AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782358720564
265 pages
Éditeur : La Fabrique éditions (13/03/2014)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Spinoza avait un trou à son manteau. On avait tenté de le poignarder et son manteau en portait la trace.
La haine dont Spinoza fut l’objet est originaire. Dès la parution du Traité théologico-politique, une sainte alliance est scellée, garante d’un ordre moral menacé par la philosophie d’un homme libre. Dans ce livre, Ivan Segré s’intéresse aux derniers avatars de la réaction idéologique qui a pris Spinoza pour cible, et singuliè-rement aux penseurs juifs qui... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
de
  15 janvier 2015
Rendons-nous maîtres d'un souvenir tel qu'il brille à l'instant du péril
« Spinoza avait un trou à son manteau. On avait tenté de le poignarder, et son manteau en portait la trace. C'est devenu « le manteau de Spinoza ». »
Lecture voyage au pays du déconcertant. Une promenade sur des chemins escarpés, éclairés par le souffle de l'émancipation. Quelques indications, sans connaissances particulières en philosophie et en exégèse de textes religieux.
Ivan Segré propose une lecture critique de la lecture, d'un « théoricien bourgeois » du nom « juif », Jean-Claude Milner. Une lecture à la fois politique et une application d'un art méconnu, « l'art hébraïque de l'exégèse ».
Comme l'auteur l'indique dans son prologue : « Il y a donc au sujet du nom « juif » deux écoles non seulement antagoniques mais antinomiques : il y a d'une part les théoriciens bourgeois du nom « juif » qui prétende interdire, au nom de la « barrière » de la Loi, le devenir révolutionnaire du nom « ouvrier » ; il y a d'autres part les théoriciens ouvriers du nom « juif », qui prétendent que ce nom qualifie non pas le sujet d'une Loi, mais le sujet de la connaissance d'un dieu qui « fait sortir d'Egypte », et que vivre sous la conduite de sa connaissance est la loi du nom « juif », incompatible avec toute autre ».
Ivan Segré parle, entre autres, de l'ordre de la raison, « hétérogène à ce qui tient lieu de tradition et provoque une réaction de type policier », du sens implicite, intériorisant le sens explicite, du sens implicite qu'il faut entendre, de l'ignorance comme passion d'ignorer, de l'art de la lecture, de l'« élection », de circoncision, du consensus nationaliste issu de l'appareil d'Etat israélien, de l'Etat fondé sur une idée du bien commun, de contradiction, d'anachronisme et de contrevérité, « un animal trompeur se mord la queue. C'est son signe distinctif », de méfiance, « il y a lieu de se méfier de toute règle qui prétend transcender ce dont elle est la règle », du déductif et du littéral, de l'intelligence de la lettre…
L'auteur interroge « la différence de nature entre l'obéissance et la connaissance », parle d'amour et de joie, des affects augmentant « la puissance d'agir et de connaître », de puissance de la pensée, de « l'explicite audace du philosophe »…
J'ai notamment été intéressé par l'histoire du talmud, sa clôture autour du VIe siècle, « Il ne s'agit plus de penser dialectiquement la fidélité au mosaïsme mais de régir l'observance des fidèles ».
Ivan Segré analyse les rapports entre les trois religions monothéistes et une même forme d'adversité ou d'altérité, la philosophie. Il parle de dépossédés, de forces organisées, de liberté, « des hommes émancipés de la tutelle parentale », du « devenir des hommes libres », de l'arbre de la connaissance, de la connaissance en lieu et place de l'obéissance, de désastre réversible…
« Habiller la nudité est l'acte d'une reconquête subjective de sa liberté intérieure, l'acte d'une connaissance. le manteau troué de Spinoza symbolise la haine dont l'acte de connaissance est l'objet. C'est la haine de la Loi pour la connaissance. Haine bourgeoise »
Erudition et ironie. Une lecture passionnante, même lorsque l'on a de faibles compétences en philosophie. « L'histoire des idées est une discipline d'une ironie insondable »
Lien : https://entreleslignesentrel..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
stationstation   27 mai 2017
Pour que la semence du serpent cesse de produire son effet, il faut que l'humain se convertisse à la connaissance, qu'il répare la faute (tikoun). Et c'est le dernier mot de L'Éthique : nous ne connaissons pas la joie du bien parce que nous contrarions notre appétit de jouissance, mais c'est parce que nous en connaissons la joie que nous pouvons contrarier notre appétit de jouissance. La Loi et l'appétit de jouissance se nourrissent l'un l'autre, parce qu'ils procèdent d'une même cause : la passion de l'ignorance. Telle est la faute du premier homme, explique Spinoza : c'est au défaut de sa connaissance que se love le serpent, nouage maudit d'un homme et d'une femme, lorsque l'homme désire jouir de la Loi et la femme de sa transgression. "Ciel mon mari !" est la clé de l'amour "bourgeois".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
dede   15 janvier 2015
Il y a donc au sujet du nom « juif » deux écoles non seulement antagoniques mais antinomiques : il y a d’une part les théoriciens bourgeois du nom « juif » qui prétende interdire, au nom de la « barrière » de la Loi, le devenir révolutionnaire du nom « ouvrier » ; il y a d’autres part les théoriciens ouvriers du nom « juif », qui prétendent que ce nom qualifie non pas le sujet d’une Loi, mais le sujet de la connaissance d’un dieu qui « fait sortir d’Egypte », et que vivre sous la conduite de sa connaissance est la loi du nom « juif », incompatible avec toute autre
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
stationstation   27 mai 2017
Le vrai n'est pas relatif au faux, il est tel par lui-même ; de la même manière, le vrai n'est pas attesté par une Loi, ou bonne règle vérifiant qu'il est conforme à la Loi. Et ainsi en est-il du vrai bien. Le dieu a donc interdit à l'homme de mourir, c'est-à-dire de ne concevoir le bien que relativement au mal (scepticisme), ou de ne le concevoir que relativement à la Loi (dogmatisme). Il lui a interdit de méconnaître.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
stationstation   27 mai 2017
Un théoricien "ouvrier" désire que l'humain recouvre son bien, il sait y œuvrer, si nécessaire par la ruse. Un théoricien "bourgeois" s'imagine posséder un bien, dont il craint d'être dépossédé, si nécessaire par la force. Le théoricien "ouvrier" œuvre à la connaissance du bien, le théoricien "bourgeois" développe un arsenal policier.
Commenter  J’apprécie          00
dede   15 janvier 2015
Habiller la nudité est l’acte d’une reconquête subjective de sa liberté intérieure, l’acte d’une connaissance. Le manteau troué de Spinoza symbolise la haine dont l’acte de connaissance est l’objet. C’est la haine de la Loi pour la connaissance. Haine bourgeoise
Commenter  J’apprécie          00

Videos de Ivan Segré (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ivan Segré
Ivan Segré : la réaction philosemite 6
autres livres classés : excommunicationVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
330 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre