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EAN : 9789973580153
208 pages
Elyzad (22/01/2009)
3.46/5   25 notes
Résumé :
Un vieil homme, ouvrier chez Renault, revient vivre à Alger après trente ans passés dans l'usine-forteresse de Boulogne-Billancourt, l'île Seguin. Il vit seul, dans une petite maison aux volets verts, face à la mer. Il a eu sept filles et un fils dont il est sans nouvelles depuis longtemps et à qui il n'a jamais réussi à parler. Avec la complicité de la jeune Alma, écrivain public à la Grande Poste, il lui écrit, il tente de lui écrire.

Un roman sur l... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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litolff
  09 septembre 2012
Mon cher fils, c'est Tahar, unique fils du vieux chibani revenu à Alger après trente ans passés dans les usines Renault, et à qui il n'a pas su parler lorsqu'il était en France. Maintenant, Tahar a disparu, ses soeurs ne savent pas où il est, et le vieil homme tente de renouer le contact par des lettres que lui écrit Alma, écrivain public à la Grande Poste d'Alger.
Dans un dialogue un peu vague, peu ponctué, qui s'apparente souvent au monologue, le vieil homme qui n'a jamais parlé à sa famille, s'épanche devant cette jeune fille qui écrit pour lui : et lui raconte pêle-mêle les colons, la France, mai 68, la "révolution", les foyers sonacotra, les cafés et les dominos, la langue arabe et les traditions qui se perdent, et surtout ces jeunes dans les banlieues... perdus eux aussi, pour leur famille et pour la société.
Une vision désenchantée et digne de l'immigration que j'ai beaucoup aimée, même si j'ai eu un peu de mal à adhérer à la forme un peu décousue.
Le tout dans le ravissant écrin des éditions Elyzad poche.
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Drych
  03 mai 2022
Un livre intéressant et émouvant sur l'émigration, et ses conséquences : perte des traditions, déracinement et conflits familiaux. J'ai cependant eu du mal avec l'écriture hachée de Leïla Sebbar faite de mots déposés par petites touches, comme le ferait un peintre impressionniste, mais sans l'effet visuel d'un tableau. Il faut faire attention, revenir au besoin en arrière pour ne pas perdre le fil. Je m'en suis accommodé parce qu'il d'agissait d'un texte court,lui reconnaissant l'atout de la créativité.
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dido600
  28 février 2022
Cet ouvrage raconte l'histoire d'un vieil homme qui rentre à Alger, après trente ans passés dans les usines de Boulogne-Billancourt, en France. Il vit seul dans une petite maison aux volets verts face à la mer. Cet homme avait sept filles et un fils. Depuis son retour en Algérie, le vieil homme cherche désespérément son fils dont il est sans nouvelles depuis longtemps.
Avec l'aide de la jeune Alma, écrivaine publique à la Grande Poste, il tente de renouer avec son fils. L'ancien émigré convoque la jeune Alma pour lui dicter l'impossible lettre sans jamais y parvenir, repoussant à chaque fois la décision à plus tard.
La quête ou la reconquête de cet enfant tant chéri s'avère d'une ardeur telle que seul l'amour paternel pour le rejeton peut témoigner sur les déchirures existentielles que vivent les déracinés et autres émigrés avec leurs familles. Un cri venu des tréfonds humains, d'un père et son fils, déchire la nuit sentimentale qui étend son voile sur leur relation familiale dramatique.
La trame romanesque suit un fil narratif simple, avec des phrases courtes mais tranchantes, ramassées, à résonance poétique.
Le lecteur qui songe d'abord au Vieil homme et la mer voit aussitôt en ce misérable et digne chibani, l'envers du combatif vieillard d'Hemingway et celui qui est familier des nombreux textes de Leïla Sebbar retrouve les thèmes du père, des immigrés, de la relation complexe entre parents et enfants, son intérêt pour les cartes postales anciennes. Leïla Sebbar écrit ici une véritable ode aux immigrés dépassés par la situation dans laquelle ils ont mis leur famille.
En perspective Un roman de bonne facture toujours dans la même veine des thèmes chers à l'auteur de Silence des rives.
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zazy
  26 février 2013
Le vieil homme est assis, face à la mer. Alma va jusqu'à la grande Poste à pied, il fait beau.
