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ISBN : 2843377323
Éditeur : Anne Carrière (13/03/2014)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 381 notes)
Résumé :
Etat de New York, hôpital Hilltop, Richard Casey aura bientôt 18 ans. Il voudrait faire la fête, draguer et tomber amoureux. Richard sait qu'il ne fêtera jamais ses 19 ans. Il est plus pressé que les autres et pour vivre comme il veut, il lui faut déjouer les pièges de ceux qui préféreraient le voir vivre un peu plus longtemps.
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Critiques, Analyses & Avis (138) Voir plus Ajouter une critique
marina53
18 juin 2014
Richard Casey va bientôt avoir 18 ans et malheureusement, il n'a pas sa vie devant lui. Personne ne sort vivant du service des soins palliatifs où il séjourne. Il est atteint du syndrome DMD, à savoir Dieu Me Déteste. Mais, le jeune homme a un moral d'acier et veut surtout profiter au maximum des derniers jours qui lui restent. Ce ne sont ni sa maman qui ne vit plus qu'à travers son fils, ni les infirmières, ni l'hôpital et ses règlements stricts, ni le fauteuil roulant, ni sa boule à zéro et ni la harpiste qui joue toute la journée dans le hall des mélodies à faire pleurer qui l'empêcheront de vivre. Tout simplement. Parce que Richard est tout de même un ado qui aime faire la fête, boire un petit coup et qui adore les filles. En particulier sa voisine, dans la chambre 302. La jeune et toute belle Sylvie. Condamnée elle aussi, à tout juste 15 ans. Ça tombe plutôt bien car c'est Halloween. Et oncle Phil a eu la superbe idée de venir rendre visite à son neveu. Richard ne saurait évidemment pas refuser une proposition pour aller faire un tour dans les rues de l'Hudson...
Holly Seamons donne la parole à ce jeune ado. Encore plein de vie, d'espoir et d'envie, il ne compte pas laisser la mort l'emporter de sitôt. Dans le dédale de cet hôpital, l'on croise des gens improbables, tellement humains, profondément touchants, en proie au doute parfois mais hargneux contre cette maladie qui les emportera. Que ce soient les patients tels que Sylvie ou Richard désireux de vivre pleinement leurs derniers jours ensemble, la maman dévouée corps et âme à son fils, le papa touché au plus profond de son être, l'oncle revenu gonfler le moral des troupes, les médecins ou les infirmiers si bienveillants et attentifs, l'on ressent une véritable empathie pour eux tellement le récit est sincère, poignant et sensible. Holly Seamons campe son rôle à merveille, et pour cause, elle a déambulé pendant des années les allées de ces hôpitaux pour aller voir son fils. Elle nous livre un roman incroyablement humain, féroce et vivant, empli de joie et de bonne humeur. Une très belle leçon de vie...
Dieu me déteste... et réciproquement...
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gruz
23 mars 2014
C'est l'histoire d'un ado cancéreux en phase terminale qui sait qu'il ne sortira pas vivant du service de soins palliatifs où il séjourne.
Dit comme ça, ça fait un peu peur, non ? Vous vous attendez surement au genre de récit larmoyant qui tombe dans le pathos ?
Eh bien, vous avez tout faux. Ce texte est lumineux, l'U M I N E U X !
Oui tous les patients de l'hôpital sont atteints du syndrome DMD, comme le nomme le jeune Richard Casey (Dieu Me Déteste). La mort a beau être omniprésente, en arrière ou en premier plan selon le moment, cette fiction est pourtant un récit qui grouille de vitalité.
Fourmillant d'optimisme et regorgeant de vigueur, c'est le genre d'histoire qui vous touche en plein coeur et vous tord les tripes tout en arrivant à vous faire sourire jusque derrière les oreilles et vous faire rire en suivant les aventures de Richard.
Parce qu'il va vivre des moments inoubliables du haut de ses 18 ans moins une semaine. Lui et ses acolytes des soins palliatifs ne sont pas très fringants, c'est le moins que l'on puisse dire… On découvre au passage le quotidien de ces malades pour qui la moindre action prend tout de suite des allures d'expédition.
Mais malgré ça, ce roman irradie de chaleur. Chaleur humaine ou des sentiments, chaleur de cette volonté de profiter des moindres instants. Comme le dit ce jeune personnage, le plus important n'est pas la souffrance, mais de ne pas perdre une journée de vie.
Ce livre est une leçon d'optimisme et de force, vous dis-je ! Jamais l'auteure ne tombe dans la complainte et ne se met à geindre sur le sort de ses personnages (même si elle n'hésite pas à appeler un chat un chat).
