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Thérèse Douchy (Traducteur)Georges Sidre (Traducteur)Jerzy Lisowski (Traducteur)Artur Sandauer (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070770877
Éditeur : Gallimard (10/02/2005)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 64 notes)
Résumé :
Drohobycz, tranquille bourgade provinciale où Bruno Schulz vécut et enseigna le dessin, devient le lieu de toutes les terreurs et de toutes les merveilles : ses places, ses rues, la boutique familiale de draps et de tissus se métamorphosent. Dans une ambiance de sourde étrangeté, hantée par la figure emblématique du père, se déploient le thème obsessionnel des mannequins et le contraste, si spécifique à Bruno Schulz, entre beauté et pacotille. Entre innocence et per... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Sachenka
  12 juillet 2018
Les boutiques de cannelle, c'est un recueil de nouvelles mais il pourrait facilement constituer un roman. C'est que l'auteur, Bruno Schulz, fait revivre une année de son enfance à travers des souvenirs épars. Chaque nouvelle met l'accent sur un élément ou un thème en particulier mais l'ensemble suit une logique quelconque (à défaut d'être chronologique). Mais est-ce complètement autobiographique ? Sa biographie va en ce sens mais le jeune narrateur se fait habituellement appeler Joseph et je n'ai pas réussi à résoudre cette énigme.
Dans tous les cas, tout y passe. On découvre son père Jacob, sa mère, sa fratrie, la fidèle servante Adèle ainsi que les pensionnaires des innombrables chambres dans l'édifice que la famille possède. En effet, le père tient une boutique, non pas de cannelle mais de draps et de tissus, qui donne sur la place du marché dans une petite ville de province, Drohobycz. (Bien que ses habitants soient Polonais, la ville et toute la région de Galicie faisaient alors partie de l'empire austro-hongrois.)
Tout ce beau monde mène une vie bourgeoise au début du 20e siècle. Toutefois, avec le temps, les promenades à la campagne se font de plus en plus rares et les visites tout autant. Alors, le père se lance dans des improvisations de plus en plus fréquentes. Il lance des sermons à droite et à gauche, à ses enfants, aux pensionnaires, aux clients et même à des passants sur la place du marché. Mais il sait aussi raconter de belles histoires, mélanger le réel et l'irréel. Son imagination captive les enfants mais quelque chose semble clocher.
En effet, tout cela n'est qu'un jeu pour les petits mais, au fur et à mesure que les nouvelles se succèdent, ces sermons et ces histoires qui égayaient se transforment en obsessions incohérentes, effrayantes. Il devient alors évident pour le narrateur (et le lecteur) que la santé mentale du père se dégrade. La folie le guette. L'univers de la petite ville de province se transforme subtilement en un cauchemar labyrinthique.
Ainsi, à travers les yeux du jeune narrateur, on vit la chute du père (et du dieu qu'il représente pour un garçon), la fin de l'enfance mais sans jamais tomber dans le larmoiement. Et tout n'est pas sombre, les mauvais moments sont toujours entrecoupés de meilleurs. Joseph va acheter des confiseries dans le nouveau quartier et découvre le tramway, son frère rapporte un train électroaimant, ils observent une comète dans le ciel, etc.
Je ne peux pas dire que le recueil Les boutiques de cannelle m'ait grandement marqué mais je suis content de l'avoir lu. C'est un recueil agréable à lire. Il donne un aperçu de ce à quoi pouvait ressembler la vie d'un garçon à cette époque, juste avant la Grande Guerre. C'est un témoignage d'une époque révolue…
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dbacquet
  17 février 2019
Bruno Schulz est un écrivain singulier. Il nous fait entrer dans un monde étrange et désordonné. Sa voix est celle d'un poète à la fois tendre et tourmenté. Bruno Schulz est né à la fin du XIXe siècle à Drohobycz, un gros bourg de Galicie, aujourd'hui en Ukraine. Dans " les boutiques de cannelle", au commerce équivoque, tout tourne autour de cette ville ensorcelante, que Bruno Shulz semble n'avoir jamais quittée, et de la maison familiale, perçue à travers l'imagination d'un enfant.
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Sharon
  16 mars 2012
Ce livre marque ma toute première incursion dans la littérature polonaise, mais sans doute pas la dernière.
Curieux recueil que ses "boutiques de cannelle". J'ai cru au départ que c'était un recueil de nouvelles - il y a un peu de cela sans doute, mais les récits se suivent, impossible de picorer un texte de ci de là comme un vrai recueil de nouvelles. La temporalité du récit n'est d'ailleurs pas très facile à suivre. le texte "les boutiques de cannelle" illustrent d'ailleurs ce soucis de temporalité, car tout se passe en une soirée, mais à cause des flash-back du narrateur, je ne savais plus très bien quand j'étais, ni où j'étais. Pour ce dernier point, lui non plus, et cela lui était égal.
Ensuite, le ton est assez particulier. Les descriptions sont très belles, très riches, mais j'avais l'impression d'osciller constamment entre réalisme et fantastique. le réalisme est celui de la vie quotidienne de cette famille, entre le père, omniprésent, la mère, Adèle, la servante capable de mener le père à la baguette, Poldine et Pauline, les ouvrières. Pourtant, très vite, le moindre fait prend une autre dimension, difficilement explicable. Je ne pourrai que le comparer à La métamorphose de Kafka, si ce n'est que ce sont les choses qui prennent vie, et les êtres humains qui se réifient.
Je ne puis m'empêcher de chercher un symbolisme caché dans ce texte. La fin du roman boucle la boucle et clôt les aspirations (scientifiques ? artistiques ? créatrices ?) du père, à cause des réactions pragmatiques et cruelles des autres personnages. La réalité reprend ses droits face à ses fantasmagories, et le créateur est étouffé. Tel père, tel fils : l'imagination du narrateur est sans limite, préférant une réification de son père aux explications prosaïques de sa mère, mettant en mots ce que le père n'a pu créer.
Lien : http://le.blog.de.sharon.ove..
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tynod
  20 octobre 2017
Bruno Schulz, auteur polonais, mort sous les balles nazies, en 1942, a écrit un roman autobiographique, très descriptif.
Les deux personnages centraux de ce tableau sombre et tourmenté :
Drohobycz, bourgade natale de l' écrivain, située aux confins de la Pologne
et, le père, marchand drapier, fantasmagorique et .obsessionnel .
Entre métamorphose et angoisse, fantasme et noirceur, la narration paraît touffue.
si quelques pages rappellent Kafka et certaines scènes « Le petit monde de la rue Krochmalna »d.Isaac Bashevis Singer.
L' auteur n'a, pour moi, ni le génie du premier, ni le talent du second.
Le style luxuriant , l'oeuvre complexe et baroque m' ont déçue.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
SharonSharon   02 juillet 2013
Dès ce temps-là, notre ville avait déjà tendance à sombrer dans la grisaille chronique du crépuscule, à se garnir sur les bords d'une lèpre obscure, d'une moisissure duveteuse, et de mousse couleur de fer.
Sitôt démailloté des fumées brunes du matin, le jour basculait dans un bas après-midi couleur d'ambre, devenait pour un moment transparent et doré comme un verre de bière brune, pour descendre ensuite sous les voûtes innombrables de vastes nuits colorées.
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EmniaEmnia   16 avril 2017
Les samedis après-midi, ma mère m'emmenait en promenade. De la pénombre du corridor on pénétrait de plain-pied dans le bain du soleil du grand jour. Les passants barbotant dans l'or fermaient à demi leurs paupières qui semblaient engluées de miel, et leur babine supérieure retroussée découvrait les dents et les gencives. Ils avaient tous cette grimace de chaleur au visage, comme si le soleil leur avait imposé un masque de fraternité solaire, et tous ceux qui se croisaient dans les rues, jeunes et vieux, femmes et enfants, se saluaient au passage de ce masque barbare, insigne d'un culte bachique peinturluré à grands traits d'or sur leurs visages.

