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ISBN : 2870972806
Éditeur : Blake et Mortimer (29/05/2019)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Le souvenir de la Grande Pyramide hante à nouveau Mortimer. Ses cauchemars commencent le jour où il étudie d'étranges radiations qui s'échappent du Palais de Justice de Bruxelles : un puissant champ magnétique provoque des aurores boréales, des pannes dans les circuits électroniques et d'épouvantables cauchemars chez ceux qui y sont exposés. La ville est aussitôt évacuée par l'armée et enceinte d'un haut mur.
Mortimer vit depuis lors une retraite morose à Lon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Presence
  05 juin 2019
Ce tome comprend une histoire complète mettant en scène Francis Blake et Philip Mortimer. La première édition date de 2019. Il a été réalisé par François Schuiten (scénario, dessins et encrage), Jaco van Dormael (scénario, réalisateur et metteur en scène belge), Thomas Gunzig (scénario, écrivain belge francophone) et Laurent Durieux (couleur).
À l'intérieur de la pyramide de Kheops, au Caire en Égypte, Francis Blake et Philip Mortimer reprennent difficilement conscience. Ils ne se souviennent plus d'où ils se trouvent. Ils finissent par comprendre qu'ils se trouvent dans la Chambre du Roi de la pyramide. Quelques années plus tard, le professeur Mortimer pénètre dans la salle des pas perdus du Palais de Justice de Bruxelles. Il y retrouve son ami Henri qui évoque le taux élevé du rayonnement électromagnétique. Henri emmène Mortimer au sous-sol et lui montre une pièce récemment mise à jour : le bureau de travail de Joseph Poelaert (1817-1879), l'architecte du Palais de Justice. Il l'emmène jusqu'au fond de la pièce où il lui montre des hiéroglyphes et une représentation du dieu Seth. À la surprise de Mortimer, Henri se saisit d'une masse et en frappe le mur. de la fissure s'échappe une puissante lumière. Henri passe par la faille, mais le mur s'écroule derrière lui, empêchant Mortimer de le suivre. Mortimer remonte le plus vite possible et sort du Palais de Justice. le rayonnement s'échappe du bâtiment et irradie toute la ville.
Trois semaines plus tard, Mortimer se réveille sur un lit d'hôpital où il est venu consulter à cause de terribles cauchemars dans lequel Seth lui apparaît. À l'extérieur, l'armée a commencé à évacuer les civils. Quelques temps plus tard, Mortimer retrouve Blake devant le Palais de Justice, autour duquel ont été élevés des échafaudages pour constituer une cage de Faraday afin de contenir le rayonnement. Des années plus tard, les bâtiments ont commencé à se dégrader et quelques animaux sauvages circulent dans la rue. Non loin du Palais de Justice, un groupe de personnes prépare un acte de destruction contre le bâtiment. Leur intervention a des conséquences néfastes et Philip Mortimer est contacté par Francis Blake pour une intervention de la dernière chance, en urgence. Mortimer doit se rendre à Bruxelles.
En 1996, paraît une nouvelle aventure de Blake & Mortimer, réalisée par Jean van Hamme & Ted Benoît, 9 ans après la mort de leur créateur Edgar P. Jacobs. Entretemps, Média Participations a fait l'acquisition des Éditions Blake & Mortimer, et Jean van Hamme a défini les règles à respecter pour les albums de la reprise : rester dans les années 1950 et ne pas poursuivre après Les 3 formules du Pr Sato (voir Autour de Blake & Mortimer, tome 9 : L'héritage Jacobs (2016/2018). Lors de l'annonce de ce tome, l'éditeur a clairement indiqué qu'il s'agit d'un projet à part, qui ne s'inscrit pas dans le cadre établi. D'une part Blake et Mortimer ont vieilli car l'aventure se déroule après Les 3 formules du Pr Sato ; d'autre part François Schuiten ne s'en tient pas aux caractéristiques graphiques de la ligne claire d'EP Jacobs. du coup l'horizon d'attente du lecteur s'en trouve plus incertain, car il a conscience qu'il ne va pas retrouver les spécificités bien établies pour la reprise de la série.
