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3,7

sur 1250 notes
mickaela
  12 novembre 2012
Un livre très dur... un livre lu il y a plusieurs années et dont je n'ai jamais oublié l'histoire, ni l'intensité qui s'en dégage. Cette histoire, c'est un peu l'histoire de tous ces enfants disparus, violés et tués mais elle écrite d'une manière très différentes de ce que l'on a pu lire jusqu'ici , elle est racontée à travers les yeux de cette fillette "l'ange".
Très émouvante....une histoire qui marque longtemps même après la lecture du livre.
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darkmoon
  14 mars 2014
Déchirant. Dévastateur. Magique. Epuisant. Voilà les mots qui me viennent en tête quand je pense à La nostalgie de l'ange.

Immortalisée par son âme d'adolescente de 14 ans, Susie Salmon observe, depuis un paradis façonné à l'effigie de ses rêves d'antan, sa famille en deuil et son redoutable assassin. Sur ces bases narratives simples, La nostalgie de l'ange entremêle les intrigues, superpose les enjeux dramatiques et multiplie les personnages. le travail d'Alice SEBOLD est à ce titre impressionnant dans son jusqu'au-boutisme, quasiment chaque dénouement étant mis en perspective avec un autre. Une manière inconsciente, sans doute, de relier directement le monde des morts et celui des vivants. Les tous premiers passages de la nostalgie de l'ange sont particulièrement émouvants, ils montrent les disponibilités observatrices, émotionnelles et réactives d'une jeune adolescente dont le destin terrestre bascule suite à un abus de curiosité. de l'autre côté une vision d'ensemble de tous les êtres vous ayant choyés ou terrorisés s'avère révélatrice. L'entre deux mondes permet de capter tout en délivrant des passages magnifiques dont certaines significations restent à définir la détresse, l'angoisse et la sensibilité à l'état pure de ceux que l' on perçoit toujours mais dans un monde virtuel. Un nouvel état révèle le pain béni des philosophes, le retrait. Celui permettant de s'imprégner à distance dans un contexte encourageant la soif de continuer un monde vous ayant brutalement congédié.

La nostalgie de l'ange s'éloigne très vite des livres de fantôme traditionnel; pas des draps en mouvement ici, ou des portes qui claquent dans la pénombre. Susie communique émotionnellement avec ses proches, et ses propres états d'âme (tout ce qui lui reste, en somme) influent tacitement sur leurs agissements. Affichant un goût prononcé pour le surréalisme, Alice SEBOLD a l'audace de ne pas poser de mot précis sur les phénomènes ici relatés, et signe comme si de rien n'était le roman fantastique le plus plausible qu'on ait pu lire depuis longtemps. de fait, l'argument fantastique en lui-même n'est pas ici le principal centre d'intérêt de l'auteur. Car La nostalgie de l'ange a choisi de souligner le basculement d'un rêve américain idéalisé vers une société consciente de sa propre déchéance, appelée à se complaire du jour au lendemain dans une relation d'amour-haine avec la figure du serial killer. Pertinente, l'auteur confronte tout au long de la nostalgie de l'ange deux imageries antinomiques, jusqu'à balader son "ange" dans les souvenirs macabres de son croquemitaine. Il était pourtant tentant, dans ce contexte, de pencher pour un roman d'enquête conventionnel ou bien un drame pur et simple. Mais Sebold n'avalise aucune de ces options, ou plutôt les avalise toutes deux simultanément, un genre nourrissant l'autre de manière souvent imprévisible.

En ce qui concerne les personnages, c'est sans doute Jack Salmon, le père de Suzie, qui m'a le plus touché. Depuis la mort de sa fille, il fait tout pour retrouver le corps de sa fille et par la même occasion son meurtrier. Jack, meurtri par ce drame, n'a plus que Suzie en tête et se morfondre sur lui-même.
La soeur de Suzie est aussi un personnage incroyable. Après le drame, elle devra subir le malheur de son père, devra en quelque sorte prendre la place de Suzie - irremplaçable dans le coeur de son père, pense-t-elle - et être identifiée aux yeux de tous comme "la soeur de Suzie SALMON". Mais malgré tout ça, elle aimait sa soeur et est prête à tout pour retrouver son meurtrier. C'est ce qui d'ailleurs, la rapproche de son père.

Pour ce qui est du style d'écriture, je dirais qu'il impose chez le lecteur un certain malaise, une angoisse profonde et persistante, c'est tendu et assez frustrant, à l'image de la scène où Harvey invite Susie à visiter son "coin pour enfants", le théâtre de sa destinée fatale. On sait d'avance ce qui va se produire, et on est là, impuissant devant cet événement horrible, tragique qui va bouleverser sa vie ainsi que celle du monde qui l'entoure.

J'ai trouvé qu'il y avait certains moments de vide dans le roman. Mais Sebold a su exploiter en quelque sorte ce vide, le remplir avec des phrases en suspens, des murmures, des sous-entendus... Elle est là la merveille : elle a rempli du vide avec du vide. Et puis ces phrases qui marquent : "Salmon, comme le saumon, prénom : Susie" "Tu es la fille Salmon, c'est ça ?" "Tu es magnifique, Susie Salmon". C'est étrange, c'est beau, c'est poétique. Un roman d'une élégance rare et d'une finesse exemplaire.
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BillDOE
  10 juin 2020
Susie Salmon, quatorze ans, kidnappée, violée, tuée, démembrée, observe depuis le paradis qu'elle a rejoint, sa proche famille et ses amis qui se débattent devant l'horreur de la situation à laquelle ils sont confrontés. Ces derniers essayent de faire face en continuant à « vivre ». le temps passe. Son meurtrier n'est autre que le voisin de ses parents, un homme perturbé et solitaire qui fabrique des maisons de poupées, un être invisible, sordide.
Alice Sebold raconte cette histoire tragique avec toute la magie d'un conte et enchante le lecteur mal grès la dureté du propos. le tour de force de cette auteure est d'avoir réussi à écrire cet horrible fait divers et ses conséquences sans qu'à aucun moment la haine n'y ait sa place ou n'y soit mentionnée. La narration angélique de Susie, du haut de son paradis, ne juge personne. On ne lit que sa nostalgie de ne plus pouvoir partager des moments de vie avec son proche entourage terrestre.
« La nostalgie de l'ange » est un premier roman dont l'écriture est parfois maladroite, embrouillée, mais cette histoire est tellement prenante, remue tellement de sentiments que l'on en oublie les failles techniques pour ne retenir que la force et la beauté des émotions que l'on ressent à la lecture de cette chronique.
Il y a caché, un message d'espoir pour les personnes confrontées directement ou indirectement à la mort. Chacun y trouvera le sien.
En tout cas, on peut être rassuré…
Traduction de Edith Soonckindt.
Editions J'ai lu, 348 pages.
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Cette critique peut heurter la sensibilité de certains lecteurs.
Hugo
  29 juin 2016
Je me souviens que c'était en primaire que j'ai appris quel était le mot le plus long de l'alphabet français, grand fan des dictionnaires, allez savoir pourquoi j'étais fan de ce gros bouquin que je trouvais particule lièrement fascinant ? C'est en CP que je reçu mes premières lunettes, diagnostiqué bigleux par la façon dont je tenais mes cahiers : bras tendu pour y lire quelques formes géométriques, échappant complètement les années précédentes à mon instit de maternelle qui décida par expérience de convoquer ma mère pour lui faire part de son inquiétude grandissante quant à ma difficulté d'enfiler les perles dans le fil…

inquiétude qui perdura quelques années plus tard mais plus avec des perles, suivez mon regard les chaudasses… Bref je mettais 10 piges de plus qu'avec les coquillettes que je confectionnais de mon amour enfantin à ma mère que je vénérais comme une maman…

Donc me voilà en CP dans ce nouvel espace immersif dont j'ignorais tous les mystères, plein de curiosité, doué en lecture mais pas en ponctuation, trop impatient de montrer que je savais lire, il était fondamental que je prouve à mes copains ce talent dont j'ignorais l'existence jusqu'à présent… et le soir venu, sur le chemin de l'école, je croisais l'église de ce petit village avec son paratonnerre perché au sommet de cet édifice dont la croyance éphémère berça mes illusions de petit blond pendant quelques années… Nous vivons chez ma grand-mère maman et moi, un mariage à la con, un divorce encore plus à la con, et nous voilà de retour chez mémé… Je m'empressais de faire mes exercices d'écriture, puis je me ruais sur le dictionnaire pour y chercher ce mot dont Nicolas m'avait parlé dans la cours de récré, fier de sa découverte dont ses parents avaient dû lui souffler l'existence :

- Tu sais c'est quoi toi le mot le plus long ?
- Non c'est quoi ?
- Anticonstitutionnellement

Tout cela m'échappait, mais le dictionnaire allait pouvoir m'éclairer sur la question, et puis en fait pas vraiment, le CP avait eu raison de mon jeune âge pour que j'y comprenne quelque chose de vraiment passionnant…

Chaque matin, maman me déposait en deux chevaux devant l'école, je me souviens que Dutronc braillait ses cactus partout l'habitacle, et Sardou parlait des seins doux de sa mère, je connaissais les paroles par cœur, avec mon cartable sur le dos et ma trousse à billes, je rejoignais les copains à l'entrée… on se marrait bien avec les copains, dans l'insouciance de notre enfance…

Je me souviens qu'à la cantine, on nous filait à bouffer des trucs pas très bandants, les endives en tête de liste des trucs qui me font gerber direct, amère de par leur gout, il m'est encore impossible aujourd'hui d'y tremper ma langue, fort heureusement j'aime les moules, et n'est ce pas le plus important ?

A cette époque je voulais devenir éleveur de dauphins, je jouais à sous le préau, dans ma solitude, imaginant mon bateau chevauchant les lagons turquoise invitant les dauphins à me suivre dans mon imaginaire de môme, convaincu de mon ambition précoce trop vite rattrapée par une réalité plus capitaliste des années après, quel chiotte…

Grandir n'a pas pas grand intérêt quand tu n'as pas connu la peau douce d'une femme sous tes doigts avisés d'enfileur de perles à la con pour confectionner des colliers, respirer sa douceur et cette grâce délicate au courbes à variation brachistochrome sa mère, frémissant sous tes coups de langues, s'orgasmant après quelques années sous tes coups de bite, gâchant d'une façon vulgaire cette histoire toute mimi, à verser sa nostalgie sur le clavier azerty, mais ne pouvant terminer sans romantisme, alors les filles je vous offre ce bouquet de volubilis au parfum de mes lubricités les plus sincères….

A plus les copains et merci d'avoir participé en me donnant tous ces mots à la con...

PS : Qui c'est qui a été au festival d'Hellfest cette année ?
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Gwen21
  29 octobre 2019
"La nostalgie de l'ange" est un roman un peu étrange ; normal, me direz-vous, puisqu'il s'agit à la fois d'un thriller et d'un récit paranormal. Véritable best-seller plébiscité par le public anglo-saxon, il semble un peu moins réputé côté francophone.

Susan est une enfant de quatorze ans assassinée et découpée en morceaux par un serial killer. Un pitch dévoilé dès l'incipit et qui peut étonner mais pas longtemps quand on découvre que l'action se situe aux Etats-Unis.

Le réalisateur Peter Jackson ne s'est pas trompé quand il a flairé le potentiel cinématographique de ce roman qui lui a permis de tourner "The lovely bones" : une famille américaine standard, une zone pavillonnaire aux pelouses impeccablement tondues avec des vélos renversés qui y traînent et des niches à toits tuilés, un pavillon dont la cuisine embaume les effluves d'une délicieuse apple pie tout juste sortie du four et un étage qui résonne des chamailleries d'une fratrie turbulente. La petite Susie aura donc été spoliée de son american dream par un psychopathe, l'occasion pour Alice Sebold de construire un roman autour des interactions entre les morts et les vivants. Entre les lignes, la quête de justice, l'envie de retrouver et de châtier le coupable, le besoin de savoir où est désormais la défunte se profilent en développements plus ou moins heureux.

J'ai globalement apprécié la lecture de "La nostalgie de l'ange" mais je reproche à l'auteure les stéréotypes facilement employés ainsi que le dénouement à l'américaine. le monde du paranormal mérite mieux à mon avis qu'un scénario pré-mâché même si, au final, les pages se tournent toutes seules. J'ai aussi trouvé quelque peu macabre son insistance à vouloir décrire les sévices subis par Susie, un manque de subtilité que je juge racoleur.

Le réel intérêt de ma lecture est le questionnement amené par cette question : comment survit-on à la perte d'un enfant ? A plus fortes raisons dans des conditions criminelles ? Le roman traite ce sujet mais de façon trop superficielle à mon goût, le tort d'Alice Sebold est peut-être d'avoir voulu juxtaposer du suspense à l'approche psychologique ?


Challenge MULTI-DÉFIS 2019
Challenge PLUMES FÉMININES 2019
Challenge USA
Challenge BBC
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gouelan
  05 janvier 2020
Suzie petite fleur
salie par le voisin
en pluie rouge sous la terre
tes pétales déchirées

La neige morte
silence ton cri
dans le champ de maïs

Tes cahiers éparpillés
laissent échapper un mot doux
plié en quatre
origami d'un avenir amoureux
broyé

Suzie
tu t'envoles
dans l'entre deux
entre ciel et terre
comme sur le dessin de ton petit frère

Tu souffles la nostalgie de l'ange
faisant tinter ton bonnet clochette
dans le coeur de tes proches

Tu frôles la vie
d'une blessure de cristal
coquelicot ou bleuet

« - le soupçon d'un père...
- ... a autant de force que l'intuition d'une mère. »

Ton absence
tapage le silence
cogne les nuages
aussi fort que les lierres
qui enserrent « entre coeur et pierre »
à l'ombre
du temps perdu
éclaté


« Parce que l'horreur sur terre est réelle et quotidienne. C'est comme une fleur ou le soleil, rien ne peut l'empêcher d'être. »

Un jour tu choisiras de t'éloigner
séparée des tiens
par la porte des anges
si fragile
que tu entendras encore
bruisser leurs coeurs
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florencem
  20 avril 2014
C'est à la suite de la sortie du film "Lovely Bones" de Peter Jackson que j'ai eu envie de lire le roman de Alice Sebold. le film m'avait beaucoup touché et malgré le côté sordide et douloureux, je m'étais dit qu'il serait dommage de passer à côté de cet ouvrage aux très bonnes critiques et qui plus est un best seller.

Pour ceux qui ont vu le film, je dirais que les deux tiers du roman n'ont pas été une "découverte". Même si certaines choses ont été enlevées, l'essentiel était là. Mais une fois n'est pas coutume, le roman est plus riche notamment par la présence de tout les personnages secondaires qui ont disparu dans l'adaptation cinématographique. Et en un sens, je trouve cela dommage. D'une part parce que j'ai beaucoup aimé ces personnages qui même s'ils ne sont pas très souvent présents sont pourtant manquants. Et d'autre part parce que je trouve important de montrer la disparition de quelqu'un ne touche pas seulement la famille.

Le viol et le meurtre de Suzie n'est pas un secret. le résumé du roman comme les toutes premières pages nous mettent tout de suite en condition. Et j'avoue que les premiers chapitres sont assez durs à lire. le drame que subit Suzie, l'horreur de son viol puis de sa mort... Sans compter le déchirement de sa famille. le pire est sans doute les passages où Suzie "espionne" son meurtrier. Écoeurant et malsain. Mais fort heureusement, ces derniers se dissipent et l'auteur se focalise sur Suzie et ses proches, famille, amis, connaissances et sur leur façon à tous de vivre cette épreuve. Tout est très touchant, à fleur de peau. Chacun à sa manière de réagir. Alice Sebold a très bien su mettre cela en valeur. On ne peut pas rester indifférent. D'autant plus que contrairement au film, nous voyons les personnages grandir. C'est peut-être même cela qui m'a le plus plu. Ne pas se cantonner aux quelques mois d'après la mort de Suzie.

Fait, sans doute étrange, mais c'est à Lindsey, la petite soeur de Suzie, Buck, son petit frère et à son père Jack que je me suis le plus attachés. Suzie n'évolue pas vraiment étant "coincé" dans l'âge où elle est morte et n'étant plus qu'une spectatrice. du coup, elle semble assez "effacée" alors qu'elle est la narratrice. C'est peut-être la seule chose que je reprocherai au roman, en un sens. le fait de ne pas avoir pu aimer Suzie comme il le faut, d'être plus proche d'elle. J'ai été plus réceptive à la douleur de ses proches, au combat sans cesse mené pour vivre avec ce manque, les questions qui restent sans réponse, l'obsession de retrouver le tueur, de retrouver le corps… de faire le deuil. Ce deuil si bien mené dans l'histoire. Aucun des personnages ne le vie de la même manière. Et pourtant, on les comprend toutes. Même les actions d'Abigail ne m'ont pas paru étranges.

