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EAN : 9782020301084
160 pages
Éditeur : Seuil (16/10/1996)
3.8/5   61 notes
Résumé :
De mère africaine - arrachée à son village de brousse par les trafiquants d'esclaves - et de père inconnu - quelque marin du bateau négrier voguant vers la Guadeloupe - elle n'est ni noire ni blanche, et même ses deux yeux sont de nuance différente. Enfant, on la surnommera « Deux-âmes ». Et finalement c'est sous le nom de « Solitude » qu'elle vivra à la Guadeloupe dans les familles de Blancs qui l'ont achetée, puis parmi les troupes de Noirs révoltés qu'elle rejoin... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Pecosa
  04 avril 2013
Guadeloupe, 1802. Face à la menace de rétablissement de l'esclavage, aboli par la Convention en 1794, l'insurrection fait rage dans l'île. Un des chefs de la résistance, le libre de couleur Louis Delgrès se replie à Matouba. Acculé par les troupes de Richepance, il se fait sauter le 28 mai avec environ 300 hommes. Parmi les survivants capturés le lendemain se trouve Solitude. Enceinte, elle a participé comme de nombreuses femmes à tous les combats. Elle sera exécutée le lendemain de son accouchement, le 29 novembre, et son enfant sera esclave.
André Schwarz-Bart donne vie à cette figure féminine de la résistance dont on ne sait pas grand chose. de l'Afrique des griots au Passage du milieu, de la plantation du Carbet à l'habitation d'Anglemont, il fait de Solitude une "zombi-corne", fille de Bayangumay, de la tribu des Dioulas violée au cours d'une pariade sur un bateau négrier, bien décidée à rester libre et à combattre. La mulâtresse Solitude est un des rares romans qui montre l'impact de la révolution française en Guadeloupe à travers la destinée tragique d'une femme née esclave qui répondit au "cri de l'innocence et du désespoir" de Louis Delgrès.
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TiboLexie
  18 novembre 2020
"Les nouveaux Maîtres l'estampèrent à l'épaule et la mirent au travail de la canne. [...] Il en alla ainsi pour les maîtres suivants, qui entendaient son rire et ouvraient leurs dix doigts ; et tous laissaient des initiales sur son corps, ..."
Ceci est le quotidien de bon nombre d'esclaves en Guadeloupe. Solitude, elle ne l'accepte pas et se révolte. Elle s'échappe d'abord dans sa tête puis choisit de rejoindre concrètement des contemporains qui se rebellent contre le rétablissement de l'esclavage par Napoléon.
La fin est malheureusement tragique et Solitude sera pendue. Restera néanmoins dans la mémoire collective l'idée qu'une cause juste, même condamnée n'est jamais vaine.
Nécessaire travail d'André Schwarz-Bart sur ce pan méconnu de l'histoire française. Dommage que la langue par endroits complexe, empêche de s'immerger dans le récit.
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Moan
  27 octobre 2013
Rosalie est la fille de Bayangumay venue d'Afrique de l'Ouest et transportée par bateau vers le Guadeloupe et d'un marin inconnu, née sous l'esclavage vers 1772.
Contrairement à sa mère qui travaille au champ, elle devra servir les Blancs.Mais c'est une révoltée!
Autour d'elle, quand l'esclavage est rétabli par Napoléon Bonaparte , les Noirs se révoltent et Rosalie appelée Solitude , enceinte, les rejoindra , se cachant dans les forêts de la Soufrière...
Belle écriture d'André Schwarz-Bart pour faire revivre cette mulâtresse qui résista avec les esclaves noirs en Guadeloupe!
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Lady_Blue
  29 novembre 2021
Roman très poignant bien que parfois difficile à suivre.
André Schwarz-Bart nous conte de manière fictive la vie courte mais bien réelle de Rosalie, jeune mulâtresse issue d'un viol de sa mère par un colon lors de son périple sur un négrier partant de l'île de Gorée (Sénégal) pour se diriger vers la Guadeloupe.

La jeune enfant quelques années après sa naissance comprend qu'elle ne ressemble pas beaucoup aux autres esclaves. Son métissage lui vaut en effet une peau "chapée" et des yeux de deux couleurs différentes chacun, on la surnomme d'ailleurs "deux-âmes."