C'est là qu'ils se retrouvent presque tous les jours. « Elle voit le vieil homme assis. Il l'attend. C'est lui, sa veste bleu de Chine usée, blanche aux coudes, achetée à Barbès chez les Arabes de la Goutte d'Or, les vestes accrochées à la porte, l'étiquette « pas cher » qu'il ne sait pas lire. »
Alma est écrivain public à la Grande Poste et lui, ouvrier chez Renault en retraite, revenu au Pays.
Au fil des jours s'établit un dialogue entre le chibani et la jeune bourgeoise, entre l'illettré et la lettrée. Cette lettre recommencée chaque jour : Mon cher fils, je voudrais tant pouvoir te parler, je voudrais tant te dire tout ce que je n'ai pas su ni pu te dire…..
Chaque jour, Il parle de Tahar. Chaque jour Alma commence sa lettre, pose une question sans avoir l'air, surtout ne pas brusquer le vieil homme. « Il écrit à son fils, le fils préféré, fils unique, il aurait pu ne pas l'aimer, il l'aime »
Chaque jour le vieil homme confie sa vie à Alma, chaque jour la lettre est recommencée, « La même histoire tant de fois répétée et lui, en bleu de Chine, assis sur une vieille chaise en bois en face de la jeune fille qui vient d'arriver… ». Chaque jour les souvenirs affluent, la France, l'usine, l'île Seguin. « L'île Seguin c'était un pays avec le bruit des chaînes et le bruit des langues étrangères, les belles voitures c'était eux les ouvriers, leurs mains avaient fabriqué tout ça, un jour ils auraient les vieilles Renault d‘occasion, bientôt à la casse, comme eux, chibanis abandonnés. »
Le vieil homme raconte ce qu'il n'a pu partager avec son fils, cette vie de labeur au service de Renault, la nuit du 17 octobre 1961. « Mon fils, je n'ai jamais pu lui raconter. Je ne sais pas pourquoi. J'ai tenté plusieurs fois, et il me disait "Ça ne m'intéresse pas, c'est tes histoires et l'Algérie je n'ai pas envie d'en entendre parler, ni la guerre, ni avant la guerre, ni rien." »
Tahar refuse d'écouter son père, ne veut pas savoir ni comprendre : « « Moi, en bleu de travail dans une usine, jamais, tu m'entends jamais, avec un contremaître qui te surveille même…. Plutôt crever…. » Voilà comment mon fils m'a parlé. Depuis ce jour, je n'ai plus mis mon bleu, même pour réparer la mobylette »
Alma écoute le vieil homme raconter sa vie qui rejoint l'histoire des chibanis venus travailler en France, les drames vécus, l'incompréhension grandissante entre les générations, le racisme, l'islamisme qui monte, qui recrute les jeunes désoeuvrés pour en faire des « combattants-ennemis ».
La poésie et la nostalgie sont là. le présent algérien n'est pas tendre avec sa jeunesse sans travail, avec ses femmes. Comme toujours, Leïla Sebbar nous embarque dans son Algérie et nous parle de ces vies solitaires, de l'exil et du retour.
Un très bon moment de lecture, un grand plaisir de retrouver Leïla Sebbar. Toujours le même soin apporté à ce livre par les éditions Elyzad.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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seriephile
  02 juillet 2013
Dès les premières pages, je me suis rendu compte qu'il me faudrait être concentré lors de ma lecture. Les mots, les phrases nous arrivent en paquet, de manière rapide et où la ponctuation donne l'impression que les personnages cherchent leurs mots, qu'ils nous parle et ne savent pas toujours comment nous dire les choses. Cet homme parle de lui, de sa vie, tout ce qu'il n'a jamais dit à l'un de ses enfants, à ce fils, dont il est sans nouvelles, et à qui il décide d'écrire, de raconter. Après m'être adaptée au rythme de lecture je n'ai pas pu lâcher cette histoire, et ai vécu la lecture des dernières pages comme une révélation sur l'ensemble de l'ouvrage. Une lecture emplie de finesse et de force, une belle découverte.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
litolfflitolff   09 septembre 2012
Dites à mon fils que je l'aime, je sais, chez nous un père ne dit pas ces mots-là à son fils, il ne lui parle pas comme s'il l'aimait, même s'il l'aime, il n'a pas le droit, en France, j'ai remarqué, on dit partout, pas seulement à la télé, n'importe où, à n'importe qui, tout le temps "Je t'aime, nous, chez nous on l'entend dans les chansons à la radio, les chansons de tous les jours, pas dans la vie, jamais de la vie.
