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ISBN : 7721985803
Éditeur : Titan Books; edition (2014-01-10) (10/01/2014)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 91 notes)
Résumé :
Le combat du mal contre le mal absolu.
Autrefois, Eli et Victor étaient les meilleurs amis du monde. Mais cette époque est bien finie. Elle est même... morte et enterrée.

À la fac, Eli le brun et Victor le blond partagent la même chambre. Ils sont inséparables et pourtant absolument aux antipodes l'un de l'autre. Victor, c'est l'ombre : complexe et torturé, il passe ses journées à noircir les ouvrages de développement personnel de ses parents ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
florencem
  19 février 2019
Si je savais plus ou moins à quoi m'attendre avec l'ambiance du roman, j'avoue que j'ai été surprise de découvrir un univers se rapprochant plus de la science fiction que du fantastique. Je ne sais pas pourquoi mais je m'attendais à quelque chose de plus démoniaque dans le traitement des personnages avec un côté plus biblique. Pour ma défense, je ne suis restée qu'à cette description : "Le combat du mal contre le mal absolu", trouvant le résumé trop long ce qui indique souvent qu'on nous dévoile bien trop d'éléments de l'histoire. Bref, pas déception, je vous rassure, juste une surprise.
Le roman commence de façon directe en nous plongeant dans un semi-présent sans nous expliquer vraiment ce qu'il se passe. Et j'adore ce genre d'entrée en matière. La curiosité est forcément piquée, et ensuite ce côté immersif et mystérieux
donne envie de tourner les pages, indubitablement. La succession de chapitres parfois très courts et avec des points de vue différents ajoute d'autant plus au dynamisme de l'histoire. La construction est vraiment un point fort du roman. C'est toujours délicat, surtout quand on alterne entre le passé et le présent. Mais là, je ne me suis pas du tout sentie perdue. La seule que j'aurais à "critiquer" est que toute la partie se passant dix ans avant m'a paru très (trop) longue. Je sais que c'est le fondement de tout ce qui se passe ensuite, mais je n'ai pas accroché à ces moments-là.
Vicious est une histoire de vengeance et de revanche, et ce, pour tous les personnages. Je n'ai pas trouvé l'ensemble malsain en soi, même s'il y a clairement des points dérangeants, et je pense que c'est en partie dû au fait que Victor est le héros. J'ai vécu l'histoire avec son point de vue uniquement et pas du tout celui d'Eli. Et même si Victor agit très régulièrement de façon plus que borderline, il n'en reste pas moins qu'on arrive à le comprendre. Il agit aussi de temps à autre avec bonté et peut faire preuve de remords. Il est clair que lui et Eli étaient des psychopathes en devenir au début de leur rencontre et que cela ne s'est pas forcément arrangé, sauf que l'un en est conscient et pas l'autre. Et cela fait toute la différence. Victor est tout en nuances. C'est quelqu'un de mauvais, certes, mais Eli est pire que lui à tous les niveaux. Ce dernier est d'ailleurs tout ce que je déteste chez un personnage : mégalomane, fanatique religieux, arrogant, qui justifie ses actes par "Dieu ne m'a pas puni, donc je dois bien agir" (WTF !), sans remords... Bref, rien que de savoir parfois qu'un chapitre entier lui était consacré, j'avais de l'urticaire. Ce qui est une bonne chose, car cela prouve qu'il ne m'est pas non plus indifférent. Un méchant qui ne vous révulse pas ou que vous n'arrivez pas à cerner, n'est pas vraiment un bon méchant.
Autre point très positif : le côté famille. Victor, Mitch, Sydney et Dol forment pour moi une famille. Dysfonctionnelle, certes, mais qui a le mérite d'être rapidement attachante, et dont la dynamique est au top. Et pourtant, si les circonstances avaient été différentes, aucun de ces quatre là n'aurait interagi avec les autres. Et c'est un peu cela qui fait la magie de l'ensemble. Quand on voit Vic et Mitch se prendre d'affection pour Sydney, on ne peut que fondre. Et que l'adolescente considère ces deux-là comme son ancrage est tout aussi adorable. Un très bon choix qui j'espère sera encore développé dans le tome suivant.
