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Marianna Simon (Traducteur)Martial Guéroult (Préfacier, etc.)
EAN : 9782264033192
192 pages
Éditeur : 10-18 (05/04/2001)
3.8/5   50 notes
Résumé :
Fragments éblouissants des Compléments au Monde comme Volonté et Représentation, ces deux volumes mettent en lumière la philosophie de Schopenhauer autour des deux forces qui articulent l'humanité – l'amour et la mort. Développant le principe de volonté esquissé par Kant, l'auteur compose une vision renouvelée du monde, en précurseur à jamais moderne.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
vincentf
  18 octobre 2011
Le primat de l'espèce sur l'individu explique les contradictions de l'être humain. L'amour n'est autre que la ruse de notre être en tant qu'espèce pour que l'individu subsiste à travers ses enfants. Nous n'aimons qu'en fonction d'un instinct entièrement tourné vers la reproduction, mais nous croyons que nous ne sommes tournés que vers la volupté, le plaisir, la satisfaction pourtant toujours décevante d'une volonté de jouir. Schopenhauer, par cette idée, croit donner la clé du mystère de la passion amoureuse. Convaincant ? Si l'on suit les fondements de sa philosophie, sans doute oui. Quels sont-ils ? "Le monde comme volonté et comme représentation" : la volonté est un vouloir-vivre, qui est subjectif, sans accès à l'intellect, c'est-à-dire à la représentation du monde, qui a pour but d'objectiviser celui-ci. Là, ça se complique... Essayons quand même de comprendre. L'espèce veut vivre et a donc peur de la mort. Elle seule pourtant ne meurt pas parce que l'homme en tant qu'espèce ne meurt pas (ce que l'on pourrait sans doute contester) et, grâce ou à cause de l'amour, vit éternellement. L'individu veut comprendre. Sa conscience donne donc naissance au monde, qui n'est qu'un phénomène, tout comme l'est l'individu. Ceux-ci, le monde et l'individu, sont donc mortels, mais ce n'est qu'accessoire, puisque l'être véritable, celui de l'espèce, de la volonté, de l'instinct demeure dans l'Idée sans cesse réactualisée de l'homme, Idée immuable et éternelle, donc impérissable. Que penser de tout cela ? Il y a quelque chose de limpide dans la pensée de Schopenhauer, et aussi quelque chose d'absolument insaisissable. J'avoue m'y être un peu perdu.
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cicou45
  07 juillet 2011
Livre magnifique bien qu'il soit un peu difficile d'accès. Je l'ai lu bien après mon année de Terminale car, pour être franche, ce n'est pas le prof que j'ai eu au cours de cette année-là qui m'a donné le gout de la philosophe, et je ne regrette pas de l'avoir lu avec un peu plus de recul et surtout plus de maturité. Les volontés de l'auteur étaient que ces deux textes se lisent comme un tout et non pas comme deux textes bien distincts et,en ce sens, je suis tout à fait d'accord avec lui puisque bien que ces deux termes, l'amour et la mort, paraissent n'avoir aucun point commun, ils sont en réalité complémentaires. En effet, dans sa première théorie, Schopenhauer compare l'homme à un animal (ce qu'il est effectivement) et il explique que si les hommes et les femmes sont attirés les uns vers les autres, c'est uniquement parce qu'il sont guidés par leur instinct grégaire qui leur indique qu'ils se doivent de se reproduire pour perpétuer leur espèce. Il détruit en ce sens tout le mythe de la passion amoureuse et bien que sa théorie soit extrêmement bien étayée, c'est là où je ne suis pas d'accord avec lui.
Dans la deuxième partie, Métaphysique de la mort, il explique cette fois que bien que tout est périssable en ce monde, étant donné que les êtres se reproduisent et que la vie finit toujours par se trouver un chemin, en clair, on peut dire que ces derniers ne forment qu'Un. Cette théorie là m'a plus plu car elle redonne espoir. En effet, qui peut affirmer qu'il n'a pas peur de la Mort ?
Ouvrage à découvrir avec beaucoup de patience et de temps devant soi afin de pouvoir cerner toutes les subtilités que l'auteur tente de nous faire passer !
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zagames
  22 novembre 2020
Textes ardus mais tout de même éblouissants.
Je retiens quelques passages qui résument le livre.
- Métaphysique de l'amour :
Les mariages d'amour sont conclus dans l'intérêt de l'espèce, non dans
celui des individus.
Certes les intéressés se bercent de l'illusion qu'ils travaillent à leur propre
bonheur, mais leur fin véritable leur est à eux-mêmes étrangères, car elle
consiste dans la production d'un individu possible grâce à eux seuls.
Il leur appartient alors de s'accommoder le mieux possible l'un l'autre
une fois que ce but les aura réunis.
Or bien souvent le couple formé par cette illusion instinctive, qui fait
l'essence de l'amour-passion, sera par ailleurs d'une nature des plus
hétérogène.
Ceci paraît au grand jour quand l'illusion se dissipe, comme il est
inévitable.
Ainsi les unions formées par l'amour finissent-elles mal dans l'ensemble :
car elles prennent soin de la génération future aux dépens de celle qui
vit actuellement.
Quien se casa por amores, ha de vivir con dolores (Qui se marie par
amour, devra vivre dans le tourment) , dit un proverbe espagnol.
- Métaphysique de la mort :
Ce qu'est pour l'individu le sommeil, la mort l'est pour la volonté comme
chose en soi.
…car tout ce qui naît est digne de périr.
Ce qu'est la naissance, la mort l'est aussi, d'après son essence et sa
signification ; c'est la même ligne décrite dans deux directions.
Si l'une est surgissement réel hors du néant, l'autre est aussi réel
anéantissement.


