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EAN : 9782702901199
160 pages
Éditeur : Le Courrier du Livre (29/03/1993)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Du Divin à l'humain
Frithjof Schuon
(Le Courrier du Livre, 1981)


"La première constatation qui devrait s'imposer à l'homme quand il s'interroge sur la nature de l'Univers, c'est la primauté de ce miracle qu'est l'intelligence - ou la conscience ou la subjectivité - et par conséquent l'incommensurabilité entre celles-ci et les objets matériels, qu'il s'agisse d'un grain de sable ou du soleil, ou d'une créature quelconque en tant q... >Voir plus
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   16 janvier 2016
Une considération très particulière, mais caractéristique pour les malentendus interconfessionnels, pourrait s’insérer ici, bien que sa substance soit connue de nos lecteurs habituels : selon une idée courante, et d’autant plus tenace que son contenu est matériellement et psychologiquement impossible, l’ascèse musulmane serait d’origine chrétienne, voire bouddhiste, comme si l’ambiguïté des plaisirs terrestres pouvait échapper à une perspective aussi soucieuse de la nature des choses que l’Islam.

La contradiction apparente dans le comportement moral des Musulmans n’est pas dans leur philosophie, elle est dans les choses elles-mêmes ; si l’Islam d’une part reconnaît la qualité positive de la sexualité, d’autre part il a conscience du danger que comporte le plaisir comme tel, les deux points de vue coexistant et s’entrecroisant dans la pratique comme dans la théorie.

D’une part, le Soufi se détourne de la beauté terrestre, comme s’il disait : « Puisque ceci n’est pas Dieu, ce n’est pas la beauté ; Dieu seul la possède. » Mais d’autre part, il contemple et accepte la beauté : « Puisque ceci est beauté et rien d’autre, ce ne peut être que celle de Dieu, ici même. » Le tout est d’équilibrer les deux attitudes : d’accepter la beauté ou toute autre valeur « au Nom de Dieu » et sans excès, et conjointement avec certains refus qui renforcent le droit à l’acceptation.

La définition classique du bien comme se situant entre deux excès contraires, trouve ici sa signification plénière, en ce sens qu’il ajoute à ce bien sagement acquis une dimension verticale, celle du Ciel qui bénit et attire, ou qui sanctifie et réintègre. Certes, les jardins terrestres peuvent nous inciter à oublier le Jardin céleste et à « lâcher la proie pour l’ombre » ; mais en réalité, – et alors le « ressouvenir » contemplatif neutralise la séduction et l’extériorité, – le jardin terrestre est le Paradis voilé. (pp. 140-141)
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enkidu_enkidu_   27 avril 2015
L’un des signes extérieurs les plus immédiatement intelligibles et convaincants de l’Islam est l’appel à la prière du haut des minarets ; appel qui s’étend comme une nappe de sérénité sur les âmes des croyants, dès l’aube et jusque dans la nuit. Nous sommes ici loin des arguments scolastiques, mais il y a argument quand même : « signe » précisément, c’est-à-dire argument faisant appel, non à l’intelligence conceptuelle, mais à l’intuition esthétique et, plus fondamentalement, au sens du sacré.

Comme le discernement intellectuel, le sens du sacré est une adéquation au Réel, avec la différence toutefois que le sujet connaissant est alors l’âme entière et non la seule intelligence discriminative. Ce que l’intelligence perçoit quasi mathématiquement, l’âme le pressent d’une manière pour ainsi dire musicale, à la fois morale et esthétique ; elle se trouve à la fois immobilisée et vivifiée par le message de bienheureuse éternité que transmet le sacré.