De véritables héros du quotidien qui font preuve d'une étonnante insouciance et d'une certaine désinvolture face à la maladie. Ces héros qui veulent oublier leur quotidien et leurs faiblesses pour encore s'amuser, s'aimer et vivre une dernière fois. Jusqu'à se mettre en danger.
Car il n'y a pas que Richard. Tous les personnages, sans exception, sont d'une incroyable densité, d'une étonnante épaisseur, qu'ils soient présents tout au long de l'histoire ou simplement de passage.
Ayant écrit à la première personne, l'auteure Hollis Seamon use d'un ton plein d'impertinence, parfois iconoclaste. Tout à la fois irrévérencieux et profondément respectueux, drôle et d'une empathie qui transpire de chaque mot. Certaines scènes sont crues (eh oui ça, parle de sexe), l'auteure ne tombant pas pour autant dans une bluette (fort heureusement).
Ce livre est un cri d'amour pour ses morts en sursis, un cri d'amour aussi pour ce personnel médical omniprésent, plein d'abnégation malgré la lourdeur de la tâche.
Hollis Seamon sait de quoi elle parle. Elle a passé de nombreuses années dans les couloirs de ces services hospitaliers pour rendre visite à son propre fils. Cela n'en donne que plus de force au message de ce roman qui nous rappelle que vivre c'est exister, éprouver et expérimenter même dans les pires moments.
Je sors profondément touché par cette lecture inoubliable, et réellement grandi.
Le jeune Richard Casey est vivant. Vivant à l'intérieur de mon esprit, vivant pour toujours.
Lien : http://gruznamur.wordpress.c..
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trust_me
21 mars 2014
Encore un bouquin sur des gamins cancéreux. A croire que c'est devenu une mode. Perso, ça fait mon troisième après « Nos étoiles contraires » et la BD « Boule à zéro ». Heureusement, à chaque fois la qualité était au rendez-vous et ce « Dieu me déteste » ne dérogera pas à la règle. C'est pourtant sacrément casse-gueule comme thématique. Si on veut faire pleurer dans les chaumières, rien de plus facile. Mais si on choisit d'être davantage dans la finesse, d'amener un regard décalé sans nier l'aspect dramatique de la situation, les choses se compliquent.

Le narrateur se prénomme Richard, il aura bientôt 18 ans et il est cloîtré dans le service des soins palliatifs de l'hôpital Hilltop, à New York. Quand on rentre aux soins palliatifs, c'est qu'il n'y a plus rien à faire. Trente jours maximum avant de « tirer le rideau ». Richard se sait condamné mais il va ruer dans les brancards. Parce qu'avant d'être un malade en fin de vie, c'est surtout un ado. Un ado qui voudrait profiter au maximum du peu de temps qui lui reste, quitte à foutre un sacré merdier dans un service d'habitude si policé. Pas qu'il soit un perturbateur né, loin de là. C'est juste qu'il ne supporte pas le carcan irrespirable dans lequel on l'enferme. Et puis il voudrait aussi se rapprocher de Sylvie, la patiente de la chambre 302. Sylvie a 15 ans. Une vraie complicité les unit, et un peu plus que ça même. Sylvie, elle est comme lui, elle veut choper tous les jours qui lui restent comme une acharnée. Et ensemble, ils vont tout faire pour mener à bien la mission amoureuse qu'ils rêvent de voir aboutir…

« Dieu me déteste » est la chronique impertinente d'un gamin indocile et pétillant, drôle et lucide. Un gamin qui souffre, et pas qu'un peu, mais je trouve que la maladie n'est pas le sujet principal. Leur vraie guerre, Richard et Sylvie la mènent contre des adultes surprotecteurs et rabat-joie. Parce que même si le corps les lâche, il leur reste suffisamment d'énergie et de vitalité pour chercher à assouvir ce désir qui les titille. Il y a dans leur comportement une sorte d'acharnement, et leur obstination relève d'une urgence bien compréhensible. Mais les obstacles qui se dressent devant eux sont innombrables. Heureusement, ils vont aussi trouver quelques complices bienveillants comme l'oncle Phil, la grand-mère de Richard ou quelques membres du personnel hospitalier. L'intérêt du roman tient d'ailleurs pour beaucoup dans la richesse des personnages secondaires qui gravitent autour de nos tourtereaux.

Ça peut sembler étrange mais on ressort revigoré d'une telle lecture. Je ne peux pas nier que j'ai eu la gorge serrée par moments mais au final, j'ai trouvé que ces Roméo et Juliette modernes nous offraient une sacrée leçon de vie. Une belle leçon d'optimisme aussi. Et ce n'est pas du luxe par les temps qui courent.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Thalyssa
24 juin 2015
Richard multiplie les hospitalisations depuis ses onze ans et est aujourd'hui sur le point de fêter son dix-neuvième anniversaire. La chimiothérapie, les rayons, les opérations douloureuses,... il ne connaît que trop bien. Mais la guerre contre la maladie touche à sa fin et le jeune homme vient d'être transféré au service des soins palliatifs où les patients en fin de vie s'en vont généralement en moins d'un mois. L'intrigue démarre à la veille d'Halloween et bien que le service soit majoritairement peuplé de patients âgés, Richard et Sylvie - quinze ans - décident de passer à l'action ! Ils vont cumuler les farces débridées et les actes un peu fous au cours des jours suivants, et nouer des liens bien plus forts que de l'amitié. Mais voilà, Richard et Sylvie sont tous les deux en phase terminale d'un cancer et les soignants sont bien décidés à les protéger de tout... y compris d'eux-mêmes. Sans parler du père de Sylvie, rongé par l'alcool et l'impuissance, qui veille sur sa fille comme un dragon sur ses pièces d'or.
Il est assez difficile de parler de ce genre de roman. On ne se sent jamais en mesure de trouver les bons pour décrire les émotions qu'une telle histoire éveille en nous. Richard est aux commandes de la narration et on a ainsi l'impression de parcourir un témoignage ou un journal intime. Il nous parle de son quotidien, de ses doutes et de ses peurs, de ses envies et de ses frustrations. On entend chacune de ses pensées et il s'en dégage une force incroyable. La force d'un jeune homme à l'agonie qui refuse de faciliter le travail à la Grande Faucheuse. Chaque fois que son corps le lui permet, il sort le grand jeu et n'hésite pas à enfreindre les règles pour parvenir à ses fins. Ses objectifs sont toujours si simples et authentiques que l'on ne peut que se ranger à ses côtés et avoir envie de le voir réussir. Et tant pis pour les conséquences ! Après tout, il n'a malheureusement plus rien à perdre... de virées improvisées à l'extérieur en conquêtes amoureuses éperdues, Richard trouve en son oncle Phil un allié extraordinaire. Ce dernier est le mouton noir de la famille, mais derrière son comportement extravagant se cache un grand coeur - généreux, sensible et artiste. Leurs plans fantasques sont d'autant plus faciles à mettre en oeuvre que la mère de Richard est clouée au lit avec une mauvaise grippe.
Richard ne mange plus, ne peut plus se doucher seul. Il ne peut plus lire, ni se servir d'un ordinateur. Chaque jour qui passe lui vole un peu plus d'énergie et d'autonomie. Il doit affronter un quotidien bien morne et a désespérément besoin de ces frasques pour se sentir vivant. Car c'est bien cela qui rend ce roman si poignant. On doit tous mourir un jour, mais quand cela arrive si tôt, on ne peut que crier à l'injustice. Et quel sort plus terrible que de pouvoir chiffrer avec précision le temps qu'il nous reste ? Que de voir ce sablier déjà presque entièrement vidé quand le verdict tombe ? Les soignants sont également mis à l'honneur et ils le méritent bien ! On sent à quel point il est éprouvant de travailler aux soins palliatifs, là où il n'y a plus d'espoir, plus d'autre échappatoire que la mort. Et pourtant, ils font chaque jour acte de présence. Ils enchaînent les services et sont sincèrement peinés par chaque décès. Il y a la chef de service qui paraît stricte et inabordable, Jeannette l'infirmière qui se laisse facilement émouvoir au risque même de s'attirer des ennuis, Edward l'infirmier gay qui passe la moitié de son temps à réprimander Richard et l'autre moitié à chercher comment lui venir en aide,... Et la Harpie, cette vieille femme qui insupporte Richard et Sylvie en jouant de la harpe à longueur de journée face à l'ascenseur.