Avec la scène d'ouverture, l'amateur de Blake & Mortimer se retrouve en terrain connu, puisqu'il s'agit d'une scène tirée de Blake et Mortimer, tome 5 : le Mystère de la Grande Pyramide, Deuxième Partie (1955). Au fur et à mesure du récit, il retrouve les éléments classiques des personnages, ainsi que le ton de la narration, et le thème d'aventure. Il suit Mortimer (et un peu Blake) enquêtant sur un phénomène physique non théorisée scientifiquement, menaçant de causer des destructions à l'échelle planétaire, devant faire preuve de courage pour surmonter les obstacles tant physiques que scientifiques. Dans des interviews, Schuiten a indiqué qu'il a développé l'intrigue (avec Dormael et Gunzig) sur la base d'une idée présente dans les carnets de Jacobs. En termes de narration visuelle, le lecteur découvre une mise en couleurs très sophistiquée qui met en jeu des techniques autres que les simples aplats de couleurs. François Schuiten réalise des images d'une minutie exquise, évoquant les gravures du dix-neuvième siècle, et les illustrations de Gustave Doré, pas du tout dans un registre ligne claire.
Le lecteur entame ce tome et se sent tout de suite en terrain familier, qu'il soit lecteur de Blake & Mortimer, ou de Schuiten. Outre la base de l'intrigue empruntée à Jacobs, il suit le professeur Mortimer dans sa difficile progression dans Bruxelles, jusqu'à atteindre la source du rayonnement électromagnétique, pour essayer de sauver le monde, pendant que Blake essaye de limiter les dégâts probables d'une intervention armée sans finesse. Les auteurs font référence à quelques éléments de la mythologie de la série, soit évidents comme la Grande Pyramide, soit plus à destination des connaisseurs comme l'apparition d'une Méganeura. Pour autant, l'histoire reste intelligible et satisfaisante, même si le lecteur n'a jamais ouvert un album de Blake & Mortimer. de la même manière, le lecteur retrouve les caractéristiques des dessins de François Schuiten : une incroyable précision, des touches romanesques et romantiques, un amour de l'architecture. Il peut aussi apprécier la narration visuelle s'il ne connaît pas cet artiste, pour la qualité de ses descriptions, l'utilisation de cadrages (gros plan sur une main en train d'agir, posture des personnages en mouvement) et de plans de prise de vue directement empruntés à Jacobs. le lecteur familier des albums originaux retrouve ces cases très déconcertantes où la cellule de texte décrit ce que montre l'image. Par exemple page 11, le texte indique : Mais déjà le marteau s'abat contre la surface de pierre. C'est exactement ce que montre la petite case, faisant s'interroger le lecteur sur l'intérêt de doublonner ainsi l'information, si ce n'est pour un hommage.
Arrivé à la fin de l'album, le lecteur a apprécié l'aventure, observé que Dormael, Gunzig et Schuiten ont imaginé un risque technologique de type anticipation plausible dans son concept, peu réaliste dans sa mise en oeuvre, mais très cohérent avec les récits d'anticipation de Jacobs. Il a bénéficié d'une narration visuelle d'une grande richesse, respectant l'esprit un peu suranné des oeuvres originelles, avec des techniques de dessins et de mise en couleurs différentes de celles d'Edgar P. Jacobs. Il en ressort un peu triste. le choix de situer l'histoire plus récemment amène à voir les personnages ayant vieilli, Mortimer indiquant qu'il est à la retraite. Ils ne sont pas diminués physiquement, mais leurs remarques contiennent une part de nostalgie, et de jugement de valeur négatif sur leur présent. Dans des interviews, Schuiten a déclaré qu'il souhaitait exprimer l'état d'esprit d'Edgar P. Jacobs qui se déclarait déconnecté de son époque à la fin de sa vie, ne comprenant plus le monde qui l'entourait. Cette sensation d'obsolescence de l'individu s'exprime en toile de fond, avec le jugement de valeur de Mortimer sur les conséquences du rayonnement électromagnétique, ramenant l'humanité dans un stade technologique qu'il estime plus humain.
