ça m'était égal, j'avais senti l'odeur des nuits de Colombo, des nuits d'Asie, pleines de promesses, de menaces, de démence; j'avais été enivré. Je ne pourrais plus jamais l'oublier.
L'Asie!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
VetoYvesVetoYves31 décembre 2016
Willsdorff ? explosa mon hôte, le type au chat noir ? En taule !Et il a eu de la chance de ne pas être guillotiné...Complètement fou . Vous êtes au courant de son naufrage ?...C'était déja de la folie de naviguer seul sur un engin pareil : une jonque ! Bien beau qu'il ait réussi à traverser l'océan Indien pendant la saison des cyclones !...Des nomades qui rodaillaient dans le secteur l'ont embarqué--- quinze jours attaché à la queue d'un chameau m'a-t-on dit . Il a fallu payer une rançon pour le récupérer...Dire qu'il aurait pu devenir contre-amiral avant cinquante ans . Il avait tout pour lui et la Marine ne craint pas les originaux . Il a fallu qu'il plonge jusqu'au cou dans l'affaire d'Algérie ! Il commandait une compagnie de bougnouls...forcément il s'est trouvé embringué dans toutes les sales histoires . J'étais affecté à la base navale de Mers el-Kébir à l'époque du putsch, je l'ai vu arriver un jour, tout seul --- un grand escogriffe avec un affreux chat noir--- pour convaincre l'amiral de se joindre à leur folie . Il avait laissé sa bête au poste de garde et elle miaulait tout le temps . Une heure plus tard il est venu la reprendre, l'air insolent . Je le vois encore lui gratter la tête en disant :" le vieux crabe m'a quand même bien fait rigoler." L'amiral les a laissés filer tous les deux au lieu de les coller aux arrets . Tout le monde était fou en Algérie dans ce temps-là, mais l'amiral--- pas si fou---voulait savoir d'où soufflait le vent avant de choisir son camp...et je le comprends ! Votre camarade a fini par se faire pincer plus tard--- à cause de son chat d'ailleurs . Résultat: il en a pris pour vingt ans ...et il a eu de la chance, le couperet de la guillotine n'est pas tombé loin .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Pierre Schoendoerffer (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Schoendoerffer
Arras Film Festival 2010 : rencontre avec Pierre Schoendoerffer
autres livres classés : indochineVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

A l'abordage : la mer et la littérature

Qui est l'auteur du célèbre roman "Le vieil homme et la mer" ?

William Faulkner
John Irving
Ernest Hemingway
John Steinbeck

10 questions
167 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , mer , océansCréer un quiz sur ce livre