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Chloé Royer (Traducteur)
EAN : 9782714494559
512 pages
Belfond (06/05/2021)
4.02/5   59 notes
Résumé :
Essie a quitté l’Angleterre pour suivre son mari Ian Lawrence, éminent paléoanthropologue, dans un campement au cœur de la brousse tanzanienne. Là, sur les bords du lac Natron, les Lawrence recherchent, depuis des générations, les traces d’une civilisation primaire.
Un jour, à la suite d’une rencontre avec le chef de la discrète tribu nomade des Hadzas, la jeune chercheuse se voit confier une étonnante mission : veiller sur Mara, une petite orpheline de quelq... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Si vous aimez les romans-saga, l'Afrique, et l'anthropologie (trois éléments pas forcément évidents à réunir dans un même roman), alors « le berceau du monde » est fait pour vous !

Dans ce roman, Essie Lawrence assiste son mari Ian et sa belle-mère Julia, deux paléoanthropologues renommés, dans les fouilles qu'ils mènent sur le camp de Magadi, en Tanzanie, à la recherche d'ossements venant prouver que la région a bien été le « berceau du monde » en accueillant les premiers hominidés (le roman se passe au début des années 1970 et les grandes découvertes ne seront pas faites, si j'ai bien compris, avant 1974 avec Lucy). La découverte se fait attendre, et le campement n'a plus son lustre d'antan, l'argent étant proche de manquer. Un jour, lors de ses recherches, Essie fait la rencontre de membres de la tribu hadza, un peuple autochtone nomade, qui lui arrachent la promesse de prendre soin d'un de leurs nourrissons (une petite fille), pendant le temps de la saison sèche. Réticente au début, Essie noue très rapidement des liens intenses avec la petite fille, ce qui viendra complètement bouleverser sa vie et la manière dont elle l'envisage…

« le berceau du monde » est un livre que j'ai beaucoup aimé, notamment parce qu'il m'a complètement dépaysée, avec cependant quelques réserves plus ou moins grandes. le sujet de la paléoanthropologie est un domaine que je ne connaissais pas vraiment, en dehors de quelques grandes lignes, et Katherine Scholes est très pédagogue dans ses explications, plutôt nombreuses, car le sujet n'est pas du tout traité de manière anecdotique. Petit bémol : il est expliqué en avant-propos que le roman reflète les connaissances de l'époque mais quand on ne maîtrise pas le sujet, il est peu évident de remarquer les points obsolètes. Mais je chipote sûrement un peu 😉.

J'ai également aimé en apprendre plus sur la tribu Massaï et découvrir les Hadzas, ce peuple autochtone méprisé des autres ethnies locales. On les voit à travers l'oeil bienveillant et ouvert d'Essie, que je soupçonne quand même, vu l'époque où se déroule le roman et quelques allusions (les réactions des Tanzaniens face au dépouillage systématique des découvertes partant en Grande-Bretagne, le manque de respect d'Ian face aux croyances locales, son comportement de maître des lieux etc.), de se détacher de la masse de ses compatriotes. Mais c'est un aspect édulcoré, voire gommé…

Car voilà pour moi l'une des faiblesses de ce roman : son côté un peu naïf et bon enfant, particulièrement dans le traitement de son personnage principal, Essie. En s'occupant du bébé hadza, c'est avec elle-même qu'Essie va faire connaissance. Elle va progressivement affirmer ses choix et mieux définir son ambition de vie, qui va bientôt différer totalement de son mari. Si elle est admirable dans cette évolution, en revanche qu'est-ce qu'elle est oie blanche ! Cela m'a agacée de voir son comportement si soumis vis-à-vis de son mari, d'être si lente dans sa perception de celui-ci, alors qu'on comprend assez bien que ce qu'il apprécie dans sa femme, c'est d'avoir une assistante docile et admirative, qui ne pose pas de questions (le personnage d'Ian est assez détestable, d'ailleurs). de plus, au contact du bébé, comme par miracle, lui reviennent des souvenirs refoulés de son enfance, et là, d'un coup, elle comprend les traumatismes de sa vie. Comme si c'était si facile ! de même, alors que les Hadzas sont très mal vus, tous les employés du campement vont l'accepter sans questions, parce que c'est un bébé. Un bébé de deux mois qui a par ailleurs les capacités d'un enfant de six mois (à se demander si Katherine Scholes a déjà approché un bébé de cet âge, en fait…).