Un soir, sa mère s'enfuit avec un autre esclave la laissant seule et livrée à elle-même, mais avec l'espoir que sa différence de teint la conduira vers un avenir plus "convenable" que le sien.
Ce sera en effet le cas, pour quelques temps en tout cas. Rosalie sera conduite chez une maîtresse d'à peu près son âge et elle passera quelques années dans une maison (le meilleur sort que l'on puisse réserver aux esclaves à l'époque après le statut de "Nègre ou Négresse" à talent. )
Tout comme sa mère elle décidera de s'enfuir et rencontrera sur sa route le fameux Louis Delgrès (devenu depuis une figure emblématique d'anti-esclavagiste dans les Antilles françaises) un métis libre qui refusera le rétablissement de l'esclavage par Napoléon Bonaparte et avec qui la Mulâtresse Solitude s'alliera dans son combat.
La suite de l'histoire est connue, Louis Delgrès se suicide avec 300 de ses compagnons sur l'habitation Danglemont dans les hauteurs de Matouba (Guadeloupe). Rosalie est quelques temps plus tard pendue après avoir donné naissance à son enfant.
Le roman est intéressant pour son histoire et le partie pris d'André Schwarz-Bart de déshumaniser tout esclave qui prendra la parole ou qui sera décrit est brillant.
Rosalie par exemple, doutera longtemps de son humanité et se pensera plus animale qu'être humain.
Un état primitif par ailleurs déjà souligné bien avant par beaucoup d'écrivains ayant écrit sur le thème de l'esclavage.

La lecture n'est pas facile, elle mérite cependant le coup d'oeil pour l'auteur mais surtout pour Rosalie personnage clé de cette sombre histoire de l'Esclavage dans les Antilles Françaises.
L'une des rares femmes incarnant la résistance des esclaves noirs luttant contre le rétablissement de l'esclavage en 1802.
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SheWolf
  03 décembre 2020
C'est une histoire vraie mais un roman aussi. Solitude était le nom qu'elle se donnait, car de nom, elle n'en avait pas reçu d'autre que celui de l'esclave morte dont elle prenait la place. Ainsi allait la vie dans cette plantation guadeloupéenne, une liste de prénoms, cycliquement transmis des morts aux vivants. Sa date de naissance est ignorée. Qui se souciait, au XVIIIème siècle, de la biographie d'une femme, de basse extraction, noire de surcroît et nécessairement esclave ? En revanche, la date de sa mort est connue. Opposante au rétablissement de l'esclavage en Guadeloupe, elle mourut pendue, un 29 novembre 1802. Pour exécuter la sentence, on attendit sa délivrance. Cruel privilège des femmes condamnées à mort enceintes et souci économique non moins cruel. Pourquoi, au prétexte du châtiment, se priver d'un petit esclave ! L'enfant est né sous ce statut, d'une mère qui s'était rêvée et se voulut libre. C'est une langue savoureuse qui narre avec force, images et imagination, la mère africaine, déportée et violée, puis la vie de son enfant, devenue femme qui avait peut-être trente ans à l'heure de sa mort. Ainsi, battus, brimés, humiliés, vendus, achetés, séparés, ces hommes et ces femmes tentaient de vivre, même privés de vie, même objets de leurs propres corps. A lire, absolument.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Lady_BlueLady_Blue   27 novembre 2021
Quand la nuit tombait sur tout cela, elle se retrouvait comme autrefois en chienne jaune dans les rues de la Pointe-à-Pitre [...] Et chaque fois, à son réveil, elle connaissait une sorte de flottement: était-elle Solitude qui venait de se rêver en chienne jaune, ou bien était-elle une chienne qui se rêvait présentement en femme, en une certaine personne humaine dite Solitude?
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Lady_BlueLady_Blue   23 novembre 2021
Nombre de négresses d'eau douce se faisaient faire des enfants chapés, qui échapperaient à la couleur, à la vieille malédiction noire. Elles voyaient dans les événements un signe de Dieu, l'assurance qu'il pardonnait, était sur le point de sauver la race.
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Lady_BlueLady_Blue   22 novembre 2021
[...] Puis d'une voix monocorde, mais toujours traversée par ce même rire, elle prononça les paroles qui devaient s'attacher à elle, tout au long de sa brève éternité:
-Avec la permission, maître: mon nom est Solitude.
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Lady_BlueLady_Blue   21 novembre 2021
[...] le nom des morts allait aux vivants qui le rendaient le moment venu, avec l'âme. Une vieille Rosalie venant à mourir, on l'enterra distraitement dans un terrain en friche [...] Et la nouvelle Rosalie prit la place de l'ancienne, en un cri léger, sur le grand-livre de la Plantation.
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Lady_BlueLady_Blue   21 novembre 2021
Elle savait que sa mère venait de l'autre côté de l'océan, que c'était une sauvageonne, comme disaient les Blancs, une diablesse d'Afrique, comme disaient les Noirs de celles qui n'étaient pas nées au pays...
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