AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

Jacques de Pressac (Traducteur)
EAN : 9782207258293
160 pages
Denoël (18/06/2009)
3.96/5   56 notes
Résumé :
Ce vertigineux polar livre un point de vue implacable sur la société sicilienne et ses impasses.
Sciascia y reprend un thème qui lui est cher : démystifier l'organisation criminelle, son prétendu code d'honneur et sa noblesse, pour la montrer sous son vrai jour, celui d'un réseau crapuleux et violent. Roman noir s'il en est, A chacun son dû est une charge féroce contre les trois intouchables qui asphyxient la société sicilienne des années 60 : la mafia, la bo... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
3,96

sur 56 notes
5
3 avis
4
9 avis
3
1 avis
2
0 avis
1
0 avis

Unhomosapiens
  01 janvier 2023
J'ai peu lu finalement, les grands auteurs italiens. de Sciascia, j'avais bien aimé les nouvelles de « La mer couleur de vin ». J'avais beaucoup apprécié les adaptations cinéma de ses romans par Francesco Rosi ou Elio Petri. Mais « A chacun son dû » restait une découverte tant littéraire que cinéma. J'ai tout de suite été plongé dans les turpitudes des habitants d'un village de Sicile. Imaginant parfaitement Gian Maria Volonté dans le rôle principal. Sous la forme d'une intrigue policière, l'auteur nous montre les dévoiements, la méchanceté, les rancunes tenaces des notables du village mais également de toute la classe politique italienne de droite comme de gauche, au vu et au su de tout le monde. L'Église et la maffia viennent s'y superposer. On n'a aucune difficulté à s'identifier au pauvre professeur Laurana qui essai de mener sa propre enquête personnelle. Sciascia dénonce, sous un style ironique et cynique plus qu'humoristique toute cette gabegie. Pour moi cette intrigue, bien que située dans le contexte des années 60, trouve certainement un écho dans la politique italienne actuelle et reste donc parfaitement d'actualité. A redécouvrir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          295
lehibook
  23 septembre 2022
Une petite ville sicilienne dans les années 60 . le pharmacien montre à ses amis une lettre anonyme le menaçant de mort. Tous , et lui-même ,considèrent qu'il s'agit d'une mauvaise farce . Mais quelques temps plus tard il est abattu en compagnie du Docteur Roscio . le double meurtre est l'objet principal des conversations mais l'enquête s'enlise. le timide professeur Laurana , ami des deux victimes , découvre , presque par hasard , des indices qui le mettent sur la piste de l'assassin et surtout du commanditaire . Mais la fréquentation des classiques littéraires et sa vie rangée ne le préparent pas vraiment à comprendre les rouages occultes (la sainte trilogie :bourgeoisie, Eglise et mafia) mis en jeu dans l'affaire et ne le protègent pas du charme vénéneux d'une trop belle veuve et d'un trop puissant suspect. Sous des apparences de roman policier c'est un passage au scanner des arcanes de la société sicilienne que nous livre Sciascia , avec cruauté et humour noir.
Commenter  J’apprécie          90
FolioPhil
  19 mars 2022
Connaître l'âme de la Sicile et de l'Italie, son Histoire et ses traditions, comprendre sa langue, sa culture (ses écrivains : MORAVIA et PIRANDELLO sont évoqués), sa politique, l'Economie du pays et ses lois est indispensable pour adhérer à ce texte. Assimiler et adopter au premier abord ce roman - en fait, bien plus qu'un simple roman policier - me parait très difficile et pour oser une argumentation constructive, il faut être un expert, connaître Leonardo SCIASCIA et ses origines.