Avec le recul, je dirais que ce tome est vraiment dans l'introduction. Il ne se passe au final pas grand chose, si ce n'est que Victoria Schwab nous explique qui sont ses personnages et pourquoi ils en sont arrivés là. Toute la notion avec les EO est aussi intéressante bien qu'à mon avis, elle manque un peu de réalisme dans le traitement, mais en même temps, ce n'est pas forcément ce que je recherchais. A contrario, le fait d'explorer l'évolution de l'espèce humaine, la peur de l'autre, jusqu'où la science est-elle prête à aller, le droit de vie ou de mort sur autrui, ce que l'on peut faire d'un don... tout cela étoffe vraiment l'ensemble du roman en lui donnant une dimension plus profonde. L'action, elle, se cantonne dans les derniers chapitres et m'annonce pas une fin, plutôt une remise à niveau qui va être le déclencheur d'autre chose. C'est la vengeance parfaite mais elle aura des conséquences sans aucun doute et j'ai hâte de les découvrir.
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Annabelle19
  29 avril 2016
Bon. Je crois que je suis en train de devenir complètement fan de Victoria Schwab. Après être tombée par hasard sur A darker shade of magic, et l'avoir dévoré avidement, j'ai eu envie de tenter son roman précédent. Et encore une fois, même effet : original, marquant et complètement addictif. J'adore les ambiances très sombres et tordues que parvient à créer l'auteur, elle nous agrippe à notre livre, nous fait frissonner et nous fascine... Je ne sais pas si un éditeur français a déjà prévu de traduire ses livres, mais il faudrait vraiment que quelqu'un y pense.
Ma critique va être longue, je crois, je m'en excuse. Mais j'ai l'impression d'avoir tant à dire...
Donc, Vicious, c'est l'histoire de Victor et d'Eli. Alors qu'il étaient à l'université, ils se sont intéressés de près au phénomène des EO, ces personnes dotées de pouvoirs extraordinaires. A force de recherches, Eli finit par comprendre que les EO sont en fait des personnes qui sont mortes pendant quelques secondes, avant de revenir parmi les vivants. Les deux amis décident de tenter l'expérience : d'abord Eli, qui se laisse mourir dans un bain d'eau glacée. Lorsqu'il est ranimé par Victor, il découvre qu'il est devenu immortel : toute blessure qui lui est infligée guérit instantanément. Victor tente l'expérience peu après, et c'est là que les choses dérapent. Victor revient d'entre les morts avec l'habilité de contrôler la douleur, la sienne et celle des autres. Il tue accidentellement la petite amie d'Eli, puis s'ensuit une confrontation très violente entre les deux amis en passe de devenir ennemis. Victor finit en prison pour meurtre et Eli ressort de ce bras de fer persuadé que les EO sont des erreurs de la nature, et que Dieu lui a donné pour mission de tous les éliminer.
Dix ans plus tard, Victor s'évade de prison avec une seule idée en tête : se venger d'Eli. Chacun d'eux a désormais un allié de poids avec lui : Eli fait équipe avec Serena, une jeune femme qui a le pouvoir de faire faire n'importe quoi à n'importe qui. Victor, lui, a fait la rencontre de Sydney, une petite fille de onze ans qui n'est autre que la soeur de Serena, et qui a le pouvoir de ressusciter les morts. Une lutte va s'engager entre les deux camps, implacable et sans merci.
La relation entre Eli et Victor est vraiment très bien écrite : on voit dès le début la jalousie qu'éprouve Victor à l'encontre de son ami, sa peur d'être laissé en arrière par Eli, qui parvient toujours à lui être supérieur. C'est ce sentiment, entre amitié et rivalité, qui est à l'origine de tout, puisque c'est à cause de ça que Victor, le premier, à l'idée folle de créer un EO.
Ce roman est l'histoire de méchants qui se prennent pour de héros : Eli est persuadé d'accomplir l'oeuvre de Dieu en éliminant les EO. Victor, lui, s'est donné pour mission de stopper Eli, un but qui semble louable, sauf que Victor est loin d'être tout blanc : il n'hésite pas à torturer et à tuer, n'éprouve aucun remords à le faire. En fait, il se pose même moins de questions sur ses actes qu'Eli. Et puis, plus important encore, c'est Victor qui a fait d'Eli ce qu'il est, d'abord en ayant l'idée de créer un EO, et ensuite en s'attaquant à lui de manière très violente et cruelle, en exerçant son pouvoir sur lui pour le torturer sans réelle raison. C'est ce comportement qui a laissé à Eli la certitude que les EO ne sont plus les personnes qu'elles étaient avant de mourir, que des démons se sont insinués en eux. J'ai trouvé un côté tragique au personnage d'Eli, en fait. Il reste bien plus attachant que Victor parce qu'on comprend ses actions, un voit ce qui l'a rendu ainsi. Alors que Victor semble bien plus vicieux, il semble aimer faire du mal aux autres. C'est comme si le roman inversait les rôles, en somme : entre les héros et les vilains, les bons et les mauvais. Victor nous est présenté comme le héros de l'histoire mais il est loin d'en être un. Eli est le méchant, mais il a des circonstances atténuantes. Si Eli voit les EO comme des anomalies à éliminer, Victor, lui, les voit surtout comme des outils à utiliser pour parvenir à ses fins.
L'expérience qu'ils ont menée, au lieu de les transformer en héros, les a transformés en monstres ; c'est comme si une partie d'eux était restée morte. Un vide s'est formé en eux, ou plutôt un vide déjà existant s'est élargi, puisque même avant de posséder leurs pouvoirs, il y avait un côté sombre chez Eli et Victor. Ils manquent désormais de compassion, d'empathie, de sens moral. Ils manquent d'humanité, en somme.
J'ai aussi beaucoup aimé la relation entre Eli et Serena, très complexe et ambigüe, parce que le but premier d'Eli était de tuer Serena mais que, grâce à son pouvoir, la jeune femme parvient à altérer les pensées d'Eli, jusqu'à finir par devenir sa petite amie et sa partenaire.
Je crois que ce qui rend ce roman si passionnant, si addictif, c'est la psychologie très très travaillée des personnages. Cette manière de revenir sans cesse sur le passé de chacun, d'alterner les points de vue de manière à nous faire comprendre toutes les actions des personnages, même les pires, c'est vraiment très fort. L'auteur possède aussi une écriture intelligente, qui nous faire réfléchir sur ce qu'on lit, qui nous laisse relier les pointillés nous-mêmes et faire nos propres conclusions ou hypothèses à propos des actions des personnages.
En conclusion, un excellent roman et une auteure très talentueuse, qui mérite d'être connue internationalement. Mon seul regret et que je me pose encore des questions, après avoir lu la fin de Vicious. J'aimerais bien savoir ce que vont devenir les personnages après ce duel au sommet qui était, pour certains, leur seule raison de vivre. Je n'ai pas l'impression qu'une suite soit prévue, et pourtant il y aurait surement encore beaucoup à apporter à ces personnages. Un jour, peut-être...
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Allisonline
  09 février 2019