"Août"
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dourvachdourvach   29 mars 2014
Au mois de juillet, mon père partait aux eaux et nous laissait, ma mère, mon frère aîné et moi, en pâture aux journées d'été, blanches de feu et énivrantes. Nous feuilletions, étourdis de lumière, le grand livre des vacances, dont chaque page scintillait de soleil et conservait tout en son fond, sucrée jusqu'à la pâmoison, la pulpe des poires dorées. (...)

- in "Les boutiques de cannelle" ("Skepy Cynamonowe") : "Août", 1934 - traduction de Georges Lisowski -
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EmniaEmnia   16 avril 2017
Je sortis dans la nuit que colorait l'illumination du ciel. C'était une de ces nuits sereines où la voûte étoilée est si étendue, si ramifiée, quelle semble s'être cassée et divisée en un dédale de ciels distincts assez nombreux pour couvrir de leurs cloches argentées les aventures, carnavals et randonnées de tout un mois hivernal.

"Les boutiques de cannelle"
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aimeryjoesselaimeryjoessel   14 août 2018
Qui connait, disait-il, le nombre des formes de vie fragmentaires, souffrantes, mutilées — celles des tables et des armoires, faites de bric et de broc, assemblées à grands coups de marteau ? Meubles de bois crucifié, tristes martyrs de la cruelle ingéniosité humaine, horribles transplantations de races d'arbres qui s'ignorent ou se haïssent et qui, enchaînées ainsi l'une à l'autre, deviennent une individualité unique et déchirée... Que de vieille sagesse tourmentée il y a dans les noeuds vernis, les lignes et les veines de nos armoires vénérables et familières ! Qui saura reconnaître en elles des traits, des sourires, des regards rabotés et polis jusqu'à perdre toute identité ?
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Video de Bruno Schulz (2) Voir plusAjouter une vidéo

[Bruno Schulz : Oeuvres complètes]
Olivier BARROT est au musée d'art et d'histoire du judaïsme à Paris pour parler des "Oeuvres complètes" de Bruno SCHULZ. La présentation est illustrée par des photos de Bruno SCHULTZ et des gravures de l'époque. Patrice CHEREAU lit "Le printemps", texte de cet auteur.
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