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EAN : 9782021049923
530 pages
Éditeur : Seuil (14/02/2013)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Depuis deux mille ans, les communautés d?une vaste région montagneuse d?Asie du Sud-Est refusent obstinément leur intégration à l?État. Zomia : c?est le nom de cette zone d?insoumission qui n?apparaît sur aucune carte, où les fugitifs ? environ 100 millions de personnes ? se sont réfugiés pour échapper au contrôle des gouvernements des plaines.Traités comme des « barbares » par les États qui cherchaient à les soumettre, ces peuples nomades ont mis en place des strat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
ATOS
  26 juin 2019
Ils sont des millions. Cent millions d'être humains. On les appelle le peuple des montagnes. Ils ont fui, fui le diktat des états-nations, fui des guerres, des famines, des discriminations, des exterminations, fui des lois, fui l'esclavage, l'impôt, le travail forcé. Ils sont des millions. Ils vivent en Asie du Sud Est. Birmanie, Bhoutan,Thaïlande, Laos, Vietnam, Cambodge, Chine...leur zone d'habitat traverse plusieurs états,. elle s'étend sur 2,5 millions de kilomètres carrés . Ils sont résistants par raison, par obligation, libres par nature , par culture.
La Zomia, voilà leur territoire. La canopée humaine. Ils représentent le plus incroyable échantillonnage de langues, de culture, de croyances, d'ethnies jamais réunis. Invisibles pour nous, inconnus de nous.
Notre civilisation nous apprend l'horizontalité du monde. Nous apprenons les cartes, les distances. le temps, l'altitude, la topographie des territoires peu à peu ont disparu de notre esprit, et cela forge l'âme de nombre de nos raisonnements et donc de nos comportements. Le temps s'efface. Nos comptons nos voyages au prix auquel nous les payons. Mais il fut un temps où le voyage se comptait en jours, en lunes, en saisons, en vallées. L'histoire des peuples se comprend également verticalement.
Ethnographie, géographie, politique, économie. Tout est lié.
C'est l'apprentissage d'une autre vision de notre monde que je retiendrai du livre de l'anthropologue James C. Scott, .
Cet apprentissage nous pousse à remettre en question notre vision, et toutes nos perceptives et projections qui en découlent. Pour peu qu'on se mette à réfléchir dans le sens inverse de qu'on nous montre et l'univers prend une autre dimension. Penser la verticalité du monde. Penser aux strates. Se questionner quant à l'intelligence des organisations humaines, et de la pertinence de nos organisations économiques.
Penser autrement l'idée d'état, de nation, de peuple, de culture, de développement, penser autrement « frontières », penser autrement « modernité ».
Apprendre que les états-nations se sont établis sur l'économie céréalière.
Mais il a existé et existe d'autres civilisations, celles qui ont précédé les civilisations céréalières . Comprendre que ce que l'on nomme état a toujours voulu lier la sédentarisation de l'humanité et la modernité, en omettant de préciser le plan économico-politique qui justifiait cette alliance.
Réaliser que cette sédentarisation ne s'est pas faite sans douleur. Mais à marche forcée. Il fallait des bras, ils fallait du riz, ailleurs du blé, il fallait compter les récoltes, compter les pairs de bras, compter… et soustraire. Et puis lever des armes, prendre des terres, remplir des greniers, prendre des rizières ou des champs. Faire état de chaque village.
La Zomia ne fut pas une zone temporaire. Deux mille ans d'histoire portent le destin de ces peuples. « Barbares », «  crus », « sauvages », …Le peuple des plaines n'est jamais avare de surnoms, ni de frontières. le peuple des plaines sait parfois reconnaître l'utilité de la Zomia, question de commerce, question de stratégie, ...et d'autres fois il n'a de cesse de vouloir l'intégrer, et si il ne le peut pas...il essaiera de le faire disparaître.
La civilisation se drape toujours dans sa blouse de grande éducatrice, d'émancipatrice….
L'état colonise le village des hommes. La Zomia tend à disparaître peu à peu ...les états progressent vers le sommet des montagnes. La progression ne cesse de s'accélérer.
Un auteur, l'histoire et des peuples. Un livre étonnant, qui chamboule et bouscule l'évidence de notre « modernité ».
Astrid Shriqui Garain


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ErnestLONDON
  14 octobre 2019
Par l'étude d'une vaste zone montagneuse du Sud-Est asiatique, James C. Scott déconstruit les conceptions traditionnelles sur le « primitivisme », leur opposant les notions de « non gouverné », « non encore incorporé ». le pastoralisme, le glanage, la culture itinérante et les systèmes de parenté fragmentés, formant une sorte d' « auto-barbarisation », ont ainsi permis un « évitement de l'État » à environ 100 millions de personnes pendant plus de deux mille ans.
(...)
Minutieusement, James C. Scott se réfère à une multitude d'études historiques et anthropologiques sur les populations de cet immense territoire, pour conforter son propos. Aussi cet essai est-il plus proche de la thèse universitaire que d'un ouvrage de vulgarisation, ce qui pourra rendre parfois sa lecture rebutante, mais cependant parfaitement accessible. Elle permettra d'approfondir dans toute leur complexité les relations des États-rizières avec les populations des collines qui les fuient et donnera une vision nouvelle, en creux, de l'histoire des civilisations.
Compte-rendu de lecture sur le blog :
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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ComptoirdelaMousson
  06 novembre 2020
Avec son livre Zomia ou l'art de ne pas être gouverné, l'auteur revient à son premier amour : l'Asie du Sud-Est. Paru en 1976, son tout premier ouvrage, The Moral Economy of the Peasant. Rebellion and Subsistence in Southeast Asia, mettait à jour l'économie et la sociologie des paysans vietnamiens, birmans et indonésiens. C'est une tout autre approche qu'emprunte désormais James C. Scott. Si la Zomia était une personne elle serait rebelle, à contre-courant de la civilisation, libre, nomade et d'une longévité sans égal. Mais la Zomiaest en réalité une approche topographique des derniers bastions de résistance à l'Etat-nation. Il s'agit d'une zone de 2,5 millions de kilomètres carrés qui s'étend des hautes vallées du Vietnam aux régions du nord-est de l'Inde. Elle englobe ainsi cinq pays du Sud-Est asiatique (le Vietnam, le Cambodge, le Laos, la Thaïlande et la Birmanie) et quatre provinces chinoises (le Yunnan, le Guizhou, le Guangxi et quelques parties du Sichuan). Même si un recensement précis est difficile, environ 100 millions de personnes peupleraient cette étendue, toutes appartenant à des groupes ethniques différents, tous aussi variés les uns que les autres. Ce morcèlement comprend un point d'unité majeur : une altitude supérieure à 300 mètres. le terme « Zomia » signifie « gens de la montagne » dans plusieurs langues tibéto-birmanes.

C'est cette particularité géographique, favorisant l'isolement, qui aurait façonné le particularisme ethnique de ces peuples des collines d'Asie du Sud-Est, explique James C. Scott. Face à l'instauration progressive de souverainetés nationales, ces ethnies ont mis en oeuvre un système de résistance à leur engloutissement dans ces États prédateurs. Ce qui pourrait être considéré comme des caractéristiques anthropologiques seraient en réalité des adaptations permettant aux ethnies de maintenir l'État à distance, leur évitant ainsi de devenir esclaves d'une suprématie étatique et d'une homogénéisation culturelle et sociale. le livre tire ses exemples des Karens, des Kachin, des Lahu, des Hmong et des Mien.

PAS DE RÉVOLTE DIRECTE
L'arme de résistance massive est le nomadisme. Capables de changements rapidement, les ethnies ont pu fuir et trouver refuge dans des zones à l'accès difficile, où les puissances dominatrices ne viendraient pas les réduire à l'esclavage et les accabler de charges fiscales. Plutôt que la révolte directe, ces tribus ont toujours préféré fuir et rechercher leur autonomie. L'agriculture sur brûlis, majoritairement pratiquée par ces groupes, est une pratique itinérante. Elle répond aux besoins d'autosuffisance d'un peuple et permet de s'adapter aux contraintes des sols qui composent ces hautes vallées. Elle contraste avec la riziculture irriguée mise en place par les États naissants à proximité de leur point d'ancrage afin de nourrir la cour. Ce qui demandait alors des ressources humaines considérables et sédentaires, inféodées de fait au pouvoir.

L'acquisition, douce ou forcée, de la main-d'oeuvre fût un souci majeur pour les puissances étatiques de cette région. La riziculture, au-delà de son intérêt nourricier, permettait de concentrer un nombre important de population et donc d'uniformiser et de structurer une société. Pour illustrer parfaitement ce point, James C. Scott évoque Thongchai Winichakul qui montre que les Siamois accordaient bien plus d'importance au nombre de personnes qu'ils contrôlaient qu'à l'étendue des terres en leur possession. Il cite aussi Barbara Watson Andaya, historienne australienne spécialiste de l'Asie du Sud-Est, selon qui « les titres officiels thaï se référaient aussi directement au nombre d'individus qu'ils étaient en mesure de mobiliser, du moins en théorie : kun pan signifiait « maître d'un millier d'hommes », kun saen« seigneur de cent mille homme » et non « duc de tel et tel endroit », comme c'était le cas en Europe ».Pour Scott, l'histoire de l'Asie du Sud-Est ne peut pas être réduite au prisme des États. Il faut l'envisager dans un premier temps comme une histoire des populations. Parmi elles, il ne faut surtout pas occulter ces ethnies présentées par le politologue dans son ouvrage comme insoumises. Il dénonce l'assimilation entre la civilisation et l'État. Être civilisé serait donc appartenir à l'État et ces tribus ne seraient que des magmas primitifs et sauvages. Leurs modes de vie dans des endroits extrêmement reculés seraient ainsi le reflet d'un refus volontaire de se conformer, dimension essentielle à la compréhension culturelle et sociologiques de ces groupes. Leur tradition orale devient donc un choix face à une culture écrite prônée par les avancées étatiques.

GRILLE DE LECTURE ALTERNATIVE
A la fin de son étude, Scott souligne que la Zomia n'existe plus. Une nouvelle forme voit le jour car les ethnies ont fini par être absorbées par des États nations. Les frontières telles que nous les connaissons aujourd'hui en sont une preuve concrète. D'autre part, les réseaux de communication, les réseaux sociaux et les facilités de transport offrent aujourd'hui un accès simplifié aux régions montagneuses, autrefois inaccessibles. L'État a ainsi tout le loisir de s'infiltrer peu à peu dans le quotidien de ces peuples nomades. C'est ici qu'il aurait été intéressant d'approfondir l'ambivalence actuelle des ethnies face à un État homogène qui provoque aussi bien répulsion qu'attirance, en particulier au sein des jeunes générations. Quel est donc l'avenir de ces peuples ? Deux options paraissent majoritaires ces derniers temps : l'assimilation progressive ou la révolte armée.

Le lecteur qui sera venu à bout de l'ouvrage se demandera peut-être si la situation des minorités ethniques découle vraiment d'un acte uniquement militant et politique. Quels autres facteurs ont pu pousser ces populations à se déplacer ? Peut-on aussi supposer des déplacements motivés par à un simple instinct de survie afin d'échapper à l'esclavagisme ou à l'enrôlement dans des armées nationales ou même encore pour faire face à des aléas environnementaux ? Plus que le refus d'un État qui contrôle, qui organise et qui taxe, est-ce la volonté ardente de préserver leurs traditions et leur culture intactes qui a conduit ces tribus à l'insoumission apparente ?

Quelles que soient les questions qui restent en suspens ou les critiques qui peuvent surgir à la fin de la lecture, il convient tout de même de reconnaître que cette contre-histoire de l'Asie du Sud-Est est absolument passionnante. Refusant la tiédeur d'un avis nuancé – il a l'honnêteté de l'annoncer dès son introduction -, Scott nous offre une grille de lecture alternative, certes parfois un peu manichéenne, mais qui pourrait très bien s'appliquer à d'autres régions de la planète.
