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EAN : 9782021085419
216 pages
Éditeur : Seuil (06/09/2012)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Ce livre est né d’une rencontre : celle du frère Jean-Pierre Schumacher et de Nicolas Ballet. Pendant un mois et demi, le journaliste est allé recueillir la parole du moine trappiste au monastère Notre-Dame de l’Atlas, à Midelt (Maroc), où il vit depuis douze ans.

Au fil de longs entretiens, le dernier survivant de Tibhirine a accepté de se confier sur le drame qui a emporté sept de ses frères au printemps 1996. Il apporte des informations inédites su... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Bazart
  25 septembre 2012
Comme son titre l'indique « L'esprit de Tibhirine » ne se contente pas de raconter ce moment de 1996 qui vit l'horreur s'abattre sur la petite communauté de moines de Tibhirine, en Algérie.
L'ouvrage donne en effet des informations inédites sur la nuit de l'enlèvement, dont le frère Jean Pierre a été le témoin direct, et offre surtout une plongée dans l'histoire de Tibhirine, aventure spirituelle audacieuse relancée au lendemain de l'indépendance algérienne.
L'histoire de ce massacre remonte à 30 ans plus tôt, en 1964 exactement lorsque trois moines, dont le frère Jean Pierre, sont envoyés de Bretagne pour refonder l'abbaye de Tibhirine. le livre s'attache ainsi à relater, à travers le récit recueilli auprès de frère Jean-Pierre Schumacher, ce que fut le travail entrepris à Tibhirine et perpétué par les survivants dans un autre monastère, celui de Midelt, toujours en terre musulmane,au Maroc. où un mémorial a été dressé, ce qui nous montre, que, contrairement à ce qu'on aurait pu craindre, a tragédie de 1996 n'a donc pas mis un terme au dialogue entrepris entre les moines et les musulmans.
des hommesLe récit de Jean-Pierre Schumacher, tel qu'il l'est rapporté par Nicolas Ballet, évoque le rapprochement entre chrétiens et musulmans initié à Tibhirine longtemps avant le massacre des sept moines. L'histoire de ce monastère vient de l'arrivée de 3 moines en 1964 et nous explique bien pourquoi ce monastère était en Algérie : pour témoigner de la chrétienté et de la possibilité de vivre en harmonie avec les musulmans dans des prières communes. Cet ouvrage nous raconte les difficultés rencontrées avec les habitants musulmans dans les prières communes et comment progressivement, les religieux avaient su d'abord se faire admettre, puis se faire considérer comme appartenant à ce coin d'Algérie..
Le vieux moine se souvient de ces jeunes Algériens qui "posaient un doigt sur leur oeil clos", en signe de non-compromission, sur le chemin du marché où il allait vendre la production agricole du monastère. Il raconte sa peur pendant la "décennie noire" des années 1990 marquée par la montée de l'islamisme. "L'ambiance dans les environs nous était parfois hostile", reconnaît aussi le fère Jean Pierre. Et surtout, ce qui m'a peut- être le plus séduit dans ce livre, c'est qu'il nous permet d'en savoir beaucoup plus sur l'histoire de ces 9 moines de Tibhirine, et notamment leur cheminement personnel jusqu'au monastère, contrairement, comme je l'ai dit au début de mon billet ,au film de Beauvois qui nous en disaient très peu sur leurs personnalités. respectives.
D'ailleurs, le frère Jean-Pierre Schumacher évoque souvent le film de Xavier Beauvois et dit beaucoup l'apprécier car cette oeuvre aura permis de faire connaître le travail des victimes, au delà du drame. Sans ce drame et sans ce film le minutieux travail de rapprochement entre les deux communautés n'aurait sans doute jamais été connu du reste du monde.
Bref, le million de personnes emballé par le film ne pourra qu'être séduit par ce livre, qui approfondit le sujet. et qui permet d'en savoir un peu plus sur le dernier détenteur de la mémoire d'un massacre que tout le monde doit garder gravé en soi.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Kalzennig
  06 décembre 2016
Ce livre nous livre une vision de Tibhirine à deux voix : celle du Frère Jean-Pierre, un des deux survivants et celle du journaliste Nicolas Balet.
Les faits, l'esprit de la communauté, cet ancrage en Algérie avec les risques encourus et le devenir de ce foyer d'humanité sont mis en lumière et donnent un regard sage sur l'être humain... chrétien ou musulman, sur la richesse du respect mutuel, du dialogue.
Lecture vivement conseillée, dans le contexte international tout particulièrement. Riche d'espérance, de sagesse et de simplicité dans son regard sur l'autre.
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Kcahuete
  09 avril 2018
Livre où chacun peut puiser à travers les événements dramatiques de Tibhirine une part de paix et de sagesse... Les bourreaux ne sont jamais vainqueurs de rien. Lecture pleine de sens en ce monde qui perd régulièrement de vue l'essentiel.
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   19 septembre 2012
Au téléphone, sa voix claire et enthousiaste m’avait
ému. Elle me semblait en résonance avec les propos
pacifiques et courageux qu’il tenait – j’écris « courageux
», compte tenu des épreuves vécues, comme par
de trop nombreux autres, pendant la guerre qui sévit
en Algérie durant les années 1990
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rkhettaouirkhettaoui   13 octobre 2017
L’islam est une religion d’une grande diversité et très largement méconnue de ceux qui s’empressent de la critiquer. L’un des premiers mots du Coran est « miséricorde ». Ce qui caractérise la religion musulmane est une soumission aimante à Dieu. Elle est avant tout une pratique humaine et généreuse, éloignée de tout dogmatisme et vécue dans une grande simplicité, tout particulièrement ici, au Maroc. C’est une foi qui respire, quand parfois, celle des chrétiens d’Europe, expire. Nous avons beaucoup à apprendre du contact avec les musulmans. Il n’est pas question de renier ses racines culturelles : ainsi, j’ai toujours refusé de demander la nationalité algérienne lorsque j’étais moine en Algérie, contrairement à d’autres de mes frères, qui ont préféré suivre un itinéraire différent, que je respecte. Parce que je suis lorrain, Jeanne d’Arc restera toujours l’une de mes saintes préférées, elle qui a eu le courage de se retrouver au milieu d’une armée d’hommes et que certains voulaient considérer comme une hérétique. Je n’ai pas une connaissance approfondie du Coran, même si je m’y réfère de temps à autre pour mieux comprendre ce que m’expliquent des Marocains. Mais je perçois que la foi des musulmans est vivifiante. Elle nous fait progresser dans notre quête de Dieu. C’est ce que nous ont enseigné nos amitiés à Tibhirine, en Algérie, et c’est ce que continue de nous enseigner le dialogue pratiqué au quotidien à Midelt, au Maroc.
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rkhettaouirkhettaoui   13 octobre 2017
Connaître la vérité serait un soulagement pour tous. Méditons, une fois encore, cette phrase du testament de Christian de Chergé : « Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir que ce peuple que j’aime soit indistinctement accusé de mon meurtre. » Nous cheminons, je crois, peu à peu vers la vérité. Tôt ou tard, des personnes finiront par parler.
En ce qui me concerne, il m’est impossible de tirer la moindre conclusion des faits dont j’ai pu être le témoin. Je repense à la cassette que les ravisseurs avaient adressée à l’ambassade de France à Alger. À l’automne 1996, un chapitre général de l’Ordre se tenait à Rome. Des abbesses en relation avec l’abbaye de Bellefontaine m’avaient proposé d’écouter cet enregistrement de la voix des frères pendant leur captivité. J’avais accepté car j’éprouvais le besoin de savoir si mes frères étaient paisibles – ce qu’ils étaient. Seule la voix de Christian était moins assurée que d’habitude. Je le sentais triste ; le poids de sa responsabilité pastorale envers ses frères devait lui peser. Frère Luc, lui, avait gardé son humour habituel. Contraint de décliner son identité au micro, il eut la réplique suivante : « […] Je me trouve avec mes collègues, en otage par la… comment ça s’appelle ? (silence) La Djamaâ… islamiya […] »
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rkhettaouirkhettaoui   13 octobre 2017
Le matin suivant l’enlèvement, je me souviens avoir retrouvé Mohammed affalé sur une table, complètement effondré. Quand je suis entré dans la pièce où il se trouvait, il m’a regardé avec désespoir, pour replonger aussitôt la tête entre les bras. Il ne voulait rien manger. Il avait des liens très étroits avec nous. Il était un véritable et fidèle ami à qui, depuis des années, nous donnions du travail. Christian aimait s’entretenir avec lui sur la vie spirituelle. Notre gardien a tout fait pour sauver le plus grand nombre de personnes possible pendant l’enlèvement. Lorsqu’il était monté à l’étage avec les ravisseurs, il avait aperçu Thierry Becker entrouvrir la porte du couloir qui donnait sur les cellules des frères. Le vicaire général du diocèse d’Oran était sorti de sa chambre, pensant peut-être que Célestin, récemment opéré du cœur, avait été pris d’un malaise nocturne. D’un regard, Mohammed lui fit comprendre qu’il ne devait pas se montrer. Ce geste permit d’ailleurs à notre gardien d’être remis en liberté, plus tard, par les autorités algériennes, alors qu’il avait été arrêté pour soupçon injuste de complicité avec les assaillants.
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rkhettaouirkhettaoui   13 octobre 2017
Les Textes propres à chaque tradition comportent des points communs sur lesquels il est possible de s’appuyer pour dialoguer. Il y a quelque temps, un imam du voisinage nous a conviés à dîner. En signe de bienvenue, il a ouvert le Coran pour lire la sourate de Marie (sourate 19). Les musulmans croient comme nous que la Vierge est devenue mère par l’intervention de l’ange Gabriel. Pour le reste, nous avons qu’il existe des points de divergence. S’ils reconnaissent en Jésus (Sidna Issa, dans le Coran ; Sidi Assou en langue berbère) un prophète, ils rejettent sa crucifixion : d’après eux, ce n’est pas le vrai Jésus qui était sur la croix, mais un usurpateur, car un prophète ne peut avoir été crucifié. Parfois, des musulmans de la localité m’entreprennent en m’affirmant : « Jésus n’est pas un Dieu. » Mais je reste silencieux. Nous ne sommes pas au Maroc pour aborder de tels sujets. La foi en un Dieu trinitaire et en la divinité de Jésus nous divisera toujours. Parlons de ce qui nous rassemble.
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Video de Jean-Pierre Schumacher (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Pierre Schumacher
Père Jean Pierre Schumacher moine de N. D. de l'Atlas – Monastère de Tibhirine Après le décès du Père Amédée Noto, le Père Jean-Pierre ­Schumacher, 86 ans, est le dernier survivant du monastère de Tibhirine. Actuellement moine à Notre-Dame-de-l’Atlas, au Maroc, il raconte ­comment il a vécu la funeste nuit du 26 au 27 mars 1996. Un témoignage exceptionnel.
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