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EAN : 9782020999632
408 pages
Éditeur : Seuil (20/08/2009)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 8 notes)
Résumé :

Hiver 1939. Contraint à l'exil suite à un guet-apens tendu par son beau-père, Álvaro Diaz quitte l'Espagne fasciste pour la France, abandonnant son épouse et ses deux enfants.

Il emporte avec lui un carnet écrit par sa sœur Esther, où il apprend que son père mort au début de la guerre d'Espagne en héros, a vécu sous un faux nom et l'a transmis à ses descendants.

Hanté par cette révélation, Álvaro traverse à pied les Pyrénées, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  18 mai 2018
Dis-moi comment tu t'appelles, je te dirai qui tu es.
Traqué par son beau-père, franquiste convaincu, Álvaro Diaz, juif espagnol, quitte l'Espagne au cours de l'hiver 1939 après de longues années d'errance, laissant derrière lui sa femme et ses deux enfants. De l'autre côté des Pyrénées, il s'accroche à la vie, à ses souvenirs, et à un carnet noirci par sa soeur Esther. Elle y a couché leur histoire, et un secret familial bien gardé. Leur patronyme n'est pas le bon. Leur père, un héros de la guerre civile fusillé au début du conflit, s'appelait Isaac Alvares, et non Diaz, et était natif de Tanger.
Pour Álvaro, son nom véhiculait son identité. Désormais hanté par le parcours de son père et par ce patronyme originel révélé qui le bouleverse, il tente tant bien que mal de survivre, d'abord dans l'épouvantable camp de concentration de Gurs, où il reste presqu'une année dans des conditions effroyables, sous la menace continuelle du lieutenant Davers et de Buisart, le directeur du camp, puis dans la clandestinité. Le jour de votre nom est l'odyssée noire d'un nouveau juif errant, du camp au maquis, de la résistance à la déportation, quand deux destins, celui du père et celui du fils se télescopent.
J'ai rarement lu de lignes aussi fortes ces dernières années sur l'exil, l'enfermement, l'humiliation et la rage intérieure qui pousse un individu à aller de l'avant et faire ce qu'il estime juste.
« Pourquoi nous enferment-ils dans des camps, demanda-t-il?
- Parce qu'ils ont peur du déferlement. Parce qu'ils n'ont rien prévu pour nous et nous mettent en attente. Quand ils sauront quoi faire et comment faire pour nous envoyer au diable, ils nous y enverront. Moi, d'ici-là, comme beaucoup d'entre nous, je serai mort. »
La partie consacrée au camp de Gurs est particulièrement marquante. Olivier Sebban restitue sans pathos ce que fut la vie des internés dans ce lieu qui n'avait rien à envier aux camps allemands, dans la boue, au milieu des rats et des blattes, dans le froid, et la faim. Il raconte les maladies, les brimades, les brigadistes au bout du rouleau qui se pendent dans les baraques, les cadavres que l'on enterre à la hâte au petit matin.
L'errance d'Álvaro Diaz est une belle et tragique histoire servie par une trame historique très riche que je ne suis pas prête d'oublier.
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Stemilou
  16 novembre 2009
Mêlant l'Espagne fasciste et la guerre 39-45, l'auteur nous emporte dans une recherche de soi, d'un nom. Tout débute lorsqu'Alvaro est obligé de fuir l'Espagne et un beau père tyrannique en laissant femme et enfants derrière lui mais avant il retournera dans sa maison récupérer un objet précieux : un journal écrit par sa soeur Esther relatant la vie de son père et ses secrets. le plus grand de ses secrets est son nom Diaz, un nouveau nom pour une possible résurrection, pour oublier un passé douloureux et des origines à dissimuler. C'est une malédiction ! Quoi d'autre ? Comment un père et un fils peuvent –ils être tous deux à la recherche de leur identité ?
Ce roman raconte sa fuite, échapper à son beau-père et à cette Espagne despotique mais échapper également à ses démons, ceux qui le poursuivent nuit et jour et troublent ses pensées jusqu'à ne plus savoir qui il est. Alvaro et ses deux comparses échappés du camp de Gurs vont se cacher en France. Tous trois vont se plonger dans le travail des champs pour oublier ce qu'ils ont vécus et finir par collaborer avec la résistance et aider des enfants juifs à franchir la frontière espagnole.
Rencontre avec Alvaro Diaz en début de roman, cheminer avec Alvares, collaborer avec Jean et finir dans un wagon de déportés avec celui qui a pu retrouver son identité, effacer le passé et ouvrir les yeux sur ce père, Isaac, qui lui n'a pas su renaître.
Constitué par de nombreux retour en arrière, le roman est basé sur un jour de 1944 celui de la déportation d'Alvaro qui se remémore son histoire, de l'Espagne à la France, de bandit à résistant, d'une fuite, de l'exode et des camps.

J'ai débuté ce roman avec beaucoup de difficulté, ayant dû lire les 100 premières pages deux fois pour comprendre où l'auteur voulait en venir. Se plonger dans l'histoire d'Isaac et de sa descendance mêlée à une guerre absurde n'est pas chose facile. Puis on s'imprègne de l'époque et de ses difficultés, de l'exil d'Alvaro et de l'Histoire ; l'écriture de l'auteur est fluide, il nous rend des pans de l'Histoire simplement sans jugement et j'ai beaucoup apprécié même si certaines scènes sont assez crues telle la description des corps des six soldats espagnols ensanglantés tripes à l'air dans la montagne.
Beau roman.

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nanoucz
  30 novembre 2009
Traqué par son beau-père, Alvaro Diaz n'a d'autre solution que d'abandonner sa femme et ses deux enfants et de fuir en France, traversant à pied les Pyrénées. Il emporte avec lui un carnet écrit par sa soeur Esther, qui retrace la vie de leur père, Isaac Diaz. Alvaro apprend ainsi que son père s'appelait en réalité Isaac Alvarez, qu'il a fui Tanger en abandonnant sa femme et qu'il s'est reconstruit une autre vie sous une identité nouvelle. Cette découverte, mise en parallèle avec sa propre vie, va profondément ébranler Alvaro dans sa fuite et le fragiliser lors de son séjour dans le camp de Gurs, en France, où l'ont conduit les autorités françaises après son arrestation à la frontière.
J'avais noté ce livre d'Olivier Sebban à l'occasion de sa visite dans l'émission de Katleen Even sur France-Inter, l'Humeur vagabonde.
Aussi, lorsque je l'ai découvert dans la liste de la 6ème édition de Masse Critique organisée par Babelio, je n'ai pas hésité à le choisir. Mais la lecture en a été assez ardue, pour plusieurs raisons.
La première est sans doute mon état d'esprit à ce moment-là : tracassée par une ambiance professionnelle de plus en plus pénible, j'aurais eu besoin de légèreté et de fantaisie, tout le contraire de cette histoire !
Les autres raisons sont liées à ce livre : d'abord, un récit qui navigue au gré de la mémoire d'Alvaro et de sa lecture du carnet. Il n'est pas toujours facile de s'y retrouver. Et puis, absolument aucun espoir ne surgit de cette histoire terrible, installée dans une période tourmentée, qui va de la guerre d'Espagne au conflit franco-allemand de 39-45, et qui transporte le lecteur de l'Espagne franquiste aux camps français où ont été parqués les exilés espagnols, puis dans la région toulousaine où le héros évadé rejoint un réseau de résistance.
Malgré tout, j'ai quand même apprécié la réflexion sur l'identité qui occupe une grande place dans ce roman, suscitée par les questions que se pose Alvaro au fur et à mesure de la lecture du carnet écrit par sa soeur.
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rvclaire
  08 décembre 2009
Le Jour de votre Nom par Olivier Sebban, 2009, Seuil - Fuir un nom pour trouver une identité.
Alvarès, Diaz,… , Jean Alvarès ? Espagnol, Français, républicain ici, résistant là-bas, toujours en combat et en recherche de soi, notre héros est un être à l'identité floue et flouée.
Une identité flouée par son propre père dont le silence cachait un changement d'identité ou plutôt une double identité – la première n'étant jamais éloignée de la seconde. Une identité flouée par un père qui a cru faire le deuil de sa vie d'avant – celle d'un pied noir juif d'Algérie – en oubliant son nom, en refusant de le transmettre à des enfants nés de notre côté de la Méditerranée.
Notre héros se perd dans des identités diverses et diffuses quand il découvre les confessions de ce père couchées dans un carnet qu'il ne veut et ne peut quitter, pour l'heure.
Quel nom doit-il donc porter ? Qui est-il ? Mais avant d'être le fils de ce père mystérieux à qui seul un nom peut désormais le rattacher, ne doit-il pas penser qu'il est avant tout lui-même père, mari et homme tout simplement ?
Notre héros sans nom, sans identité est un homme sans boussole, un homme trahi et traqué, tant dans l'Espagne de Franco que dans la France de Pétain. Dans les montagnes des Pyrénées, il est toujours poursuivi par son père, celui dont on ne sait avec certitude qu'une seule chose : son admiration pour la France dont on peut penser qu'il la renierait s'il voyait errer ainsi son fils, de camps en camps, réfugié espagnol ou juif.
Ce fils ne vit – au fur et à mesure du temps – ni pour un nom, ni pour un pays, ni même pour une religion : profondément meurtri par son absence d'histoire, il semble déjà plus mort que vivant, sans repère aucun.
Olivier Sebban nous entraîne avec talent à la suite de son héros, dans une histoire et une Histoire compliquée, à la recherche d'une identité qui se doit d'être aussi une fierté : Alvaro n'est-il pas simplement cet homme qui fait passer des enfants en Espagne, cet homme digne et fort ?
L'identité qu'il se reconnaît triomphera-t-elle des traitements subis et endurés dans cette Europe dérangée ? Saura-t-il s'absoudre du carnet qu'un homme finalement inconnu lui a laissé en héritage ?
L'auteur entretient jusqu'au bout l'incertitude en mêlant justement les épisodes : des bribes de récit sur le voyage de la déportation vers l'Allemagne s'intercalent au fur et à mesure de la fuite continuelle d'un héros terriblement fermé et sensible. Ces passages sont comme un référent, une menace dans l'escalade de l'horreur que subit Alvaro. Une menace qui, in fine, semble peu de chose face à la perte de l'identité. Une identité qui ne se réduit pas à un nom.
Claire,
Paris, le 6 décembre 2009.

Lien : http://traindelivres.unblog.fr
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lacazavent
  27 novembre 2009
Nous sommes en 1939 en hiver, Alvaro Diaz jeune juif espagnol se voit contraint de quitter son pays alors fasciste. Il part laissant derrière lui sa famille, n'emportant comme trace de son passé qu' un carnet écrit par sa soeur Esther. C'est en lisant ces pages que cet homme déraciné se verra retirer son dernier bien, son identité. Son odyssée le conduira au camp de concentration de Gurs dans la résistance toulousaine comme autant d'étapes tragiques mais indispensable pour qu' Alvaro se retrouve.

Sans l'opération Masse Critique de Babélio et les Éditions du Seuil, je serais certainement passée à côté de ce très beau roman.
Après des débuts plutôt difficile, les incessants aller-retour et variations m' ayant un peu désarçonnés, je me suis totalement laissé emporté par ce roman. La trame certes est un peu usée, le sujet second guerre mondiale déjà maint et maint fois traité, il y a cependant dans ce roman des petits plus qui le rende unique.
C'est à travers ce récit extrêmement dense que j'ai découvert non seulement des épisodes méconnus de la seconde guerre mondiale mais également et avant tout une manière nouvelle d'aborder le questionnement sur la mémoire et la recherche de soi.
Olivier Sebban a su avec un véritable talent crée un héros, lui crée une histoire et surtout le replacer dans la grande Histoire. C'est un très beau second roman qui me donne envie de suivre l'oeuvre en formation de cet auteur.
Lien : http://des.cases.a.vents.ove..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
PecosaPecosa   17 mai 2018
Le mythe entretenu par son père, intoxiqué de littérature française comme l'hidalgo de la Manche l'était de romans de chevalerie, la légende d'une grandeur indéfectible de la Raison dont il avait nourri sa démence, lui semblait suspect quand il pensait à la mobilisation résignée d'une armée équipée de bandes molletières, convergeant en désordre à l'appel, obéissant aux hurlements de sous-officiers à gueule de bois sortis casqués de la naphtaline.
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Postface: invité de Josyane Savigneau Olivier Sebban sur RCJ
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