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EAN : 9782363583611
264 pages
Éditeur : Editions Vendémiaire (22/04/2021)
4.5/5   6 notes
Résumé :
Qui pourrait imaginer que Recep Tayyip Erdoğan, Viktor Orbán, Narendra Modi, Xi Jinping, Vladimir Poutine ou encore Jair Bolsonaro ont eu, sans le savoir, un seul et même maître à penser ?

Jules César nous apprend en effet, depuis la lointaine histoire de Rome, à travers le fabuleux destin d’un apprenti dictateur engrangeant tous les succès, comment on peut pervertir des institutions républicaines au point de faire accepter sans violence un pouvo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Alfaric
  22 juillet 2021
Comme je pars impromptu pour éviter de me retrouver confiner, ma critique est encore au stade du brouillon donc je ne poste que mon propos liminaire en urgence avant de la poster en entier dans quelques semaines...
J'avais à peine finie l'introduction que j'avais compris que j'étais dans un livre d'opinion. Je n'ai rien contre, mais je préfère être averti au préalable. Ce que fait l'éditeur sur son site, mais ce que ne fait pas l'auteur dans son livre…
Les oeuvres d'Heinlein, Asimov et Frank Herbert m'ont initié aux travaux sur la sémantique d'Alfred Korzybski : avec les bons mots on peux faire dire tout et son contraire aux mêmes faits. Donc dès le départ qualifier de chasse aux sorcière un projet de réforme agraire, et ensuite la mettre sur le même plan moral que l'assassinat de ses premiers promoteurs et la condamnation à mort de ses seconds promoteurs en dit long sur les dérapages qu'on va rencontrer. Donc redistribuer des richesses immoralement et illégalement acquises serait un crime, mais tuer des gens serait juste une réaction violente envers ce « crime ». Pour l'auteur César est l'aboutissement des dictatures antiques car il aurait réussi a imposer la monarchie dans un pays qui la déteste. Déjà Octave-Auguste qui a réalisé cette exploit brille par son absence de la première à la dernière page. Ensuite dénoncer ses prédécesseurs dans le camp « populares », mais oublier ses rivaux dans le camp « optimates » qui ont fait les mêmes choses que lui et avant lui c'est fort de café. Enfin un effort de comparaison avec les autres figures antiques auraient été un minimum (on parle de Pisistrate à deux reprise, mais on aurait pu évoquer la dynastie des tyrans de Syracuse ou la dictature vegane de Pythagore pour ne citer qu'elles). D'ailleurs à plusieurs moments l'auteur est un peu emmerdé quand ceux qu'il semble avoir cherché à esquiver correspondent tellement à sa démonstration qu'il est obligé de les citer… Et puis c'est bizarre de toujours utiliser les adjectifs « naïves », « crédules », « manipulables » et « manipulées » pour parler des « masses peu éduquées », on voudrait rétablir le suffrage censitaire qu'on ne s'y prendrait pas autrement. du coup c'est bien la peine de se cacher derrière des citations d'Hérodote et de Polybe après avoir fait autant de « sans-dents bashing »… Et pour ne rien gâcher l'auteur conjugue systématiquement au présent pour ses éléments à charge, et systématiquement au conditionnel pour les éventuels éléments à décharge. Est-ce que comme moi, vous entendez la symphonie de la mauvaise foi ?
extrait : Déclencher des guerres « utiles »
L'apprenti dictateur se trouverait des ennemis, se servirait de la guerre comme tremplin électoral, barbariserait l'ennemi pour mieux se mettre en valeur lui et le peuple qu'il manipule, voudrait tuer le général ennemi pour prouver sa valeur, utiliserait les batailles pour prouver son héroïsme et celui de ses hommes, et au final ne ferait que se montrer triomphant.
Faire peur pour mieux se poser en homme providentiel, c'est vieux comme le monde (c'est même comme cela que Charles de Gaulle est arrivé au pouvoir en 1958). C'est même dommage que l'auteur exploite aussi peu « la théorie du choc » aujourd'hui utilisée par quasiment tous les gouvernements. Et puis l'état d'urgence, c'est de la même manière tellement pratique pour se torcher le cul avec la loi, la justice et la démocratie...