Toutes considérations mises à part et pour ne présenter qu'une brève définition, À CHACUN SON DÛ est sans nul doute une des oeuvres majeures de la littérature (policière) italienne. ''Policière'', entre parenthèses, car la ''matière policière'' est ici prétexte à un genre littéraire bien particulier, nourri de réflexions sur la société, sur la politique, sur la littérature... construit en roman policier. A mon sens inclassable et insaisissable, à la fois roman, documentaire, scènes réunies pour matière à pièce de théâtre ou donc réflexions d'essai, le lecteur est impliqué (pour la partie visible de l'iceberg) dans les rouages d'une enquête très complexe menée finement par le professeur LAURANA, au destin prévisible. Un roman policier, mais pas uniquement.
Etudes et documentations complémentaires sont donc toutes indiquées pour un approfondissement et relecture(s). Un livre à analyser et à étudier. Pour avertir les autres lecteurs : ce serait donc une erreur de considérer ce roman comme un simple ''polar'' pour le plaisir de se distraire.
Pour une découverte de l'auteur : peut-être existe-t-il un oeuvre plus simple pour les premiers pas.
Pas de déception cependant, mais toujours la curiosité de lire et de découvrir encore.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
BVIALLET
  28 septembre 2018
Dans une petite ville de Sicile, Manno, pharmacien de bonne réputation reçoit une lettre anonyme fort inquiétante. Ne se connaissant pas d'ennemis et pensant n'avoir rien à se reprocher, il croit à une plaisanterie de mauvais goût. Mais quelque temps plus tard, au cours d'une partie de chasse, il est assassiné ainsi que son partenaire, le bon docteur Roscio. Craignant que l'enquête ne mène à rien, Laurana, professeur de son état et grand ami du docteur, décide de rechercher le coupable. Il fait alors quelques découvertes étonnantes sur la vie privée des deux notables et n'est pas loin de confondre le coupable du double meurtre. Mais rien ne se passe comme prévu.
« À chacun son dû » est plus une parodie de roman policier qu'un authentique « whodonit » style Agatha Christie. Sciascia se sert du motif criminel pour nous dépeindre une société sicilienne d'après-guerre gangrénée par les diverses mafias et apparemment encore nostalgique de l'époque mussolinienne. Sa plume est acérée et son esprit sarcastique a quelque chose de Simenon bien que lui-même soit plus influencé par Pirandello, auteur auquel il semble vouer une grande admiration, au point d'en imiter le style et même de mettre en scène le maître par le biais d'un personnage secondaire, Don Luigi. Ce dernier a même le tout dernier mot : « C'était un crétin ! » en parlant du pauvre Laurana. Humour et désenchantement sont au rendez-vous. Un bon moment de divertissement.
Lien : http://www.bernardviallet.fr
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
mireille.lefustec
  01 janvier 2016
A ciascuno il suo 1966
Au cours de l'été 1964, le pharmacien Manno reçoit une lettre anonyme le menaçant de mort.
Ses compagnons le rassurent : c'est une mauvaise plaisanterie.
D'autant plus qu'on ne lui connaît pas de défauts ou de faute passée.
Mais l'ouverture de la chasse laisse trois morts: lui, le médecin, son ami, et son chien.
L'auteur utilise le suspense pour "mettre en évidence la dure réalité sociale dans laquelle vivent les personnages du roman."
les habitants, bien que connaissant les causes de l'homicide et les responsables, restent dans une attitude d'omerta et regardent sans s'y opposer ce système qui les oppresse.
Seul le professeur Laurena, intègre, naïf, relève un détail notoire et voudrait découvrir le coupable.
Ne lisant pas les quatrièmes de couverture, je n'ai pas ressenti tout de suite la gravité de la situation.
Pourtant, ayant déjà lu des ouvrages de Sciascia et ses dénonciations de l'emprise mafieuse, j'aurais dû me douter qu'il ne s'agissait pas d'une narration de pur divertissement. Car c'est bien ici le roman de l'obscure Sicile, de l'omerta, de l'oppression humiliante de qui détient le pouvoir : l'Eglise, la mafia, la bourgeoisie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60

Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   14 avril 2013
— « (…) Mais vous, allons donc : en quoi êtes-vous mêlée à cela ?
— En quoi ? Vous n'avez pas entendu les horreurs qui ont été répandues ?
— Commérages, dit la vieille Mme Laurana, commérages qu'aucune personne un peu douée d'esprit de charité et de bon sens ne peut prendre en considération. » Et comme elle-même ne brillait pas excessivement par son esprit de charité : « Mais feu votre mari n'a jamais éveillé vos soupçons … ?
— Jamais, madame, jamais … On a mis dans la bouche de ma femme de chambre une histoire de scène de jalousie que j'aurais faite à mon mari, à propos de cette … De cette jeune fille en somme, la pauvre, qui venait à la pharmacie par nécessité … Et si vous saviez à quel point ma femme de chambre est stupide, à quel point elle est ignorante : elle tremble rien qu'à entendre parler de carabiniers … Ils lui ont fait dire ce qu'ils voulaient … Et ceux-là, les Roscio, les Rosello … Même notre saint homme d'archiprêtre, même lui … Ces gens-là se sont aussitôt mis à raconter que le docteur — paix aussi à son âme — était mort par la faute des vices de mon mari. Comme si nous ne nous connaissions pas tous, comme si nous ne savions pas ici ce qu'il en est de chacun, ce que chacun fait : s'il spécule, s'il vole, si … » Elle mit la main devant sa bouche, comme pour y retenir d'autres réflexions plus cuisantes. Puis avec une malignité calculée elle soupira : « Ce pauvre docteur Roscio, dans quelle famille avait-il été se nicher !
— Mais il ne me semble pas …, commença Laurana.
— Nous nous connaissons tous, croyez-moi, l'interrompit Mme Manno. Vous, on le sait, vous ne vous occupez que de vos études, de vos livres …, dit-elle avec un certain mépris. Vous n'avez pas le temps de vous occuper de certaines choses, de voir certaines choses ; mais nous, ajouta-t-elle en s'adressant d'un air entendu à la vieille Mme Laurana, nous, nous savons …
— Eh oui, nous savons, admit la vieille dame. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
deuxquatredeuxdeuxquatredeux   05 février 2015
Qu'un crime s'offre aux enquêteurs comme un tableau où les éléments matériels et, pour ainsi dire, stylistiques consentent, s'ils sont finement repérés et correctement analysés, à une parfaite distribution des rôles, c'est la règle dans tous ces romans policiers dont s'abreuve une bonne partie de l'humanité. Mais dans la réalité il en va autrement : les coefficients d'erreur et d'impunité sont levés non pas (ou pas seulement, pou pas toujours) à cause de l'intelligence un peu faible des enquêteurs, mais parce que les indices fournis par le crime lui-même, sont d'ordinaire tout à fait insuffisants. Dans un crime, s'entend, commis et organisé par des gens qui font tout pour contribuer au maintien d'un haut coefficient d'impunité.
Les éléments qui conduisent à résoudre le problème d'un crime présentant un caractère de mystère ou de gratuité sont la confidence qu'on peut qualifier de professionnelle, la délation anonyme, le hasard. Et un peu, un peu seulement, la subtilité des enquêteurs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
elcdelcd   11 octobre 2019
À un âge comme le mien, ceux qui ont la fortune d'y arriver sont disposés à croire que la mort est un acte de volonté ; un petit acte de volonté dans mon cas : le moment viendra où je serai excédé d'entendre la voix de ce bonhomme, ajouta-t-il en montrant le tourne-disque, et le bruit de la ville, la femme de chambre qui depuis six mois chante une scie où il est question d'un visage et d'une larme, et ma bru qui, depuis dix ans chaque matin, s'informe de ma santé dans l'espoir à peine voilé d'apprendre que je suis enfin au bout du rouleau. Je déciderai de mourir, comme on raccroche le téléphone quand à l'autre bout du fil il y a un fâcheux ou un crétin...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
UnhomosapiensUnhomosapiens   01 janvier 2023
Sans doute y a-t-il des cas où les innocents se comportent en coupables et courent ainsi à leur perte ; on peut même dire que presque tous les Italiens ont tendance à se comporter en coupables quand ils se trouvent sous le regard du gendarme ou du juge.
Commenter  J’apprécie          70
deuxquatredeuxdeuxquatredeux   05 février 2015
- Vous ne sortez jamais de chez vous?
- Jamais, depuis pas mal d'années.. A un certain moment de ma vie, j'ai fait des calculs précis : si je sors de chez moi pour trouver la compagnie d'une personne intelligente, d'une personne honnête, je m'expose, en moyenne, à rencontrer douze canailles et sept imbéciles qui sont à, tout prêts à me faire connaitre leurs opinions sur l'humanité, sur le gouvernement, sur l'administration communale, sur Moravia... Vous croyez que cela en vaut la peine?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

Videos de Leonardo Sciascia (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Leonardo Sciascia
Le 1.10.2022, Hubert Prolongeau présentait “Actes relatifs à la mort de Raymond Roussel” de Leonardo Sciascia dans “Mauvais Genres” (France Culture).
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Romans, contes, nouvelles (653)
autres livres classés : Sicile (Italie)Voir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus





Quiz Voir plus

Grandes oeuvres littéraires italiennes

Ce roman de Dino Buzzati traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec, sur fond d'un vieux fort militaire isolé à la frontière du « Royaume » et de « l'État du Nord ».

Si c'est un homme
Le mépris
Le désert des Tartares
Six personnages en quête d'auteur
La peau
Le prince
Gomorra
La divine comédie
Décaméron
Le Nom de la rose

10 questions
724 lecteurs ont répondu
Thèmes : italie , littérature italienneCréer un quiz sur ce livre