Entre nous, je suis hyper bon public. Il suffit de faire le tour du blog pour le voir : les chroniques négatives ne sont vraiment pas nombreuses. Pourtant, je n'ai pas aimé le tant attendu Vicious, pas plus que je n'avais aimé Shades of Magic, de la même autrice. Deux romans qui ont su conquérir une grande majorité de lecteur∙ices mais qui m'ont, au mieux, laissée indifférente. Si je devais leur citer un point commun, ce serait leurs personnages extrêmement fades. Mais si j'avais réussi à trouver quelques bons points à Shades of Magic, ce n'est malheureusement pas le cas pour Vicious. La seule chose que je ne peux pas enlever au roman, c'est son côté prenant. Entre nous, c'est un bon point en demi-teinte : si je creuse un peu, ce côté addictif n'est dû qu'à sa construction. L'autrice présente son intrigue sous forme de flashbacks : il y a dix ans, deux heures plus tôt, une semaine avant… Avant quoi ? le point d'orgue du roman, les retrouvailles tant attendues, l'affrontement final. Mais pour en arriver là, nous devons en passer par des ellipses et des informations livrées au compte-goutte qui ne servent qu'à maintenir le suspens qui est l'unique ciment du récit.
Dix ans plus tôt, Eli et Victor partagent une chambre, à la fac. Ils sont meilleurs amis mais… je serais bien en peine de vous dire pourquoi. Victor est un garçon brillant mais très jaloux d'Eli. Il lui envie la première place du département (qu'il détenait avant son arrivée), sa petite amie (avec qui Victor passait tout son temps) et son sujet de thèse (auquel il aurait bien aimé penser). Quant à Eli, il est décrit comme solaire et charismatique alors qu'il ne l'est pas. C'est un garçon charmant et doué, mais franchement terne. le problème, c'est surtout qu'il n'y a aucune complicité entre eux, aucune affection. J'ai eu énormément de mal à m'impliquer dans les flashbacks de cette époque, déçue de ne pas accrocher à la construction du background des deux personnages principaux. Toute l'intrigue repose sur cette amitié qui se transforme en haine, alors qu'à mes yeux, il n'y a aucune amitié à la base. À trop vouloir créer des super villains, les anti-héros sont devenus des personnages sans saveur.
L'intrigue souffre aussi de quelques faiblesses que j'ai eu du mal à occulter. En effet, Eli choisit de consacrer son mémoire aux EO, ou ExtraOrdinaires, ces personnes dotées de pouvoirs hors du commun. Un étudiant découvre donc que les pouvoirs semblent se déclencher chez celles et ceux qui ont vécu une expérience de mort imminente. Personne, avant lui, n'avait fait le lien entre les personnes revenues d'entre les morts et leurs dons particuliers. Personne. ADMETTONS. Les deux « amis » décident donc de tenter l'expérience à leur tour. Comme le dit le résumé, c'est tout autant une réussite qu'une catastrophe. En effet, les deux jeunes hommes se retrouvent dotés de pouvoirs mais, dix ans plus tard, Victor croupit en prison alors qu'Eli est acclamé en héros. L'autrice nous révèlera avec parcimonie toutes les réponses aux questions que l'on se pose : quels sont leurs pouvoirs, comment les ont-ils obtenus, qu'est-ce qui a mal tourné, pourquoi Victor s'est-il échappé de prison pour se venger de son ancien meilleur ami… En parallèle, on découvre un Victor changé par dix ans de réclusion et déterminé à tuer Eli. Sydney, treize ans, rejoint Victor et possède un pouvoir qui lui sera bien utile. Serena, la grande soeur de Sydney, choisit quant à elle le camp d'Eli, qui trouvera une utilité au don de la jeune femme. Pratique, non ?
Je ne vais pas continuer à tirer sur l'ambulance : je n'ai tout simplement pas aimé Vicious. J'ai trouvé l'intrigue plate et les personnages fades, même si une construction intelligente du récit m'a quand même poussée à terminer le roman. le tout était un peu trop téléphoné, surtout la fin qu'on voit arriver dès la moitié du bouquin. Je suis tellement déçue de ne pas avoir accroché, moi qui aime tant les super héros et les méchants ! Tout porte à croire que cela ne sera pas votre cas, j'en veux pour preuve les centaines d'avis enthousiastes que Vicious semble susciter. Alors bonne lecture ! Et revenez vite me dire ce que vous en avez pensé.
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Roman_eBVB
  05 mars 2019
On se retrouve aujourd'hui pour parler du nouveau roman de Victoria Schwab, paru début Février 2019 aux éditions Lumen : Vicious 😃

