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EAN : 9789973580542
240 pages
Editions Elyzad (10/05/2013)
3.83/5   6 notes
Résumé :
Du Maroc jusqu'à la Turquie, dix-sept auteurs méditerranéens évoquent leur terre natale. Au fil des lignes resurgissent les langues mêlées d'Alger, le café libanais au goût de cardamone, les jardins d'Alexandrie...
autant de souvenirs que le pays d'aujourd'hui n'a su effacer. Quitté, oublié, aimé, mal-aimé, perdu, interdit, le pays natal devient dans l'exil un territoire littéraire reconstruit par la mémoire. Est-il jamais possible de s'en détacher ? Comme le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
zazy
  10 juillet 2013
« Ils ont décidé que le pays natal n'est pas la terre. Que la géographie est une affaire personnelle très relative. Parfois fortuite, dérisoire et même éphémère.
Puisqu'ils l'ont emporté avec eux, leur pays natal » (Hoda Barakat)
« Mon pays natal : celui dont le nom est destiné à figurer, jusqu'à la fin de mes jours, dans la case appropriée de mes papiers d'identité ; celui qui pourra longtemps encore, aux yeux de ceux qui n'aiment pas s'embarrasser de subtilités dans leurs relations avec autrui, suffire à me définir. » (Marcel Benamou)
« le pays natal n'existe que l'orsqu'on la quitté. C'est depuis l'exil ou l'ailleurs qu'il émerge et devient cette reconstruction souvent nostalgique, ce phare dans le rétroviseur ; il prend son vrai sens depuis le lointain. le pays natal est une absence. (Ida Kummer)
« le pays natal est celui que l'on quitte.
Il est celui qui manque toujours, dont on a toujours la nostalgie.
Le pays natal n'existe pas, il est une construction imaginaire, toujours absent toujours manquant, comme le corps de la mère.
Le pays natal est celui avec lequel on manipule les peuples, on exacerbe leur haine, leur passion exclusive pour un leurre. » (Rosie Pinhas-Delpuech)
« Va-t'en pour toi, de ton pays, de la terre de ta naissance, de la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai (Genèse, 12, 1)
Dans ce verset laconique –la parole de Dieu est d'une économie terrifiante- réside la définition du pays natal et sa fonction dans une vie humaine. » (Rosie Pinhas-Delpuech)
C'est une bien curieuse relation que l'on a avec son pays natal. Si on ne le quitte pas, ce n'est « que » votre pays, là où vous vivez, là où les racines se nourrissent de votre vie et vous nourrissent. Par contre, si vous quittez ce pays, que ce soit de plein gré ou par obligation, voire pire, cela devient votre pays natal, chargé de toutes les rancoeurs, de tout l'amour, de tous les rêves, de vos colères. Combien de fâcheries, combien d'exils obligés. On tombe du nid et il faut se reconstruire, Alors, vite l'on se met au chaud auprès de ses frères d'exil pour retrouver les odeurs, la cuisine, les mots, le Pays, mais c'est beaucoup plus fade. Vous partez enfant en bas âge, dans le ventre de votre mère ? Ce seront les paroles des adultes, des plus grands qui vous donneront la nostalgie de ce que vous n'avez pas connu.
Le pays natal est aussi et souvent LA maison natale, celle qui a vu notre plus tendre enfance, celle où nos parents ont vécu. de retour au pays natal, on voudrait que rien n'ait changé. « En 1998, à Alexandrie, j'ai subi un terrible choc ! ma maison était détruite ! » (Paul Balta)
De cette maison, Hoda Barakat dit : « C'est la maison suspendue. Au loin. Celle que je visite toutes les nuits, et dont je n'arrive pas à éteindre la petite lumière… »
« Nous n'y demeurons c'est elle qui nous habite et ne nous quitte que dans le vide de la mort (Kamel Ben Hameda)
Les dix-sept auteurs réunis par Leïla Sebbar dans ce livre son remplis de cet amour-haine. le désir ou le refus de retourner « là-bas » ne sont pas anodins. L'apaisement, la tiédeur ne sont jamais présents dans ces récits. Les textes sont beaux évoquant qui la nostalgie, qui la haine, qui le ressentiment, qui l'orgueil, qui la colère.
Une mention spéciale pour le texte de Mohamed Kacimi : Bled Mikki – Lexique des idées reçues en Algérie. Un abécédaire virulent, un humour caustique qui cache bien mal son âme.
« Armée – Selon un adage populaire, « tous les pays du monde ont une armée mais en Algérie, l'armée a un pays ».
« Ben Laden – Personnage fictif inventé par les Américains. »
Je pourrais vous citer toutes les pages mais je vous propose plutôt de lire ce livre, non pas en une seule fois, non, prenez le temps, dégustez chaque chapitre, reprenez une petite tasse de ces mots.
