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Félix Jobbé-Duval (Illustrateur)
ISBN : 2203135603
Éditeur : Casterman (08/10/2003)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 410 notes)
Résumé :
Le terrible général Dourakine est un homme dont les colères sont compensées par une réelle bonté et surtout un grand souci de la justice.
Revenu à Gromiline, en Russie, en compagnie de la famille française Derigny, il se voit contraint d'accueillir en son château sa nièce Papofski et ses huit garnements.
Plus d'une fois, la patience du général sera mise à rude épreuve, et il se débarrasserait volontiers de cette intruse s'il ne craignait qu'elle ne dén... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Eroblin
  03 novembre 2018
Au risque de me répéter le général Dourakine est un des mes personnages préférés de la Comtesse de Ségur. Et le tome qui lui est consacré regorge de qualités. C'est d'abord une histoire de famille: le général retourne chez lui en Russie, emmenant avec lui Derigny et sa famille. C'est l'occasion pour lui de retrouver deux nièces, la méchante Mme Papofski et l'adorable Mme Dabrovine et de régler ses comptes avec l'une tout en favorisant l'autre. C'est aussi le moyen pour la Comtesse d'évoquer le pays de son enfance et ses moeurs rudes il faut bien le dire. Et enfin, j'avais oublié qu'elle évoquait aussi la justice -si on peut parler de justice- du tsar en la personne du Prince Pajarski, arrêté et envoyé dans un goulag en Sibérie. C'est un passage que j'ai trouvé particulièrement cruel et qui détonne presque dans un roman pour enfant. Le tout donne une lecture passionnante!
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Leraut
  21 mai 2014
LE Général Dourakine
La Comtesse de Ségur
Lire ce livre à priori à destinée enfantine est non pas un défi pour l'adulte le lisant mais une ouverture d'esprit.
Vers quoi ? Vers le 2ième degré de cette histoire. Voici le premier livre capitaliste de l'époque. « le Général Dourakine » oeuvre écrite par la Comtesse de Ségur est dédiée à Jeanne de Pitray sa petite fille. Ce récit relate l'histoire du Général Dourakine vivant en France et repartant en Russie accompagné des Dérigny (domestiques) et de leurs deux enfants, bons aimables et gentils. L'arrivée de la nièce du Général Dourakine Madame Papofski et de ses deux enfants, terribles, méchants, sont l'inverse de la bonté que l'on retrouve chez les Dérigny. Cette dernière n'aura de cesse sous ses faux airs d'être intéressée par la fortune du Général. Mais la venue de Maria Pétrovna autre nièce, avec ses enfants, seront la caricature de l'humilité. Maria Pétrovna veuve, pauvre, est l'emblème de la générosité gratuite. le Général qui la porte dans son coeur fera tout pour sa réussite morale et financière. L'arrivée du « Prince Forçat polonais »sera l'élément déclencheur de la narration Historique de ce livre. Ce dernier aux diverses facettes amplifie la morale courante dans l'Epoque de la Comtesse de Ségur.
Morale qui de nos jours serait celle-ci : Les différences sociales ne doivent pas devenir une raison comportementale acceptée d'un mépris pour le plus pauvre.
Que les riches ou capitalistes sont, après avoir brisé les aprioris des êtres justes qu'il n'y a de bon que les vertus magnanimes .L'amour pour l'autre et la tolérance sont des piliers indispensables dans la vie. le Prince polonais Négrinski est l'emblème de l'Histoire de la Pologne. Une Pologne pauvre, fidèle mais pour laquelle il a combattu.
Ce livre se lit dans le versant de l'Histoire. Il n'est pas démodé, plus si enfantin que cela. Au contraire, il replace les niveaux à l'échelle de l'humain. Evlyne Léraut
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sagebooker
  12 avril 2013
Ce général Dourakine était effrayant, pour les jeunes lecteurs que nous étions à la maison, non par ses colères énormes mais par le trop-plein de tout de sa personnalité : impossible d'imaginer un homme hurlant autant, battant autant les enfants, et si généreux que cela semblait trop également. AUjourd'hui, il parait non plus une caricature mais bien une figure qui semble avoir été très proche de la Comtesse de Ségur : intéressant et toujours un peu effrayant !
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rabanne
  14 octobre 2015
Pour citer l'un des nombreux romans de la série des Comtesse Ségur lus durant mon enfance (dont la trilogie des Petites filles modèles, Les bons enfants, l'Auberge de l'ange gardien, le bon petit diable, Les mémoires d'un âne, etc).
Après avoir lu la biographie de l'auteur, on y voit en filigrane le portrait de son père.
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Murasaki
  05 août 2019
Au début le général est très impressionnant, il fait un peu peur aux enfants, et après on se rend compte que c'est un coeur d'or sous des aspects bourrus. Il gagne à être connu, et on prend beaucoup de plaisir à lire ses aventures cocasses et attendrissantes.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ElGatoMaloElGatoMalo   11 août 2019
Le général avança jusqu’à la porte qui donnait dans l’appartement des enfants, et les fit tous entrer ; puis il alla vers la porte qui communiquait à la chambre de sa nièce, l’entr’ouvrit et lui dit à très haute voix :

