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EAN : 9782752911780
Éditeur : Phébus (04/10/2018)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 9 notes)
Résumé :
« Celui qui trouve sans chercher est celui qui a longtemps cherché sans trouver », écrivait Bachelard. Une réflexion qui s'applique parfaitement à cet ouvrage. Car c'est engagé dans l'annotation de la très riche correspondance échangée entre George Sand et Alexandre Dumas fils que Claude Schopp a découvert qui était le modèle du célèbre tableau, L'origine du monde de Gustave Courbet. Une révélation qu'il étaye à d'autres sources.
Avant de se mettre en scène ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
cascasimir
  29 novembre 2019
Qu'on ne me con-damne pas, ce n'est ni un billet con-traire à la morale, ni concupiscent mais...

"Lorsqu'on écartait le voile, on demeurait stupéfait d'apercevoir une femme... vue de face, émue et convulsée, reproduite " con amore"."

C'est le portrait de Constance Quénieux, jeune danseuse d'opéra puis "courtisane", et favorite du richissime Khalil-Bey...
Elle posa pour " L'origine du monde" de Gustave Courbet...

A cette époque, la danseuse est la figure féminine par excellence, sur scène, où elle expose ses courbes, ses longues jambes, ses seins, ses hanches et ses fesses...
Une danseuse comme Constance ne gagnait que 200 à 600 francs/an, guère plus que les ouvrières parisiennes.

Il faut accepter les attouchements, privautés et harcèlements du maître de ballet (du musicien, du librettiste, ou du directeur!)
Fermer les yeux, serrer les dents et sourire en même temps!
Souris, petit rat, pour ne pas risquer de passer, à la trappe...

Il faut apprendre à... lever la jambe, exécuter des entrechats et à attraper un gros matou, un protecteur, un mentor puissant et fortuné. Sous la férule de sa mère, ou d'une parente "apparent chaperon mais véritable maquerelle "...

De l'argent !
Constance était la Shéhérazade qui charmait Khalil Bey, non grâce aux contes des mille et une nuits, mais en tant que porte bonheur...
(Une fois qu'elle eut dansé pour lui... la danse des 7 voiles...pardon, hein!)

" Un porte-veine".
Si quelque caprice éloignait Constance de Khalil-Bey, ce dernier perdait aux cartes. "Ce fut la guigne noire, après la rupture définitive!"

C'est en 1866, que Constance accepta de poser pour le peintre, qui préparait depuis longtemps, son pinceau, le plus... Euh, pardon encore.

