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ISBN : 2362292010
Éditeur : Bruno Doucey, 2019 (03/01/2019)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
En 1972, Pierre Seghers confia à un éditeur belge, André De Rache, "très connu dans son pays mais insuffisamment en France", le soin de publier l'un de ses livres phares, Dis-moi ma vie.
Un demi-siècle plus tard, ce recueil revient en France pour revivre. Pierre Seghers s'y livre à un méticuleux travail d'introspection, s'adressant à sa vie, cette "émigrée » proche et lointaine, cette promise qu'il a « tenu dans [ses] mains d'homme".
Le fleuve de ses... >Voir plus
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
coco4649coco4649   06 novembre 2015
Dis-moi, ma vie, t'aurais-je traversée en songe comme un nuage
survolé de haut, toujours trop pressé pour te voir
Ou bien toi-même aurais-tu dérivé comme ces îles imaginaires
Ces Orénoques arrachées avec leurs arbres pleins d'oiseaux ?

Nous sommes-nous jamais rencontrés ? Dis-moi, ma vie
t'ai-je rêvée de temps en temps, t'ai-je tenue dans mes mains d'homme
à travers les saisons qui nous regardaient passer, toi et moi
T'ai-je blessée, éparpillée, ma propre poussière impalpable
Image au creux d'un miroir, inatteignable, s'effaçant ?

Où en serons-nous, toi et moi dans nos rencontres de mémoires
Sous nos griffures dérisoires qui nous ont mangé notre temps
Sous nos paroles chuchotées au creux d'une coupe qu'un rien renverse
Où tout se boit, où tout se voit, notre univers fut entrevu.

Était-ce une erreur monumentale ? Nous avions pourtant de beaux coffres
où brillaient nos noms. Ils furent remplis d'à peu près
D'insaisissable poursuivi, de feux lointains dans des villages
D'éventaires sur des presqu'îles... N'oubliant rien, oubliant tout...
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coco4649coco4649   07 novembre 2015
... Celui qui ne s'accepte pas et voudrait sortir de lui-même
vit dans le grès et dans l'obscur, à l'intérieur d'un cube étroit
sans portes, sans issues. Il a le silence pour graine
et pour ensemencer sa nuit, un geste entravé qui flamboie.

Celui qui tourne dans sa cage, et sa cage autour de lui tourne
la tête en haut, la tête en bas, le ciel a t-il ses polypiers
Au fond des mers, les courants vont-ils par rafales
sur des déserts de coquillages, des constellations de coraux ?

Celui qui s'arrête un instant, comme l'axe d'un gyroscope
s'incline et tombe. Il vivait du seul mouvement
Ébahi lui-même, objet de l'instable, inutile
Le jeu du monde l'animait. On l'avait lancé, depuis quand ?

Ce n'est pas facile d'être homme, entre des parois verticales
qui montent indéfiniment et se renversent tout à coup
Ce n'est pas facile de vivre, grain de limaille parmi les autres
De quel métal, tôt dispersé, poussière des flux et des vents.
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coco4649coco4649   07 novembre 2015
… Dis-moi, ma vie, t'étais-tu habillée d'oubli une fois pour toute
La griffe de ton tailleur était-elle ton passeport pour ton destin
Sentais-tu contre toi le doigt de Dieu parce qu'un petit coupeur des Flandres
Juif émigré, s'était servi de ses ciseaux ?

Je sais, nous échangions des paroles obscures
qui venaient d'autres expériences, nous auscultions un au-delà
toujours plus proche qu'il fallait à tâtons connaître
Toi me tendant la main, moi ne te voyant pas.
Il n'y avait ni meilleur ni pire entre nos distances et nos gestes
Mais nous. J'imaginais mes yeux vivants
dans celui qui me précédait, ne révélant mal que moi-même
dans ses laboratoires. Tu bifurquais de mon chemin
de temps en temps déjà. Tu m'engageais dans l'aventure.
Sur tes sentiers rien ne pesait, ton lait sauvage avait bon goût.
« Je ne t'oublierai jamais... » Paroles banales des rengaines
dans le théâtre d'une vie, quand le décor est plus profond
Est-ce vous qui revenez marteler les murs des ruelles
où je te cherche, où je t'entends. Il n'est ni passé ni présent
dans les plombs des vitraux, quand les tavernes de la vieille ville
rutilent de leurs vins secrets. Ce petit homme, où donc est-il ?
Maîtres des rats qui nous taillait de longs manteaux ?
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coco4649coco4649   04 janvier 2019
Je n'inventerai pas pour toi…


Je n'inventerai pas pour toi
une réalité nouvelle, je t'offrirai d'anciens tambours
creusés au feu, leurs lèvres retentiront de nos nouvelles
oubliées, la mémoire de leur langage
t'atteindra peut-être. Si tu as fui de ton côté
La citerne de l'enfance ne verra plus de son œil d'eau
le ciel en marche
et tu vivras dans le désert, en toi désert, sans un écho.
Au bout de tes doigts, je ne verrai plus l'impalpable
De la prison du sage, l'or de tes yeux s'échappera
Ni toi ni moi n'imaginions telles distances…

p.19
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coco4649coco4649   04 janvier 2019
Toi et moi…


Toi et moi,
comme les lettres d'un seul livre
comme le mot d'un seul langage,
une grammaire en mouvement
qui naît, grandit et meurt pour renaître. Indicible
pressenti et fuyant, le réel traversé
par la balle du temps quand le destin l'arrête
en frémissant. Ce n'était pas l'heure pour nous.

p.25
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Vidéo de Pierre Seghers
Bernard Lavilliers : La Gloire Paroles de Pierre Seghers
Mon beau dragon, mon lance-flammes Mon tueur, mon bel assassin Joli brute pour ces dames Mon amour, mon trancheur de seins Mon pointeur, mon incendiaire En auras-tu assez brûlé ? Des hommes torches et violés Des jeunes filles impubères
Broyeur de mort, lanceur de feu Rôtisseur de petits villages Mon bel envoyé du bon dieu Mon archange, mon enfant sage Bardé de cuir, casqué de fer Fusilleur, honneur de la race Plus rien ne repousse où tu passes Mon soldat, mon fils de l'enfer
Va dans tes bêtes mécaniques Écraser ceux qui sont chez eux Va de l'équateur aux tropiques Arracher le bonheur des yeux Va mon fils, bâtis, civilise Et puis meurs comme à Épinal Sur une terre jaune et grise Où nul ne voulait de mal
Broyeur de mort, lanceur de feu Rôtisseur de petits villages Mon bel envoyé du bon dieu Mon archange, mon enfant sage Bardé de cuir, caqué de fer Fusilleur, honneur de la race Plus rien ne repousse où tu passes Mon soldat, mon fils de l'enfer
Broyeur de mort, lanceur de feu Rôtisseur de petits villages Mon bel envoyé du bon dieu Mon archange, mon enfant sage Bardé de cuir, caqué de fer Fusilleur, honneur de la race Plus rien ne repousse où tu passes Mon soldat, mon fils de l'enfer
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