« Ma nièce, j’ai amené les enfants dans leurs chambres ; je vais leur envoyer les bonnes, et je ferme cette porte pour que vous ne puissiez entrer chez eux qu’en passant par le corridor.

Madame Papofski

Non, mon oncle ; je vous en prie, laissez cette porte ouverte ; il faut que j’aille les voir, les corriger quand j’entends du bruit. Jugez donc, mon oncle, une pauvre femme sans appui, sans fortune !… je suis seule pour les élever.

Le général

Ma chère amie, ce sera comme je le dis, sans quoi je ne vous viens en aide d’aucune manière. Et, si pendant votre séjour ici j’apprends que vous avez fouetté, maltraité vos enfants ou vos femmes, je vous en témoignerai mon mécontentement… dans mon testament.

Madame Papofski

Mon bon oncle, faites comme vous voudrez ; soyez sûr que je ne… »

Tr, tr, tr, la clef a tourné dans la serrure, qui se trouve fermée. Mme Papofski, la rage dans le cœur, réfléchit pourtant aux six cent mille roubles de revenu de son oncle, à sa générosité bien connue, à son âge avancé, à sa corpulence, à ses nombreuses blessures. Ces souvenirs la calmèrent, lui rendirent sa bonne humeur, et elle commença sa toilette. On ne lui avait pas interdit de faire enrager ses femmes de chambre : les deux qui étaient présentes ne reçurent que sottises et menaces en récompense de leurs efforts pour bien faire ; mais, à leur grande surprise et satisfaction, elles ne reçurent ni soufflets ni égratignures.
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genougenou   09 août 2015
« Quoi ? qu’est-ce ? dit-il. Pourquoi empêche-t-on cet enfant de parler ? Pourquoi l’empêche-t-on de remuer ?

Madame Dérigny : — Vous dormiez, général ; j’avais peur qu’il ne vous éveillât.

Le Général : — Et quand je me serais éveillé, quel mal aurais-je ressenti ? On me prend donc pour un tigre, pour un ogre ? J’ai beau me faire doux comme un agneau, vous êtes tous frémissants et tremblants. Craindre quoi ? Suis-je un monstre, un diable ? »

Mme Dérigny regarda en souriant le général, dont les yeux brillaient d’une colère mal contenue :

Madame Dérigny : — Mon bon général, il est bien juste que nous vous tourmentions le moins possible, que nous respections votre sommeil.

Le Général : — Laissez donc ! je ne veux pas de tout cela, moi. Jacques, pourquoi empêchais-tu ton frère de parler ?

