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Elena Balzamo (Traducteur)
EAN : 9782878580679
250 pages
Éditeur : Viviane Hamy (07/01/1998)
3.5/5   16 notes
Résumé :
Le Jeux sérieux. Söderberg y fait un magnifique portrait de femme, d’une exceptionnelle liberté, d’une étonnante universalité. Lydia vit pour l’amour, comme Gertrud, elle n’accepte aucune compromission. L’écrivain ne porte aucun jugement, il regarde vivre son personnage, et ce regard la magnifie, la rend inoubliable. Lorsque le roman commence, Lydia a 18 ans, elle est amoureuse d’Arvid Stjärnblom, qui l’aime également. Elle a confiance en lui, elle est prête à l’att... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
mesrives
  08 mai 2018
Deuxième rendez-vous avec Hjalmar Söderberg après Égarements (1805) lu précédemment pour découvrir le jeu sérieux (1912).
Une rencontre dès les premières lignes de l'incipit avec Lydia, une jeune femme en devenir au seuil de ses dix-huit ans, touchée par Cupidon et tourmentée par ses premiers émois amoureux.
Lydia aime Arvid, se persuade assez vite de la solidité de leur passion, croit en sa réciprocité et ne craint pas le prochain éloignement puisqu' Arvid se prédestine à une carrière de professeur à Stockholm, bien que nous le verrons, la vie lui choisisse une autre voie, celle de journaliste...
Elle est convaincue que ce premier amour sera le seul de sa vie, c'est comme ça: son coeur s'est épris!
Le jeu sérieux est une variation en quatre temps sur les saisons de cette passion: sa naissance, son développement avec la séparation physique et les retrouvailles, sa maturité et sa destruction.
On pourrait penser que ce jeu va se jouer à deux mais au fil des pages et du temps qui passe il se joue à trois, puis à quatre...: les unions de raison ou de convenance, les enfants illégitimes et légitimes, les adultères perturbent la partie.
Le jeu sérieux où comment un jeune coq, prétentieux, épris de liberté et d'indépendance se prend dans sa propre toile ou fabrique sa propre cage car Arvid se croit au dessus des simples mortels: « Je ne supporte pas la pensée que quelqu'un m'attende... ».
Le jeu sérieux c'est aussi comment une jeune fille transie se transforme, se libère des codes sociaux pour vivre pleinement sa passion.
Alors bien sûr il y aura de la souffrance, de la douleur et des larmes dans cette histoire d'amour, des infidélités, des trahisons, des mensonges et de la jalousie.
Cependant Lydia, la véritable héroïne, ce personnage féminin qui apparaît au début fragile, est celui qui s'affirme, se libère des conventions pour vivre pleinement sa passion faisant preuve de courage.
Quant à Arvid, le personnage masculin, lui qui semble solide comme un roc, de par ses aspirations et convictions, s'étiole, se délite révélant sa lâcheté et son inconsistance.
Et puis dans le jeu sérieux, cette histoire d'amour ne se limite pas un face à face, les échos du monde extérieur ont prise sur nos deux protagonistes, elle évolue dans un monde qui bouge au niveau international (affaire Dreyfus, guerre russo-japonaise, naufrage du Titanic, etc... ) et intérieur (évocation de l'oeuvre de Strindberg et de la dégradation de son état de santé, la séparation de la Suède et de la Norvège voguant vers son indépendance , l'émancipation des femmes avec leur droit de vote...).
Une histoire d'amour intemporelle et universelle portée par Lydia, l'héroïne qui n'as pas peur de déclarer à Arvid, son homme ou plus tôt qui ose lui dire: « Viens! Moi, tu peux m'aimer à la manière païenne. » En effet, ici, il ne s'agit pas d'un amour désincarné ou éthéré mais bien d'amour total et charnel.
Savoir que le jeu sérieux tout comme Gertrud ont été écrits par Hjalmar Söderberg pour exorciser ses démons intérieurs, ses déboires amoureux nous rends l'oeuvre encore plus touchante dans sa tentative de vouloir comprendre et décortiquer les sentiments amoureux et les désordres qu'ils engendrent.
Une lecture très agréable, une écriture simple dans un décor très réaliste, une balade encore romantique dans le Stockholm du début 20ème siècle en plein changement.
A signaler la postface d'Elena Balzamo toujours remarquable.
