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EAN : 9782743652548
304 pages
Éditeur : Payot et Rivages (03/03/2021)
3/5   8 notes
Résumé :
Le roman suit les parcours parallèles d'une sœur et de son frère, Ametza et Franck Echeverria, entre 1925 et 1944, depuis le Pays basque français, puis l'Espagne en proie à la guerre civile, et jusqu'aux bas-fonds de New York où sévit la pègre. Dans cette fresque romanesque, la sœur incarne le courage face à l’adversité tandis que son frère emprunte la voie de la lâcheté.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Fandol
  17 mai 2021
Dans Cendres blanches, Olivier Sebban, auteur que je découvre et qui en est à son cinquième roman, m'a entraîné dans une histoire un peu folle, des deux côtés de l'océan Atlantique.
Pour commencer, l'auteur présente une galerie de personnages, de gangsters italo-américains, très intéressante, de ces hommes qui faisaient la loi, là-bas, dans la première partie du XXe siècle. Je croyais partir dans un roman consacré à la mafia alors que, après la scène de sexe du premier chapitre, je me retrouve dans un col des Pyrénées, près de la frontière espagnole, au Pays basque, en 1925.
Sont alors présentés les trois principaux protagonistes du roman : le contrebandier espagnol Edur Cruchada, le jeune Franck Echevarria et sa soeur Ametza. Ces deux derniers sont Français. Les événements dégénèrent quand trois douaniers surprennent les contrebandiers. Edur n'hésite pas et les abat mais cela déclenche un grave accident dont son neveu est la victime.
Cette scène et ses conséquences causent une brouille définitive entre le clan Edur et les Echevarria, Franck tentant alors de mener un trafic de mules pour son compte personnel.
Entre temps, en 1927, l'auteur conte la fuite d'Ametza, reniée par son père à la suite d'une fausse couche. Si elle est hébergée par une tante à Santander, celle-ci la chasse parce que son mari la courtise. Voilà pourquoi, après une traversée mouvementée, Ametza se retrouve à New York où l'employé du service d'immigration la baptise d'office Emma Evaria, son patronyme basque étant trop compliqué pour lui.
À partir de là, le roman alterne entre le Pays basque et New York où Emma séduit Saul Mendelssohn, jeune mafieux aux dents longues. Heureusement, elle lit beaucoup, apprend vite, sait bien conduire, ce qui lui sera très utile par la suite.
Quant à Franck, c'est en Espagne qu'il refait maintenant sa vie toujours dans des trafics rémunérateurs. Au passage, Olivier Sebban livre une séquence très forte dans les marais dont Franck échappe de justesse. Ce garçon est courageux, entreprenant et je m'attache à lui.
Par contre, à New York, c'est l'occasion de croiser les personnages présentés en ouverture du livre : Charlie Luciano, Meyer Lansky, Hymen… et les représentants de l'ancienne génération : Joe Masserio et Maranzano dont les jeunes veulent se débarrasser.
Je ne détaille pas tous les événements qui jalonnent un roman à l'écriture foisonnante. Olivier Sebban adore les phrases longues, presque sans fin. Surtout, il émaille son texte de mots rares qu'il prend plaisir à distiller. Ne voulant pas interrompre ma lecture, j'en ai noté un certain nombre pour chercher ensuite leur signification dans le dictionnaire, des mots comme phénakistiscope, hackamores, la cancha, leurs mérens, le chandoo, un shmock ou la rémittence et bien d'autres encore… Ainsi, je ressors moins bête de ma lecture…
J'ajoute simplement que Cendres blanches, sorte de saga familiale, m'a amené jusqu'à la Libération car Emma, devenue journaliste, couvre le débarquement des forces alliées en Normandie pour le New York Times.
Ce retour en France, on s'en doute, ne peut que la ramener sur les terres dont elle est originaire et lui permettre de faire le lien avec son passé. Entre temps, Franck et le sinistre Edur ont été plongés dans la guerre civile espagnole et les malheurs qu'elle a causés.
Cette grande fresque familiale et historique, mêlant contrebandiers basques et mafieux newyorkais, fait partie des romans sélectionnés pour le Prix Orange du Livre 2021. Je remercie Lecteurs.com et les éditions Rivages de m'avoir permis de plonger dans ces aventures jalonnées par beaucoup de misère, de souffrances et de vies brutalement abrégées.

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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hcdahlem
  26 juin 2021
Ametza s'exile et va devenir Emma
Olivier Sebban retrace avec Cendres blanches le destin peu commun d'une Basque contrainte à l'exil et qui va se retrouver à New York au coeur des trafics de la mafia, de la prohibition à la Seconde Guerre mondiale.