En outre, quelques rebondissements dans l'intrigue sont un peu téléphonés , ce qui a plutôt amoindri le plaisir de lecture.

En conclusion, un roman un peu inégal, mais qui constituera une lecture idéale pour les vacances ou entre deux ouvrages plus exigeants.
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Dépaysement total avec ce recit qui nous mène en Tanzanie dans les années 70 sur le traces des premiers hommes et en compagnie des tribus massais et Hadzas
Le berceau du monde, c'est une plongée dans le monde de l'archéologie mais c'est surtout de beaux portraits de femmes et de mères. Celui notamment d'Essie à qui un bébé va être confié durant quelques mois et qui va voir sa vie bouleversée. Celui de Jane également qui a perdu un enfant, totalement dévoué à son métier.
Il y a dans ce texte un vrai souffle romanesque qui m'a embarquée quelques heures loin de ma Normandie. C'est une vraie et belle lecture, avec l'émancipation en fil conducteur. Les personnages sont attachants, et la plume d'une belle fluidité.
J'ai beaucoup aimé !
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Katherine Scholes nous offre ici un très beau roman où elle évoque la maternité sous des formes moins communes (le deuil d'un enfant disparu, les liens qui se tissent avec un enfant "confié à sa garde provisoirement").

On retrouve aussi un des sujets de prédilection de l'autrice : les Blancs vivant en Afrique, leurs relations avec les Africains, leur utilisation (voir l'appropriation) des ressources du pays, de sa culture...

Katherine Scholes évoque aussi :
- le quotidien dans un camp d'archéologue dans les années 1970 et le rôle des bienfaiteurs qui financent les recherches.
- l'effervescence autour des grandes découvertes qui marquent L Histoire des Hommes. La soif de connaissance et de notoriété, etc.
- une rencontre comme une évidence, mais vouée à rester une relation platonique.
- les différences entre les autochtones occupant la région (les Hadzas, les Masaïs ou les "modernes" qui choisissent de renoncer aux traditions pour adopter la culture nationale, plus proche des occidentaux, pour se faire une bonne place dans la société).

L'épilogue m'a beaucoup plu : il apporte juste la solution que j'attendais.

Une belle lecture même si elle aurait pu être plus palpitante...
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J'ai découvert Katherine Scholes l'année dernière avec son roman La Reine des pluies que j'avais énormément aimé. Ce fut une lecture totalement dépaysante et j'étais vraiment  enchantée par la plume de l'autrice. J'avais donc très envie de lire ce nouveau roman, le berceau du monde, pour repartir en voyage et être à nouveau dépaysée par ma lecture. Je suis à nouveau conquise par Katherine Scholes et par sa façon de m'emmener dans son monde.
 
Ce roman m'a fait voyager jusqu'en Tanzanie, un pays d'Afrique que j'ai très peu l'habitude de rencontrer dans mes lectures. J'ai fait la connaissance du couple Lawrence, Essie et Ian. Ils sont Anglais d'origine, et archéologues réputés. Ils vivent en Tanzanie, au pied d'un volcan où ils mènent des fouilles approfondies à la recherche des origines de l'Homme. Ils sont entourés et aidés par des indigènes de tribus locales, dont les Massaïs. Ian se consacre entièrement à son travail. Julia, sa mère vit avec eux, elle-même a été mariée à un archéologue célèbre. Un drame dans l'enfance de Ian les a endurcis tous deux et fait que Ian n'a pas la vision classique du couple. Il ne veut pas d'enfants, et souhaite se consacrer avec sa femme à ses recherches.
Essie, justement, plus effacée et discrète, partage l'avis de son mari, elle travaille, entretient une relation cordiale avec sa belle-mère et ne dit jamais rien contre son mari. Tout va être changé et bouleversé dans sa vie suite à une rencontre avec une tribu nomade, les Hadzas. le chef va lui faire une demande particulière, celle de garder pendant trois mois un de leurs bébés. La petite fille n'a que quelques semaines, sa mère est morte et il n'y a personne pour s'en occuper. Bien que réticente, Essie accepte, plus ou moins forcée d'ailleurs. Elle qui ne voulait pas d'enfant, la voilà avec un bébé à charge. En plus, l'arrivée du nourrisson est très mal vue par Ian, il ne compte pas aider Essie et celle-ci va devoir jongler entre son travail, les soins du bébé et sa vie de couple. Et petit à petit, elle va s'attacher à elle. Au début, elle était contente de ne garder Mara, nom qu'elle a donné à la petite, que trois mois, mais au fur et à mesure du temps qui passe, que l'attachement se fait plus fort, le temps semble aller trop vite pour Essie et elle voudrait garder Mara avec elle…mais elle a promis aux Hadzas, elle a approuvé le marché, il faut donc qu'elle s'y tienne…
 