J'ai souvent eu le coeur serré devant la douleur des familles, car comme le souligne si bien Richard, il voudrait coûte que coûte protéger sa mère mais il est conscient de rester celui qui la blessera le plus dans la vie. La complexité des rapports humains est parfaitement retranscrite par l'auteur ; rien n'est jamais tout noir ou tout blanc et à un mal similaire, deux personnes peuvent réagir de manière complètement différente. La plume de Hollis Seamon donne vie à des personnages hauts en couleurs et nous raconte une histoire émouvante sans jamais verser dans la pitié ou le mélodrame facile. Et si le sujet est on ne peut plus grave et sérieux, les boutades tour à tour cyniques et bon enfant de Richard viennent assurément alléger l'ambiance pour nous faire passer du rire aux larmes, et vice-versa. Ce roman est une ode à la vie, un trésor d'humanité, de compassion et d'empathie, que je ne peux que vous conseiller. Même s'il en existe d'autres sur un sujet identique, celui-ci possède un petit quelque chose qui le rend unique et incontournable.
Lien : https://dragonlyre.wordpress..
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PatLyne
23 octobre 2014
Dieu me déteste de Hollis Seamon est roman qui décrit le courage des enfants malades. C'est un témoignage sincère, dur et vibrant d'espoir, et d'humour. C'est la description des jours en soins palliatifs d'un jeune; c'est un peu le journal touchant et émouvant d'un garçon condamné; le témoignage d'un adolescent dont les jours sont comptés et qui refuse de se laisser abattre sans combattre, sans lutter. C'est la voix d'un jeune homme, décidé à vaincre la maladie, sans se résigner; un jeune malade qui devient le porte-parole de tous les autres. C'est un appel à vivre le moment présent et chaque instant avec confiance et intensité. le livre se compose de trois parties (périodes) importantes dans le récit.
Richard Casey a dix-sept ans, presque dix-huit ans. Il est dans l'unité de soins palliatifs situé au troisième étage de l'hôpital Hilltop, à Hudson, New York, tout comme Sylvie, quinze ans. Richard raconte son quotidien dans cet univers où l'intimité est une chose rare; il parle des infirmières, des infirmiers, des personnels soignants, des malades, de leur famille, de sa famille, de son histoire d'amour,... Je vous laisse découvrir cette histoire poignante, teintée de beaucoup d'amour et de sensibilité. Bonne lecture!
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Les critiques presse (1)
Lexpress08 avril 2014
Ni larmes ni pathos: sur la maladie incurable d'un adolescent, l'Américaine Hollis Seamon compose un furieux hymne à la vie.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
Mar-KheMar-Khe24 septembre 2015
Cependant, j'arrive tout de même à proximité du bureau des infirmières, et voici la scène qui m'attend: ma mère et celle de Sylvie s'en approchent au même moment. Elles vont toutes les deux demander quelque chose aux infirmières - les familles s'y pointent constamment pour avoir une couverture de plus, ou bien une carafe d'eau, des anti-douleurs ... Tout est un peu flou et teinte de vert, mais je distingue le plus gros. Les deux mères se tiennent de part et d'autre du grand carré où se réunissent les infirmières - chaque mère de son côté du couloir. Mais comme si un champ magnétique les attirait, elles glissent irrésistiblement l'une vers l'autre. Une histoire d'attraction planétaire, sans doute. Comme la pesanteur, mais multiplié par dix. Ma mère et celle de Sylvie oublient ce qu'elles sont venues demander, et elles se regardent; on perçoit bien le moment où leurs yeux se rencontrent, ensuite ils ne se lâchent plus.
C'est comme assister à un ballet. On dirait des danseuses face à leur reflet, ces deux mères. La mienne est grande et blonde, celle de Sylvie, petite et brune. Mais peu importe. Elles font le tour du bureau, depuis le bout du carré. Puis elles avancent chacune de trois passer se rencontrent au milieu du couloir - je suis certain que c'est pile au centre. Au niveau de cette fameuse ligne, la ligne de démarcation. Pendant un seconde, chacune reste sagement de son côté. Et on dirait qu'à l'étage tout se fige. Les aides-soignants s'immobilisent, leurs plateaux dans les mains, les infirmières lèvent le nez de leurs dossiers, le stylo en suspens. Les visiteurs ont pris racine et les frangins arrêtent de cavaler dans tous les sens. Tout le monde observe. Pas un bruit, hormis les notes de la harpe, en provenance du hall d'entrée.
Puis ma mère et celle de Sylvie tendent les mains et avancent encore d'un pas. Et elles tombent dans les bras l'une de l'autre, et se serrent de toutes leurs forces, jamais je n'ai vu ça. Et alors monte un son insupportable, le genre que vous ne voulez jamais entendre, de toute votre vie. Les deux mères se mettent à gémir. Et leur sanglot fend l'air. Il déchire notre air, dans ce couloir. C'est insoutenable. Et ça ne s'arrête pas. C'est tellement atroce que même le Big Boss doit se couvrir les oreilles de honte.