S'il a suivi la carrière de François Schuiten, le lecteur détecte plusieurs références à d'autres de ses oeuvres. L'échafaudage englobant le Palais de Justice évoque le réseau Robick de Les Cités obscures, Tome 2 : La fièvre d'Urbicande (1985). La locomotive est un modèle 12.004 de la SNCB, celui qui figure dans La Douce (2012). le Palais de Justice de Bruxelles joue déjà un rôle central dans Les Cités obscures, Tome 6 : Brüsel (1992), et son architecte Joseph Poelaert y est évoqué. le thème du temps qui passe, du décalage avec l'époque présente entre en résonance avec ces évocations d'une longue carrière, constituant un regard en arrière. Avec cette idée en tête, le lecteur considère d'une autre manière les références à la culture de l'Égypte antique, à la très ancienne confrérie évoquée par Henri, aux transformations induites par la technologie sur la société humaine. Dans cette optique, l'essaim de scarabées libéré par Bastet s'apparente à une plaie d'Égypte, une condamnation divine. Les cauchemars de Mortimer deviennent des signaux émanant du passé. L'utilisation d'un pigeon voyageur (Wittekop) pour communiquer est un symbole d'une communication indépendante de la technologie de pointe. Mortimer fait confiance aux chats pour le guider car l'instinct des animaux les pousse à éviter ce qui pourrait leur faire du mal : à nouveau la sagesse ne vient pas de la technologie, mais de la nature. Les soins prodigués par Lisa relèvent d'une forme de médecine alternative qui devient un savoir thérapeutique héritée de la sagesse ancienne, et plus efficace que les cachets et les pilules. le fait que Mortimer se retrouve devant des statues égyptiennes sens dessus dessous finit par évoquer que c'est le monde moderne qui marche sur la tête. La nostalgie d'un monde plus simple, plus maîtrisé submerge alors le lecteur. Très habilement, 2 personnages évoquent le syndrome chinois : hypothèse selon laquelle le matériel en fusion d'un réacteur nucléaire situé en Amérique du Nord pourrait traverser la croûte terrestre et progresser jusqu'en Chine. Là encore le lecteur peut y voir une angoisse d'applications scientifiques non maîtrisées, et qui en plus ne date pas d'hier.
En ouvrant ce tome, le lecteur sait qu'il s'agit d'un album de Blake & Mortimer qui sort de l'ordinaire, à la fois parce que les personnages principaux ont vieilli, à la fois parce que l'artiste a bénéficié de plus de libertés créatrices que les autres équipes ayant repris la série. Il plonge dans une bande dessinée d'une rare intensité, non pas parce que la narration est dense ou l'intrigue labyrinthique, mais parce qu'il s'agit d'un projet ayant mûri pendant 4 ans de durée de réalisation, parce que les phrases prononcées par les personnages portent en elles des échos des préoccupations des auteurs, parce que la narration visuelle est d'une grande beauté plastique et d'une grande minutie, parce que la mise en couleurs semble avoir été réalisée par la même personne que les dessins. En refermant cet album, le lecteur reste sous le charme de ce récit pendant de longs moments, touché par une oeuvre d'auteur jetant un regard d'incompréhension sur le monde qui l'entoure, comme s'il s'était trouvé dépassé par la modernité, finissant déconnecté de son époque.
