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Félix Jobbé-Duval (Illustrateur)
ISBN : 2203135670
Éditeur : Casterman (27/08/2004)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 391 notes)
Résumé :
Pauvre Geneviève! Sa triste enfance d'orpheline est couleur de la pluie... Entre son oncle injuste qui ne l'aime pas et son méchant cousin qui se plaît à la martyriser, la malheureuse va de chagrin en désespoir.
Mais patience, Geneviève! Ton cou-rage tôt ou tard sera récompensé, et dans ton ciel maussade brillera le soleil. Car après la pluie, dit-on, vient le beau temps...
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  13 février 2013
Voici le premier roman de la chère Comtesse que j'ai lu, je ne devais pas avoir beaucoup plus que 10 ans.
A cette époque, il est évident que je ne pouvais comparer la figure de l'héroïne, Geneviève, à aucune autre référence littéraire, mon bagage en la matière étant alors beaucoup trop mince. Depuis, il s'est légèrement étoffé et je ne peux, à relire cette oeuvre qui m'a émue et donné envie de dévorer le reste de l'oeuvre de Mlle Rostopchine, m'empêcher de rapprocher Geneviève de son aînée Jane Eyre.
Plusieurs d'entre vous diront légitimement et avec un brin d'exaspération : "mais pourquoi vouloir à toute force chercher des liens entre les oeuvres ? Laissons vivre les personnages pour ce qu'ils sont." Je plaide coupable, l'un de mes penchants est de me plaire à imaginer qu'un auteur, à l'instar d'un sculpteur, d'un peintre ou d'un compositeur, a subi l'influence constructive et enrichissante de ses confrères afin de pouvoir affiner un style bien à lui. le talent est un don qu'il faut développer dès l'instant qu'il est découvert. L'inspiration, quelle prenne le doux visage poétique d'une Muse ou soit seulement la volonté de se hisser à la hauteur des Maîtres, est une pulsion intellectuelle noble dont aucun auteur n'a à rougir. Au contraire, selon moi, il pourrait la revendiquer avec fierté.
On peut être inspiré sans pour autant paraphraser.
C'est pourquoi, il me plaît de faire ce parallèle entre ses deux orphelines, soumises aux mêmes caprices de parents malveillants ; toutes deux restent chères à mon coeur de lectrice pour ce qui les rassemble et les différencie. Je conviens que ma supposition est totalement gratuite ; la Comtesse de Ségur (qui a publié le présent roman en 1871) n'a peut-être jamais eu entre les mains le livre de Charlotte Brontë (originellement publié en 1847 sous le pseudonyme de Currer Bell ; première édition française en 1854) mais l'inverse reste tout autant possible. Femme lettrée à une époque où peu de femmes écrivaient, est-ce tout à fait déraisonnable de penser qu'elle s'est intéressée à la prose de l'une de ses consoeurs ?
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raton-liseur
  02 août 2015
Après la pluie, le beau temps est le vingtième et dernier roman écrit par la Comtesse de Ségur. Je l'avais emprunté à la bibliothèque de l'école quand j'étais en CM2, et, si j'ai bonne mémoire, c'est l'avant-dernier livre de la Comtesse de Ségur que j'ai lu enfant. Je me souviens qu'il m'avait beaucoup plu et il était resté dans mon panthéon enfantin personnel.
Depuis quelques années, je me suis remise aux livres de la bonne comtesse, et je voulais relire celui-là. C'est chose faite, à la faveur d'une semaine de vacances et de farniente. Tout cela a bien vieilli, tant depuis la fin du XIXème siècle et sa morale chrétienne que depuis mes jeunes années.
C'est avec un peu de nostalgie que je me dis que la Comtesse risque de ne pas passer à la génération suivante. Je sais que ce n'est en tout cas pas moi qui mettrai ses livres entre les mains de M'ni Raton, tout cela est trop marqué par la religiosité et trop loin de ma propre philosophie. Et même maintenant, avec mes yeux d'adulte, je ne peux m'empêcher de voir ce que ces livres aux personnages trop blancs ou trop noirs ont d'insidieux. Finalement, il y a peu d'exemples de rédemption chez la Comtesse de Ségur : la grande majorité des enfants méchants au début restent méchants et connaissent des vies marquées par le malheur ou écourtées ; les enfants bons au début restent bons quelques soient les épreuves qu'ils traversent. Georges avait donc bien peu de chances de s'en sortir, et malgré sa couardise, dans cette seconde lecture, c'est peut-être lui qui m'a le plus émue. Et il a bien raison d'être incommodé par les remontrances habituelles de ses vertueux amis, comme la citation (à lire au second degré) que je mets en exergue de cette note de lecture.
Un bon souvenir de lecture enfantine, mais je préfère garder l'impression de cette première lecture et tenter d'effacer le filtre de ma lecture adulte bien plus critique face aux recettes usitées et usées que la Comtesse de Ségur utilise à nouveau dans cet ouvrage qui conclut son oeuvre.
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terryjil
  27 juillet 2015
Un livre de la comtesse de Ségur pas aussi connu que les malheurs de Sophie ou les petites filles modèles, mais tout aussi marqué de la morale XIXème siècle: le parcours exemplaire d'une orpheline recueillie par un oncle pas foncièrement méchant mais trop sévère avec elle et trop indulgent avec son propre fils, gâté et faisant toujours punir sa cousin pour ses bêtises à lui. Aidée par ses amis, sa grande et fantasque cousine Primerose, son serviteur noir, et éloignée de son environnement familial néfaste, elle deviendra une belle jeune fille; tandis que George, continuant sur la mauvaise pente, de méchant garçonnet, dilapidera son argent au jeu et prévoira d'abuser de la crédulité de sa cousine et de tuer son propre père pour se refaire...
Les jeunes premiers sont un peu fades, et on peut remarquer que les prénoms des garçons correspondent vraiment à des stéréotypes: Jacques est bon et courageux, Georges est le méchant (mais contrairement au Georges des Vacances, ne s'amendera jamais).
J'ai trouvé Mademoiselle Primerose beaucoup trop agitée, ainsi que Ramoramor, mais ils sont les seuls vrais appuis au quotidien de Geneviève, tandis que son oncle est un personnage un peu douloureux, dont on sent le tiraillement entre justice ( bien traiter sa nièce) et penchant naturel (gâter son fils), le penchant naturel ayant toujours tendance à reprendre le dessus... Ce qui rend le livre intéressant à lire autant pendant l'enfance, que lorsqu'on devient parent.
L'écriture de la comtesse de Ségur est toujours aussi fluide avec ses successions de dialogues qui nous plongent directement en témoin des scènes, comme au théâtre.
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petitepom
  20 septembre 2012
Je connaissais "Mémoire d'un âne et un bon petit diable" de la contesse de Ségur. ( j'appelais mon fils Cadichon quand il était plus jeune et qu'il ne voulait pas écoutér) A l"occasion d'un challenge qui consiste à lire des livres contenant le mot : beau ; j'ai eu l'idée de replonger dans son univers avec ce livre.
Nous sommes autour des années 1850/1870, les petits filles étaient modèles et bien élevés, nous retrouvons Geneviève, la vertu même, tyrannissait par son cousin George qui , à l'opposé, est la méchanceté incarnée. L'entourage de ces deux enfants vont s'en méler pour défendre la cousine orpheline de son méchant cousin, choyé par son père.
La bonté le remporte toujours sur le vilainerie, bien sûr! J'ai lu ce roman jeunesse avec le sourire, on est loin de l'éducation que l'on donne aujourd'hui à nos enfants, c'est à la fois dommage et vieillot, il y a certaines choses qui ne sont plus enseigné et c'est surement regrettable, n'oubliant pas les excés d'autorité.
C'est un roman jeunesse plein de bonne morale, ayant un forte influence autobiographique et pédagogique.
Je garde une préférence pour l'âne Cadichon pour avoir égayé mon enfance.
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Carosand
  11 février 2011
C'est le dernier livre de la comtesse de Ségur que j'ai lu, et il fait parti de mes préférés avec François le Bossu et les Petites filles modèles. La moralité et la bonté étant les valeurs de référence de cette ouvrage.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   11 avril 2018
GEORGES


