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Mario Fusco (Collaborateur)Claude Ambroise (Autre)Juliette Bertrand (Autre)
ISBN : 2080704613
Éditeur : Flammarion (07/01/1993)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 75 notes)
Résumé :

" La mafia est une association criminelle ayant pour fin l'enrichissement de ses membres, qui se pose en intermédiaire parasite, et s'impose par la violence, entre la propriété et le travail, la production et la consommation, le citoyen et l'Etat... J'ai cherché à comprendre ce qui faisait que quelqu'un était mafioso.C'est le sens de mon livre et, tout compte fait, je crois que c'est un bon livre, même si je le déte... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
krzysvanco
  21 juin 2019
Lu en V.O.
C'è livre écrit au début des années cinquante se présente comme un roman policier, tout y est : un assassinat, un tueur, un enquêteur qui essaie de résoudre l'affaire.
Mais c'est surtout une dénonciation frontale du pouvoir de la mafia dont l'existence à l'époque était largement niée.
Nous suivons l'enquête menée par un capitaine originaire de Parme. Dès les premiers instants, la fameuse omertà, la loi du silence, se met en place : la victime a été tuée alors qu'elle montait dans un bus rempli de passagers mais plutôt que de devoir témoigner, tous les occupants quittent le bus avant l'arrivée des autorités, et conducteur et contrôleur ne se rappellent de rien..
Est dénoncé évidemment la violence s'appliquant à tous ceux qui ne respectent pas les règles de la mafia , ses tentatives pour intimider tout témoin et la collusion de l'organisation avec certains politiciens.
Le style est fluide et sans fioritures.
Le roman eut un retentissement énorme en Italie, et a réveillé les consciences sur ce fléau hélas encore bien actuel aujourd'hui.
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Aaliz
  18 décembre 2011
« Moi, en ce qui concerne l'observance de la bonne règle qui consiste à faire court également un récit, je ne puis dire que le temps m'ait manqué ; j'ai mis toute une année de travail, d'un été à l'autre pour raccourcir ce récit : non pas une année d'un travail intense, évidemment, mais en marge d'autres travaux et de préoccupations d'un ordre bien différent. le résultat auquel ce travail de coupure tendait à arriver, bien plutôt qu'à donner de la mesure, de la concentration et du rythme à mon récit, c'était de parer les révoltes éventuelles de ceux qui eussent pu se considérer plus ou moins directement atteints par mon récit. On n'ignore pas qu'en Italie il ne faut pas jouer avec le feu ; qu'on imagine ce qu'il en est quand on ne désire pas jouer, mais parler sérieusement. Les Etats-Unis peuvent présenter dans leurs récits et dans leurs films des généraux imbéciles, des juges corrompus et des policiers canailles. L'Angleterre aussi, la France aussi (tout au moins jusqu'à aujourd'hui), la Suède aussi et ainsi de suite. L'Italie n'en a jamais présentés, n'en présente pas, n'en présentera jamais.[…] Je ne me sens pas l'héroïsme de défier, de propos délibéré, des imputations de diffamation et d'outrage au gouvernement. C'est pourquoi, lorsque je me suis aperçu que mon imagination ne tenait pas suffisamment compte des limites imposées par les lois et, plus encore que par les lois, par la susceptibilité de ceux qui sont chargés de faire respecter ces lois, j'ai commencé à supprimer, supprimer, supprimer.
[…]
Inutile de dire qu'il n'existe pas, dans ce récit, de personnage ou de fait ayant une correspondance autre que fortuite avec des personnes existantes ou des faits qui se sont réellement produits. »
Mon avis :
J'aurais pu vous présenter la 4ème de couverture comme je le fais d'habitude ou encore vous faire un bref résumé « maison » comme ça m'arrive parfois mais cette fois-ci j'ai choisi de vous recopier partiellement la note écrite par l'auteur que j'ai trouvée à la fin de mon exemplaire du Jour de la chouette de Leonardo Sciascia. J'ai pensé, qu'en plus d'éveiller la curiosité, elle représentait assez bien le ton et l'ambiance du récit de Sciascia.
Car dans ce récit, Sciascia s'attaque à un des fléaux de l'Italie, à un sujet « tabou », vous l'aurez compris, il s'agit de la mafia.
Le Jour de la chouette se présente comme un roman policier, nous avons des assassinats, des témoins, des enquêteurs et des suspects. Ne vous attendez pas à un roman à suspense ou à la construction traditionnelle dans le style d'Agatha Christie. Non rien de tout ça ici.
La construction du texte se fait cinématographique, il n'y a pas de chapitres mais plusieurs séquences séparées par un blanc. Les séquences nous présentent chacune une scène, tantôt une scène d'interrogatoire, tantôt un dialogue entre deux mystérieux interlocuteurs dont on ignore les noms mais dont on devine au fur et à mesure de la conversation le statut social et la fonction.
Le tout est très court et se lit en quelques heures à peine, comme un film.
Le récit s'ouvre sur la première scène, celle d'un assassinat où Sciascia met en lumière une des caractéristiques de l' « état » mafieux : l'omerta, autrement dit la loi du silence. On a des témoins mais ils n'ont rien vu, rien entendu, ne connaissent personne et ne savent rien. C'est sur cette base fragile que le capitaine Bellodi va devoir mener son enquête.
L'action se situe en Sicile, le capitaine Bellodi est de l'Italie du Nord et ne connaît donc pas les « coutumes » locales et surtout ne compte pas s'y plier. Il va donc faire son travail consciencieusement avec tout le zèle nécessaire et fera grincer des dents.
Sciascia se serait inspiré d'un véritable enquêteur pour créer le personnage de Bellodi et se serait basé sur un livre écrit par cet enquêteur, un livre entièrement consacré à la mafia.
Vous aurez donc dans ce roman un aperçu des procédés mafieux, de la véritable toile d'araignée qu'est la mafia de la base aux plus hautes strates du gouvernement. Et vous verrez à quel point il est difficile de la faire tomber surtout lorsque même le gouvernement nie son existence (et on comprend pourquoi …)
Grâce à ce livre, j'ai notamment appris l'existence et le rôle qu'a joué un préfet très connu en Sicile pour son action : le préfet Mori surnommé le préfet de fer, envoyé par Mussolini pour porter un coup fatal et faire cesser les agissements de la mafia. Mori a eu les pleins pouvoirs pour son opération ( les moyens extrêmes employés par ce dernier transparaissent d'ailleurs à travers certains des propos que Sciascia met dans la bouche de ses personnages) et a bien failli réussir. Et on comprend ainsi pourquoi la Sicile s'est massivement pliée au fascisme.
Un conseil si vous choisissez de lire ce récit et si vous prenez la même édition que moi : ne lisez surtout pas l'introduction d'abord, elle en dit beaucoup trop et surtout donne des clés de compréhension. Mieux vaut donc la garder pour la fin.
Jusqu'à la fin, Sciascia nous livre là un récit assez politique et surtout réaliste, tellement réaliste qu'on pourrait le croire tiré d'une histoire vraie (peut-être ?) et j'ai d'ailleurs du mal à parler de ce livre comme d'un roman.
Mais le mieux est que vous jugiez par vous-même.