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jamiK
  17 juin 2019
Qui de mieux placé pour rendre un hommage vibrant à Edgar P. Jacobs que le très bruxellois François Schuiten. Cette rencontre entre les deux maîtres, j'en ai rêvé, et bien voilà, c'est fait. Et le résultat est à la hauteur des attentes. Alors évidemment, François Schuiten n'essaie pas de faire du Jacobs, ce n'est pas un adepte de la ligne claire. La lumière, les tons naturels, les trames linéaires de gravures anciennes, c'est le style de François Schuiten, et le fait de placer l'architecture au coeur de l'intrigue, c'est la marque de fabrique de François Schuiten. Il n'essaie pas de calquer Edgar P. Jacobs. Par contre le thème et le style de récit, c'est bien Blake et Mortimer, vieillis pour l'occasion, dans un récit qui s'étale sur deux périodes. J'ai trouvé ses héros vieillis, bien imaginés, c'est plein de clins d’œils à leurs anciennes aventures, “Le secret de la pyramide” surtout puisque c'en est une suite, trente ans plus tard, mais aussi “Le piège diabolique”. Tout cela réveille un sentiment de nostalgie, la douceur de la lumière, le trait léché et minutieux en rajoutent encore une couche. le rythme du récit, avec ce compte à rebours, les décors grandioses, j'ai tout aimé. Il manque juste la présence d'un méchant charismatique, pas d'Olrik dans cet épisode, mais cela reste un très bel épisode des aventures de nos deux héros, avec une touche différente, une réinterprétation élégante. Je trouve souvent meilleures les réappropriations des séries de nos anciens héros que les suites qui tentent de se calquer sur le style des créateurs originaux. Cet opus m'incite à souhaiter que d'autres “Blake & Mortimer à la manière de” voient le jour.
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HORUSFONCK
  29 mai 2019
Un album-surprise, auquel je ne m'attendais pas du tout!
Cette fois, c'est François Schuiten qui mène le ballet graphique, assisté de deux co - scénaristes et d'un coloriste.
Ce Blake et Mortimer est-il celui de la fin? D'un new âge? Il est, en tout cas, d'une beauté étrange et crépusculaire.
Dans le dernier pharaon, je me suis retrouvé dans un univers à la fois familier et très différent.
Le travail accompli pour cet épisode frise une sorte de perfection. Un presque équilibre idéal en bande dessinée.
Le talent de Schuiten, servi par une couleur somptueuse, embrase ce récit de fin des temps annoncée.
Les héros ont pris de l'âge... le colonel Blake prie son vieil ami Mortimer de se rendre au coeur de la cité interdite qu'est devenue Bruxelles, pour trouver le moyen d'empêcher une solution radicale d'être mise en oeuvre...
Mortimer aura des alliés, et son principal adversaire sera son âge qui le ralentit... Car le temps presse vraiment!
Blake, de l'autre côté de la Manche, fera tout pour gagner un peu de ce temps.
Le dernier pharaon, c'est une histoire hors du commun qui rend hommage à Edgard-Pierre Jacobs et son Mystère de la grande pyramide. C'est un retour, comme un cercle qui referme sa circonférence. Une sorte de cercle égyptien, dans tous les secrets de cette civilisation fascinante.
Hors ces réminiscences de la grande pyramide, le récit ramène Philip Mortimer dans quelques endroits rappelant l' Atlantide et le piège diabolique... Mondes oppressants pleins de dangers et d'issues incertaines.
Voilà, en somme, un album de Blake et Mortimer qui fera date.
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CDemassieux
  10 juin 2019
Depuis la mort d'Edgar P. Jacobs, survenue en 1987, et contrairement à Tintin, les aventures de ses deux mythiques personnages (Blake et Mortimer) ont perduré, avec plus ou moins de bonheur.
On saluera la suite des Trois Formules du professeur Satō, orchestrée par Bob de Moor, qui a notamment travaillé aux côtés d'Hergé. Pour les albums suivants, on louera leur fidélité, laquelle les dessert en même temps, de mon point de vue. Car la fidélité excessive bride, en effet, l'imagination.
Mais avec le Dernier Pharaon, inspiré par la découverte « d'un synopsis de Jacobs qui mettait en scène Olrik, ennemi célèbre de Blake et Mortimer, et le Palais de justice de Bruxelles » (source : France Culture), c'est une tout autre affaire. Nous avons là une grande oeuvre de bande dessinée, sous la houlette de François Schuiten (aidé, pour le scénario, par Jaco van Dormael et Thomas Gunzig, et pour la couleur, remarquable dans cet album, Laurent Durieux), un maître du 9e Art, auquel on doit, en compagnie de Benoît Peeters, la fabuleuse série des Cités obscures.
