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Marianna Simon (Traducteur)Martial Guéroult (Préfacier, etc.)
EAN : 9782264033192
192 pages
10-18 (05/04/2001)
3.79/5   68 notes
Résumé :
Fragments éblouissants des Compléments au Monde comme Volonté et Représentation, ces deux volumes mettent en lumière la philosophie de Schopenhauer autour des deux forces qui articulent l'humanité – l'amour et la mort. Développant le principe de volonté esquissé par Kant, l'auteur compose une vision renouvelée du monde, en précurseur à jamais moderne.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Plutôt déçu par cet ouvrage même s'il offre une plongée intéressante sur l'état de la métaphysique au XIXe siècle.
Dans la métaphysique de l'amour, Schopenhauer se donne pour objectif de démontrer ce qui - et pourquoi - attire les hommes aux femmes et inversément et en vient à expliquer la force et la poésie de l'amour par la volonté du génie de l'espèce. Au lieu de s'attarder au contenu qui paraîtra définitivement archaïque, risible sinon offensant, arrêtons-nous à cette volonté (le mot est lâché bien à propos dans la pensée de ce philosophe) de rendre compte systématiquement de ce qui sous-tend l'amour et la force vitale de la sexualité dans l'élan de préservation de l'espèce.
La métaphysique de la mort est probablement un des summums du courant métaphysique (entendons-nous je ne suis qu'un pâle néophyte en philosophie). Cet acharnement de Schopenhauer à prouver l'existence de l'ÊTRE et à l'attribuer au travail de la volonté, qui préexiste autant dans la nature que chez nous les êtres humains, est pour nous, enfants du XXe ou XXIe existentialiste, très évocateur. La philosophie somme toute (ou du moins la métaphysique précisé-je) existerait-elle, dit-il, sans la question de mort ? Je répondrais encore que l'art aussi chevauche allègrement cette question.
Ce qui déçoit dans cet ouvrage ce sont ces affirmations arbitraires sur le fonctionnement du désir, sur la place des femmes, l'homosexualité bien souvent aujourd'hui contredites par les sciences humaines et naturelles et qui ne passeraient même plus comme "blagues de beaufs".
Le point positif de cette lecture reste l'étonnante clarté avec laquelle Schopenhauer exprime ses concepts - ce qui n'est pas négligeable pour le débutant que je suis.
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Le primat de l'espèce sur l'individu explique les contradictions de l'être humain. L'amour n'est autre que la ruse de notre être en tant qu'espèce pour que l'individu subsiste à travers ses enfants. Nous n'aimons qu'en fonction d'un instinct entièrement tourné vers la reproduction, mais nous croyons que nous ne sommes tournés que vers la volupté, le plaisir, la satisfaction pourtant toujours décevante d'une volonté de jouir. Schopenhauer, par cette idée, croit donner la clé du mystère de la passion amoureuse. Convaincant ? Si l'on suit les fondements de sa philosophie, sans doute oui. Quels sont-ils ? "Le monde comme volonté et comme représentation" : la volonté est un vouloir-vivre, qui est subjectif, sans accès à l'intellect, c'est-à-dire à la représentation du monde, qui a pour but d'objectiviser celui-ci. Là, ça se complique... Essayons quand même de comprendre. L'espèce veut vivre et a donc peur de la mort. Elle seule pourtant ne meurt pas parce que l'homme en tant qu'espèce ne meurt pas (ce que l'on pourrait sans doute contester) et, grâce ou à cause de l'amour, vit éternellement. L'individu veut comprendre. Sa conscience donne donc naissance au monde, qui n'est qu'un phénomène, tout comme l'est l'individu. Ceux-ci, le monde et l'individu, sont donc mortels, mais ce n'est qu'accessoire, puisque l'être véritable, celui de l'espèce, de la volonté, de l'instinct demeure dans l'Idée sans cesse réactualisée de l'homme, Idée immuable et éternelle, donc impérissable. Que penser de tout cela ? Il y a quelque chose de limpide dans la pensée de Schopenhauer, et aussi quelque chose d'absolument insaisissable. J'avoue m'y être un peu perdu.
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Livre magnifique bien qu'il soit un peu difficile d'accès. Je l'ai lu bien après mon année de Terminale car, pour être franche, ce n'est pas le prof que j'ai eu au cours de cette année-là qui m'a donné le gout de la philosophe, et je ne regrette pas de l'avoir lu avec un peu plus de recul et surtout plus de maturité. Les volontés de l'auteur étaient que ces deux textes se lisent comme un tout et non pas comme deux textes bien distincts et,en ce sens, je suis tout à fait d'accord avec lui puisque bien que ces deux termes, l'amour et la mort, paraissent n'avoir aucun point commun, ils sont en réalité complémentaires. En effet, dans sa première théorie, Schopenhauer compare l'homme à un animal (ce qu'il est effectivement) et il explique que si les hommes et les femmes sont attirés les uns vers les autres, c'est uniquement parce qu'il sont guidés par leur instinct grégaire qui leur indique qu'ils se doivent de se reproduire pour perpétuer leur espèce. Il détruit en ce sens tout le mythe de la passion amoureuse et bien que sa théorie soit extrêmement bien étayée, c'est là où je ne suis pas d'accord avec lui.
Dans la deuxième partie, Métaphysique de la mort, il explique cette fois que bien que tout est périssable en ce monde, étant donné que les êtres se reproduisent et que la vie finit toujours par se trouver un chemin, en clair, on peut dire que ces derniers ne forment qu'Un. Cette théorie là m'a plus plu car elle redonne espoir. En effet, qui peut affirmer qu'il n'a pas peur de la Mort ?
Ouvrage à découvrir avec beaucoup de patience et de temps devant soi afin de pouvoir cerner toutes les subtilités que l'auteur tente de nous faire passer !
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Textes ardus mais tout de même éblouissants.