Ametza partage la vie des contrebandiers qui font passer les Pyrénées à des convois de plus en plus volumineux. Mais en ce jour d'hiver 1925, après avoir franchi la frontière de nuit, ils se font cueillir au petit matin par les douaniers.
La confrontation tant redoutée a alors lieu et le drame se noue en quelques secondes, causant la mort des trois douaniers et d'un contrebandier.
Deux ans plus tard, on retrouve Ametza sur un paquebot. Parti de Santander, elle a rejoint les Pays-Bas pour gagner les États-Unis. Une traversée difficile la conduit jusqu'à Ellis Island où un fonctionnaire peu scrupuleux lui remet une autorisation d'entrée sur le territoire au nom d'Emma. Ce sera dès lors sa nouvelle identité. À peine arrivée, elle est engagée par les Heidelberg, qui étaient à la tête de plusieurs restaurants «ravitaillés en scotch et en vin par le gang de Luciano». Logée dans leur immeuble érigé à la frontière du Lower East Side, elle avait en charge les enfants William et James, sept et neuf ans. Mais très vite, elle abandonna ce premier emploi pour suivre Saul Mendelssohn dans ses expéditions, lui servant notamment de chauffeur quand il partait récupérer les caisses de whisky de contrebande. Avec son amant, elle allait vite gagner du galon.
Olivier Sebban a choisi de construire son roman entre deux pôles, les contrebandiers à la frontière espagnole en 1925 avec l'attaque dans les montagnes, «la fuite et le déshonneur des lâches condamnés à demeurer dans le vestibule des enfers» et les contrebandiers de New York. Ametza devenue Emma lui servant de "fil rouge" entre les deux histoires qui vont mener de part et d'autre de l'Atlantique jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. le sang et les larmes venant se mêler à la montée des périls. Vengeance, convoitise, règlements de compte et exécutions venant ponctuer cette soif d'argent et de pouvoir. On voit la peur gagner du terrain autant que l'envie d'ordre et de sécurité.
De la guerre des gangs à la guerre civile espagnole, c'est à un voyage jonché de cadavres que nous convie Olivier Sebban dans ce roman dense, très documenté et qui n'oublie rien des bruits et des odeurs dans son souci de réalisme. Une page d'histoire portée par des personnages forts, que l'on garde longtemps en mémoire.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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steph_bookin
  23 avril 2021
Ce roman à l'écriture dense, parfois difficile à apprivoiser, m'a pourtant séduite. D'abord parce qu'il raconte une histoire d'émigration : en effet, le personnage principal Ametza Echeverria, une jeune basque, issue d'une famille de trafiquants à la frontière avec l'Espagne, est contrainte à la fuite et se joint au cortège des milliers d'Européens qui débarquent à New-York au début du XIXè siècle. de l'erreur d'enregistrement de son nom au bureau de l'émigration d'Ellis Island naît sa nouvelle identité : elle sera désormais Emma. le portrait de cette femme exilée, après avoir vécu l'enfer sur les sentiers de contrebande des Pyrénées, et qui parvient à se construire un avenir à la force de sa volonté est saisissant.
J'ai été également impressionnée par l'ambiance du New-York de la Prohibition, où règne le soupçon, la trahison et les règlements de compte. Olivier Sebban parvient à créer une véritable atmosphère américaine dans ses pages, et par l'intermédiaire d'Emma qui se marie avec l'un des lieutenants de la mafia, on retrouve les grands noms de la pègre new-yorkaise : Lucky Luciano, Joe Masseria et les autres.
Mais la belle réussite d'Olivier Sebban, c'est d'articuler cette nouvelle vie d'Emma avec ce qu'elle a laissé derrière elle, ou plutôt ceux qu'elle a laissés en Europe. C'est le frère d'Emma, Franck qui nous guide dans les paysages sauvages à du nord de l'Espagne, de Bilbao à Santander où lui aussi s'efforce de se construire une nouvelle vie, loin des montagnes et de cette nuit d'enfer qui a transformé à jamais le frère et la soeur. Mais la montée des fascismes en Europe n'épargne personne et lui aussi doit se battre pour sa survie.
De New-York à la Cantabrie, de 1927 à 1944, Olivier Sebban nous transporte dans un roman à la construction maîtrisée, où le passé finit toujours par demander des comptes, et on tourne les pages fébrilement, à se demander ce qui se passerait si Emma revenait sur les traces de ceux qui étaient présents la nuit où tout a commencé. Et si cette femme incroyablement résiliente et courageuse revenait vers ceux qui l'ont chassée. A découvrir !
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GoodBooksGoodFriends
  04 mai 2021
En préambule, des personnages : Charlie Lucky Luciano, Meyer Lansky, Arnold Rothstein, Nucky Thompson...
