AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres

Sabrinelle Bédrane (Autre)
EAN : 9782367951522
96 pages
Chèvre-feuille étoilée (06/12/2021)
4.42/5   6 notes
Résumé :
Dans ce recueil de dix nouvelles inédites ou parues dans "Étoiles d’encre", revue de femmes en Méditerranée, et écrites de 1998 à 2021, Leïla Sebbar nous conte les femmes d’Algérie, protectrices, rebelles, amoureuses, femmes libres et les hommes qui les entourent.


Safia chante à l’ombre d’un grenadier. Elle n’est plus jeune ni belle. Je la vois se lever, venir vers moi : « Tu es la bienvenue dans ma maison. J’ai gardé pour toi la plus be... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
LydiaB
  21 février 2022
J'aime beaucoup l'écriture de Leïla Sebbar. Je la trouve fluide, pudique et riche en émotions. Pendant des années j'en ai fait étudier, lorsque les programmes me le permettaient, des extraits à mes élèves. Ce recueil de nouvelles ne fait que renforcer mon sentiment sur le talent de cette dame de Lettres. Il nous permet d'en savoir toujours plus sur ce pays dont elle trace les contours, dont elle ancre les paysages, les coutumes et les moeurs au fil de ses écrits.
Ici, comme souvent, elle laisse la parole aux femmes. Elle fait un panorama de chaque caractère, retraçant ainsi la réalité : il n'y en a pas un de semblable. Et pour adhérer au mieux à cela, différentes voix se font entendre. Nous découvrons ainsi, à travers les personnages féminins, tous ceux qui ont fait l'Algérie. Mais ce n'est pas tout, puisque nous suivons également une Algérie complexe, dont l'Histoire est constituée d'épisodes douloureux : colonialisme, guerres… Un thème est souvent présent, en lien avec ces moments sombres : le sort réservé aux femmes. Sans victimisation aucune, Leïla Sebbar met en évidence, très souvent, dans ses nouvelles, le viol. Mémoire de l'arbre m'a particulièrement marquée. de ce texte, commençant de façon très poétique, il ressort une noirceur inimaginable. La chute laissera l'imagination du lecteur oeuvrer pour en comprendre la finalité. J'ai également aimé La Maison bleue, rappelant, la chanson de Maxime le Forestier : « C'est une maison entre eucalyptus et cyprès, au pied de la colline » (P73). Là encore, il ne faut pas s'attendre à du bucolique ! Les textes de Leïla Sebbar dénoncent, pointent du doigt et donnent à réfléchir. Ils sont puissants. Ce petit recueil est un véritable coup de pied dans la fourmilière. C'est un coup de coeur pour moi.
Un grand merci aux Éditions Chèvre-feuille étoilée qui mettent en avant des textes de qualité.
Lien : https://promenadesculturelle..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          530
ManouB
  31 janvier 2022
Ce court recueil de nouvelles de 91 pages à peine, se lit très vite. Il contient dix nouvelles écrites par l'auteur entre 1998 et 2021, pour certaines parues dans la revue "Étoiles d'encre", une revue trimestrielle parlant des femmes en Méditerranée, les autres nouvelles étant inédites.
L'auteur nous parle de l'Algérie, de son histoire et surtout des femmes qui y vivent ou y ont vécu, ainsi que de ceux qui les entourent, les pères, les frères, les enfants. Ils parlent toutes les langues, vivent en ville ou dans un petit village perdu du bled, sont nés ou pas sur cette terre, mais tous ont en commun de l'aimer.
Les femmes sont toutes différentes, rebelles ou dociles, parfois elles sont mères, elles veulent vivre et aimer, être libres et sont prêtes à tout pour cela.
Ce qui est important dans ce recueil c'est la parole des femmes, ce qui est dit ou pas, de leurs vies.
L'ambiance est très particulière. le ton est juste, à la fois nostalgique et douloureux, ou bien poétique, comme le titre d'ailleurs, et parfois drôle et plus léger. Ainsi, parfois, vous vous promènerez le long des boulevards, sous les oliviers ou dans les vignes, admirerez la couleur rouge des fleurs de grenadiers, sentirez l'odeur du bougainvillier...
