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Mario Fusco (Traducteur)
ISBN : 2213027331
Éditeur : Fayard (11/05/1991)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Une histoire simple, c'est une histoire très compliquée, un polar sicilien sur arrière-plan de mafia et de drogue. Et pourtant - et c'est là un tour de force - jamais l'auteur ne se trouve contraint d'utiliser l'un ou l'autre de ces deux mots. Tout commence par un coup de fil à la police, un message interrompu, un apparent suicide. Et aussitôt, comme si nous assistions à la croissance accélérée d'une fleur, l'histoire se développe, se dilate, s'embrouille, sans mêm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
lelivredapres
  16 septembre 2014
Où simplicité et complexité se mêlent….
"Una storia semplice" , de Leonardo Sciascia, est un roman policier qui se déroule en Sicile. La veille de la Saint-Joseph, le commissariat de police de Monterosso reçoit un appel téléphonique de la part de Giorgio Roccella, qui demande à parler au préfet de police ou au commissaire. C'est finalement un brigadier qui prend l'appel et promet de passer le lendemain voir ce que l'homme a trouvé chez lui, une « chose » dit-il, qu'il veut montrer à la police.
En arrivant sur les lieux le lendemain, le brigadier découvre le cadavre de Giorgio Roccella. Il pense aussitôt à un assassinat, tandis que le préfet, sûr de lui, conclut aussitôt à un suicide. Mais en quelques pages, tout bascule. Un nouvel événement vient s'ajouter au meurtre, puis d'autres éléments apparaissent bientôt, et l'histoire ne se révèle finalement pas si simple que le commissaire le laissait entendre… et pour cause ! On comprend vite que ce dernier a menti, ce qui lui sera d'ailleurs fatal.
La quatrième de couverture le souligne : « Une histoire simple, c'est une histoire très compliquée, un polar sicilien sur arrière-plan de mafia et de drogue ». En effet, il s'agit d'un un récit policier très court, mais très dense, dans lequel s'illustre toute la virtuosité de Sciascia. En si peu de pages, soixante-sept au total, tout est dit. Ou plutôt, tout y est : la corruption et la mafia, la rivalité entre policiers et carabiniers, le mépris de supérieurs diplômés envers leurs subordonnés, la loi du silence, et la lâcheté qui conduit à préférer une histoire simple à la réalité. Car pas une seule fois, l'auteur n'écrit les mots mafia, drogue, corruption, omertà…
"Una storia semplice" peut aujourd'hui être considéré comme un classique de la littérature italienne ; il est d'ailleurs étudié à l'école en Italie. Publié il y a environ vingt-cinq ans, peu après la mort de Leonardo Sciascia, ce récit se fonde sur l'observation d'une Sicile minée par la mafia et résignée à son sort. La réalité est un peu différente aujourd'hui, après le travail effectué par les juges anti-mafia à partir des années quatre-vingt-dix. La société sicilienne a en effet évolué et si la mafia est toujours fortement implantée en Sicile, elle se heurte maintenant à des oppositions, certains n'hésitant pas à parler ouvertement et à refuser de lui obéir aveuglément.
"Una storia semplice" est traduit en français par Mario Fusco , mais si vous désirez le lire en italien, ce n'est pas un texte difficile malgré ça et là, quelques construction de phrases assez complexes. le langage utilisé est simple et l'auteur ne recourt jamais au dialecte sicilien. Mais le récit a l'avantage d'être très court, ce qui est l'occasion de découvrir, dans le texte, un grand auteur italien.
Una storia semplice, Leonardo Sciascia, Piccola Biblioteca 238, Adelphi, Milano, 1989, 67 p.
Une histoire simple, Leonardo Sciascia, traduit de l'italien par Mario Fusco, Fayard, Paris, 1992, 76p. Ou aux Editions 10/18, Paris , 2004, 87p.
Lien : http://lelivredapres.wordpre..
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pleasantf
  28 avril 2019
Dans les premières pages de son récit, au moment où le brigadier doit rédiger son rapport suite à la découverte du cadavre de Roccella, Leonardo Sciascia fait un commentaire sur le rapport de son personnage avec l'écriture. L'imparfaite maîtrise de la langue italienne oblige à une sélectivité et à une concentration sur l'essentiel, ce qui donne une écriture chargée de sens et très aiguisée. Cela s'applique parfaitement à cette Histoire Simple. En seulement 70 pages, Sciascia dresse un tableau glaçant de la société sicilienne engluée dans la toile d'araignée tissée par la Mafia. Il le fait pourtant sans aucune emphase, sur un ton presque léger.
