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EAN : 9782867469862
205 pages
Liana Lévi (04/01/2018)
3.54/5   26 notes
Résumé :
Quelle a été la fin des quatre seuls garçons de la cinquième C ? Suite aux vacances en Grèce plus personne ne sait rien d'eux : les cellulaires sont désactivés, et pas même un post sur Facebook.
Comme un petit groupe de poissons, ils ont changé de route à l'improviste, se dirigeant vers les eaux plus profondes. Quand les garçons refusent de répondre, il est alors temps que les adultes commencent à se poser des questions.
quatrième Einaudi
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Lu en italien.
LA REGOLA DEI PESCI. Einaudi 2017
Une remarque sur les couvertures qui semblent interverties. L'italienne n'a pas de poissons mais quatre garçons suivis de leurs ombres, tandis que la française, malgré son titre, n'a pas de garçons, mais des poissons.

Les quatre amis, compagnons de classe, sont partis en vacances en Grèce à la fin de l'année scolaire. Et, non seulement ils ne reviennent pas chez eux, mais ils ont fait disparaître leurs traces : plus de cellulaire, plus d'internet.
En Italie, c'est la panique. les quatre familles se retrouvent presque quotidiennement face à un agent de l'unité de crise.
Les recherches n'aboutissent pas .Ils ont disparu.
Le roman est celui de la situation actuelle, de l'inconscience qu'un rien peut faire basculer. de l'insouciance précédente à l'engagement irréfléchi.
" le travail de Giorgio Scianna révèle dès les premières répliques le soin de la reconstruction scrupuleuse de l'univers de l'adolescence."
Volontairement, il néglige les détails de vraisemblance .
Le voyage des lycéens est avant tout une formation amputée, l'adieu à l'insouciance, en vue d'une maturité différente de celle proposée par l'Occident.
"Les garçons de Scianna sont les fils sains d'un occident à la dérive post-idéalogique." C'est le symptôme d'un malaise réel .
J'ai été surprise, je crois que je n'avais rien deviné.
La fin m'a un peu déroutée.
L'ensemble est émouvant . Lecture conseillée.
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On aurait tort, parfois, de s'en tenir à la première impression que nous a faite un auteur. le précédent roman de Giorgio Scianna qui relatait l'histoire de deux adolescents m'avait quelque peu laissée sur ma faim. Mais il faut croire que cette période de la vie m'intrigue... tout comme elle aiguillonne l'écrivain. Il nous revient en effet avec des héros âgés d'une quinzaine d'années et une histoire résolument ancrée dans notre actualité qui, pour cette raison, a de nouveau suscité mon intérêt.

Lorenzo, Roberto, Anto et Ivan sont quatre lycéens, quatre amis appartenant à la classe moyenne du nord de l'Italie. Quatre ados comme il en existe tant, parlant foot et musique, ayant un compte facebook et obtenant des résultats scolaires plus ou moins satisfaisants. Aucun conflit notable avec les parents ne vient entacher le quotidien des uns ou des autres, et tout ce petit monde se connaît et se côtoie d'ailleurs avec bienveillance. Bref, rien que de très ordinaire.
Pourtant, à la rentrée, ces quatre-là manquent à l'appel. Ils ne sont pas revenus de leur séjour en Grèce et n'ont donné aucun signe de vie. Ils ne répondent plus aux appels téléphoniques et ont cessé de consulter les réseaux sociaux. La police a beau interroger leurs camarades de classe, nul n'a la moindre idée de ce qu'ils auraient pu décider de faire. Quant aux parents, ils sont très régulièrement réunis au sein d'une cellule de crise dirigée par un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères.

Quand s'ouvre le roman, nous sommes déjà fin novembre, et l'enquête demeure au point mort. Tout ce que l'on a retrouvé, c'est une valise contenant leurs serviettes de plage et leurs maillots de bain dans un hôtel de Bodrum, en Turquie.
Le lecteur se fait pourtant rapidement une idée du projet qui a pu germer dans l'esprit de ces gamins. Scianna alterne en effet un point de vue extérieur, selon l'avancée de l'enquête, et la narration des événements depuis celui de l'un des jeunes garçons, Lorenzo. On comprend ainsi qu'ils ont été séduits par des vidéos de propagande djihadiste et qu'ils sont partis dans l'espoir de rejoindre un camp d'entraînement en Syrie, non sans avoir préalablement fait une étape prolongée sur l'île grecque de Kos...

Si la tournure que prennent les événements manque parfois de crédibilité - ce que j'avais déjà relevé dans le précédent roman de Scianna - cela ne m'a cette fois pas vraiment gênée et ne remet nullement en cause l'intérêt de ce roman que j'ai lu avec fébrilité et non sans un certain effroi.
Car tout l'intérêt du livre, me semble-t-il, réside dans le décalage entre la situation personnelle et l'environnement social plutôt protégés des garçons et la manière dont ils se montrent pourtant réceptifs à des messages allant à l'encontre de toutes les valeurs qui leur sont transmises. Leur petite virée balnéaire en dit d'ailleurs assez long sur leur incapacité à prendre la mesure de ce qui les attend, tandis que les parents sont à mille lieues d'imaginer, à quelque moment que ce soit, un tel scénario.