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Bequelune
  18 février 2014
Voilà un essai difficile à classer dans le vaste domaine des sciences sociales, quelque part entre l'anthropologie, l'histoire, la géographie et les sciences politiques. J. Scott nous propose avec Zomia un ouvrage assez savant (l'auteur maitrise sans aucun doute son sujet et n'a pas peur de faire appel à des sources très variées pour illustrer son propos), à la thèse provocante et originale tout en étant tout à fait crédible.
« Zomia », à la base, est une région de hautes-terres de l'Asie du Sud-Est, un vaste espace de 2,5 millions de kilomètres carrés à cheval chevauchant 6 États ; espace pas tout à fait officiel (le nom ne figure pas sur les cartes) mais utilisé en sciences sociales depuis que le chercheur Willem van Schendel en a proposé l'emploi en 2002.
Qu'est-ce que cette zone a de particulier ? Selon Scott, de par sa position périphérique par rapport à tous les États et empires qui ont pu naitre, vivre, s'effondrer ou perdurer au cours des 2000 dernières années dans ce coin d'Asie, et du fait d'un relief qui rend la région particulièrement inaccessible aux armées organisées, la vie dans cette région s'est constituée en quelque sorte à la fois EN DEHORS et CONTRE l'État. Voilà la thèse de Scott qui, signalons-le quand même, ne fait que poursuivre la suite logique de ses travaux d'historien anarchiste spécialiste des peuplades asiatiques. du coup deux axes principaux dans ce livre. D'un coté une description de « l'appétit prédateur » de l'État et de son organisation (impots, conscriptions, expédition militaire et esclavagiste), de l'autre l'ensemble complexe de modes de résistance des faibles qui cherchent à fuir à cette autorité étatique.
Scott pose une sorte de dichotomie entre les plaines, terrain propice au « fixage » des populations nécessaire à la constitution et au maintien d'un État, et les montagnes, refuge historique des fuyards et des dissidents. L'auteur insiste néanmoins : il serait faux de considérer la Zomia simplement comme un lieu en dehors de l'État. Les relations Zomia-État sont très importantes. On peut même parler de la Zomia comme d'un « effet d'État », puisque la zone et ses peuplements se sont structurés en fonction des agissements et des exactions de l'État. À l'inverse, il s'agit de considérer l'État comme résultant de ses relations avec la Zomia : celui-ci n'a pu se construire et se maintenir que s'il arrivait à fixer des populations (s'il les empechait de fuir) et a les assujettir.
Le véritable intérêt du livre est de renverser complètement le regard sur ces populations « des montagnes », périphériques, que l'histoire classique ne présente souvent que comme des arriérés ou des laissés pour compte de la civilisation. L'analyse anarchiste de Scott fait de ces gens-là des résistants volontaires, et l'ensemble de leurs choix cultures et organisationnels peut être comprit comme une volonté de s'extraire des logiques d'oppression des États qui gèrent les plaines autour de la Zomia. Ainsi du nomadisme, du refus de agriculture sédentaire, de la culture orale, du chaos culturel et identitaire forcément illisible pour un pouvoir qui cherche à fixer, recenser et organiser ses sujets.
Cela dit, la principale force du livre peut aussi être son défaut. Scott prend le pari de dire que n'importe quel choix des tribus des montagnes peut être lu comme une décision politique. Chaque transformation des tribus est une réaction aux actions de l'État, puisqu'il y a entre Zomia et État une relation symbiotique. Ce choix de l'auteur est discutable, tout comme d'ailleurs sa propension à ne voir dans les États qu'une force oppressive.
Malgré ces faiblesses, ce livre, parce qu'il propose un regard neuf sur l'histoire de la constitution étatique, ouvre de larges nouvelles perspectives très enthousiasmantes.
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lezardbavard
  24 janvier 2014
Contrairement au idées reçues, véhiculées par l'historiographie officielle, l'Etat n'est pas le mode le plus naturel de gouvernement des hommes mais une expression, relativement récente dans l'histoire, de coercition des populations. C'est ce que montre cette étude magistrale de James C. Scott, spécialiste de l'Asie du Sud-Est, qui se penche ici sur la résistance des peuples nomades du Triangle d'Or à l'enrôlement étatique. Reprenant la traditionnelle - et toujours pertinente - opposition nomades-sédentaires, l'auteur détaille l'histoire deux fois millénaire de ces peuples des montagnes en lutte fuyante avec les civilisations des plaines, démontrant, dans une approche anarchisante, que l'Etat, symbole de domination (impôts, conscription, institutions étouffantes...), n'est pas une fatalité de l'histoire humaine, mais une organisation circonstancielle de cette domination. L'étude, fort riche, permet ainsi de mettre également en question la sacro-sainte "civilisation" et d'interroger ses marges, trop facilement, et avec mépris, reléguées au rang de "barbares".
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critiques presse (4)
LeMonde   02 février 2021
Publication en français d’un livre de l’anthropologue américain James Scott antérieur à « Zomia », qui l’avait fait remarquer. Un essai bien moins convaincant.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeMonde   17 décembre 2018
Cette « contre-histoire » des peuples de la Zomia invite à porter un regard différent sur les tentatives contemporaines d’évitement de l’Etat – portées par la volonté d’autonomie, mais aussi par une autre vision de notre rapport à l’environnement.
Lire la critique sur le site : LeMonde
NonFiction   24 mai 2013
Un livre passionnant au croisement de l'anthropologie, de la science politique et de l'histoire sur la résistance à l'Etat.
Lire la critique sur le site : NonFiction
LaViedesIdees   22 mars 2013
Pendant deux millénaires, les montagnes de la Zomia furent, selon James Scott, une zone-refuge pour les populations d’Asie du Sud-Est. Haut lieu de la résistance à l’État, elles seraient le miroir de notre civilisation destructrice et sûre d’elle-même. Une histoire anarchiste qui fascine et intrigue.
Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ErnestLONDONErnestLONDON   14 octobre 2019
Une fois créée, une entité institutionnelle produit sa propre histoire. Et plus cette histoire est longue et plonge ses racines loin dans le passé, plus elle s’apparentera à la mythologie et à l’oubli sélectif qui définisse le nationalisme. Au fil du temps, et aussi artificielles que soient ses origines, une telle identité développera des traits essentialistes et pourrait fort bien devenir l’objet d’allégeances passionnées.
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colimassoncolimasson   05 mai 2013
La raison pour laquelle certains peuples ne sont pas devenus civilisés, ne se sont pas "développés", ne tient peut-être pas à leur manque de talent, à leur retard, mais pourrait bien s'expliquer historiquement par leur désir d'éviter ce qu'ils considèrent comme les inconvénients de l’État.
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ErnestLONDONErnestLONDON   10 octobre 2019
Partout où ils le purent, les États ont obligé les cultivateurs mobiles pratiquant l’agriculture su abattis-brûlais à se sédentariser dans des villages permanents. Ils ont tenté de remplacer la propriété collective et l’exploitation commune ouverte des terres par une copropriété fermée – les fermes collectives mais surtout la propriété privée inaliénable de l’économie libérale. Ils se sont emparés des ressources en bois et minerais au nom du patrimoine national.
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AunryzAunryz   24 janvier 2021
Il existe clairement des « situations millénaristes » au cours desquelles une conjoncture exceptionnelle rend caduque le sens commun qui organisait jusque-là la perception du
comportement, du statut, de la sécurité, et de la façon dont une vie DIGNE DE CE NOM devait être vécue.
__
(note en bas de page ... c'est moi qui met en majuscule ... ce qui est particulièrement actuel à cette date.)
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ErnestLONDONErnestLONDON   14 octobre 2019
La plupart des épidémies contemporaines – la petite vérole, la grippe, la tuberculose, la peste, la rubéole et le choléra – sont des pathologies zoologiques qui se sont développées à partir d’animaux domestiqués.
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Videos de James C. Scott (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James C. Scott
À l'occasion de la publication de HOMO DOMESTICUS. HISTOIRE PROFONDE DES PREMIERS ÉTATS, le magazine Diacritik et les étudiants du Master Écopoétique et Création d'Aix-Marseille Université dialoguent avec JAMES C. SCOTT, historien et professeur de sciences politiques à l'Université de Yale (prochainement en ligne sur Diacritik.com, dans la rubrique "Ecocritik"
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