Le sacré est la projection du Centre céleste dans la périphérie cosmique, ou du « Moteur immobile » dans le flux des choses.
(…)
Le sens du sacré, c’est aussi la conscience innée de la présence de Dieu(1) : c’est sentir cette présence sacramentellement dans les symboles et ontologiquement en toutes choses(2). Aussi le sens du sacré implique-t-il une sorte de respect universel, de retenue devant le mystère des créatures animées et inanimées ; et cela sans aucun préjugé favorable ni aucune faiblesse à l’égard des phénomènes qui manifestent des erreurs ou des vices, et qui de ce fait ne présentent plus aucun mystère, si ce n’est celui de l’absurde.
(…)
Il y a dans le sacré un aspect de rigueur, d’invincibilité et d’inviolabilité, et un aspect de douceur, d’apaisement et de miséricorde ; un mode de fascination immobilisante et un mode d’attraction libératrice. L’esprit dévotionnel doit rendre compte de deux caractères ; il ne saurait s’arrêter à la seule crainte, ce qui serait du reste incompatible avec la nature de la contemplation. La Majesté ne peut être objet de contemplation qu’en raison de la présence en elle d’un élément de beauté apaisante ou de sérénité, lequel émane plus particulièrement de la dimension d’Infinitude propre à l’Absolu.

(1) C’est à cette conscience de la présence divine que se réfère le célèbre hadîth de l’ihsân : « La parfaite piété (ihsân = « bel-agir »), c’est que tu adores Dieu comme si tu le voyais, et si tu ne le vois pas, Lui pourtant te voit. »

(2) On qualifie volontiers de « panthéisme » la tendance adoratrice qui en résulte, en oubliant, d’une part que ce vocable ne désigne que la réduction du Divin au monde visible, et d’autre part que Dieu est réellement immanent au monde – sans quoi celui-ci ne pourrait exister –, à divers degrés et sans préjudice de sa rigoureuse transcendance. (pp. 106-107)
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enkidu_enkidu_   10 mars 2015
L'Esprit est la Substance, la matière est l'accident : c'est-à-dire que la matière n'est qu'un modalité contingente et transitoire du rayonnement de l'Esprit qui projette les mondes et les cycles tout en demeurant transcendant et immuable. Ce rayonnement produit la polarisation en sujet et objet : la matière est le point de chute du pôle objectif, la conscience sensorielle étant le phénomène subjectif correspondant. Pour les sens, l'objet c'est la matière, ou disons le domaine physique perceptible ; pour l'Intellect, la réalité objective c'est l'Esprit sous toutes ses formes. C'est par lui qu nous existons et que nous connaissons ; s'il n'était pas immanent aux substances physiques, celles-ci ne sauraient exister un instant. Et dans cet Esprit, précisément, l'opposition sujet-objet se trouve résolue ; elle se résoud dans l'Unité à la fois exclusive et inclusive, transcendante et immanente. L'alpha et l'oméga, tout en nous dépassant infiniment, résident au fond de notre cœur. (pp. 16-17)
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DanieljeanDanieljean   25 mai 2018
Il ne faut pas se lasser de l'affirmer : l'origine de la créature n'est pas une substance du genre de la matière, c'est un archétype parfait et immatériel : parfait et par conséquent sans nul besoin d'évolution transformante ; immatériel et par conséquent ayant son origine dans l'Esprit et non dans la matière. Certes, il y a trajectoire ; celle-ci va, non à partir d'une substance inerte et inconsciente, mais à partir de l'Esprit – matrice de toutes les possibilités – au résultat terrestre, la créature ; résultat jailli de l'invisible à un moment cyclique où le monde physique était encore beaucoup moins séparé du monde psychique qu'aux périodes plus tardives et plus « durcissantes ». Quand on parle traditionnellement de creatio ex nihilo, on entend par là, d'une part que les créatures ne dérivent pas d'une matière préexistante, et d'autre part que l' « incarnation » des possibilités ne saurait affecter en rien l'immuable plénitude du Principe.
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enkidu_enkidu_   08 novembre 2014
…rien n’est plus absurde que de faire dériver l’intelligence de la matière, donc le plus du moins ; le saut évolutif de la matière à l’intelligence est à tout point de vue la chose la plus inconcevable qui soit (…) si les évolutionnistes ont raison, le phénomène humain ne s’explique pas et la vie humaine ne vaut pas la peine d’être vécue. C’est d’ailleurs à ces conclusions qu’ils arrivent en fin de compte, d’où leur axiome de l’absurdité de l’existence ; c’est-à-dire qu’ils attribuent à l’objet, qui leur est inaccessible, l’absurdité du sujet, qu’ils ont choisi de propos délibéré en suivant le pente de l’animalité, non innocente, mais humaine. (p. 11 & p. 23)
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