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zazyzazy   26 février 2013
Et vous savez, chez nous, vous les voyez vous aussi, les chinois ouvriers sur les chantiers, les routes et les autoroutes dans tout le pays et nos jeunes ? On dit qu’ils ne sont pas formés qu’ils ne savent pas travailler, les écoles ça existe, l’argent du gaz, du pétrole, des écoles professionnelles, c’est possible, non ? C’est ce que je répète tout le temps. Le pays n’est pas gouverné, mal gouverné, ils gouvernent pour eux pas pour nous. C’est comme ça depuis trop longtemps… Et tous ceux qui sont morts pour un pays libre, le pays est libre, oui mais un pays, une république, c’est une république chez nous, qui oublie les principes de la justice, l’égalité, le travail, l’éducation, la santé, le logement pour tous, hommes et femmes…. Vous avez vu les bidonvilles ? Je marche dans la ville, partout, et ces bidonvilles, cette misère dans un état si riche…. C’est des voyous, voilà ce que je pense, ce que je dis, des voyous nous gouvernent
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litolfflitolff   09 septembre 2012
Vous savez, le hijeb, ça ne suffit pas pour se cacher, mon mari ne veut pas le jilbeb, il dit qu'une femme peut faire n'importe quoi avec le voile intégral dans la rue, personne ne peut la reconnaître, ça permet...
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DosamuseDosamuse   04 octobre 2014
Elle arrive à bout de souffle, bouscule une femme envolée de noir dont elle ne voit pas la bouche qui l'insulte, des insanités proférées dans l'anonymat du grand voile noir, une femme si pieuse...
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MegGomarMegGomar   03 mai 2015
Une nuit terrible, une nuit maudite. Vous savez ce qu’il s’est passé ce 17 octobre 1961 à Paris ? Quelqu’un vous l’a raconté ? Votre grand-père peut-être ? Si vous avez ces photos... Avec des amis de Billancourt, on s’est retrouvés à Paris, Paris on n’y allait pas souvent, une ville qui fait peur à des fils de paysans. Paris, c’est pas pour nous, cette ville. Donc la nuit du 17 octobre des familles et des familles algériennes habillées en dimanche, le père, la mère, les enfants même les tout-petits ont manifesté. On était tous là, ceux des banlieues et ceux des bidonvilles pour protester contre le couvre-feu pour les seuls Algériens décidé par le préfet de police Maurice Papon. Vous avez entendu parler de lui ? Son procès, il a envoyé des Juifs français et étrangers à la mort dans les camps nazis, vous le savez ? Pour les Algériens massacrés cette nuit-là, jetés à la Seine, il n’a pas été jugé. Il est mort. Le diable ait son âme. J’ai été embarqué avec d’autres, on nous a parqués au Palais des Sports plusieurs jours, certains ont été expulsés en Algérie dans des camps, moi, grâce à un camarade communiste, Simon, un Juif de Constantine, il est mort depuis, un homme juste et bon, un militant contre la guerre en Algérie, grâce à lui j’ai pu sortir de cet enfer, sans blessure. Les photos sont rares, ne les perdez pas. Le métro, Saint-Michel Concorde les Grands Boulevards le Rex République... J’ai découvert Paris cette nuit-là, les lumières de la ville avec du sang et des cris. Vous demanderez à votre grand-père de vous raconter, s’il y était.
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Videos de Leïla Sebbar (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Leïla Sebbar
Rencontre avec Leïla Sebbar & Manon Paillot animée par Patrice Rötig Lecture par Frédéric Mitterrand
Après Je ne parle pas la langue de mon père et L'arabe comme un chant secret, Lettre à mon père est le dernier volet, le plus tendre et le plus violent, de la trilogie autobiographique de Leïla Sebbar. Pour la première fois, elle ose, outre-mort, une adresse directe à son père Mohamed dont le silence l'a tenue loin de son roman familial, qu'elle écrit dans la langue de sa mère, le français. Sans fin elle l'interroge, et il ne parle guère. Au cours de cette soirée nous évoquerons également un recueil de récits et nouvelles où Leïla Sebbar nomadise avec Isabelle, son héroïne, sa muse, Isabelle Eberhardt ; un ouvrage préfacé et édité par Manon Paillot. Enfin, par la voix de Frédéric Mitterrand, nous entendrons différents extraits.
À lire – aux éd. Bleu autour : Leïla Sebbar, Lettre à mon père – Leïla Sebbar & Isabelle Eberhardt (nouvelles), préface de Manon Paillot, 2021.
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