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Mar-KheMar-Khe10 juillet 2015
C'est peut-être ce que je déteste le plus, dans cet endroit et dans tous les hôpitaux de la terre: n'importe qui peut débarquer à l'improviste. Personne ne prend même la peine de frapper. Impossible d'avoir une once d'intimité, dans ce trou. On a une porte à chaque chambre, qui reste parfois fermée 12secondes d'affilée, mais ces portes ont des vitres en verre - totalement transparentes. Alors on est là, en vitrine, nuit et jour. Il y a de quoi faire chialer un ado. Et pas la peine d'essayer de coller un poster ou d'accrocher une serviette de toilette sur la vitre. C'est le meilleur moyen d'attirer illico une armée d'infirmières excédées et de psys sur les nerfs.
J'en profite pour pousser un coup de gueule. Écoutez-moi bien, tous: on est des adolescents. À la maison, il y aurait un panneau DÉFENSE D'ENTRER sur la porte de notre chambre, et même un verrou. On pourrait claquer la porte au nez de qui on veut et traîner peinards dans notre petit sanctuaire, bouclés à double tour. Enfin libres, bon sang, enfin libres!
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Mar-KheMar-Khe30 juillet 2015
[...] j'ai les guibolles molles comme des nouilles. Et je vois trouble, avec un trou noir sur la gauche de mon champ visuel. Un peu comme un tunnel spatio-temporel au milieu du cosmos - une zone de vide, traversée de temps en temps par des flashs de lumière verte. Mais je ne le raconte pas aux médecins. A quoi bon ? Ils n'y peuvent rien, de toute manière. Et en plus, c'est assez cool d'avoir son petit spectacle son et lumière privé. Ils remarquent quand même que je n'entends pas grand chose de l'oreille gauche. A part une espèce de bourdonnement continu, avec parfois des hurlements stridents. Les bruits éclatent comme des bulles, c'est la bande-son psychédélique du tunnel spatio-temporel. Je souris aux médecins. "Eh, c'est cool. On dirait un trip à l'acide. Je kiffe carrément." Et je fais un V avec mon index et mon majeur, en signe de paix.
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Mar-KheMar-Khe28 juillet 2015
"Je vois. Vous vous êtes dit: "Qu'est-ce que ça peut foutre? Ils sont trop faibles, trop malades pour faire quoi que ce soit, sérieusement." Vous pensiez tous: "Eh, ce pauvre Richie, il est tellement atteint qu'il arrivera jamais à bander.Et est-ce que c'est pas mignon, tout leur petit cinéma? Oh, et puis mince, soyons sympas avec ces gamins en train de crever. Faisons-leur ce plaisir. Un petit tour à Disneyland, comme dans ces assoces qui réalisent leur dernier voeu." Bandes de cons. Des vrais connards." J'ai la voix qui se casse, mais je continue. "Je suis surpris que maintenant personne ne dise: "Et alors, quelle différence ça fait? Sylvie est mourante, de toute manière. qu'est-ce que ça change qu'elle y passe plus tôt?" Mais c'est pas ça qu'elle croit, Sylvie. Elle veut profiter de chaque foutue seconde de sa vie. Elle pense qu'elle va se rétablir. Elle veut continuer à vivre. Elle est plus forte que nous tous réunis. Elle est... je sais pas... elle est tout sauf mignonne. Elle est acharnée." Je suis à bout de souffle, impossible de respirer.
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Mar-KheMar-Khe11 juillet 2015
Dans les services hospitaliers normaux, on limite le nombre de visiteurs, il y a des horaires de visite précis, et des moments où il est censé n'y avoir personne, histoire qu'on se détende un peu. (Ça ne vaut pas pour les familles portoricaines dans ce grand hôpital, à New-York. Mon vieux, personne ne peut les empêcher d'entrer: les grands-pères, les grands-oncles Machin, dix-sept tantes avec trois gosses chacune, sans parler des parents et des frères et sœurs- tout le monde se radine, et ils apportent tous à manger dans des barquettes en alu, ça sent l'ail, les épices et l'oignon- la familia au complet débarque nuit et jour. J'ai jamais aussi bien bouffé que quand mon voisin de chambre était portoricain, ou dominicain, ou de n'importe quel autre pays latino. [...])
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Vidéo de Hollis Seamon
Hollis Seamon - Dieu me déteste .Hollis Seamon vous présente son ouvrage "Dieu me déteste" aux éditions 10-18. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie de Prémonville. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/seamon-hollis-dieu-deteste-9782264064202.html Notes de Musique : Sir Me by Welcome Wizard. Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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