" Un con ( comme moi) ça ose tout, c'est à ça qu'on le reconnait!" Pardon, Mr Audiard.
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tynn
  12 octobre 2018
J'ai encore en mémoire le plaisir de lecture en 2009 du livre de Thierry Savatier* qui documente la trajectoire de la plus sulfureuse des peintures de Courbet, passant de mains en mains entre différents propriétaires, assortie d'années de discrétion voire de disparition.
C'est donc très amusant de finaliser la connaissance de l'oeuvre par la dernière énigme qui y restait attachée: mais à qui appartient donc cet «intérieur»?
Nul doute qu'en découvrant l'identité de cette fameuse «toison», Claude Schopp a fait autant un scoop culturel qu'une savoureuse découverte dont il peut se satisfaire.
Donc voici nommée Constance Quéniaux (1832-1908), tour à tour danseuse de l'opéra de Paris, demi mondaine vivant de ses charmes, courtisane rentière d'aisance accumulée, dame patronnesse et discrète vieille dame un peu collectionneuse.
L'auteur a fait un travail de rat de bibliothèque pour suivre sa trace dans toutes sortes de documents, reconstituant ainsi son parcours probable. Si le résultat de ses recherches est parfois fastidieux pour le lecteur, il dessine néanmoins une époque sociale, esthétique et culturelle un peu oubliée et qui s'avère très intéressante.
Pouvait-elle imaginer, cette petite dame respectable de soixante-quinze ans, que sa renommée posthume tiendrait à son intimité si largement offerte au public? Quel destin!
*L'origine du monde: histoire d'un tableau de Gustave Courbet
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Apoapo
  03 novembre 2018
Le tableau intitulé L'Origine du monde de Gustave Courbet jouit d'une immense célébrité : autant il est stupéfiant qu'il ait été occulté de mille manières depuis sa réalisation en 1866 jusqu'à son exposition au musée d'Orsay en juin 1995, suite à la dation à l'État par les héritiers du psychanalyste Jacques Lacan, son dernier propriétaire, autant il a généré une vaste bibliographie – à celle qui est reproduite en fin de volume et qui semble exhaustive, il faut ajouter l'essai de l'auteur turc-parisien Enis Batur, intitulé La Pomme – laquelle s'est penchée sur les énigmes et mystères de cette oeuvre encore aujourd'hui troublante... de ces mystères, Claude Schopp, biographe d'Alexandre Dumas père et fils, vient tout récemment d'en dévoiler un de taille : l'identité du modèle de la toile. Dans une lettre adressée par Dumas fils à George Sand, lettre pleine de fiel et d'insultes contre Courbet, il s'exclame : « […] sans compter que l'on ne peint pas de son pinceau le plus délicat et le plus sonore l'intérieur de Mlle Queniault de l'Opéra, pour le Turc qui s'y hébergeait de tems et tems, le tout de grandeur naturelle […]. Tout cela est ignoble ».
Mis à part que Claude Schopp commet ce qui ressemble fort à un acte manqué en lisant « l'interview » à la place de « l'intérieur », anachronisme qui rend la phrase incompréhensible, alors que la graphie de Dumas, dans cette lettre, est tout-à-fait lisible ; et hormis que le nom de la demoiselle était en réalité Constance Quéniaux (souvent mal orthographié même de son vivant), l'identification est parfaite : le Turc, c'était bien Khalil Bey, le richissime ambassadeur ottoman commanditaire de ce tableau et d'un autre, le Sommeil, tout aussi scandaleux ; et il entretenait effectivement une relation avec ladite demoiselle, relation évoquée de façon quelque peu licencieuse voire totalement « reloue » par l'expression : « l'intérieur [… où il s'] hébergeait de tems en tems »...
De là, avec un procédé qui fait penser aux enquêtes de Didier Blonde sur des personnes disparues dans le passé, l'auteur procède à un travail d'archives très approfondi pour nous rendre tous les renseignements possibles sur Constance Quéniaux (1832-1908). Sa biographie est scandée en trois étapes : de l'enfance sans père mais adroitement guidée par une mère qui l'oriente vers la carrière de danseuse à l'Opéra – carrière qui impliquait à l'époque l'acceptation implicite des faveurs de « protecteurs » rarement désintéressés ; à partir de l'âge de vingt-quatre ans, l'abandon de la scène pour devenir uniquement « biche porte-veine », c'est-à-dire courtisane, demi-mondaine, jusqu'au faîte de cette activité représentée sans doute par la courte liaison avec Khalil Bey ; et enfin, à un âge plus mûr, et en profitant d'une grande aisance financière, un dévouement aux actes philanthropiques, sans jamais s'éloigner