Si Scianna n'apporte pas à proprement parler d'explication à cet inquiétant phénomène, il a le mérite de l'interroger et de nous mettre en garde. Aussi difficilement concevable que cela puisse paraître, ces messages d'une parfaite maîtrise technique, esthétiquement soignés, voire teintés de lyrisme, prétendant valoriser un engagement total pour une cause et mettant en scène un sentiment d'appartenance à une communauté, peuvent susciter chez des jeunes gens en plein développement, n'ayant pas de vision claire de leur avenir et s'apprêtant à entrer dans une société dominée par un individualisme forcené, un véritable élan d'adhésion.
Il ne faudrait pas en minimiser la portée car il s'agit d'un fait avéré tant en Italie - comme en témoigne l'auteur dans une postface - qu'en France et sans doute ailleurs. A la lumière de telles situations, sonder le malaise ressenti par les plus jeunes et leur proposer un autre projet de société que "chacun pour soi" et "sois le meilleur" apparaît indispensable et urgent.

Lien : https://delphine-olympe.blog..
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Un court roman pour LE sujet d'actualité qui agite intellectuels, politiques et journalistes : le départ de jeunes européens pour la Syrie.
Il est difficile de parler de ce roman sans trop en dire. La construction est très habile. le narrateur principal est Lorenzo, l'un des 4 ados, qui n'a pas pu aller au bout du voyage. On fait des flash-back vers la période d'avant leur départ, leurs préparatifs. Et on suit les parents et les rebondissements de l'enquête sur leur fugue. On apprend et on comprend des choses, petit bout par petit bout, car Lorenzo ne dévoile rien, ou très peu. L'ambiance est très tendue et le malaise s'installe.
C'est un roman fort, je l'ai trouvé très juste. La conclusion m'a étonnée mais finalement, elle est très bien vue.
J'ajouterai que la couverture est très réussie, très révélatrice. (mars 2018)
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La banlieue milanaise. Cinq lycéens, leurs jeux vidéos, les filles, les bières et un avenir incertain. Simone, selon les désirs paternels, quitte l' Italie pour une école de prestige anglaise. Roberto a une petite amie. Nadine montre une vidéo d'évasion. Là-bas, les jeunes semblent souriants. Ils sont actifs et missionnés.Ils sont bien décidés à partir. Aux parents, on expliquera un voyage de trois semaines à Kos, en Grèce. Dans la mer Egée flottent les quatre puces téléphoniques. Celles qui relient au monde. On jette à l'eau sa vie d'avant pour là-bas. Turquie. Anatolie. Syrie.
Et le kaléidoscope stylistique de Giorgio Scianna, dénué de pathos entremêle l'absence et le silence pour dénouer l'enquête de cette génération désenchantée. L'effroi des parents face aux motivations insignifiantes.
" C'est mieux qu'un jeu vidéo, c'est comme un film, un film dont tu pourrais faire partie, et en plus, tu sais qu' ils cherchent des figurants." Une approche réaliste et sociologique où la sidération l'emporte.
Manquent à l'appel di Giorgio Scianna, traduit par Marianne Faurobert, Liana Levi.
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Quatre adolescents, quatre amis, partent en vacances d'été, mais un seul d'entre eux rentrera quelques mois plus tard.
Muré dans son mutisme, il cache leur secret, leur vrai projet, auquel lui, en fait, n'a pu participer.
Construit comme une enquête, les cases se mettent en place au fur et à mesure, pour laisser place à une réalité, de plus en plus fréquente autour du malaise d'une génération, et de sa fuite en avant….
Une solution grave, un vrai problème de société.
Le sujet est dur mais très bien traité, pas de pathos inutile, des faits bruts.
A lire, vraiment.
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critiques presse (2)
Lexpress
22 janvier 2018
La fugue de quatre lycéens milanais fascinés par Daech. Sujet de circonstance, approche réaliste et sensible.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Actualitte
17 janvier 2018
Le court roman de Giorgio Scianna (traduit par Marianne Faurobert) entre dans la catégorie des livres utiles, éveilleur de discussions et ouvert à un large public.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Nous n'avions pas idée du temps, des choses qui nous seraient arrivées d'ici à quelques heures, nous pouvions dire demain, dans un mois ou dans dix ans. Le futur était une dimension sans repaire des jours, un point valait l'autre.
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J’ai continué à fixer le sentier, je ne sais pas pourquoi, peut-être qu’à un moment, j’ai pensé qu’ils reviendraient me chercher. Mais personne n’est venu. J’etais resté au seuil de la caverne, comme l’enfant boiteux du joueur de flûte de Hamelin.
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Une histoire poignante, celle de quatre lycéens amis qui partent en vacances en Grèce mais ne rentrent pas. Dans leur classe, quatre places vides au fond de la salle. L'un des jeunes finira par rentrer chez lui, méconnaissable, le regard vide, ne prononçant pas un mot pendant des jours. On assiste au désarroi des familles, aux efforts déployés pour retrouver les jeunes, à l'incompréhension des adultes face à cette décision prise par les ados de rejoindre daesch. Un roman qui donne à réfléchir, une plongée intéressante dans l'univers des ados. Un auteur à suivre.
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Il y a une seule façon de voir mes amis mais je ne veux pas y penser, tout est changé depuis que nous nous sommes promis cette chose. Et de toute façon ce n'est pas encore le moment. Pas encore.
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Je n'aurais pas supporté cet espace vide à côté de moi, l'idée je pouvais la supporter mais pas la vue.
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Videos de Giorgio Scianna (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Giorgio Scianna
Giorgio Scianna - On inventera bien quelque chose .Giorgio Scianna vous présente son ouvrage "On inventera bien quelque chose" aux éditions Liana Levi à l'occasion de L'Escale du Livre 2016 à Bordeaux. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/scianna-giorgio-inventera-bien-quelque-chose-9782867467998.html Notes de musique : Copyright Mollat Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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