Lien : http://booksandfruits.over-b..
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patrick75
  12 mars 2012
Un petit livre sur la Mafia ( qui comme chacun sait dans les hautes sphères de la politique Italienne : n'existe pas ! ).
L'auteur nous montre les difficultés auxquelles est confronté un capitaine des carabiniers dans son enquête après un assassinat .
L'omerta ( loi du silence ) est ancré dans la culture sicilienne .Leurs méfiance vis à vis des continentaux et de tout ce qui vient de Rome rajoute aux difficultés .
Je ne sais pas quand ce livre à été écrit ( il semble " daté").Depuis les assassinats des juges Falcone et Borsellino et le départ en retraite de l'inamovible président de la démocratie-chrétienne : Giulio Andreotti , les "choses" semble avoir quelques peu évolués .
La Mafia ( qui n'existe toujours pas ! ) est -elle réellement touchée ?
Fait-elle le " dos rond" en attendant des jours meilleurs ?
Déjà des rumeurs sous-entendent des liens entre Berlusconi et la Mafia qui n'existe pas...
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jfponge
  31 mars 2018
Quelque part en Sicile, dans les années 1950. Un homme en costume sombre est abattu de deux coups de fusil alors qu'il s'apprêtait à monter dans un car plein de voyageurs, juste à côté de l'étal d'un marchand de beignets. De nombreux témoins, donc. Hélas, lorsque les carabiniers arrivent, le car s'est vidé comme par enchantement de ses voyageurs, le receveur n'a rien vu et le marchand de beignets n'a même pas entendu de coups de feu. Ambiance typiquement sicilienne, en ces temps où la mafia renaissait de ses cendres pour imposer sa loi après la défaite du fascisme. Dans un style condensé mais d'une précision diabolique, Leonardo Sciascia décrit par le menu le processus par lequel le capitaine en charge de l'enquête, à force de ruse et une bonne dose de ténacité, va parvenir à reconstituer le fil des événements et établir la liste des coupables, au grand dam de sa hiérarchie. Un roman magistral, remarquablement traduit, qui utilise la force d'une intrigue policière au profit d'une dénonciation de la corruption et de la terreur dans laquelle n'a cessé de vivre le peuple sicilien.
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hazzunah
  01 mars 2019
Ce livre s'ouvre sur un coup de feu : c'est l'aube, dans un village sicilien et un homme vient tout juste d'être assassiné alors qu'il allait monter dans un autocar. Lorsque le capitaine Bellodi arrive sur les lieux du crime, il n'y a plus de voyageurs sur les lieux et les témoins n'ont rien vu ni rien entendu. Déjà, la loi du silence règne et l'on comprend que son enquête ne sera pas si facile à mener.
Le Jour de la Chouette est en effet construit comme un roman policier. Pendant 200 pages, Bellodi s'évertuera à démêler les noeuds d'une toile d'araignée tissée par une mafia toute puissante. Des habitants du village aux plus hauts dirigeants véreux du gouvernement, tout le monde nie l'existence de celle qui agit dans la nuit, animal nocturne et silencieux, aux yeux perçants.
J'ai beaucoup aimé ce livre... Je ne sais pas si j'ai une morale un peu douteuse (😂) mais je suis fascinée par la mafia depuis toute petite. J'ai donc adoré cette ambiance sicilienne, la plume très ironique de Sciascia, et ses personnages qui mentent effrontément au pauvre capitaine Bellodi, qui, malgré tout, avoue à la fin du roman aimer la Sicile, même si elle finira par lui "briser la tête".
En très peu de mots, Sciascia a brillamment réussi à écrire la mafia... Celle qui n'existe pas. ;)
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Pirouette0001Pirouette0001   20 février 2014
(…) e quella che diciamo umanità, e ci riempiamo la bocca a dire umanità, bella parola piena di vento, la divido in cinque categorie: gli uomini, i mezz'uomini, gli ominicchi, i ( con rispetto parlando) pigliainculo e i quaquaraquà ...Pochissimi gli uomini, i mezz'uomini pochi, ché mi contenterei l'umanità si fermasse ai mezz'uomini ...E invece no, scende ancora più giù: agli ominicchi: che sono come i bambini che si credono grandi, scimmie che fanno le stesse mosse dei grandi ...E ancora più in giù: i pigliainculo, che vanno diventando un esercito ...E infine i quaquaraquà, che dovrebbero vivere come le anatre nelle pozzanghere, ché la loro vita non ha più senso e più espressione di quella delle anatre...
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jmlire92jmlire92   24 janvier 2018
- Certains de vos amis disent que vous êtes extrêmement pieux...