Un livre empli de poésie, tendresse, haine….. Un livre de qualité, un papier raffiné, comme toujours chez Elyzad.
J'aurais pu mettre beaucoup d'extraits tant ce livre est beau, tant les écrits sont, certaines fois, poignants.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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Zakuro
  21 juin 2013
Je suis tombée amoureuse "des mots au plus près de l'âme et du coeur" des auteurs de l'autre rive méditerranéenne, "le pays natal".
Je ne peux en parler que par une écriture particulière.
Lieu géographique, le pays natal est une mère, la terre de naissance,
Il est absence.
Au plus intime de l'être, le pays natal est celui que le naufragé emporte en lui de saveurs et de douleurs,
Il est apesanteur.
Il est un conte au "Souffle d'Iftis",
Un goût de mots sucrés acides,
Une langue cosmopolite.
Le pays natal est celui que l'on quitte,
Pays aimé, haï, interdit,
Suivre le chemin de la liberté et de l'aventure,
Vivre une histoire.

Exilés,
Etrangers,
Aimés.
Devenir un mélange,
Une écriture,
Un fragment.
"Comme l'arbre, elle était faite de lui, de son écorce, de ses noeuds, de son humus et de ses cieux".
Wassyla Tamzali.
"C'est la maison suspendue.
Au loin.
Celle que je visite toutes les nuits, et dont je n'arrive pas à éteindre la petite lumière."
Hoda Barakat.

Je remercie Libfly et les éditions Elyzad pour ce très beau moment de lecture.

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nena
  20 juillet 2014
Voici un livre empreint de nostalgie qui m'a beaucoup touché. Tous les témoignages m'ont émus au plus profond de mon être sans doute parce que je suis fille d'exilés, il est si dure de vivre loin de sa terre, elle reste présente dans notre chair pour la vie entière. Il reste toujours une partie de nous au pays « le pays natal, le mien, c'est là où je suis née pour partir. Je suis sortie, j'ai franchi les frontières, je me suis évadée. Mais je ne suis pas partie. Je veux dire que je ne suis arrivée nulle part…Autrement dit je n'ai pas réellement atterri. » d' Hoda Barakat (Beyrouth) . Chacun vit ce départ différemment, les souvenirs sont toujours présents, les odeurs, le goût des aliments, Marcel Bénabou ( marocain) cherche dans Paris les fruits, les beignets de son pays, il espère à chaque fois qu'un miracle va se produire, qu'ils auront la même saveur « Je trouvais les beignets tièdes ou pâteux si bien qu'au lieu de m'apaiser, la sensation de manque ne faisait que s'aviver… » "Les naufragés du natal" comme le dit si bien Fethi Benslama (tunisien), « je suis ici depuis plus de trente ans, mais je ne suis pas là. » On ne trouve pas sa place tiraillé par le passé, l'autre culture… Il y a aussi des exils tragiques mais pour d'autres raisons Quelquefois le retour est difficile, voir impossible, celui ou celle qui est partie, veut revenir avec son mari ou sa femme mais ils sont des étrangers : « Tu peux venir mais sans lui. » dit Karima Berger ou « avec lui mais converti ». Double peine pour ces exilés. Il y aurait tant de passages à citer, tous si émouvants. Leïla Sebbar, née en Algérie, mais déshéritée : « Mon père ne m'a pas offert son pays natal…Amnésie de la mémoire, de l'histoire ancienne, imposée jusqu'au dénuement. Si rien n'existe comment faire exister… » Qu'il doit être difficile de se construire sans ses racines. Nedim Gürsel (Turc) dit : « Devait-il éviter de prendre la route ? …pour tenter d'échapper à un destin ou pour l'éviter, ou tout simplement pour conquérir notre liberté, il nous faut nous jeter sur les chemins, même si nous savons qu'ils sont sans retour et même si, comme Oedipe, nous l'ignorons. »
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nilebeh
  10 février 2015
Que dire de son pays natal, surtout quand on l'a quitté, quand on l'a à peine connu, quand il y a eu arrachement, douleur, coupure ressentie, voulue parfois ?
Chacun porte en soi le morceau de Terre où il a ouvert les yeux, où il a passé une enfance douillette, douloureuse, émerveillée. Ou tout cela à la fois.
Leïla Sebbar a réuni les témoignages de dix-sept auteurs qui ont vu le jour autour de la Méditerranée. Autant dire que nous ne manquerons ni de sensations multiples ni d'émotions à la lecture de ces dix-sept approches du « Pays natal ». Il est impossible de rendre compte de chacune , pourtant certaines m'ont particulièrement touchée : celle de Minna Sif, franco-corso-algérienne, pour qui « pays natal » égale multiplicité des langues (« mes langues sont mon pays natal » et qui raconte comment on se parlait dans la cour de récréation, dans un savoureux mélange de berbère, de corse, d'arabe, de français.