Après quatre années de travail, le résultat est ahurissant, et l'on n'aurait osé l'espérer.
Ainsi, l'histoire reprend le canevas d'une vieille aventure en deux tomes de Blake et Mortimer : le Mystère de la Grande Pyramide, avec cette fois un autre décor que l'Égypte ; un décor où l'architecture à une place prépondérante. Ce décor c'est Bruxelles, capitale belge que Schuiten avait déjà hantée de son trait aussi précis que celui d'un graveur. Ainsi, en lisant cet album, quelques-uns se souviendront sûrement avec délectation de l'inoubliable Brüsel, de Peeters et Schuiten.
C'était donc presque une évidence d'y retrouver le monument le plus étrange autant que le plus emblématique (avec le Manneken-Pis, évidemment !) de Bruxelles : le palais de Justice, qui trône au-dessus de la ville comme une ombre surnaturelle. Débauche architecturale de Joseph Poelaert, l'édifice devient le coeur de l'intrigue, une intrigue qui multiplie les clins d'oeil aux premières aventures de Blake et Mortimer – lesquels ont bien vieilli –, du temps de leur créateur.
Surtout, le Dernier Pharaon est une ode à la vie dans ce qu'elle a de plus essentiel, loin du consumérisme ambiant, qui est, à bien y regarder, un suicide programmé de l'humanité. Dans l'air du temps, diront certains, mais si c'est pour refuser la destruction du monde – et, par voie de conséquence, la nôtre –, alors respirons cet air !
En introduction de l'histoire, Schuiten écrit ceci à propos des aventures de Blake et Mortimer : « Leurs images nous reviennent avec la même force qu'à la première lecture, et on ne peut s'empêcher d'y revenir, inlassablement, comme pour percer à jour le secret de leur envoûtement. » Eh bien, l'envoûtement est total dans ce que je n'hésite pas à appeler le plus bel hommage rendu à l'oeuvre de Jacobs.
Enfin, l'objet proprement dit est un vrai bonheur…bonheur qui me fait dire que la bande dessinée virtuelle n'est pas prête de détrôner le support papier !
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ODP31
  16 juin 2019
Blake et Mortimer figurent depuis l'adolescence dans mon panthéon des héros de BD.
J'ai grandi avec eux, le plus souvent allongé sur mon lit durant des dimanches pluvieux. Adulte, il me permettent au contraire de rajeunir, toujours dans la même position, harponné par ces machinations mondiales aux limites du fantastique.
J'étais donc curieux de voir comment François Schuiten, dessinateur doté d'une identité picturale bien marquée, allait intégrer les personnages d'Edgar P. Jacobs dans son univers. Allait-il s'effacer comme les derniers auteurs pour respecter le trait originel ou bien allait-il s'en éloigner ?
Et bien, les deux, mon capitaine !
Damn ! dirait le professeur Mortimer, je dois avouer que j'ai vécu les trois premières planches comme un blasphème. Je ne reconnaissais plus mes héros, ces jeux d'ombres autour de visages vieillis, le grain des pages qui ne râpait plus mes doigts comme une lime à ongles, des jeux de perspectives et des profondeurs de champs qui donnaient le vertige à mes souvenirs.
Un vrai réac de la vignette !
Fort heureusement, je me suis laissé rapidement embarquer dans l'histoire, à la fois respectueuse des fondamentaux de la série (du mystère, de l'action, des situations rocambolesques, la menace de missiles dévastateurs, des théories scientifiques loufoques et.... des héros qui parlent tout seul !) tout en plaçant dans l'intrigue des sujets modernes (pollution, dépendance aux appareils électroniques, réfugiés économiques...).
La vraie réussite de ce tome est d'illustrer les cauchemars de Philip Mortimer et de le faire évoluer dans une ville (Bruxelles) désertée à cause d'une énergie inconnue, lieux irréels propices aux univers parallèles de François Schuiten. Certaines cases sont d'une beauté rare.
Comme "Le dernier Pharaon" est une sorte de suite du "Mystère de la Grande Pyramide", une des premières histoires de la série originelle, les références sont nombreuses et les vieux lecteurs comme moi y trouveront leur compte.