Autant de noms qui me renvoient immédiatement à Atlantic City. Je me retrouve en plein Boardwalk Empire, vous connaissez cette (fabuleuse) série ?
L'histoire commence en 1925, un voyage de contrebande entre la France et l'Espagne qui tourne mal, et voilà Franck et sa soeur Ametza contraints de prendre la fuite.
Pour Ametza, ce sera New-York, un prénom abandonné à Ellis Island et une nouvelle vie sur fond de Prohibition et règlements de comptes entre malfrats.
C'était la première fois que je lisais Olivier Sebban, et j'ai découvert une prose tourmentée, âpre et incisive ; de longues phrases et des chapitres courts ; un contraste certain entre le vocabulaire recherché et l'aspect sordide de certaines scènes ; de belles descriptions de nature et un rythme soutenu.
La facilité n'est pas de mise dans Cendres Blanches mais j'ai adhéré et apprécié ma lecture.
Et vous, vous laisserez-vous tenter ?
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silencieuse1
  03 mai 2021
Ambitieuse, peut-être, mais cette écriture dense m'a donné rapidement le tournis et j'ai eu beaucoup de mal à m'accrocher.
Pourtant, l'histoire est belle. Des Pyrénées à Ellis Island, le destin d'Ametza qui deviendra Emma suite à une erreur de transcription de son prénom, est digne d'intérêt, sans aucun doute. On y parle d'immigration et d'intégration mais également d'une volonté farouche de ne pas baisser les bras et de réussir sa vie malgré le passé, lourd et souvent violent.
Je serais tentée d'imaginer la même histoire écrite en simplicité, sans adjectifs ni détails inutiles, dans une construction littéraire posée qui donnerait envie d'aller plus loin dans le texte, sans avoir à se forcer ...
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
FandolFandol   02 juin 2021
Il entama les marches d’un escalier menant à un large parvis de granit et considéra la possibilité d’un retour en son pays, la possibilité de fuir, car les 14e et 15e corps d’armée républicains équipés d’un matériel obsolète ne pourraient pas grand-chose contre Dávila et les Italiens, les flèches noires et les brigades navarraises et les Castillans motivés, 90 000 hommes, la légion Condor des nazis, les avions Fiat, les blindés, les fusils-mitrailleurs, les fascistes déterminés à reprendre l’aiguade de Santander. (pages 355-356)
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FandolFandol   28 mai 2021
Il ne comprenait pas les femmes et les trouvait dures, insensibles. L’Église était une bonne chose pour elles. Pas la prière mais l’Église et les boniments fielleux d’un prêtre invoquant toutes sortes de châtiments, un prêtre et sa posologie de contritions. Pas le repentir. Les enfants. (pages 47-48)
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FandolFandol   27 mai 2021
Ils roulèrent à vive allure sur une piste ombragée et plantée de platanes, doublèrent des carrioles chargées de foin, tractées par des carnes d’abattoir, pansues et opiniâtres, traversèrent de paisibles villages, chassant à l’occasion une poignée de truies jetées dans le dénuement effaré d’une venelle adossée à un tas de fumier. (pages 40-41)
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hcdahlemhcdahlem   26 juin 2021
Lucky Luciano, Frank Costello, Willie Moretti, Joe Adonis, Dutch Schultz et Al Capone allaient mourir. Tommy Lucchese, l’un des hommes de Maranzano œuvrant en secret pour Luciano, rencontra Saul dans Central Park aux premiers jours du mois d’août et lui révéla l'existence d’une liste noire établie par son boss. L'Irlandais Vincent Coll, en guerre contre Dutch Schultz, devait se charger du contrat et commencer par exécuter Luciano.
Dans la matinée du 10 septembre, Maranzano appela Luciano à son club et lui demanda de passer le voir chez lui afin de causer de différentes affaires à régler. Luciano comprit que le plan mis au point avec Lansky et Mendelssohn serait déclenché sans délai afin d’empêcher Vincent Mad Dog, vingt-deux ans, une fossette eu menton, des taches de rousseur, les yeux bleus, le cheveu épais et roux, né à Gweedore dans le comté de Donegal, honni d’entre tous les tueurs, assassin d’enfant, Michael Vengalli, cinq ans, mort au Beth David Hospital, victime d’une balle perdue au cours d’une fusillade déclenchée en pleine rue depuis une voiture visant un bootlegger au service de Schultz, d'entamer sa litanie de meurtres. p. 295
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FandolFandol   02 juin 2021
Il s’accroupit contre l’aile de la Ford et pleura dans ses mains, cessa et ravala un sanglot, sentit passer dans ses paumes ouvertes une brise alourdie d’un parfum de feuilles mortes, respira cet arrière-fond d’automne et se leva, sa mémoire subitement engorgée de souvenirs d’enfance. (page 315)
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