ni renier ses anciennes amitiés féminines issues du milieu des arts et du demi-monde. En apprenant tout sur cette femme remarquable, dont les talents, davantage même que la beauté dont on peut difficilement juger aujourd'hui avec nos critères, ont fait qu'elle sorte entièrement triomphante et non victime d'un système de domination sexuelle masculine qui a, à l'évidence, broyé la plupart de ses semblables, en disposant même d'inventaires de ses biens et de plusieurs portraits photographiques – outres les oeuvres de Courbet concernées et autres pièces iconographiques également essentielles – l'on acquiert aussi un aperçu très intéressant de ce système justement, et plus généralement de l'univers des loisirs parisiens de la seconde moitié du XIXe siècle. Les qualités d'intelligence, de raffinement social et d'élégance exquise, de fidélité en amitié, de bon coeur et surtout de discrétion de la protagoniste, déjà reconnues par la presse mondaine de son temps constamment citée verbatim forcent notre admiration à son égard et nous la rendent vivante. Mais là se clôt le texte de l'auteur.
L'indispensable postface par Sylvie Aubens tente, brièvement, de répondre à la question cruciale : « [Avoir appris l'identité du modèle] Cela change-t-il notre perception du tableau ? En est-elle enrichie pour autant ? » Et sur ce point, je trouve que l'ouvrage est fortement lacunaire. Certes, on se référera à d'autres livres pour en savoir davantage sur les circonstances de la création de la toile, sur les personnalités de Khalil Bey et de Courbet. Évidemment, les documents compulsés ne pourraient nous renseigner davantage sur les rapports personnels entre les trois personnes. Pourtant on a le droit de se demander : seule la fiction romanesque est-elle à même de répondre aux questions suivantes ? -
Quelle sorte de masochisme a poussé le diplomate égyptien à commander un tableau représentant la vulve de sa propre maîtresse, obligée de poser nue devant le peintre ? Quels étaient les motifs qui ont poussé Courbet à réaliser une série de tableaux scandaleux, sans doute autres que la simple rémunération ? Quelle était la part politique de la haine que le Tout-Paris semble avoir vouée au peintre pour sa participation active à la Commune ? Courbet était-il juste un mégalomane imbu de sa personne, pour se comparer à Raphaël, au Titien et au Corrège ou bien ces oeuvres-là avaient une ambition révolutionnaire ? Et quid de Constance Quéniaux, femme pourtant avisée, qui sut rompre assez vite avec le millionnaire, mais qui accepta de poser pour le peintre malgré sa discrétion ? de qui reçut-elle un précieux tableau de Courbet, très significativement représentant des fleurs, dont deux camélias, un blanc un rouge – alors que tout le monde avait lu La Dame aux camélias : de l'artiste lui-même ou du « Turc » ? Y avait-il peut-être une certaine forme de complicité entre les trois ? Enfin Alexandre Dumas, comme d'autres plumes acérées contre Courbet, révélait-il un secret de polichinelle en nommant Mlle Quéniaux ? Ou bien était-il suffisamment intime de ces personnes, comme le laisserait croire le fait d'avoir vu de ses yeux des tableaux si confidentiels ? Et alors pourquoi tant d'acrimonie, d'hostilité ? Avait-il des rancunes privées ? Les relations étaient-elles donc plus compliquées entre eux tous ?
Je pense qu'une si belle découverte résulte un peu tronquée par le manque de recherche d'autres documents reliant les personnages historiques entre eux. C'est dommage.
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nathalia1307
  27 janvier 2019
Cet essai aborde l'identité du modèle, plus que le tableau peint par Courbet.Claude Schopp spécialiste de l'écrivain Dumas fils découvre l'identité du modèle l'origine du Monde à travers sa correspondance avec George Sand : Constance Queniaux. D'ailleurs, je n'aurai pas su le deviner, à La lecture seule de l'échange épistolaire entre Sand et Dumas.
Débutante à l'Opera, elle est danseuse des 14 ans, pour une dizaine d'années puis devient une courtisane distinguée, tirant de ses activités une ascension sociale. le tableau est une commande de Khalil Bey, ambassadeur turc au peintre Courbet, un autre tableau tout aussi connu le Sommeil fait partie de la commande, représentant une scène saphique.
Constance, entretenait une relation avec Khalil Bey, il la considérait comme son porte veine, comprendre qu'elle lui portait chance au table de jeu. A l'issue de leur relation, Khalil Bey connaît un revers de fortune.