Bien que j'ai beaucoup entendu parler de cette auteure à succès et de sa saga Shades Of Magic qui a eu un joli retentissement, je n'avais jusque-là pas eu l'occasion de découvrir sa plume. Problème reglé avec ma désormais célèbre fournisseuse officielle de livres (célèbre peut-être juste pour moi, mais célèbre quand même 😜) : j'ai eu la chance de découvrir ce nouveau roman qui, soyons clairs, m'a totalement séduite.

Pour vous résumer le synopsis en quelques mots : Eli et Victor, autrefois meilleurs amis à l'époque de la fac, se livrent dix ans plus tard à une traque peu amène. La découverte selon laquelle un être humain ayant fait une expérience de mort imminente devient un ExtraOrdinaire, c'est-à-dire un être humain doté de pouvoirs surnaturels, a clairement chamboulé leur quotidien et leur vision du monde. Au point de les amener à un affrontement mortel...

Dès les premiers mots, l'ambiance est posée ; c'est comme faire un premier pas dans un univers parallèle, qui pourrait être le nôtre s'il n'y avait pas cette atmosphère toute particulière et propre au roman (on dirait presque une parole de Dalida 🤔: un roman comme tant d'autres qui pourrait être le nôtre... Bref, je m'égare 🤭).

Il est très intéressant de constater qu'au-delà du côté fantastique du récit, la science se met totalement au service de l'intrigue, notamment avec la pléthore d'informations médicales servies, qui tiennent la route et cimentent la cohérence de l'histoire. On se retrouve avec une forme d'écriture rare mais pourtant familière à mon coeur, de la science-fiction au sens littéral de la juxtaposition de ces deux termes : la science au service de la fiction, sans pour autant nécessairement tomber dans la dystopie, le space-opera ou encore la dimension steam-punk.

Il est très intéressant de constater qu'à la manière d'un peintre, l'auteure a su nous tracer la complexité de chacun de ses personnages, principaux comme secondaires, en quelques coups de pinceau adroits. Dans cet ouvrage, il est fait peu de place aux bons sentiments tels que remords, regrets et culpabilité. N'espérez pas retrouver en Eli et Victor ce genre de personnages dont les mauvaises actions sont teintées de ces repentances qui rendent nos bad-boys habituels si attachants. Non pas que l'on ne s'attache pas aux intéressés dans ce contexte, mais à leur manière, et non à grand renfort d'actions héroïques pour défaire ce qui a déjà été fait et assumé pleinement.

Bien qu'il serait tentant de leur appliquer l'étiquette d'anti-héros, j'aimerais ne pas me laisser aller à cette "facilité". Certes, rien n'est héroïque de leur part si ce n'est l'acharnement qu'ils placent dans leurs combats respectifs et il est bien difficile de trouver une quelconque noblesse sans arrière-pensée dans leurs actes. Leur créatrice ne mise cela dit pas nécessairement sur l'humour ou sur les changements d'opinions pour nous les rendre sympathiques, et ne cherche pas pour autant à les poser en tant que protagonistes dépourvus de nuances, tout juste bon à incarner une image de "monstre" détonante et sans fondement.

Au-delà d'une psychologie étonnamment bien ficelée et différenciée pour chaque personnage de papier qui peuple cet ouvrage, j'ai été plus qu'impressionnée par le jeu de mise en abyme permanent, qui transforme la temporalité en un jouet malléable entre les mains de l'auteure. Les effets de style s'en retrouvent puissamment grandis et même si les lecteurs les moins aguerris pourraient s'y perdre, c'est un jeu efficace et prenant que d'utiliser cette forme de narration.

Je ne vous cache pas que cela a fait mon bonheur et que cela a de plus participé au côté page-turner du roman. Seul le temps m'a fait défaut pour terminer ce livre en quelques heures, d'autant que l'on a cette étrange impression jusqu'au dernier point du roman de toujours n'être qu'au début de l'histoire. L'expectative de réponses et leur distillation sont telles que cela ne nous laisse presque pas entrevoir de schéma narratif, encore moins le classique situation initiale - élément perturbateur - péripéties - élément de résolution - situation finale. Bien qu'une fois le tout remis dans l'ordre, il existe néanmoins, mais uniquement à sa finalité.

Ce roman est certes plus porté sur la psychologie que sur les révélations sensationnelles, aussi n'espérez pas de formidables retournements d'intrigues : vous n'en aurez pas besoin. L'intrigue, et surtout sa construction basée sur une plume aussi fluide, se suffit à elle-même. Sans compter que j'ai appris après avoir refermé ce livre qu'il n'était en réalité que le premier tome de la saga "The Villains" - transformée en "Ever" en français, allez comprendre 🤷‍♀️ - ce qui m'a d'autant plus étonnée que ce livre aurait pu tout à fait n'être qu'un récit unique et sans suite. Je reste donc très curieuse de savoir ce que l'auteure réserve à ses personnages après ce final astucieux.