Je retiens quelques passages qui résument le livre.

- Métaphysique de l'amour :
Les mariages d'amour sont conclus dans l'intérêt de l'espèce, non dans
celui des individus.
Certes les intéressés se bercent de l'illusion qu'ils travaillent à leur propre
bonheur, mais leur fin véritable leur est à eux-mêmes étrangères, car elle
consiste dans la production d'un individu possible grâce à eux seuls.
Il leur appartient alors de s'accommoder le mieux possible l'un l'autre
une fois que ce but les aura réunis.
Or bien souvent le couple formé par cette illusion instinctive, qui fait
l'essence de l'amour-passion, sera par ailleurs d'une nature des plus
hétérogène.
Ceci paraît au grand jour quand l'illusion se dissipe, comme il est
inévitable.
Ainsi les unions formées par l'amour finissent-elles mal dans l'ensemble :
car elles prennent soin de la génération future aux dépens de celle qui
vit actuellement.
Quien se casa por amores, ha de vivir con dolores (Qui se marie par
amour, devra vivre dans le tourment) , dit un proverbe espagnol.

- Métaphysique de la mort :
Ce qu'est pour l'individu le sommeil, la mort l'est pour la volonté comme
chose en soi.

…car tout ce qui naît est digne de périr.

Ce qu'est la naissance, la mort l'est aussi, d'après son essence et sa
signification ; c'est la même ligne décrite dans deux directions.
Si l'une est surgissement réel hors du néant, l'autre est aussi réel
anéantissement.




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Schopenhauer maintient sa théorie: la passion de l'amour voit sa finalité à travers la procréation.

Il vient à détailler toutes les caractéristiques dites “instinctives” menant à l'attirance mutuelle entre un homme et une femme.
Selon lui, qui, d'après moi s'apparente à une vision des choses assez archaïque et bien trop présomptueuse, les considérations menant au plaisir mutuel sont la beauté, les qualités psychiques et le besoin de corriger/combler les insuffisances des deux sexes les unes par les autres.