L'arrivée du bébé Hadza va changer la perception des autres tribus face à Essie. Celle-ci va pouvoir compter sur l'aide précieuse de Simon, un homme issu aussi des Hadzas mais qui veut vivre avec le temps moderne.
On va voir évoluer petit à petit Essie, elle va prendre de la maturité, ses réflexions vont changer, son comportement face à son mari aussi, ce qui provoquera pas mal de heurts entre eux. Surtout qu'une autre femme, soi-disant bienfaitrice, envie le poste de Essie. Elle va à la fois utiliser les méthodes modernes pour élever Mara et se rendre compte que les femmes des tribus ont elles aussi des méthodes d'éducation très efficaces, surtout quand on habite dans la jungle.
 
Je me suis très vite attachée à Essie, j'ai aimé la voir changer, la voir se révéler en tant que femme, car elle avait légèrement tendance à s'oublier avec une présence masculine trop forte qu'est son mari. Je me suis souvent mise à sa place et demandé comment moi-même j'aurais réagi. Me connaissant, je me serais très vite attachée au bébé, et j'aurais sûrement très mal vécu de ne la garder que 3 mois. J'ai trouvé Essie très courageuse. Ian, quant à lui, est un personnage qui m'a énervée, je l'ai trouvé imbu de sa personne, et en même temps, il a toujours été honnête dans ce qu'il voulait faire de sa vie. Sa décision de ne pas avoir d'enfants se comprend vu le drame de son enfance. Il est vrai qu'Essie savait tout ça en se mariant, mais on se rend compte de ses véritables désirs parfois trop tard.
 
Comme avec La reine des pluies, j'ai énormément appris sur la vie en Tanzanie, sur les paysages, sur la façon de vivre des tribus nomades ou des Massaïs, leurs rites, et aussi leur philosophie de vie qui sont sur certains points très beaux. Ils vivent dans le présent, ne regardent pas derrière eux et continuent d'avancer, même s'ils vivent des drames, même s'ils pleurent, ils tirent toujours du positif de leurs situations. Ils pourraient nous apprendre beaucoup, et on ferait bien d'appliquer certains de leurs principes, notre vie n'en serait que meilleure. Par exemple, une jeune Massaï dit à Essie, au sujet du bébé : « Tu es sa mère en ce moment. le futur est un autre temps. » Quelle richesse dans ces paroles ! Ou encore, comme dit Kisani, l'un des personnages, « il faut laisser le passé derrière soi pour que quelque chose de nouveau puisse commencer. » Des phrases que l'on devrait appliquer, même si c'est très difficile…revenir à plus de simplicité.
 
J'ai également effectué un merveilleux voyage dans un pays que je ne connais pas. Les décors sont très bien décrits par l'autrice, avec beaucoup de beauté et de délicatesse, sans alourdir pour autant le texte. L'ambiance est très bien décrite aussi, j'ai réussi à ressentir la chaleur du soleil, à voir la couleur de la terre, à ressentir les différentes odeurs chaudes, épicées. J'arrivais à tout m'imaginer, à voir défiler les images devant mes yeux. Je verrais bien ce livre adopter en film, un peu dans la même veine que Out of Africa, inspiré d'un roman de Karen Blixen.
 
Tout ceci est magnifié grâce au très bon style de Katherine Scholes. Elle a une plume si fluide que la lecture se fait aisément, sans heurts. Les phases descriptives  ne sont pas lourdes et ne ralentissent pas la lecture. Elle sait immerger le lecteur dès le début et ne le lâcher qu'à la toute fin. Je n'arrivais pas à quitter ma lecture tellement je me sentais bien. Les émotions sont également bien retranscrites. le choix narratif est à la troisième personne du singulier, il m'a permis de garder une certaine distance avec les personnages, à les regarder évoluer. Mais ce n'est pas pour autant que je n'ai rien ressenti, bien au contraire. J'ai été émue plus d'une fois, j'ai même versé ma larme à un certain moment que je tairais. Je ne m'attendais pas aux événements de la fin, je ne peux bien sûr rien dire, mais j'ai été surprise tout de même, j'ai bien aimé ce que l'autrice a fait.
 