Mon conservatisme refuse néanmoins d'accorder une cinquième étoile car il manque un vrai méchant dans l'histoire. de ce point de vue, le diabolique colonel Orlik m'a manqué. Enfin, Blake joue selon moi un rôle trop secondaire dans l'histoire.
Néanmoins, ce tome mérite sa place sur les étagères de ma bibliothèque qui tiennent encore debout, mystère que seuls Blake et Mortimer pourraient résoudre.
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critiques presse (6)
LaCroix   14 juin 2019
Un album bouleversant en forme d’adieu à la bande dessinée.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Sceneario   10 juin 2019
Une grande aventure de Blake et Mortimer, un "hors-série" qui vaut le détour et qui ravira les amateurs de la série de E.P.Jacobs, tout comme ceux qui suivent le travail de François Schuiten, où, tout simplement, les amateurs de bonnes histoires.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Auracan   06 juin 2019
Ce tome, tout en conservant un type de classicisme, procure une belle cure de jouvence au mythe [...] On tient là un excellent Blake et Mortimer et peut-être, finalement, une belle et actuelle porte d'accès à l'oeuvre d'Edgar P. Jacobs. Remarquable !
Lire la critique sur le site : Auracan
LaLibreBelgique   31 mai 2019
L’hommage très personnel du père des Cités obscures à l’œuvre d’Edgard P. Jacobs.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   28 mai 2019
On croyait Blake et Mortimer figés à jamais dans les années 50. Dans "Le dernier pharaon", album qui paraît mercredi, les deux héros imaginés par Edgar P. Jacobs ont vieilli tout en prenant un sacré coup de jeune.
Lire la critique sur le site : Lexpress
BDZoom   27 mai 2019
Intelligemment, l’écrivain Thomas Gunzig et le cinéaste Jaco Van Dormael n’ont pas cherché cette fois-ci à initier une suite ou un prequel à l’un ou l’autre des tomes légendaires signés par Jacobs, mais bien à faire référence à l’esprit du mythe.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
PASCALINE80PASCALINE80   16 juin 2019
....
- L'intelligence artificielle ne date pas d'hier.
- Mais non ! Nous fûmes toujours artificiels pour les neuf dixièmes de l'intelligence. Certaines choses du monde écrivent et pensent, de sorte que nous en construisons d'autres pour qu'elles pensent pour nous, avec nous, parmi nous, et par lesquelles ou en lesquelles même nous pensons. La révolution de l'intelligence artificielle, date, au moins, du néolithique !
(p. 50)
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PresencePresence   08 juin 2019
C'est une de nos chambres à rêver. Au milieu, c'est un des gardiens des rêves que j'ai formés.
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PresencePresence   09 juin 2019
Cette technologie est effrayante.
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PresencePresence   07 juin 2019
Pour la dernière fois, général, demandez à vos scientifiques de mesurer les risques d'un possible réaction en chaîne. Parfois le remède est pire que le mal.
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PresencePresence   06 juin 2019
Le rayonnement était d'une nature totalement nouvelle, semblable à un vent solaire, à un bombardement d'électrons. Une seule chose était certaine, il agissait comme une perturbation électromagnétique qui empêchait tous les appareils électriques ou électroniques de fonctionner. Même les simples moteurs à explosion étaient touchés. L'armée évacua tous les habitants de la ville. Elle dut parfois recourir à la force.
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Videos de François Schuiten (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Schuiten
Née en 1982 de la collaboration de François Schuiten et Benoît Peeters, la série Les Cités obscures est aujourd?hui une ?uvre culte, avec 1,2 million d?exemplaires vendus en français et des traductions en une quinzaine de langues. S?ils se nourrissent de références à notre monde, notamment sur le plan architectural, les albums des Cités obscures s?inscrivent dans un univers parallèle au nôtre, dont la singularité s?est affirmée davantage à chaque nouveau tome.
« Une peinture monumentale d?un monde labyrinthique et kafkaïen ! » Katsuhiro Otomo
http://bit.ly/LesCitesObscures
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