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EAN : 9782812610295
137 pages
Éditeur : Editions du Rouergue (02/03/2016)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 28 notes)
Résumé :
À 45 ans, Majda se réfugie chez ses vieux parents d’origine immigrée, après un séjour en hôpital psychiatrique. Fille aînée d’une fratrie de sept enfants, la seule à avoir fait des études universitaires, elle aurait dû pourtant s’élever dans l’échelle sociale. Durant le mois d’août, alors qu’elle reste confinée dans le petit appartement familial d’une cité du Var, on revisite avec elle les non-dits familiaux, notamment le drame vécu dans son adolescence.
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
joedi
  08 mars 2018
Majda, l'aînée d'une fratrie, elle a six frères, est née d'une mère tunisoise et d'un père algérois.
Majda est une jeune adolescente quand l'aîné de ses frères incite trois de ses copains d'école à la harceler jusqu'au jour où cela va trop loin. Maja fait des études universitaires mais reste marquée par les traumatismes subis pendant l'adolescence. Un jour de sa quarante-cinquième année, elle déambule, pieds nus, sur la route ; heureusement une âme charitable la dépose à l'hôpital psychiatrique de la localité. Les parents sont appelés. Chez eux, Majda, sous traitement médicamenteux, se reconstruit ; les non-dits sont abordés ...
Belle écriture.
Lu dans le cadre du Festival et Prix Horizon 2018 du 2e roman de Marche-en-Famenne (Belgique).
Commenter  J’apprécie          470
beatriceferon
  30 novembre 2016
Majda erre sur une route, les « pieds nus ; ses joues noires de crasse. » C'est un routier qui la recueille et l'amène à l'hôpital psychiatrique. Les parents, tétanisés, ne savent que faire pour cette femme de quarante-cinq ans qui a perdu la tête et délire. Qui penserait à vider l'abcès d'un lourd traumatisme qu'a vécu Majda pendant son enfance et que personne n'a voulu soulager ?
Le roman de Samira Sédira est assez court (138 pages) et découpé en chapitres brefs, dont les titres m'ont souvent intriguée. Je n'ai pas toujours compris leur rapport avec le contenu.
L'histoire est narrée par un narrateur extérieur, sans aucune marque d'émotion. Cela m'a semblé vraiment dur, tout particulièrement dans certains passages qui, pour moi, étaient à la limite du supportable. L'auteur nous les présente sur le ton d'un constat banal, presque anodin : « On mélange tout le monde, les dépressifs avec les schizophrènes, les débiles mentaux avec les suicidaires, les trisomiques avec les paranoïaques, un peu comme dans un souk, on trouve de tout et le choix est vaste », ou encore « les deux autres l'encerclent aussitôt, la bousculent, lui collent du chewing-gum dans les cheveux, lui assènent des coups de coude entre les omoplates, elle laisse faire, la gorge nouée, rien que du coutumier, du familier, son chemin de croix. » le ton est neutre, détaché, celui d'un observateur objectif. Mais cette mise à distance m'a perturbée et plongée dans un certain malaise. Cette froideur, j'ai eu du mal à la supporter. Par exemple, les moments consacrés à l'hôpital psychiatrique m'ont touchée personnellement. Je devais m'obliger à y entrer et m'y sentais oppressée.
Les paroles, dialogues, monologues intérieurs ne sont introduits ni par des guillemets, ni par un tiret, comme c'est l'usage. Seules des italiques les traduisent. C'est assez déconcertant.
En lisant des commentaires écrits par des lecteurs, je découvre qu'ils trouvent Majda « attachante » ou « proche » d'eux. A moi, elle paraissait totalement détachée d'elle-même. Un épisode nous la montre qui, pour échapper à une situation tragique, s'oblige à sortir de son corps. Il me semble qu'elle ne l'a jamais réintégré, qu'elle reste en retrait d'elle-même, et, par conséquent, de nous aussi. Il y a, ainsi, une forte opposition entre les frères, insultés par des condisciples, ce qui les rend « dingues, pas un jour sans hurler leur rage à coups de poing, à coups de pied » et Majda qui, frappée, injuriée, brimée, pratiquement torturée, « ne disait rien à personne, ni aux parents, ni aux enseignants », semblait s'effacer, disparaître .
De même, petite, elle tentait, par tous les moyens, d'attirer l'attention, la tendresse de sa mère . Toutefois, elle ne dit pas un mot, adopte une attitude de soumission, voire de servilité. Elle se réfugie en elle-même, portant un « masque de neutralité minérale [qui] ne laissait jamais rien paraître du bouillonnement rageur qui parfois pouvait la tenir éveillée plusieurs nuits d'affilée. Nul ne pouvait se douter qu'une moitié d'elle se serait damnée pour obtenir une caresse, une misère, quand l'autre moitié aurait tué de sang-froid celle qui, invariablement, la lui refusait. » Ce comportement, quoique compréhensible, ne contribue pas à nous la rendre proche.