C'est effrayant. Les pouvoirs policier, judiciaire et spirituel sont corrompus. L'élite intellectuelle est en exil ou se tait, paralysée par la peur. La société est recouverte d'un voile d'illusion et de faux-semblants, même dans les petits détails comme le fait de laisser la lumière du commissariat allumée le soir pour faire croire aux habitants que la police veille sur eux. Le personnage du brigadier qui cherche la vérité avec la perspicacité et le bon sens de son origine paysanne finit par introduire un minimum de justice dans cette histoire mais il le fait seul et autant pour sauver sa peau que pour suivre son idéal. La fin du récit est bien pessimiste car cette justice rendue par et sur un individu est présentée à l'extérieur comme un accident et n'affecte pas le moins du monde le système mafieux.
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jovidalens
  22 août 2014
Quel auteur !
En quelques pages il trousse un mini roman policier, qui démasque, démasque avec sarcasme et tendresse cette société sicilienne et la Mafia insérée partout.
Et puis, publié peu après sa mort, "Une Histoire Simple" c'est aussi, mis dans la bouche d'un vieux professeur qui vient de perdre son meilleur ami, une toute petite phrase qui en dit tant : "à un certain point de la vie, ce n'est pas l'espoir qui est le dernier à mourir, mais la mort qui est le dernier espoir."
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JeanLouisBOIS
  01 mai 2014
Le dernier roman de Leonardo Sciascia, Une Histoire simple est très court et peu être qualifié sans difficulté de nouvelle. Malgré sa brièveté, ce récit (comme l'indique à tort à mon avis la couverture) est riche de plusieurs aspects: un aspect policier, somme toute relativement conventionnel même s'il structure parfaitement le livre et maintient l'intérêt de la lecture, plus profondément, se laisse découvrir un aspect dénonçant les dysfonctionnements, petits et grands, mais toujours flagrants de la société italienne et surtout de ses institutions et enfin de façon plus épisodique mais non moins présent, un aspect humain et individuel des citoyens plus ou moins lacérés par ce système et qui cherchent des solutions pour s'y adapter à défaut de pouvoir le corriger.
L'ensemble en moins de 70 pages et avec un humour qui permet de se familiariser avec le fonctionnement d'une société si proche de la notre et pourtant si différente:Bravo l'artiste!!
Lien : http://www.lecture-ecriture...
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mireille.lefustec
  31 mai 2012
"Face à la prolifération des faits,non seulement nous,lecteurs,mais aussi l'unique personnage qui, dans le roman,recherche la vérité,-un brigadier-,nous sommes conduits à faire agir nos réflexes dans un temps minime, un temps qui peut se réduire ,comme en une mémorable scène du roman,à une fraction de seconde.
C'est peut-être cela,ce risque extrême concédé à celui qui veut "encore une fois sonder scrupuleusement les possibilités qui peut-être restent encore à la justice."
traduit de la 4ème de couverture.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
jovidalensjovidalens   22 août 2014
...le brigadier commença à faire son travail d'observation, en fonction du rapport écrit qu'il lui faudrait faire ensuite : tâche toujours plutôt ingrate, car ses années d'école et ses rares lectures ne suffisaient pas à le mettre en confiance avec l'italien. Mais, curieusement, le fait de devoir écrire à propos des choses qu'il voyait, la préoccupation, presque l'angoisse, cela donnait à son esprit une capacité de sélection, de choix, un caractère essentiel grâce à quoi ce qui demeurait par la suite dans les filets de l'écriture finissait par être sensé et aigu. C'est peut être ce qui caractérise les écrivains du sud, en particulier les siciliens : malgré le lycée, l'université et toutes leurs lectures.
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NanneNanne   12 janvier 2011
L'homme avait commencé à écrire « J'ai trouvé » comme, à la préfecture, il avait dit avoir trouvé quelque chose qu'il ne s'attendait pas à trouver : et il était sur le point de se mettre à écrire ce qu'il avait trouvé, doutant désormais que la police arriverait et commençant peut-être, dans la solitude, dans le silence, à avoir peur. Mais on avait frappé à la porte. « La police », pensa-t-il ; et, au contraire, c'était l'assassin. Peut-être qu'il se présenta comme un policier ; et l'homme le fit entrer, retourna s'asseoir à son bureau, commença à raconter ce qu'il avait trouvé.
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brigetounbrigetoun   14 avril 2010
Il se proposa de revenir en arrière, à la préfecture. Mais, un moment après : "Et alors je vais encore me coller dans des ennuis, et plus graves encore ?"
En chantant, il reprit la route vers chez lui.
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jovidalensjovidalens   22 août 2014
... à un certain point de la vie, ce n'est pas l'espoir qui est le dernier à mourir, mais la mort qui est le dernier espoir.
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JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   01 mai 2014
L'éclairage vespéral et nocturne des bureaux de police étant tacitement prescrit afin de donner aux citoyens l'impression que, dans ces bureaux, on ne cessait de veiller à leur sécurité. (p.9).
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Videos de Leonardo Sciascia (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Leonardo Sciascia

Akadem - La Disparition de Majorana - Leonardo Sciascia.m4v
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