Par exemple, en ce qui concerne la beauté, l'homme porterait davantage d'intérêt à la beauté physique (beauté du visage, structure osseuse), la femme trouvant plus importantes les qualités psychiques (qualités de coeur, caractère) faisant abstraction des qualités intellectuelles, qui celles-ci sont plus convoitées par les hommes.

Des affirmations, selon moi, bien trop radicales, mais avant tout, trop générales et réductrices.

Les deux théories se complètent: quand apparaît l'Amour et donc, la procréation, s'en suit la Mort.
J'ai bien aimé quelques citations concernant la Métaphysique de la Mort bien que celle-ci ne soit pas, à mon goût, aussi plaisante à lire que celle de l'Amour.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
... l'intellect est un phénomène secondaire et conditionné par le cerveau, donc commençant et finissant avec celui-ci. La volonté seule est ce qui conditionne, est le noyau de tout ce qui est phénomène; elle est donc indépendante des formes de l'apparence
phénoménale, auxquelles appartient le temps, et par suite aussi indestructible. Avec la mort la conscience certes se perd mais non ce qui la produisait et la conservait, la vie s'éteint, mais non le principe de la vie, qui se manifestait en elle. C'est aussi pourquoi un sentiment assuré dit à chacun qu'l y a en lui quelque chose d'absolument impérissable et indestructible. Même, la fraîcheur et la vivacité des souvenirs de l'époque la plus lointaine, celle de la première enfance, témoigne en faveur du fait que quelque chose en nous ne passe pas avec le temps, ne vieillit pas, mais demeure sans changement. Mais on ne pouvait se faire une idée claire de ce qu'est cet être impérissable. Ce n'est pas la conscience, pas plus que le corps, dont elle dépend manifestement. C'est bien plutôt la réalité sur laquelle reposent à la fois le corps et la conscience. Or cette réalité est précisément ce qui, en tombant sous la conscience apparaît comme la volonté.
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Toute inclination amoureuse, en effet, pour éthérées que soient ses allures, prend racine uniquement dans l'instinct sexuel, et n'est même qu'un instinct sexuel plus nettement déterminé, plus spécialisé, et rigoureusement parlant, plus individualisé. Considérons à présent, sans oublier cette vérité, le rôle important que joue l'amour dans toutes ses gradations et ses nuances, non seulement dans les pièces de théâtre et les romans, mais aussi dans le monde réel ; il se révèle être, avec l'amour de la vie, le ressort le plus puissant et le plus énergique, il met sans cesse à contribution la moitié des forces et des pensées de la partie la plus jeune de l'humanité, il est le but dernier de presque chaque aspiration humaine, il acquiert une influence néfaste sur les affaires les plus importantes, interrompt à toute heure les occupations les plus sérieuses, jette parfois pour quelque temps le trouble dans les plus grands cerveaux, ne craint pas d'intervenir avec ses pacotilles dans les tractations des hommes d'états et les recherches des savants et de les perturber, s'entend même à glisser billets doux et boucles de cheveux dans des portefeuilles ministériels et des manuscrits philosophiques, trame encore journellement les conflits les plus inextricables et les plus graves, dénoue les relations les plus précieuses, rompt les liens les plus précieux, sacrifie tantôt la vie et la santé, tantôt la richesse, le rang et le bonheur, que dis-je! fait même de celui qui est ordinairement honnête un homme sans conscience, de l'homme fidèle jusqu'alors un traître - donc au total se conduit comme un démon hostile, qui s’efforce de tout mettre à l'envers, de tout embrouiller et renverser - on sera alors porté à s'écrier : pourquoi tout ce bruit ? pourquoi cette agitation, ce déchaînement, cette angoisse et cette misère ?

"Métaphysique de l'amour"
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Ce qui s'exprime dans la conscience individuelle comme simple instinct sexuel, sans se porter vers un individu déterminé de l'autre sexe, c'est le vouloir-vivre pris en lui-même et hors du phénomène. Mais ce qui apparait comme l'instinct orienté vers un individu déterminé, c'est en soi la volonté de vivre sous la forme d'un individu exactement défini. Or, dans ce cas, l'instinct sexuel, bien que simple besoin subjectif, sait très habilement prendre le masque d'une admiration objective et duper ainsi la conscience, car la nature a besoin de ce stratagème pour arriver à ses fins. Que cependant, si objective et si élevée que paraisse cette admiration, il n'y ait en réalité en chaque sentiment amoureux que l'intention de produire un individu d'une certaine nature, cela est dès l'abord confirmé par le fait que l'essentiel n'est pas la réciprocité de l'inclination, mais la possession, c'est-à-dire la jouissance physique. Être assurée de la première ne console aucunement de l’absence de la seconde ; bien plutôt plus d'un s'est brûlé la cervelle dans une semblable situation.

"Métaphysique de l'amour"
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C'est donc ainsi qu'en tous ceux qui sont aptes à procréer, le génie de l'espèce médite sur la génération à venir. La constitution de celle-ci est la grande œuvre qui accapare un Cupidon sans cesse actif, adonné à ses spéculations et à ses inventions. Au regard d'une tâche aussi capitale, qui intéresse l'espèce et toutes les générations futures, la somme éphémère des objectifs individuels est bien futile; aussi Cupidon est-il toujours prêt à les sacrifier sans aucun égard. Car son rapport avec eux est celui d'un immortel
avec des mortels et ses intérêts sont aux leurs comme l'infini au fini. Conscient d'administrer des affaires d'une essence supérieure à toutes celles qui ne regardent que le bien-être individuel, il s'y consacre avec une souveraine sérénité, au milieu du vacarme de la guerre, ou dans le tumulte des affaires, ou parmi les ravages d'une peste, et les poursuit jusque dans la solitude du couvent.
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"Il n'y a pas de plus grand contraste que celui qui existe entre la fuite irrésistible du temps qui entraîne tout son contenu avec lui, et l'immobilité rigide de ce qui est vraiment, de ce qui est en tout temps un et identique."
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« […] les auteurs d'aphorismes, surtout lorsqu'ils sont cyniques, irritent ; on leur reproche leur légèreté, leur désinvolture, leur laconisme ; on les accuse de sacrifier la vérité à l'élégance du style, de cultiver le paradoxe, de ne reculer devant aucune contradiction, de chercher à surprendre plutôt qu'à convaincre, à désillusionner plutôt qu'à édifier. Bref, on tient rigueur à ces moralistes d'être si peu moraux. […] le moraliste est le plus souvent un homme d'action ; il méprise le professeur, ce docte, ce roturier. Mondain, il analyse l'homme tel qu'il l'a connu. […] le concept « homme » l'intéresse moins que les hommes réels avec leurs qualités, leurs vices, leurs arrière-mondes. […] le moraliste joue avec son lecteur ; il le provoque ; il l'incite à rentrer en lui-même, à poursuivre sa réflexion. […]
On peut toutefois se demander […] s'il n'y a pas au fond du cynisme un relent de nostalgie humaniste. Si le cynique n'est pas un idéaliste déçu qui n'en finit pas de tordre le cou à ses illusions. […] » (Roland Jaccard.)
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Référence bibliographique : Roland Jaccard, Dictionnaire du parfait cynique, Paris, Hachette, 1982.
Images d'illustration : Vauvenargues : https://www.buchfreund.de/de/d/p/101785299/luc-de-clapiers-marquis-vauvenargues-1715-1747#&gid=1&pid=1 Georges Perros : https://editionsfario.fr/auteur/georges-perros/ Anatole France : https://rickrozoff.files.wordpress.com/2013/01/anatolefrance.jpg Prince de Ligne : https://tresorsdelacademie.be/fr/patrimoine-artistique/buste-de-charles-joseph-prince-de-ligne#object-images Jules Renard : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a5/Jules_Renard_-_photo_Henri_Manuel.jpg Blaise Pascal : https://www.posterazzi.com/blaise-pascal-french-polymath-poster-print-by-science-source-item-varscibp3374/ André Ruellan : https://www.babelio.com/auteur/
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