Je pense que vous l'aurez compris, j'ai adoré cette lecture. C'est un réel plaisir. Je vais continuer à suivre Katherine Scholes, je vais me procurer aussi ses romans précédents, il y en a un qui me tente beaucoup, Leopard Hall, qui est celui qui se rapproche le plus de l'autrice. Car elle sait de quoi elle parle, elle connaît le pays, puisqu'elle y est née. Lorsqu'elle a épousé son mari cinéaste, elle s'est intéressée aux écrivains de scénarios et essaie de se rapprocher le plus d'eux, et elle y arrive très bien. Pour écrire le personnage d'Essie, elle s'est inspirée de la vraie vie d'une paléoanthropologue Mary Leakey.
J'ai aimé le dépaysement, ainsi que les messages que véhicule ce roman sur la maternité. Au travers de Julia, Essie et les femmes Massaïs et Hadzas, l'autrice nous livre des portraits différents de mères très intéressants. Je relirai avec grand plaisir Katherine Scholes et je vais continuer à la suivre de près.
 
Je ne peux que vous conseiller ce roman si vous aimez les histoires fortes et délicates à la fois, dépaysantes et très bien écrites. Katherine Scholes est une autrice que je vous recommande fortement. Tous ces livres sont un bonheur à lire.
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Ce très beau roman de Katherine Scholes se joue à l'intersection de deux mondes, l'un est rationnel, scientifique, paléontologique, il nous emmène dans la vallée du grand Rift sur les terres de la montagne sacrée de Lengaï, l'autre est magique, rempli de croyances ethniques et ancestrales. Les Hadzas peuple de chasseurs-cueilleurs parlent même d'une grotte sacrée qui serait cachée quelque part vers la base du volcan. Depuis les années 30 les Lawrence ont mené des recherches archéologiques dans la vallée de Magadi. le père de Ian posait déjà fièrement en 1956 sur la couverture du National Géographique. Aujourd'hui Essie et Ian vivent au camp de Magadi et c'est dans cette Afrique contemporaine que notre héroïne rencontrera le vieil homme qui bouleversera sa vie. Il n'y avait pas de nuages ce jour-là lorsque l'homme du peuple Hadza s'est avancé vers elle avec dignité. Il lui demanda de prendre soin de sa petite-fille jusqu'à la saison des pluies. Essie eut un mouvement de recul mais une fois le bébé dans les bras elle accepta de veiller sur ce petit être fragile enveloppé dans une peau de babouin sans rien d'autre qu'un collier de graines séchées autour du cou. Cette maternité volontaire va frayer un chemin jusqu'au coeur d'Essie et va court-circuiter sa vie entière. Des histoires personnelles s'entrelacent ici et là pour nous conduire vers des secrets enfouis puis révélés. Katherine Scholes fait craquer tous les vernis pour nous donner un texte âpre et tendre pour notre plus grand bonheur. Son voyage littéraire vers la question des origines est servi par une écriture poignante accompagnée par des personnages empreints d'une humanité débordante. L'observation, la poésie, la tendresse sont des moyens dont use l'auteure pour nous permettre de capter l'imprévisible. Son talent d'écrivaine s'était déjà imposé à moi après avoir lu « la lionne » et « la reine des pluies ». L'Afrique est dans l'oeuvre de Katherine Scholes une belle source d'inspiration qui me réjouit à chaque fois. « le berceau du monde » est encore un coup de coeur.
Lien : https://leschroniquesdecoco2..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Prendre soin d'un bébé semblait impliquer autant d'angoisse et de terreur que de jeux, de sourire et de chatouilles.
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Mais c’était trop tard. Un accord avait été conclu. L’enfant était sous sa responsabilité, et peu importait qu’elle n’ait jamais eu l’intention d’accepter ce fardeau.
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Vidéo de Katherine Scholes
Après l?inoubliable Reine des pluies, Katherine Scholes signe un roman envoûtant, magnifique portrait d?une jeune femme à la recherche de ses racines, doublé d?une fresque hallucinante sur l?histoire du Congo des années 1960.
En savoir plus sur "Leopard Hall" : http://bit.ly/2nfD44s
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