Nul doute que les relations privilégiées de Constance avec des puissants, ont fait d'elle, une femme aisée et discrète. L'auteur trouve trace d'elle dans la presse d'époque dans les chroniques mondaines. C'est ainsi qu'il retrace le parcours de cette femme à travers sa vie publique. Elle conservera également des solides liens auprès de chanteuses, danseuses, artistes de l'Opera qu'elle continuera de fréquenter en tant que spectatrice, une fois sa carrière de danseuse achevée.
Le propos est parfaitement documenté, l'ambiance des salons et vie mondaine du Paris sous l'Empire est décrit avec précision, les passerelles entre vie mondaine et vie artistique son très bien abordées. Tout comme le parcours d'une danseuses professionnelle d'Opéra, éloigné de celui qu'on connaît actuellement, j'ai particulièrement apprécié ce passage décrivant ce parcours de Constance à l'opéra.
A la fin Sylvie Aubenas établit une étude sommaire du tableau, pour compléter.
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panurge
  04 mars 2020
"L'origine du monde" de Courbet. Peint en 1866 pour un richissime individu dénommé Khalil Bey Pacha.
Ce tableau ,vu par Maxime Descamps et Léon Gambetta en leur temps, vient enrichir la collection privée du viveur, flambeur, propriétaire de chevaux de courses, amant notamment de Constance Queniaux, danseuse à l'Opéra de Paris et demi-mondaine.
Un autre tableau, "Le sommeil" complète la contribution de Courbet à l'art "licencieux" si prisé du commanditaire.
Qui est cette femme dont la posture offre au peintre réaliste et provocateur l'occasion de s'en donner à coeur joie, de faire une bonne affaire et d'effectuer un bras d'honneur à la societé corsetée bonapartiste des années 1850-1860 ? C'est Constance Queniaux comme le démontre magistralement Claude Schopp.
L'enquête magistrale se lit à la façon dont on se jette dans une nouvelle Sherlockienne.
Au passage, C. Schopp dresse un portrait terrible de la condition féminine. Une jeune femme cornaquée par sa mère négocie son corps contre des avantages matériels éphémères. Constance mène sa barque avec discernement, intelligence, habileté. Elle s'en sort et réussit une belle ascension sociale. Cependant elle a été un jouet. On sent la chape de plomb imposée par les préjugés sociaux dans cette façon de considérer la sexualité, le désir et les moyens de parvenir à un consentement.
La postface écrite par Sylvie Aubenas retrace la trajectoire du tableau depuis le cabinet particulier de Khalil Bey Pacha jusqu'au musée d'Orsay. cen'est pas la partie la moins intéressante de cet excellent livre.
A lire+++
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ApoapoApoapo   03 novembre 2018
« Comme le laissent prévoir les gravures décorant les murs, la chambre à coucher de Constance, […] mériterait un plus long arrêt sur image, tant elle est représentative du retour à l'art du XVIIIe siècle, synonyme de civilisation raffinée et aristocratique. Inaugurée par la publication de L'Art au XVIIIe siècle des frères Goncourt, qui avaient célébré Watteau, Chardin, Boucher ou La Tour, l'invasion de cette esthétique que l'on pourrait qualifier de contre-révolutionnaire, c'est-à-dire d'anti-démocratique, va sans doute de pair, dans l'imaginaire de Constance, avec son extraordinaire ascension sociale. » (pp. 113-114)
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ApoapoApoapo   03 novembre 2018
« Le triomphe de la courtisane tutoyant les sommets tout en restant abordable – contre droit d'octroi, bien entendu –, peut se lire comme une séquelle des transformations économiques et sociales remodelant le pays qui s'est industrialisé à marche effrénée. Les hautes classes, bourgeoisie et aristocratie mêlées, ont régenté l'État pendant le règne de Louis-Philippe puis sous le Second Empire, et ont fait main basse sur les richesses économiques, entraînant une période de prospérité factice synonyme d'intense circulation monétaire. Les bénéficiaires de la roue de la fortune ont alors eu les moyens de se livrer à la satisfaction sans bornes de leurs désirs. La courtisane devient la figure même de cet appétit insatiable de jouissances immodérées. » (p. 64)
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Videos de Claude Schopp (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claude Schopp
Claude Schopp, L'origine du monde, vie du modèle, Editions Phébus Rencontre à la librairie Les Cahiers de Colette Vendredi 30 novembre 2018
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