Un roman que je recommande donc vivement aux amateurs de science, de fantastique et de jeux de temporalité tout en finesse 😉


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Le petit mot de la fin 🖋

Ce retour sur le roman « The Villains, Tome I : Vicious » n'est que le fruit d'une appréciation générale de la lectrice perdue au milieu d'une foule de tant d'autres que je suis. Les remarques, positives comme négatives, qui y sont établies ne sont que le reflet de mon avis personnel sur la question et ne sauraient s'autoproclamer références en la matière ☝

N'hésitez donc jamais à ouvrir vous-mêmes ce livre pour vous en faire votre propre avis et si je ne pouvais vous donner qu'un conseil, terminez-le quoi qu'il en soit, afin d'avoir toutes les cartes en mains pour vous prononcer sur la qualité de celui-ci dans son intégralité 😉

N'oublions jamais qu'un roman dont la lecture ne nous prend que quelques heures représente en réalité des mois de travail acharné de la part de l'auteur, qui a mis une importante part de lui dedans et qui a pris le risque d'exposer son bébé au reste du monde 💚
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OctaviaJaymesAdama
  02 avril 2019
J'avais entendu beaucoup de bonnes choses sur ce livre, qui est sorti il y a des années dans les pays anglophones. Il était donc dans ma wishlist depuis un moment déjà, quand j'ai découvert que la version française allait sortir…
Cette histoire a une particularité : la trame principale est entrecoupée de flashbacks s'étalant sur dix ans, qui nous permettent de découvrir le passé des personnages ! J'ai trouvé cette dynamique originale et très intéressante. En réalité, les flashbacks ont probablement été mes passages préférés de l'histoire.
« – Les gentils, dans cette histoire, il n'y en a pas. »
Le roman est centré autour de deux personnages : Victor et Eli. Dix ans plus tôt, alors qu'ils sont tous deux de brillants étudiants en sciences à l'université de Lockland, Eli choisit de baser sa thèse de fin d'études sur les ExtraOrdinaires ou EO : des personnes qui, après avoir fait l'expérience d'une mort imminente (la personne est donc morte puis a été réanimée), développent des pouvoirs surhumains. Les deux amis vont alors vouloir tester leur théorie en se mettant volontairement dans une situation de mort imminente. Dix ans après leurs désastreuses tentatives, Victor est en prison préparant sa vengeance tandis qu'Eli est dehors, achevant l'importante mission qu'il s'est fixé…
Si j'ai adoré l'histoire de fond ainsi que la plume de l'autrice, j'ai eu du mal à avancer rapidement dans ma lecture, principalement à cause de Victor. Il est clairement présenté comme étant le personnage principal, celui avec qui le lecteur est censé fusionner. Malheureusement, j'ai dé-tes-té Victor Vale !
« Il se fichait de ce que les vivants pouvaient lui apporter. de toute façon, il avait toujours considéré ces EO comme de simples appâts, tout juste bons à attirer son adversaire dans un piège. »
Victor est un homme très froid et calculateur. Dès le début du roman, je l'ai trouvé dérangeant… Déjà parce qu'il rature ses livres (sacrilège !) mais surtout parce qu'il éprouve une jalousie, une obsession quasi maladive envers Eli. Il est clairement atteint de troubles psychologiques… je pencherais pour la sociopathie.
Mais ce qui m'a le plus troublée, c'est que j'avais l'impression que l'autrice voulait faire de Victor une victime alors que, pour moi, il est l'instigateur de tout !

« – C'était un être humain, Victor, pas un vulgaire objet… Et toi, tu l'as assassinée.
– C'était un accident. Et puis, c'est ta faute, aussi. Si tu avais simplement accepté de m'aider… »
On nous vend l'histoire comme étant le combat du mal contre le mal absolu, et j'ai eu l'impression que l'autrice cherchait à dire au lecteur que le mal absolu était Eli et que le « moindre mal » était Victor. Personnellement, j'ai ressenti tout l'inverse ! Les ambitions de Vic sont purement égoïstes, son pouvoir est franchement dangereux et je parle même pas de son comportement antisocial au possible ! Je ne dis pas qu'Eli est une belle personne, loin de là, mais je ne pense pas que Victor soit le héros de ce livre, bien au contraire !
« C'était comme d'observer deux êtres qui occupaient le même espace l'un dissimulé sous la peau de l'autre. »
J'ai donc préféré le personnage d'Eli qui, bien que psychologiquement perturbé, reste un homme brillant, charmant et surtout empli de sentiments. Je me suis peu à peu attachée à lui, tout en sachant que son esprit n'était que ténèbres… J'avais l'impression qu'il lui arrivait de se questionner sur ses actions et ses croyances, qu'il essayait parfois de lutter contre sa part d'ombre, contrairement à Victor qui l'a totalement accepté. de plus, j'ai trouvé intéressant qu'il soit si tourné vers la religion car ce n'est pas souvent abordé dans les histoires de science-fiction.
J'ai aussi apprécié les autres personnages que l'on rencontre dans le roman, mais j'aurais voulu qu'ils soient tous plus présent et plus développés.
Mitch est clairement l'être le plus « pur » de l'histoire et c'est aussi un de mes favoris ! Bien que très loyal envers Victor, il n'hésite pas à le contredire lorsque son ami va trop loin. Il est le seul humain « normal » de l'histoire, ce qui pourrait faire de lui le plus faible de la bande, mais c'est en fait un réel pilier pour ses amis. Malheureusement, j'ai eu l'impression que son rôle était seulement de jouer les toutous pour Victor, ce qui m'a un peu déçue…
La jeune Sydney est le seul personnage sur lequel je n'ai pas vraiment d'avis. Je ne trouve pas son pouvoir très intéressant et j'avais l'impression que la jeune fille avait été créée par l'autrice dans l'unique but de servir les plans de Vic (ce que je ne trouve pas logique). J'espère qu'elle sera plus développée dans le deuxième tome pour me permettre de me faire une opinion…
Enfin, le personnage de Serena, qui aurait pu être absolument exceptionnel, avec ce pouvoir géniallissime, se retrouve à la limite du banal. Encore une fois, un personnage secondaire qui passe un peu à la trappe. J'ai adoré les quelques chapitres où on a pu en apprendre plus sur sa rencontre avec Eli et j'aurais aimé en voir davantage. Tous les deux avaient vraiment une étincelle qui m'a fait vibrer, et voir une relation entre deux « méchants » aurait pu être original.
« – Je suis dangereuse. Je ne devrais pas exister. Mais qu'est-ce qui te donne le droit de me tuer ?
– Si je le peux, c'est que je le dois. »
« – Qu'est-ce qui te donne le droit d'être à la fois juge, juré et bourreau ?
– Dieu. »
Ce roman pose une question qui donne matière à réfléchir : peut-on éliminer des gens parce qu'on pense qu'ils sont dangereux pour l'humanité, une sorte d'action préventive ? Et surtout, qu'est-ce qui fait qu'un être devient trop dangereux pour cohabiter avec ses pairs ? Car même si certains pouvoirs (comme celui de Victor par exemple) sont effectivement très dangereux, s'il sont contrôlés et utilisés à des fins positives, les individus deviendraient donc inoffensif.
Eli explique (en s'appuyant sur sa propre expérience) qu'à leur réveil les EO ont gagné des pouvoirs au détriment d'une autre partie d'eux (leur âme, leur étincelle, leur lumière). Il part donc du principe que tout EO finira par déraper un jour puisque privé d'une partie importante de leur être. le personnage d'Eli est bien évidemment psychologiquement atteint mais peut-il avoir raison ? Après tout, Serena, Victor, Barry… tous ces EO ne sont pas réellement des enfants de choeur ! Mais d'un autre côté, le fait qu'Eli soit le seul à juger la situation est aussi dérangeant…
Enfin bref, l'autrice ouvre un débat super intéressant !
Même si ce roman n'a pas été un coup de coeur, ce fut tout de même une bonne lecture ! Une autrice talentueuse, qui sait tenir ses lecteurs en haleine jusqu'au bout sans créer de longueurs, et qui capture et dépeint les psychologies des personnages d'une façon … ExtraOrdinaire !