L'histoire m'a paru intéressante, mais pas neuve, inattendue, originale. J'en avais déjà lu une similaire sous la plume de Malika Madi dans « Les silences de Medea », qui m'avait beaucoup plus touchée.
Mon avis est donc mitigé.
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Commenter  J’apprécie          31
de
  19 février 2016
La menthe s'assèche, le thym noircit. le cactus, lui, est intact
Majda et Rose. Un sursaut d'angoisse. Une femme et sa vie.
Un appel téléphonique, la mère Fouzia, un appel d'un hôpital psychiatrique… le présent troublé. Une histoire banale et spécifique comme celle de milliers de vie de femmes.
Retour sur l'enfance. Retour sur l'immigration, « On les a vus débarquer dans les ports, sous le soleil frileux du matin, si fébriles qu'ils n'arrivaient pas à boutonner leurs vestes froissées ». Majda et les enfances, les naissances, les garçons, « Quand on est, comme elle, affamée de caresses, avoir l'illusion d'être aimée vaut toujours mieux que la certitude de ne pas l'être », les tâches domestiques et « maternelles », la « neutralité minérale » et le bouillonnement rageur qui rend le sommeil impossible…
Hôpital, « Il y a des hurleurs, des chuchoteurs, des discrets, des touche-à-tout, des mutiques, des baveux, des apeurés, des fraichement débarqués et ceux qui sont là depuis la nuit des temps », celles et ceux qui ont basculé dans cet autre monde, « chacun oeuvre au maintien du fragile équilibre et occupe son temps d'une étrange façon », les médicaments pour « briser le délire », Fouzia et Ahmed, regarder cette fille devenue autre, « Ils ne reconnaissent pas la personne qui leur fait face, cet être rétréci qui dit des choses bizarres »…
Ahmed le père qui « faisait acte de résistance en refusant de se désigner comme garant de la loi », sa propre enfance et l'épicière, « une cavité si mouvante qu'il n'en trouverait jamais le fond »…
Majda, la puberté, la loi des frères, la loi du frère Aziz, les railleries, les coups, « son statut était réduit à son plus simple effet », elle était une fille, la défense de l'identité communautaire fantasmée « pour la tranquillité, et le sommeil de tous ».
Samira Sedira construit son récit comme aller-retours entre l'hôpital et le passé, entre cette femme qui a perdu la tête et la vie volée, la douleur lue par les parents et « la calvaire des nuits cousues de blanc », le brossage des cheveux et l'ivresse d'être enfin caressée, les livres, les garçons, la jupe soulevée, le pire, « Majda ferme les yeux. le mieux est encore de s'absenter », la dissociation de son propre corps, « On peut très bien respirer, et être morte »
S'échapper. Les études, la vie indépendante et « un jour quelque chose a rompu dans sa tête », le secret bien gardé, le silence…
Retour au passé, la douleur, le médecin, « Fouzia avait immédiatement compris qu'on avait fait du mal à son enfant », le rien faire, le rien dire, l'étouffement des bruits « jusqu'au dernier murmure »…
Un silence clôturant une existence, « comme un insecte pris dans la pierre d'ambre », une enfance dépeuplée, tenir à distance…
La vie, « je ne reviendrai plus », le silence assourdissant, les ténèbres, le rêve qui ne tenait pas ses promesses, s'éloigner de soi, l'angoisse, l'hôpital, les neuroleptiques, la perte de soi, le regard glissant sur les choses, « les bouches assassinent le silence à coups de langue », le chat flegmatique et l'oiseau…
Un juste récit, la vie après, la vie brisée, « Finir quand tout devrait commencer ». Une vie de femme. Majda.
Lien : https://entreleslignesentrel..
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Francedewepion
  20 février 2018
Lu dans le cadre du Festival et Prix Horizon du 2e roman de Marche-en-Famenne 2018 – (Belgique)
Le livre débute par 2 flashes : une femme sale, pieds nus, tire sa valise dans les flaques le long de la route. Dans son délire, elle demande à chacun qui la croise le chemin vers Babylone. Dans un bar PMU, deux femmes, Rose et Majda : celle-ci soliloque en finissant par hurler sa folie.
Majda se retrouve en hôpital psychiatrique où ses parents qu'elles n'a plus vus depuis longtemps sont appelés à venir la rechercher.
On remonte le temps : elle est l'aînée et la seule fille de la famille nombreuse de Ahmed et Fouzia venus du Maghreb pour s'installer dans le sud de la France. Elle adore la littérature, plus tard, elle fera même des études supérieures à Paris où elle s'installera et travaillera. le père, libéral, n'impose aucun des diktats que les autres familles de leur communauté imposent aux femmes.