Poutine relance la guerre en Tchétchénie pour se faire un nom et une image d'homme fort, c'est un vil populiste. Thatcher au plus bas dans les sondages déclenche la Guerre des Malouines à moins d'un an des échéances électorales, c'est une grande défenseuse de la démocratie libérale (et du dictateur Augusto Pinochet, mais ceci est autre histoire puisque c'est un dictateur « classique » et non « populiste »). Selon que vous soyez blanc ou noir… D'ailleurs par un mot sur le fait que les USA modèle de démocratie libérale aient été 91% de leur existence en guerre contre d'autres états pour des raisons la plupart du temps fallacieuses...
Pour l'auteur quand César s'expose aux premiers rangs cela serait par pur calcul politique juste pour construire sa légende tout en remotivant ses troupes. A aucun instant il n'a pensé que Caius Julius César sent le vent tourner et mouille le maillot pour sauver sa peau. La Bataille de Munda est l'une des plus meurtrières de l'antiquité romaine, et qui sait ce qu'il serait advenu si les pompéiens l'avaient emporté en Espagne avec 15 légions à leur disposition...
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Frederic524
  14 juillet 2021
Christian-Georges Schwentzel est professeur d'histoire ancienne à l'Université de Lorraine. Ses recherches concernent la fonction du chef dans l'Antiquité. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur les souverains des périodes hellénistique et romaine. Paru aux éditions Vendémiaire, l'essai "Manuel du parfait dictateur, Jules César et les "hommes forts" du XXIème siècle", est particulièrement stimulant sur le plan intellectuel tout en étant accessible aux lecteurs non spécialiste de la question. le plan du livre est limpide : dix chapitres comme autant de leçons "pour devenir un dictateur populiste du XXIème siècle." L'auteur dresse un parallèle entre César, qui est le premier à exploiter l'idée que la plèbe devait servir de fondement à sa dictature, et les leaders populistes d'aujourd'hui. de Erdogan à Orban en passant par Modi, XI Jinping, Poutine et Bolsonaro qui sont les principales figures des populismes au XXIème siècle, les exemples ne manquent pas dans cet essai visant à démontrer qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil, puisque 2000 ans avant eux, César instrumentalisait déjà les institutions républicaines pour faire accepter sans violence un pouvoir absolu. L'historien définit, à partir de l'étymologie du mot latin "populus", ce qu'est le populisme. Il le définit ainsi : "L'exploitation de la notion de "peuple" dans le cadre d'une stratégie visant à déstabiliser le pouvoir en place, à s'emparer de ce pouvoir puis à s'y maintenir le plus longtemps possible." Au début du XXIème siècle, il y a eu l'émergence dans le monde de leaders populistes. le succès des populismes est un phénomène planétaire et une caractéristique politique majeures de notre époque. La grave crise de la démocratie libérale, les bouleversements actuels dans le monde permettent l'émergence de pouvoirs autoritaires. C'est une stratégie exploitée par des leaders politiques extrêmement divers. La stratégie de victimisation est le véritable point commun de tous les populismes. Les 10 leçons du livre forment un tout et s'imbriquent les unes dans les autres pour analyser, décortiquer le discours du leader populiste. L'auteur part de l'exemple de César à chaque chapitre, pour ensuite prolonger sa réflexion avec des exemples très parlant sur les leaders populistes actuels. La réflexion menée est limpide et ne manquera pas d'éclairer, le lecteur curieux, voulant en apprendre davantage sur ce phénomène populiste. J'ai trouvé l'ensemble de ce livre absolument passionnant à lire et l'ai dévoré en deux jours. Je ne peux que vous recommander cette lecture vivifiante pour l'esprit et fort éclairante.
Je remercie très chaleureusement les Éditions Vendémiaire ainsi que Babelio pour cette lecture et leur confiance !
Lien : https://thedude524.com/2021/..
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Deleatur
  10 juillet 2021
Voilà un ouvrage dont la lecture me paraît simplement indispensable par les temps qui courent. Il intéressera tous ceux qui s'inquiètent du devenir de la démocratie et pourrait même faire réfléchir ceux qui, au réveil, se découvrent des pensées honteuses nourries de populisme. Pour les fascistes convaincus, quelle que soit leur obédience, je n'ose me prononcer.
Christian-Georges Schwentzel est un historien de l'antiquité hellénistique et romaine que je n'attendais pas dans cet exercice d'histoire comparée (j'avoue avoir raté en 2017 la sortie de son ouvrage La Fabrique des chefs, d'Akhénaton à Donald Trump). Son essai est à la fois convaincant et très stimulant. J'ajoute qu'il se montre d'une parfaite clarté et d'une lecture tout à fait abordable par le néophyte.