Les textes sont courts (parfois 2 à 3 pages à peine) mais percutants. Les langues, les nationalités se mêlent pour ne former plus qu'une seule voix devenant au fil des pages, intemporelle.
L'auteur nous livre ici de magnifiques portraits de femmes, volontaires, protectrices, amoureuses, fortes ou farouches, mais libres.
Les nouvelles parlent toutes de ce besoin vital d'aimer que ce soit entre natifs de l'Algérie ou pas, que l'on soit algérien ou colon. Mais en filigrane, la guerre d'Algérie est passée par là. Il ne reste que la douleur de la séparation, de l'exil, de la perte de l'être aimé, et de cette terre qui ne sait plus à qui elle appartient désormais.
Au coeur du texte, les références littéraires ne manquent pas.
Le seul bémol est que peut-être ces beaux textes ne parleront pas suffisamment aux jeunes lecteurs qui ne connaissent rien, ou trop peu, de l'histoire de ce pays. L'histoire de la colonisation est abordée, la Guerre d'Algérie bien entendu, mais aussi la guerre civile des années 90.
Désormais, tous ceux qui ont aimé l'Algérie, qu'ils soient nés en France ou au pays, ne se sentiront plus jamais nulle part chez eux. Qu'ils soient nés d'un côté ou de l'autre de la mer, sont-ils condamnés à être pour toujours... des étrangers ?
La préface est de Sabrinelle Bedrane. Elle est intéressante car elle permet de mieux comprendre certaines nouvelles sur le plan symbolique, de se situer dans le temps ou dans L Histoire, et par rapport à la vie de l'auteur. Les superbes aquarelles qui illustrent la couverture, ou l'intérieur du recueil, sont de Sebastien Pignon.
J'ai lu avec grand plaisir ce recueil, reçu lors de la dernière masse Critique de Babelio. Il me donne envie de poursuivre ma découverte de l'auteur. Merci à l'éditeur et à Babelio pour leur confiance.
Plus de détails sur chacune des nouvelles sur mon blog...

Lien : https://www.bulledemanou.com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
Claire45
  20 février 2022
Leïla Sebbar a recueilli des paroles de femmes inédites ou parues dans Etoiles d'encre. Elles s'appellent Saphia ( la "choisie" en arabe) ou Shéhérazade, sont mère ou fille, rebelle ou soumise, orpheline, exilée, elles ont un point commun : leur amour pour l'Algérie. Leurs récits, de longueur variable, sont classés par ordre chronologique d'écriture et évoquent en filigrane l'histoire de leur pays : la colonisation, la guerre d'Algérie, la guerre civile " Les Frères contre les Frères " : récits individuels et histoire collective.
Elles disent aussi les hommes qui les accompagnent, leurs maisons, les senteurs méditerranéennes dans une langue variée et souvent poétique.
Il s'agit en plus d'une belle édition avec la reproduction en couverture et au début du recueil d'une aquarelle de Sébastien Pignon et une préface éclairante de Sabrinelle Bedrane.
Grand merci à Babelio et aux éditions Chèvre-feuille étoilée dont je recommande la collection "D'une fiction l'autre".
Commenter  J’apprécie          50
Deslivresetlesmots
  08 février 2022
Merci à Babelio et aux Éditions Chèvre-feuille étoilée pour l'envoi de ce livre en échange d'une chronique honnête.
Les dix nouvelles présentées dans ce recueil, de façon chronologique, explorent principalement des personnages de femmes, qu'il s'agisse de leur enfance, de leurs douleurs ou de leur parentalité. Si les textes ont des longueurs différentes (de deux à seize pages) et utilisent des voix narratives différentes (narration à la première, deuxième ou troisième personne, dialogues, point de vue d'un arbre…), on y retrouve toujours des femmes complexes. L'autrice nous présente une fenêtre à travers de laquelle on peut observer des scènes particulières au sein d'une Algérie parfois en guerre, parfois paisible ou en fête.
Difficile de dire quelle nouvelle serait pas préférée mais « Mémoire de l'arbre » où Leïla Sebbar nous présente le point de vue d'un arbre à travers les âges, m'a probablement le plus marqué.