En ce qui concerne la fin, elle était… pas inattendue, mais je ne sais pas… comme pour le film, même s'il y a une certaine justice, de l'espoir, j'aurais aimé quelque chose de plus « tranché ». On reste avec une pointe d'ironie en quelque sorte, un coup du sort. La boucle est ainsi dire bouclée car l'histoire aussi commence par un coup du sort.
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musaraneus
  18 juillet 2019
Décembre 1976, Susie Salmon, 14 ans, quitte le collège pour rentrer chez elle. Dans le champs de maïs qui jouxte le lotissement, elle croise George Harvey, ce voisin étrange qui fabrique des maisons de poupées. Il veut lui montrer l'abri sous terrain qu'il a construit dans le champ. Sans se méfier, Susie consent à le suivre dans ce qui deviendra le lieux de son assassinat.
Dans son paradis, la jeune fille observe la vie sur terre : le chagrin de sa famille et de ses amis, la difficulté à accepter sa mort, à reprendre le cours de leur vie.
Un beau roman sur le deuil, avec un portrait assez fin des banlieues résidentielles américaines en toile de fond.
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sabine59
  17 janvier 2019
L'idée d'un mort qui observe son entourage vivant avait déjà été exploitée par Didier van Cauwelaert dans un de ses romans. Mais l'humour était très présent. Ici, les émotions, le chagrin, la mélancolie sont plus vifs.

le titre, très délicat, tout comme l'histoire, nous laisse entrevoir le thème de ce livre. Susie, 14 ans, a été violée et assassinée par un psychopathe. Un constat de départ terrible. Depuis là-haut , elle continue à nouer un lien fragile avec sa famille, tout d'abord écartelée, en souffrance, à sa mort. Elle qui connaît tout des événements ne peut qu'assister, impuissante, au déroulement de l'enquête et aux réactions de chacun.

Elle devra attendre que sa famille panse ses blessures, et accepte de poursuivre son chemin sans elle, pour pouvoir, elle aussi, rompre le lien douloureux avec ceux qui lui sont chers.

J'ai été très émue, Susie est fort attachante, et même si on ne croit pas à cette présence des morts parmi les vivants, on ne peut qu'être en empathie avec ce regard d'ange si tendre et bouleversant. Un beau roman sur le deuil, la résilience.
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verobleue
  17 avril 2015
« La nostalgie de l'ange » d'Alice Sebold, est un récit fantastique à une voix : celle d'un ange : Susie, disparue tragiquement à 14 ans.

La nostalgie, c'est ce qu'elle ressent lorsqu'elle tourne les yeux vers la terre, depuis l'antichambre du paradis, là-haut, celui où elle erre désormais en tentant d'accepter sa mort, en prenant conscience qu'elle doit dire adieu à tout ce qu'elle était. Elle observe depuis le ciel les évènements sur terre, sa famille et ses amis, qui tentent de continuer à vivre sans elle. Chacun évolue différemment, tente de surmonter ce terrible décès. Cette évolution touche également Susie qui, au paradis, mûrit.

Parce Susie est morte violée et assassinée. Parce qu'elle laisse derrière elle, un père anéanti, une mère déboussolée, une soeur inconsolable sans parler du petit frère. Et tous doivent apprendre à surmonter l'horreur, la douleur et la peine pour réapprendre à vivre. Elle aussi, doit faire la paix afin de trouver sa place dans ce nouvel univers et devenir un ange serein et apaisé.
Le lecteur partage ses visions, ses souvenirs et ses réflexions, tout ce que le monde lui inspire, toute une palette d'émotions : peine, déni, joie, sérénité, peur et émerveillement.

Un douloureux apprivoisement du deuil, plus violent encore, lorsque la mort, comme dans ce cas, est certaine alors qu'aucun corps n'a été retrouvé. Il y a une enquête, qui piétine pendant des années, autour d'un meurtrier psychopathe et qui permet au lecteur d'approcher son machiavélisme horrible.

Sans violence ni sentimentalisme déplacé mais avec douceur, empathie et une touche d'humour, Alice Sebold aborde le travail de deuil d'une manière sensible et simple, avec la légèreté des mots d'une adolescente.
Une belle histoire sur la difficulté du deuil et le combat pour la vie de ceux qui restent car un tel drame fait tellement de victimes !
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