  - Je vais à l'église. J'envoie de l'argent aux orphelinats...

  - Vous croyez que cela suffit ?

  - Certainement que cela suffit. L'église est assez grande pour que chacun puisse s'y tenir à sa façon.

-Vous n'avez jamais lu l’Évangile ?

  - Je l'entends lire tous les dimanches.

  - Que vous en semble ?

  - Ce sont de belles paroles. L’Église est une belle chose.

  - Je vois que, pour vous, la beauté n'a rien à faire avec la vérité.

  - La vérité est au fonds d'un puits. Vous regardez dans un puits : vous y voyez le soleil ou la lune. Mais si vous vous jetez dans le puits, il n'y a plus ni soleil ni lune ; il y a la vérité..."

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Anthony_CoppolaAnthony_Coppola   05 juin 2014
J'ai une certaine expérience du monde ; ce que nous appelons l'humanité -- et nous en avons plein la bouche quand nous disons l'humanité qui est un beau mot plein de vent -- je la divise en cinq catégories : les hommes, les moitiés d'homme, les homuncules, les culs-bottés (sauf votre respect) et les coin-coin. Il y a très peu d'hommes, et pas beaucoup de moitiés d'homme ; ce serait bien beau si l'humanité s’arrêtait là, aux moitiés d'homme ; mais non, elle descend plus bas, aux homuncules, qui sont comme les enfants qui se croient grands, des singes qui imitent les gestes des hommes... Encore, plus bas, les culs-bottés qui sont en train de devenir une armée... Enfin les coin-coin, qui devraient vivre dans les mares comme les canards parce que leurs vie n'a pas plus de sens ni plus d'expressions que celle des canards.
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krzysvancokrzysvanco   26 mars 2019
Le receveur jura. C’était un blasphémateur célèbre parmi les voyageurs de cette ligne : un blasphémateur inspiré ; on l’avait déjà menacé de le congédier, car il était tellement endurci dans son vice qu’il ne tenait pas du tout compte de la présence de prêtres ou de religieuses dans son autobus. Il était de la province de Syracuse et n’avait donc pas beaucoup d.expérience en fait d’assassinats ; c’est une province stupide que la province de Syracuse ; aussi n’en jurait-Il qu’avec plus de fureur.
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ManonRealManonReal   30 janvier 2018
"Mettons tout de même les choses sur un autre plan. Un procès a-t-il jamais révélé qu'il existe une association criminelle appelée mafia, à laquelle on puisse attribuer en toute certitude la commande et l'exécution d'un crime ? A-t-on jamais trouvé un document, un témoignage, une preuve quelconque établissant un rapport certain entre un fait criminel et ce qu'on appelle la mafia ? Si ce rapport n'existe pas, et en admettant que la mafia existe, moi je peux vous le dire : c'est une société de secours mutuels secrets, au même titre que la franc-maçonnerie. Pourquoi n'attribuez-vous pas certains crimes à la franc-maçonnerie ? Il y a tout autant de preuves que la franc-maçonnerie se livre à des actes criminels qu'il y en a contre la mafia…"
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