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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   24 avril 2014
Toute inclination amoureuse, en effet, pour éthérées que soient ses allures, prend racine uniquement dans l'instinct sexuel, et n'est même qu'un instinct sexuel plus nettement déterminé, plus spécialisé, et rigoureusement parlant, plus individualisé. Considérons à présent, sans oublier cette vérité, le rôle important que joue l'amour dans toutes ses gradations et ses nuances, non seulement dans les pièces de théâtre et les romans, mais aussi dans le monde réel ; il se révèle être, avec l'amour de la vie, le ressort le plus puissant et le plus énergique, il met sans cesse à contribution la moitié des forces et des pensées de la partie la plus jeune de l'humanité, il est le but dernier de presque chaque aspiration humaine, il acquiert une influence néfaste sur les affaires les plus importantes, interrompt à toute heure les occupations les plus sérieuses, jette parfois pour quelque temps le trouble dans les plus grands cerveaux, ne craint pas d'intervenir avec ses pacotilles dans les tractations des hommes d'états et les recherches des savants et de les perturber, s'entend même à glisser billets doux et boucles de cheveux dans des portefeuilles ministériels et des manuscrits philosophiques, trame encore journellement les conflits les plus inextricables et les plus graves, dénoue les relations les plus précieuses, rompt les liens les plus précieux, sacrifie tantôt la vie et la santé, tantôt la richesse, le rang et le bonheur, que dis-je! fait même de celui qui est ordinairement honnête un homme sans conscience, de l'homme fidèle jusqu'alors un traître - donc au total se conduit comme un démon hostile, qui s’efforce de tout mettre à l'envers, de tout embrouiller et renverser - on sera alors porté à s'écrier : pourquoi tout ce bruit ? pourquoi cette agitation, ce déchaînement, cette angoisse et cette misère ?

"Métaphysique de l'amour"
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art-bsurdeart-bsurde   03 septembre 2014
Ce qui s'exprime dans la conscience individuelle comme simple instinct sexuel, sans se porter vers un individu déterminé de l'autre sexe, c'est le vouloir-vivre pris en lui-même et hors du phénomène. Mais ce qui apparait comme l'instinct orienté vers un individu déterminé, c'est en soi la volonté de vivre sous la forme d'un individu exactement défini. Or, dans ce cas, l'instinct sexuel, bien que simple besoin subjectif, sait très habilement prendre le masque d'une admiration objective et duper ainsi la conscience, car la nature a besoin de ce stratagème pour arriver à ses fins. Que cependant, si objective et si élevée que paraisse cette admiration, il n'y ait en réalité en chaque sentiment amoureux que l'intention de produire un individu d'une certaine nature, cela est dès l'abord confirmé par le fait que l'essentiel n'est pas la réciprocité de l'inclination, mais la possession, c'est-à-dire la jouissance physique. Être assurée de la première ne console aucunement de l’absence de la seconde ; bien plutôt plus d'un s'est brûlé la cervelle dans une semblable situation.

"Métaphysique de l'amour"
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cicou45cicou45   07 juillet 2011
"Ainsi tout ne demeure qu'un instant et se hâte vers la mort. La plante et l'insecte meurent à la fin de l'été, l'animal et l'homme après un petit nombre d'années : la mort fauche sans relâche. Mais malgré cela, oui, comme s'in n'en était nullement ainsi, tout est toujours présent en son lieu et à sa place, comme si rien n'était périssable."
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cicou45cicou45   07 juillet 2011
"Il n'y a pas de plus grand contraste que celui qui existe entre la fuite irrésistible du temps qui entraîne tout son contenu avec lui, et l'immobilité rigide de ce qui est vraiment, de ce qui est en tout temps un et identique."
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   24 juillet 2009
"Mais ce qui en fin de compte attire l'un vers l'autre deux individus de sexe différent avec tant de force et si exclusivement, c'est le vouloir-vivre présent dans toute l'espèce, qui réalise par anticipation une objectivation de son être conforme à ses intentions, dans l'individu que ces deux êtres peuvent produire."
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Savourez chaque semaine quelques pépites puisées dans les archives de l'INA qui illustrent avec humour les liens qu'entretiennent les français avec le livre ! Que provoque en nous la lecture ? Que lit-on et pourquoi ? Quand et où lisons-nous ? le CNL a déniché dans les archives de l'INA un choix de pépites du petit écran pour découvrir ces mille et une façons de lire.

"J'ai une très jolie bibliothèque anglaise [...] J'y mettrai des livres que je jugerai inattaquable... Enfin inattaquables, à mon sens."

Serge Gainsbourg évoque son rapport à la lecture et sa bibliothèque de jeunesse, entre Schopenhauer et les séries noires.
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