Ou bien celle, si douloureuse, de Leïla Sebbar dont le père n'a pas su, pas voulu transmettre : « mon père ne m'a pas offert mon pays natal » et qui conclut tristement : « Quelle est ma langue maternelle ? quel est mon pays ? »
Erudit et moins lourd, le texte de Rosie Pinhas-Delpuech, qui rappelle un passage de la Genèse : »Va-'en pour toi, de ton pays, de la terre de ta naissance, de la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai ».
Va-t'en pour toi....
Cette même auteure turque a traduit le beau texte du Turc Nedim Gürsel, « Yol, le chemin », réflexion sur la voie, celle qu'ont suivie Paul, Hérodote, Oedipe, celle que chacun de nous devra suivre aussi.
Mention spéciale pour le Lybien Kamal Ben Hameda, enfant de Tripoli, « perle de la Méditerranée » où les enfants couraient chaque soir, fascinés, pour suivre le Garagouz, théâtre d'ombres d'origine ottomane, animé par le conteur Si Sifaou, dont la voix s'est tue un jour de Ramadan, victime de la guerre civile.
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Dosamuse
  30 décembre 2015
Je ne suis pas fan des formats courts car ca ne me laisse pas le loisir de m'installer dans ma lecture mais j'avoue que le Pays Natal m'a particulièrement touchée.
Ce livre a une résonance particulière pour les personnes nées dans un pays et qui vivent dans un autre. Ce n'est pas triste ou nostalgique mais il y a quelque chose de viscéral dans les sentiments exprimés par les différents auteurs. Plus personnellement, j'ai même réussi à mettre des mots sur des non-dits qui me poursuivent depuis l'enfance. Très belle découverte !
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
zazyzazy   10 juillet 2013
Le pays natal, le mien, c’est là où je suis née pour partir.
Je suis sortie, j’ai franchi les frontières, je me suis évadée. Mais je ne suis pas partie. Je veux dire que je ne suis arrivée nulle part… Autrement dit je n’ai pas réellement atterri
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zazyzazy   10 juillet 2013
Mes sens fichés en moi distillent mon Algérie, ils éclosent à chaque occasion pour dire leur origine ; ils ont acquis tant de liberté !
On n’y reconnaîtra pas le pays décrit dans les encyclopédies mais peu importe, il n’a pas voulu prendre ma forme alors c’est moi qui me suis occupée de lui pour en faire mon pays sinon, un pays natal peut donner la mort. Et le mien m’a donné l’élan natal mais par l’élan vital.
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DosamuseDosamuse   08 septembre 2015
Ville-phare (Alexandrie), ma ville natale survit grâce aux livres qu'elle nous a légués et renaît dans ceux qu'elle ne cesse d'inspirer.
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zazyzazy   10 juillet 2013
Quoi que je fasse, la terre natale s’impose ainsi à moi, m’interroge et me conduit, elle accompagne le grand parcours de la vie. Son périple et incertain. Etoile fixe, elle me parle, je l’écoute. Et je luis réponds (Alain Vircondelet)
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zazyzazy   10 juillet 2013
« Le retour » n’est certainement pas le chemin du retour. Celui de l’enfant prodigue était son abdication, sa faillite, sa soumission assortie d’un amer sentiment de regret et de désolation, de remords et de repentir. Dans d’autres histoires cela s’appelle le renoncement à la liberté, très exactement
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Videos de Leïla Sebbar (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Leïla Sebbar
Rencontre avec Leïla Sebbar & Manon Paillot animée par Patrice Rötig Lecture par Frédéric Mitterrand
Après Je ne parle pas la langue de mon père et L'arabe comme un chant secret, Lettre à mon père est le dernier volet, le plus tendre et le plus violent, de la trilogie autobiographique de Leïla Sebbar. Pour la première fois, elle ose, outre-mort, une adresse directe à son père Mohamed dont le silence l'a tenue loin de son roman familial, qu'elle écrit dans la langue de sa mère, le français. Sans fin elle l'interroge, et il ne parle guère. Au cours de cette soirée nous évoquerons également un recueil de récits et nouvelles où Leïla Sebbar nomadise avec Isabelle, son héroïne, sa muse, Isabelle Eberhardt ; un ouvrage préfacé et édité par Manon Paillot. Enfin, par la voix de Frédéric Mitterrand, nous entendrons différents extraits.
À lire – aux éd. Bleu autour : Leïla Sebbar, Lettre à mon père – Leïla Sebbar & Isabelle Eberhardt (nouvelles), préface de Manon Paillot, 2021.
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