En tous cas je suis ravie d'avoir découvert cette autrice, et je recommande la lecture de ce petit recueil. Je commence à lire de plus en plus de nouvelles et j'apprécie beaucoup ce genre.
Content warning : guerre, meurtre, viol, racisme.
Lien : https://deslivresetlesmots.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (3) Ajouter une citation
manoloulamanoloula   05 janvier 2022
« Orpheline, c’est une orpheline… » Ce mot je l’avais lu dans les livres illustrés de la collection Rouge et or, les miens, ceux de mes sœurs, je les lisais tous, orphelins et orphelines, Rémi, Heidi, Perrine… Je les retrouvais d’un roman à l’autre, presque toujours des séries jusqu’à la mère retrouvée par miracle, rarement le père. Ainsi, une orpheline en chair et en os, toi, turbulente et intrépide, tu pouvais vivre la nuit, le jour, sans surveillance, libre de tes gestes et de tes cris, de tes amis aussi. Des garçons toujours. Et ils ne t’insultaient pas. Tu jouais avec eux sur le stade, dans la rue le long des cyprès du domaine, dans les wagons abandonnés de la vieille gare où nous allions par effraction, pas dans les wagons, seulement sur la petite esplanade cimentée de la gare, je ne t’ai pas rencontrée au bout de cette route, la seule goudronnée ou encore chemin de terre ? Jamais je ne t’ai vue seule, marchant comme mes sœurs et moi, vers le village ou le long de la voie ferrée, lorsque nous ramassions des asperges sauvages, très minces et très vertes, pour l’omelette du soir. « Orpheline ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
ManouBManouB   31 janvier 2022
Elle dit aussi qu'elle est arrivée seule, à dos de mulet, avec ses bagages et que la pluie d'orage, un déluge, a failli l'emporter au fond du ravin. Les hommes, les anciens l'ont accueillie, les femmes l'ont aidée dans sa maison d'école, vide, les enfants, garçons et filles l'ont mise à l'épreuve, elle a résisté, ils l'ont adoptée, elle a même appris la langue de la montagne. Peut-être ma grand-mère a récité les fables de la Fontaine ?
Pour elle, les tisserandes ont fait le plus beau tapis et un burnous d'homme, l'hiver il neige, elle dit qu'elle n'a pas eu froid, parce que dans ce village on l'aimait et elle aussi elle a aimé cette vie.
in "Le monologue de la prisonnière" p.26
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
ManouBManouB   31 janvier 2022
Il apprend l'arabe, l'espagnol, les jeux des garçons, le "sigle", pourquoi ce nom-là pour jouer aux roseaux taillés avec un petit couteau bien aiguisé ? Les osselets, les "pignols", des noyaux d'abricots, on les frotte sur une pierre et on siffle, le "carrico", une planche sur roulements à billes qui dévale en hurlant des pentes abruptes.
in "Elles font le boulevard" p.59
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Leïla Sebbar (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Leïla Sebbar
Rencontre avec Leïla Sebbar & Manon Paillot animée par Patrice Rötig Lecture par Frédéric Mitterrand
Après Je ne parle pas la langue de mon père et L'arabe comme un chant secret, Lettre à mon père est le dernier volet, le plus tendre et le plus violent, de la trilogie autobiographique de Leïla Sebbar. Pour la première fois, elle ose, outre-mort, une adresse directe à son père Mohamed dont le silence l'a tenue loin de son roman familial, qu'elle écrit dans la langue de sa mère, le français. Sans fin elle l'interroge, et il ne parle guère. Au cours de cette soirée nous évoquerons également un recueil de récits et nouvelles où Leïla Sebbar nomadise avec Isabelle, son héroïne, sa muse, Isabelle Eberhardt ; un ouvrage préfacé et édité par Manon Paillot. Enfin, par la voix de Frédéric Mitterrand, nous entendrons différents extraits.
À lire – aux éd. Bleu autour : Leïla Sebbar, Lettre à mon père – Leïla Sebbar & Isabelle Eberhardt (nouvelles), préface de Manon Paillot, 2021.
+ Lire la suite
Notre sélection Littérature française Voir plus
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus