AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2812604891
Éditeur : Editions du Rouergue (06/03/2013)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Comédienne dans les plus grands théâtres publics, Samira Sedira se retrouve à 44 ans en fins de droit, faute d’engagements, et obligée de faire des ménages pour survivre. Fille de travailleurs immigrés algériens, elle est alors renvoyée brutalement à ses origines sociales, elle qui croyait s’en être échappée. Dans ce journal du désenchantement, elle croise les fils de sa mémoire familiale, son quotidien de bonne à tout faire et son amour pour le monde du théâtre. >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
de
  09 mars 2013
J'ai mal à Platonov
Petite ampoule restée allumée, « la servante », assure la permanence des planches, du théâtre. La servante c'est aussi le nom de la femme dans le travail domestique chez autrui « Franchir le territoire privé, l'intérieur méprisable ». Ce travail avilissant « Toujours les mêmes gestes. Indéfiniment. de la lente dépossession de soi », ce travail de ménage toujours à recommencer, cet agencement de gestes et de dégoût « Personne ne devrait en arriver à passer ses journées à laver la souillure des autres ».
Le passé comme rupture dans les lieux, les existences, surtout pour la mère, l'installation en France, puis l'appartement en cité. La mère et son corps « Sans doute charge-t-elle son corps de dire à sa place ses peurs, ses doutes, la question obsédante de son identité troublée ». Sans oublier l'histoire du mariage, de ce lien, de ce trop, imposé à la mère, comme sera imposé le départ. le hier passé c'est donc l'Algérie.
Le passé moins passé, ce sont les premières vies en France, et des images marquantes, comme cette visite avec le père au bidonville « Là finissait le bidonville. Là aussi commençait l'autre monde, avec sa ville, ses habitants, et ses chaussures propres ». Un récit comme à distance mais des regards chaleureux envers ces deux proches.
Et la lourde fatigue de ces nettoyages « La fatigue m'empêche aussi de réfléchir. C'est le plus terrible. Ma tête se vide, s'assèche, rien à y mettre, rien qui s'y passe, un grand hall vide et froid », l'accablement d'une activité dévalorisante « Et la déprime qui guette, le mépris de soi, la culpabilité ». le quotidien des femmes précarisées et la mémoire des gestes de la mère. Les surgissements des différents passés en miroir « je me vide, c'est sans fin, au fond de l'évier, tu es là, tes yeux noirs immenses me fixent dans l'eau trouble, tes traits peu à peu se mêlent aux miens, tu es là, toi et la répugnante condition dont tu me fais l'héritière »
Et le souvenir du théâtre « Dans ma robe légère, j'aillais rejoindre mon obscurité, ma nuit à moi. J'allais au théâtre ». le théâtre comme activité, comme source d'être, de joie.
Un livre de « celle avec qui on aime parler la nuit », un récit sur ce « seul métier qui donne droit au don d'invisibilité », une histoire de déracinement et d'espoirs relégués dans un tiroir si personnel. Une écriture comme une arête soulignant le non visible, la réduction d'une femme au journalier répétitif, un retour de la lumière à l'ombre.
Une écriture dépouillée qui induit la présence, l'émotion. Des regards de femme sur soi, sur la mère, etc. Peut-être cette femme croisée dans l'escalier, dans le métro…
L'odeur palpable de la souffrance, de l'émotion, du corps travaillant, du quotidien qui se délite ; l'odeur enfouie du théâtre comme espoir. A découvrir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
charlottelit
  06 mars 2017
la vie épouvantable menant à la dépression de certains émigrés en France surtout de certains Algériens rescapés de la guerre terminée en 1962.
dépression des Mamans, envol d'une fille vers le théâtre puis chômage ...
écriture dépouillée : on entre dans cet univers cruel ; on n'en ressort qu'à la dernière page. à lire absolument. Nous montre aussi le monde des femmes de ménage épuiisant ; je ne veux pas dévoiler l'histoire mais elle est riche