Aziz, son frère devenu ado et ses copains vont la tyranniser car ils veulent qu'elle rentre dans le moule. Jusqu'au jour où cela dérape.
A 45 ans, quand Majda, convalescente, arrive dans l'appartement familial, on revient sur tous les non-dits, les secrets de famille, les rapports dans la fratrie, le jugement des autres. Bref tout ce qui l'a fait chavirer dans la folie. Les parents tentent comprendre et leur regard évolue au fil de l'histoire.
Une écriture incisive, forte, sans détour qui nous touche droit au coeur. Aucun jugement, juste une relation des faits tristes, certes, pour expliquer comment la folie peut naître chez quelqu'un.
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Marieemmy
  01 février 2018
À 45 ans, Majda se réfugie chez ses vieux parents d'origine immigrée, après un séjour en hôpital psychiatrique. Fille aînée d'une fratrie de sept enfants, la seule à avoir fait des études universitaires, elle aurait dû pourtant s'élever dans l'échelle sociale. Durant le mois d'août, alors qu'elle reste confinée dans le petit appartement familial d'une cité du Var, on revisite avec elle les non-dits familiaux, notamment le drame vécu dans son adolescence.
Ce livre est dur, long et je ne m'attendais pas à cela en voyant la couverture et le résumé.. Je m'attendais à quelque chose d'autre, d'un peu plus léger... Madja souffre de maladie mentale et tout le roman est basé sur sa souffrance et l'incapacité pour ses proches de l'aider...
J'ai eu du mal à arriver au mot fin....
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
KittiwakeKittiwake   28 avril 2016
Il y avait toujours, dans un livre, l’évocation de sa propre histoire, la preuve que l’humanité
partage les mêmes maux, la même désolation, la même impuissance à consoler ses peines. Il y avait toujours un livre, un mot, une phrase, quelque chose qui la réconciliait avec cette impuissance.
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joedijoedi   02 mars 2018
Majda, je suis fatiguée aujourd'hui, trop de travail. Elle était douée pour fendre les cœurs. Majda tombait régulièrement dans le panneau. Quand on est, comme elle, affamée de caresses, avoir l'illusion d'être aimée vaut toujours mieux que la certitude de ne pas l'être. Elle ne demandait pas la lune, un peu d'attention, une misère, un rien aurait fait l'affaire. Cette mère dont elle peinait à retenir le regard avait toujours une bouche à remplir, un besoin à satisfaire. Elle ne prenait jamais le temps d'un sourire, d'une étreinte, c'était une maman caca-pipi-bouillie, une qui se laissait dévorer sans rien dire, le jour, la nuit, les tétons violets d'avoir été trop tirés, le corps cassé de douleurs.

[ et cela dès ses huit ans, Majda accomplit les tâches ménagères même chez les voisines à qui sa mère la « loue » ]
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joedijoedi   03 mars 2018
Dans les yeux de la mère, une forme de fatalisme sacrificiel a remplacé l'angoisse. Elle sait qu'elle va devoir protéger son enfant. Elle accepte volontiers la tâche, elle est faite pour ça, la capitulation totale au profit de l'espèce. Ça donne la lune, une mère.
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dede   19 février 2016
Quand on est, comme elle, affamée de caresses, avoir l’illusion d’être aimée vaut toujours mieux que la certitude de ne pas l’être
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michelekastnermichelekastner   31 mai 2017
Dans cet échange de regards celés par les silences et les malentendus, tout se dit pourtant : l'amour des débuts, la grâce de l'enfance, la tendresse affolée dans ses yeux à lui, et puis le basculement, brusque, inexpliqué, comme un tunnel qui explose sous l'impact de la dynamite ; un jour qui aurait dû dérouler ses heures comme le précédent, et comme le suivant, un jour qui aurait dû être comme n'importe quel autre jour. Il l'avait aimée. Elle était sa seule fille, sa rareté. Certes, il n'avait jamais su trouver les mots pour lui exprimer ce sentiment, mais la tendresse de leur attachement mutuel, aussi peu démonstratif fut-il, était réel. Il l'avait aimée. Et puis il l'avait désaimée. Les yeux n'avaient plus vu l'innocence, mais la dépravation, la macabre métamorphose. Il avait eu beau lutter de toutes ses forces, il n'était pas parvenu à se débarrasser de cette pensée qui avait totalement "occupé" son esprit. Une pensée glacée, comme une chaîne de puits. Une effraction silencieuse. Une sorte de déprogrammation funeste de la raison.
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Vidéo de Samira Sedira
Samira Sedira "Murmure" 13 avril 2020 "Murmure": instantanés de confinement sur desmotsdeminuit.fr
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