Jacques : — Général, parce que j’avais peur que vous ne vous missiez en colère. Paul est petit, il a peur quand vous vous fâchez ; il oublie alors que vous êtes bon ; et, comme en voiture il ne peut pas se sauver ou se cacher, il me fait trop pitié. »

Le général devenait fort rouge ; ses veines se gonflaient, ses yeux brillaient ; Mme Dérigny s’attendait à une explosion terrible, lorsque Paul, qui le regardait avec inquiétude, lui dit en joignant les mains :

« Monsieur le général, je vous en prie, ne soyez pas rouge, ne mettez pas de flammes dans vos yeux : ça fait si peur ! C’est que c’est très dangereux, un homme en colère : il crie, il bat, il jure. Vous vous rappelez quand vous avez tant battu Torchonnet ? Après, vous étiez bien honteux. Voulez-vous qu’on vous donne quelque chose pour vous amuser ? Une tranche de jambon, ou un pâté, ou du malaga ? Papa en a plein les poches du siège. »

À mesure que Paul parlait, le général redevenait calme ; il finit par sourire et même par rire de bon cœur. Il prit Paul, l’embrassa, lui passa amicalement la main sur la tête. « Pauvre petit ! c’est qu’il a raison. Oui, mon ami, tu dis vrai ; je ne veux plus me mettre en colère : c’est trop vilain.

— Que je suis content ! s’écria Paul. Est-ce pour tout de bon ce que vous dites ? Il ne faudra donc plus avoir peur de vous ! On pourra rire, causer, remuer les jambes ?

Le Général : — Oui, mon garçon ; mais quand tu m’ennuieras trop, tu iras sur le siège avec ton papa.

Paul : — Merci, général ; c’est très bon à vous de dire cela. Je n’ai plus peur du tout.
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genougenou   14 septembre 2013
Le général Dourakine s’était mis en route pour la Russie, accompagné, comme on l’a vu dans l’Auberge de l’Ange-gardien, par Dérigny, sa femme et ses enfants, Jacques et Paul.
Après les premiers instants de chagrin causé par la séparation d’avec Elfy et Moutier, les visages s’étaient déridés, la gaieté était revenue, et MmeDérigny, que le général avait placée dans sa berline avec les enfants, se laissait aller à son humeur gaie et rieuse. Le général, tout en regrettant ses jeunes amis, dont il avait été le généreux bienfaiteur, était enchanté de changer de place, d’habitudes et de pays. Il n’était plus prisonnier, il retournait en Russie, dans sa patrie; il emmenait une famille aimable et charmante qui tenait de lui tout son bonheur, et dans sa satisfaction il se prêtait à la gaieté des enfants et de leur mère adoptive. On s’arrêta peu de jours à Paris ; pas du tout en Allemagne ; une semaine seulement à Saint-Pétersbourg, dont l’aspect majestueux, régulier et sévère ne plut à aucun des compagnons de route du vieux général ; deux jours à Moscou, qui excita leur curiosité et leur admiration. Ils auraient bien voulu y rester, mais le général était impatient d’arriver avant les grands froids dans sa terre de Gromiline, près de Smolensk ; et, faute de chemin de fer, ils se mirent dans la berline commode et spacieuse que le général avait amenée depuis Loumigny, près de Domfront. Dérigny avait pris soin de garnir les nombreuses poches de la voiture et du siège de provisions et de vins de toute sorte, qui entretenaient la bonne humeur du général. Dès que Mme Dérigny ou Jacques voyaient son front se plisser, sa bouche se contracter, son teint se colorer, ils proposaient un petit repas pour faire attendre ceux plus complets de l’auberge. Ce moyen innocent ne manquait pas son effet ; mais les colères devenaient plus fréquentes ; l’ennui gagnait le général; …
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genougenou   09 août 2015
Les enfants, à moitié endormis à l’arrivée, s’étaient éveillés tout à fait par le bruit, la nouveauté des visages, des costumes.

« C’est drôle, dit Paul à Jacques, que tous les hommes ici soient des sapeurs !

Jacques

Ce ne sont pas des sapeurs : ce sont les paysans du général.

Paul

Mais pourquoi sont-ils tous en robe de chambre ?

Jacques

C’est leur manière de s’habiller ; tu en as vu tout le long de la route ; ils étaient tous en robe de chambre de drap bleu avec des ceintures rouges. C’est très joli, bien plus joli que les blouses de chez nous. »
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LittleMary226LittleMary226   22 septembre 2012
Un âne à deux pieds peut devenir général et rester âne.
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