Schwentzel ne considère pas le populisme en tant que théorie politique : il le réduit à une simple stratégie de conquête du pouvoir, qui instrumentalise « le peuple » en le dressant contre « les élites » ou "le système". En ce sens, le livre ne se perd pas dans les développements parfois fumeux que l'on entend à propos des différences entre populisme de droite ou de gauche, populisme évangélique, hindouiste ou islamiste, etc : le populisme n'est que le moyen de la prise du pouvoir ; il s'adapte par conséquent à toutes les idéologies ayant l'autoritarisme et le pouvoir personnel comme principal horizon politique. L'ouvrage permet ainsi de mettre dans le même sac à la fois Poutine, Trump, Modi, Bolsonaro, Chavez, Duterte, Erdogan, Modi, Orban et consorts (je laisse chacun décider de ce qu'il faut faire ensuite du sac).
Cette stratégie de prise du pouvoir se décompose selon Schwentzel en dix points principaux, traités en autant de chapitres. Je ne vais pas les reprendre ici, il suffit de se reporter au texte de la 4ème de couverture reproduit ci-dessus. La synthèse que propose l'auteur est d'une redoutable efficacité. Certains développements sont même à la fois inattendus et féconds, lorsque par exemple Xi Jinping est présenté sous l'angle du leader populiste plutôt que comme l'archétype du dictateur produit par un appareil politique rigide.
Tous ces leaders populistes d'aujourd'hui sont systématiquement rapportés à la matrice de leur action politique, et le lecteur comprend que le populisme actuel n'est rien d'autre que ce que l'on appelait hier le césarisme. Outre que j'y ai appris pas mal de choses sur la biographie de Jules César, le livre a le mérite de mener des comparaisons pleines de sens à deux mille ans d'intervalle. C'est d'une certaine façon assez rassurant : sur le fond, les adversaires de la démocratie n'ont pas grand chose de neuf à offrir et, au-delà des artifices technologiques de notre temps, leurs recettes demeurent incroyablement éculées. Elles n'en continuent pas moins de faire des dégâts. D'où le grand intérêt de ce petit livre d'analyse et de combat, qui ne saurait montrer mieux à quel point L Histoire éclaire le présent.
Un grand merci à Babelio et aux Editions Vendémiaire pour cette Masse Critique qui a comblé mes attentes.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
AlfaricAlfaric   19 juillet 2021
Le terme populisme s’est imposé et généralisé dans les médias au cours des années 2010. Sa signification demeure toutefois mouvante, de même que ses connotations. Souvent, le terme est péjoratif : le « populiste », c’est l’autre, celui pour qui il est hors de question de voter car il représente un danger pour la démocratie. Le populiste est alors vu comme une sorte de fasciste « light ». Mais le terme a aussi été envisagé de manière positive, précisément par ceux qui en étaient accusés.
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BouzoukiBouzouki   28 avril 2021
Alors que le modèle de la démocratie libérale traverse une grave crise où viennent se cristalliser divers ingrédients anxiogènes, à la fois politiques, économiques, culturels, écologiques et sanitaires, sommes-nous à la veille de nouvelles guerres civiles que des ambitieux pourraient exploiter afin de se hisser au sommet d'anciens Etats démocratiques transformés en dictatures ? les bouleversements du monde actuel sont sans aucun doute propices à l'émergence de pouvoirs autoritaires.
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AlfaricAlfaric   20 juillet 2021
Si l’ennemi existe dans la réalité, c’est une chance pour le dictateur en devenir qui n’aura pas trop de mal à convaincre la population de se ranger derrière lui pour l’affronter. S’il n’y a aucun ennemi en vue, il incombera au leader de le trouver ou l’inventer, sans quoi il risquerait de démobiliser ses partisans.
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AlfaricAlfaric   21 juillet 2021
Les leaders du XXIe siècle peuvent trouver d’autres occasions que les guerres classiques pour se montrer triomphants. Ainsi, on trouve de beaux exemples de métaphores militaires dans les discours prononcés par certains dirigeants, au cours de la « guerre » contre le coronavirus dont l’épidémie a submergé l’humanité en 2020, provoquant une crise planétaire sans précédent.
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BouzoukiBouzouki   28 avril 2021
La mondialisation peut désormais être ressentie comme un excès de confiance, un danger, voire une forme de démesure. Elle est associée à l'idée d'une déréglementation générale, non à un ordre mondial de gestion commune et responsable de la planète. Les dictateurs populistes du futur pourraient bien profiter de ce sentiment de désordre.
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