Commenter  J’apprécie          70
SophieLesBasBleus
  22 avril 2015
Hier soir j'ai voulu commencer "L'odeur des planches" de Samira Sédira genre "Juste quelques pages avant de me coucher"... A deux heures du mat', je tournais la dernière page. Je ne peux même pas dire que j'ai dévoré ce livre : c'est lui qui m'a dévorée. Les mots de Samira qui disent la souffrance de l'exil de soi, les mots de Samira qui disent l'amour, qui disent le mépris, qui disent... Non ! Les mots de Samira ne disent pas : ils sont, ils caressent, ils coups de poings, ils percutent, ils font mal, ils.... Mais que puis-je en dire moi de ces mots, avec mes mots ? Simplement que "L'odeur des planches" m'a remplie... Lisez-le ! Vraiment !
Commenter  J’apprécie          50
jbicrel
  17 décembre 2017
Ce livre n'est pas un roman, loin s'en faut ! c'est le réel le plus cru, le plus déprimant, le plus désespérant possible, un récit autobiographique aux chapitres brefs, entrecoupés de pages blanches comme des abîmes.
J'avais déjà lu le Quai de Ouistreham de Florence Aubenas et vu Moi, Corinne Dadat, un spectacle de Mohamed El Khatib mais je n'étais pas préparée aux premières pages de ce livre, elles ont failli me faire abandonner la lecture. Heureusement l'auteure a une plume qui lui permet de partager les affres de l'existence avec son lecteur jusqu'au bout. C'est qu'elle cumule les difficultés de sa jeunesse d'enfant d'immigrés algériens à La Ciotat au déclassement social lorsqu'après la naissance de son fils, elle ne parvient plus à retrouver un rôle au théâtre alors qu'elle jouait jusque là dans des théâtres subventionnés où elle gagnait jusque 4000 euros mensuels. Elle prend alors des heures de ménage, jusque quinze heures par semaine à dix euros l'heure et chaque journée devient un calvaire. "J'ai mal à Platonov" écrit-elle, se souvenant de Tchekhov et de son "Fou de Platonov" "C'est seulement maintenant que je peux en percevoir toute l'âpreté, car elle définit si justement ce que je ressens, l'état épouvantable dans lequel je me trouve.
J'ai mal à Platonov.
Du désenchantement de l'existence. Cette fois, à n'en pas douter, elle m'a touchée au coeur." (p 90) L'auteure, heureusement s'est maintenant fait un nom dans le monde de la littérature, juste retour des choses.

Lien : http://www.lirelire.net/2017..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Maryloo
  25 mai 2013
Samira Sedira est comédienne. Ce livre est son premier roman.
Elle raconte son enfance à son arrivée en France, la dépression de sa mère qui ne se s'intégrait pas comme les autres femmes par peur de montrer son ignorance. Elle expose également sa vie de femme de ménage lorsqu'elle n'a plus obtenue de contrat pour jouer vers l'âge de 40 ans. La honte l'a expulsé de son ancien milieu professionnel, de ces amis, de sa vie d'avant.
Le parallèle entre les deux époques est intéressant, elle comprend enfin le mal-être de sa mère car elle est aujourd'hui comme elle en marge du reste du monde par honte.
Écrit sans étalage de sentiment, ce petit roman est prenant.
Commenter  J’apprécie          20

critiques presse (2)
LeMonde   14 février 2014
En ce sens, L'Odeur des planches dépasse largement le théâtre. C'est un témoignage sur la grande crise d'aujourd'hui.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs   15 mai 2013
Elle dresse un beau et doux portrait de cette mère dépressive qui avoue, les larmes aux yeux, ignorer comment faire les courses ou signer un papier, et dont le seul luxe était le savon Lux Beauté, à l'odeur aussi tenace, dans la mémoire de sa fille, que celle des théâtres.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
claraetlesmotsclaraetlesmots   08 mars 2013
Un dimanche par mois mon père achetait le journal. Il s’asseyait sur le canapé, prenait une respiration profonde, tendait les bras droit devant et l'ouvrait pile au milieu. Il tournait les pages, s'attardait sur chacune d'elles, semblait y pendre plaisir. Un dimanche, il a ouvert son journal à l'envers, avec le gros titre en bas. Il a tourné les pages, s'est attardé pareil, puis l' a tranquillement refermé. Le monde a bien commencé par là, puisque d'emblée il nous a séparés des astres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
rkhettaouirkhettaoui   24 mars 2013
L’homme est le maître de son destin, c’est ce qu’on dit, du moins une partie d’entre nous, car il y aussi les adeptes de la guigne, ces prophètes assommants, ceux, nombreux, qui pensent que les hommes sont les jouets de la fatalité.
Commenter  J’apprécie          60
dede   09 mars 2013
La fatigue m’empêche aussi de réfléchir. C’est le plus terrible. Ma tête se vide, s’assèche, rien à y mettre, rien qui s’y passe, un grand hall vide et froid
Commenter  J’apprécie          90
rkhettaouirkhettaoui   24 mars 2013
J’ai toujours pensé que le théâtre ne pouvait rien changer à l’évolution du monde, qu’en réalité il ne servait à rien. Mais il était ma vie. L’art nécessaire de l’inutile ; une vie entière consacrée à ça. Il y a dans cette façon qu’ont les acteurs d’être ensemble, une vision commune du monde, un amour commun, le même pour tous : le sens profond des mots, le miracle de la parole lumineuse.
Commenter  J’apprécie          20
livreclemlivreclem   13 avril 2013
Elles pouvaient bien vivre dans le passé si ça leur chantait, nous, nous avions encore notre jeunesse pour courir jusqu'à nos rêves.
Commenter  J’apprécie          60
Videos de Samira Sedira (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Samira Sedira
Comment Samira SEDIRA est-elle devenue écrivaine ? Comédienne devenue femme de ménage devenue autrice, Samira Sedira suit chaque jour sa devise : « Deviens ce que tu es : une femme libre. » Extrait de l'émission "Mille et une vies" diffusée le 18/10/2016 sur France 2.
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Couples célèbres de la litterature

Julien Sorel

Louise de Renal
Maguerite Gautier
Ariane
Camille
Celimene

10 questions
469 lecteurs ont répondu
Thèmes : roman , théâtreCréer un quiz sur ce livre