Une belle et grande histoire d'amour que je recommande où le fond dépasse la forme et transgresse le temps rendant le jeu sérieux très actuel.
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Commenter  J’apprécie          814
Poniel
  17 octobre 2015
Ce livre était depuis de nombreuses années dans ma PAL, et ça y est , il est lu !
Que dire ? Je suis très mitigée.
On est donc sur une histoire d'amour entre deux personnages qui a lieu sur plusieurs années. Les turpitudes de la vie (et aussi le fait que lui n'était pas encore prêt à se marier et fonder une famille) les séparent, et chacun mène sa vie de son côté, mais aucun des deux n'oublie l'autre. le destin les fera se rencontrer de nouveau, pour le meilleur, ou pour le pire.
Tout d'abord, je dois avouer que j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire. Ce n'est qu'au bout d'une quarantaine de pages que j'ai commencé à apprécier. le début est assez long, et on ne voit pas trop où les différentes scènes veulent en venir. On découvre des personnages, et on s'attarde dessus, alors qu'on les reverra peu, ou même pas du tout.
A partir de la page 40, j'ai trouvé cela plus intéressant. Nous suivons Stjärnblom (l'homme) dans le début de sa vie professionnelle, dans ses rencontres. le récit prend vie et nous fait entrer dans son univers.
Puis Lydia réapparaît dans sa vie, et là aussi, les choses deviennent intrigantes, et on se demande comment tout cela va finir.
Mais la dernière partie était un ton en dessous à mon goût.
La petite Lydia du début a bien changé et est devenue une femme libre, qui veut faire ce qu'elle a envie de faire, ce qui est assez intéressant, car on la découvre vraiment par étape, par des scènes particulières. Elle est l'opposé de ce qu'elle pouvait être dans sa jeunesse en quelques sortes.
Cependant, tout ce passage se déroule un peu sur un "je t'aime moi non plus" incessant qui a fini par rapidement me lasser. Lydia ne sait pas ce qu'elle veut, et surtout qui elle veut. Stjärnblom fait sans cesse les mêmes erreurs avec elle. Les scènes se répètent et se ressemblent, et je n'arrivais plus à avoir de sympathie pour les protagonistes.
Deux autres petites remarques.
Je ne suis pas une adepte de la littérature nordique, et ces passages où Stjärnblom et ses amis se lancent dans de grands monologues scientifiques ou politiques seuls m'ont semblé totalement incohérents. Qui dans la vraie vie va écouter quelqu'un raconter cela, quand en plus cela vient de nulle part , et que l'interlocuteur n'a parfois rien demandé ? Je ne sais pas si ces élans philosophiques sont une tendance de la littérature nordique.
Autre chose, les passages de chants, de citations dans des langues nordiques ou même en allemand parfois, et quelques fois non traduits, ne m'ont pas emballé.
Ce n'est pas un ouvrage désagréable à lire, et j'ai même failli lui donner la moyenne. Mais dans l'ensemble je l'ai trouvé un peu rébarbatif, et j'étais plutôt contente de terminer ma lecture.
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MariondeMontmorency
  26 mars 2019
J'ai enfin lu ce classique de la littérature suédoise qui a fait scandale lors de sa publication. L'intrigue est plutôt simple : Arvid et Lydia sortent à peine de l'adolescence lorsqu'ils se rencontrent pour la première fois. Ils s'aiment mais savent qu'un mariage est une douce illusion. Outre le fait que le jeune homme n'a pas les moyens d'entretenir un ménage, il est aussi avide de solitude et d'indépendance, de sorte qu'il ne songe pas à fonder une famille. Résignés, les amoureux se quittent pour poursuivre chacun leur existence. Les années passent et les destins des deux personnages ne vont pourtant cesser de se croiser.
C'est un roman teinté de mélancolie qui illustre parfaitement les amours manquées et les promesses non tenues. Arvid est un personnage atypique, qui évolue au gré des hasards, sans réellement être acteur de son destin. Quant à Lydia, c'est une femme exceptionnellement libre pour l'époque. Ce n'est pas une oeuvre très rythmée, et l'histoire manque un peu de panache à mon goût, mais j'ai toutefois aimé plonger dans le Stockholm du début du XXe siècle.
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lesmiscellaneesdepapier
  25 décembre 2019
J'avais lu un article je ne sais plus dans quel magazine, ni a quel sujet mais j'y avais lu le jeu sérieux d'Hjalmar Söderberg en référence. le jeu sérieux y était présenté comme un ouvrage incontournable de la littérature scandinave et non seulement je ne l'avais pas lu mais en plus je n'en avais jamais entendue parlé!
Je viens donc de terminer cet ouvrage classique de la littérature suédoise. C'est une lecture en chaud froid pour moi. Un début qui m'a fait peur par la naïveté des personnages une Lydia mièvre au possible et un Arvid fier digne d'un Darcy, la découverte de la société suédoise de l'époque et la toile de fond du journal libéral m'ont fait m'accrocher.
Quelle surprise de découvrir Lydia plus féministe et libérée que jamais, qui décontenance et perd un Arvid qui s'étiole petit à petit. Au jeu de l'amour on ne peut que perdre, le jeu sérieux est ravageur, un roman plein de perspicacité, de neutralité mais qui prône la libération de la femme également.
Une écriture troublante parfois qui peut se perdre en débats philosophiques impromptus, mais une romance orgueilleuse, juste, mélancolique et tragique comme il faut sans plus, la fin du jeu sérieux d'Hjalmar Söderberg est parfaite!
Lien : http://www.lesmiscellaneesde..
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Exploratology
  09 août 2016
J'ai commencé ma lecture du Jeu sérieux en levant les yeux au ciel. Lire à la deuxième page "M'aime-t-il ? Oh oui, bien sûr qu'il m'aime [...] Je l'aime. Je l'aime." n'est pas forcément de bon présage. Mais deux choses m'ont fait lire d'une traite ce roman en une nuit : tout d'abord, la toile de fond passionnante d'un journal libéral de la fin 19e à Stockholm. Affaire Dreyfus et dislocation de l'union Suède - Norvège, querelles de journalistes et jalousies littéraires, les intrigues secondaires autour du Nationalblad et ses personnages sont un vrai plaisir de lecture et d'"immersion". Et bien-sûr, cette histoire d'amour (et d'adultère) qui s'avère beaucoup moins mièvre qu'à prime abord. Portée par une analyse psychologique passionnante, le livre nous emmène dans les méandres assez sombres de ce que peut impliquer l'amour, avec son lot de trahisons, de regrets et de fatalité. le personnage principal, Arvid, se pose des questions sur la morale, son ambition, la trace qu'il laissera en ce bas monde, mais se finit par se laisser entraîner dans ce qui n'est qu'un jeu malheureux, bien que sérieux, pour son malheur à lui mais pour notre bonheur de lecteur.
Lien : http://www.exploratology.com/
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
mesrivesmesrives   21 février 2018
Elle avança jusqu'à ce que l'eau lui arrive un peu au-dessus de la taille, s'arrêta, les bras levés, les mains nouées derrière la nuque, et attendit que les ondes s'effacent pour contempler le reflet de ses dix-huit ans.
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PiatkaPiatka   05 septembre 2017
-On prétend, dit Lydia, que sa mort fut un suicide dû à un amour malheureux. Qu'en penses-tu ?
-Je n'étais pas son intime, mais je n'y crois pas. Il était artiste. J'ai passé du temps à étudier cette race et j'en suis arrivé à la conclusion que, dans l'histoire de la littérature mondiale, on pourrait à grand-peine citer l'exemple d'un artiste authentique et important -, qui se soit suicidé à cause d'une déception amoureuse. Ces gens-là disposent d'autres ressources : ils peuvent se délivrer de leur souffrance dans un cycle de poèmes, un roman, une pièce.
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PiatkaPiatka   08 septembre 2017
Je ne crois pas qu'il soit possible, même pour un écrivain, de faire de la littérature avec son amour tant que cet amour possède encore une étincelle de vie. Il faut qu'il soit parfaitement mort avant qu'il puisse l'embaumer.
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krzysvancokrzysvanco   29 août 2014
— Te souviens-tu que je t’ai demandé, l’après-midi au Continental, si tu aimais ta femme ?
— Oui.
— Te souviens-tu de m’avoir répondu : “Je l’aime à la manière luthérienne” ?
— Oui. Lydia pâlit. Mais sa pâleur était lumineuse.
— Viens, dit-elle. Moi, tu peux m’aimer à la manière païenne !
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