Je lirais le deuxième tome avec grand plaisir !
« La vie, la vraie, n'est pas un combat entre le bien et le mal, mais entre le mal et pire encore. » – Joseph Brodsky
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critiques presse (3)
Ricochet   01 octobre 2019
À mi-chemin entre L’Expérience interdite (Joel Schumacher, 1990) et la saga X-Men, avec une touche de Simetierre de Stephen King, ce roman est un véritable page turner, qui se dévore rapidement malgré son caractère volumineux.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Actualitte   05 mars 2019
Résolument plus sombre et décidément plus adulte, le premier tome, Vicious, nous présente un univers où le bien ne semble trouver sa place. L’adage combattre le mal par le mal n’a jamais sonné aussi juste [...] C’est addictif et ça se dévore.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Elbakin.net   17 janvier 2019
Première incursion de Victoria Schwab en littérature « adulte », Vicious, publié en 2014, est le roman qui a assis la notoriété de l’auteure – et avec raison. Les éléments qui font aujourd’hui sa réputation (un monde sombre, des personnages dont les nuances vont du gris très foncé au noir, un style incisif et pas vraiment de lueur au bout du tunnel) se mettent en place dès les premières pages pour créer une histoire addictive, dont les héros n’ont de super que les pouvoirs.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
florencemflorencem   18 février 2019
- Ecoute, Sydney, il y a quelque chose que tu dois savoir sur Victor..
- C’est quelqu’un de bien ! intervint-elle aussitôt.
Il laissa passer un instant avant de répondre :
- Les gentils, dans cette histoire, il n’y en a pas.
Mais, gentil ou méchant, la jeune fille s’en moquait, à vrai dire. Elle n’était même plus certaine de croire à ces notions-là.
- Je n’ai pas peur de Victor.
- Je sais, souffla Mitch en la regardant d’un air triste.
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florencemflorencem   17 février 2019
Perdez-vous. Renoncez. Rendez les armes. En fin de compte mieux vaut capituler avant d’avoir commencé. Perdez-vous. Perdez-vous. Et alors, peu importera qu’on ne vous retrouve jamais.
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llGPCllllGPCll   01 octobre 2019
Se prétendre un héros n'empêche pas de tuer des dizaines de personnes, parfois. De même, pour s'être opposé à un tel massacre, un innocent peut se voir classé dans la catégorie des bourreaux. Nombreux sont les êtres humains qui ont tout d'un monstre, et nombreux les monstres qui savent se faire passer pour humains.
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liannelianne   24 janvier 2016
Hate was too simple a word. He and Eli were bonded, by blood and death and science.They were alike, more so now than ever. And he had missed Eli. He wanted to see him. And he wanted to see him suffer. He wanted to see the look in Eli’s eyes when he lit them up with pain. He wanted his attention.

Eli was like a thorn beneath Victor’s skin, and it hurt. He could turn off every nerve in his body, but Victor couldn’t do a damned thing about the twinge he felt when he thought of Cardale. The worst part of going numb was that it took away everything but this, the smothering need to hurt, to break, to kill, pouring over him like a thick blanket of syrup until he panicked and brought the physical sensations back.
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ReveursEtMangeursDePapierReveursEtMangeursDePapier   06 février 2019
S'il ne semblait pas avoir vieilli un seul jour - ni même d'une seule heure - , le sourire conquérant qu'il arborait si souvent du temps de l'université avait cédé la place a un rictus plus cruel. Comme si, avec le temps, le masque avait fini par tomber, révélant la créature qui se dissimulait derrière...
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Cassidy Blake – Chasseuse de fantômes : levez le voile... le monde des spectres vous attend de l'autre côté !
Notre première parution de l'année sera un nouveau roman de Victoria Schwab, en librairie le 30 janvier ! Intitulé Cassidy Blake – Chasseuse de fantômes, ce premier tome d'une série s'adresse aux dix ans et plus.
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