Geneviève, veux-tu venir jouer avec moi ? Papa m’a donné congé parce que j’ai trèsbien appris toutes mes leçons.


GENEVIÈVE


Oui, je veux bien ; à quoi veux-tu jouer ?


GEORGES


Allons dans le bois chercher des fraises.


GENEVIÈVE


Alors je vais appeler ma bonne.


GEORGES


Pourquoi cela ? Nous pouvons bien aller seuls, c’est si près.


GENEVIÈVE


C’est que j’ai peur…


GEORGES


De quoi as-tu peur ?


GENEVIÈVE


J’ai peur que tu ne fasses des bêtises, tu en fais toujours quand nous sommes seuls.


GEORGES


Moi, je ne fais pas de bêtises ; c’est toi qui en dis.


GENEVIÈVE


Comment ! tu ne fais pas de bêtises ? Et ce fossé où tu m’as fait descendre ? Et je ne pouvais plus en sortir ; et tu as eu si peur que tu as pleuré.


GEORGES


J’ai pleuré parce que tu pleurais et que cela m’a fait peur. Tu vois bien que je t’ai tirée du fossé.


GENEVIÈVE


Et ce petit renard que tu as tiré d’un trou ! Et la mère qui est accourue furieuse et qui voulait nous mordre !


GEORGES


Parce que tu t’es jetée devant moi pendant que je tenais le petit renard qui criait.


GENEVIÈVE


Je me suis jetée devant toi pour que le gros renard ne te morde pas. Et tu as été obligé de lâcher le petit renard tout de même.


GEORGES


C’était pour t’empêcher d’être mordue ; la mère était furieuse ; elle déchirait ta robe.


GENEVIÈVE


Oui ; mais tu vois que tu fais des bêtises tout de même.


GEORGES


Je t’assure que je n’en ferai plus, ma petite Geneviève ; nous cueillerons tranquillement des fraises ; nous les mettrons sur des feuilles dans ton panier et nous les servirons à papa pour le dîner.


GENEVIÈVE


Oui, c’est très bien ! c’est une bonne idée que tu as là. Mon oncle aime beaucoup les fraises des bois ; il sera bien content.
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CielvariableCielvariable   11 avril 2018
Après le dîner, M. Dormère se retira au salon et se mit à lire ses journaux qu’il n’avait pas achevés ; les enfants restèrent dehors pour jouer. Mais Geneviève était triste ; elle restait assise sur un banc et ne disait rien. Georges allait et venait en chantonnant ; il avait envie de parler à Geneviève, mais il sentait qu’il avait été lâche et cruel à son égard.
Pourtant, comme il s’ennuyait, il prit courage et s’approcha de sa cousine.
« Veux-tu jouer, Geneviève ?


GENEVIÈVE


Non, Georges, je ne jouerai pas avec toi : tu me fais toujours gronder.


GEORGES


Je ne t’ai pas fait gronder : je n’ai rien dit.


GENEVIÈVE


C’est précisément pour cela que je suis fâchée contretoi. Tu aurais dû dire à mon oncle que c’était toi qui étais cause de tout, et tu m’as laissé accuser et gronder sans rien dire. C’est très mal à toi.


GEORGES


C’est que…, vois-tu, Geneviève, … j’avais peur d’être grondé aussi ; j’ai peur de papa.


GENEVIÈVE


Et moi donc ? J’en ai bien plus peur que toi. Toi tu es son fils, et il t’aime. Moi, il ne m’aime pas, et je ne suis que sa nièce.


GEORGES


Oh ! Geneviève, je t’en prie, pardonne-moi ; une autre fois je parlerai ; je t’assure que je dirai tout.
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CielvariableCielvariable   12 mai 2013
Mademoiselle Primerose :
Je parie que M. Dormère va faire comme toujours ; il lui dira à la doucette : "Mon Georges, tu as eu tort. Tu me fais de la peine, mon ami. Je t'aime tant, mon petit Georges. Sois sage à l'avenir ; ne recommence pas, mon chéri". Et voilà la seule réprimande qu'il aura. Et moi je veux le punir. Je veux vous emmener chez Mme de Saint-Aimar pour qu'il ne nous trouve pas. Dépêchons-nous ; marchons un peu rondement ; il ne pourra pas nous trouver ; il n'osera pas aller chez les Saint-Aimar ; il cherchera, il pestera, il sera furieux ; ce sera une juste et trop légère punition de son horrible conduite.
Jacques trouva l'idée excellente et doubla le pas tout en encourageant Geneviève, qui s'apitoyait sur Georges. Mlle Primerose, enchantée de son invention pour punir Georges, marchait aussi vite qu'elle pouvait, et se retournait souvent pour voir si elle ne l'apercevait pas. Bientôt ils furent hors de vue et ils ne tardèrent pas à arriver à Saint-Aimar, où ils furent reçus avec des cris de joie : les enfants étaient très contents de voir Jacques et Geneviève.
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CielvariableCielvariable   11 avril 2018
GEORGES
Oui, oui. Pour arriver plus vite, allons travers bois ; nous sommes trop loin par le chemin.

GENEVIÈVE
Tu crois ? mais j’ai peur de déchirer ma robe dans les ronces et les pines.

GEORGES
Sois tranquille ; nous passerons dans les endroits clairs sur la mousse.

Geneviève résista encore quelques instants, mais, sur la menace de Georges de la laisser seule dans le bois, elle se décida le suivre et ils entrèrent dans le fourré ; pendant quelques pas ils marchèrent très facilement ; Georges courait en avant, Geneviève suivait. Une ronce accrochait de temps en temps Geneviève, qui tirait sa robe et rattrapait Georges ; bientôt les ronces et les pines devinrent si serres que Georges lui-même passait difficilement.
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CielvariableCielvariable   11 avril 2018
GENEVIÈVE


Je dis la vérité, mon oncle. N’est-ce pas, Georges, que c’est toi qui m’as demandé d’aller dans le bois chercher des fraises ?


GEORGES, embarrassé.


Je ne me souviens pas bien. C’est possible.


GENEVIÈVE


Comment, tu as oublié que… ?


M. DORMÈRE, impatienté.


Assez, assez ; finissez vos accusations, mademoiselle. Rien ne m’ennuie comme ces querelles, que vous recommencez chaque fois que vous avez fait une sottise qui vous fait gronder. »
Geneviève baissa la tête en jetant un regard de reproche à Georges ; il ne dit rien, mais il était visiblement mal à l’aise et n’osait pas regarder sa cousine.
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