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Félix Jobbé-Duval (Illustrateur)
EAN : 9782203135628
192 pages
Casterman (16/04/2004)
3.57/5   192 notes
Résumé :
Frédéric n'est pas trop mal loti : ses parents sont justes, la ferme familiale prospère et prometteuse. Mais Frédéric n'en fait qu'à sa tête, aux bons conseils de son père, il préfère les idées saugrenues et malhonnêtes d'Alcide, le fils du cafetier. Les bêtises succèdent aux bêtises...
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Illustrations : A. Pécoud
Illustrations hors-texte : non-indiqué

ISBN : inusité à l'époque de parution

Si nous ne nous trouvons pas ici en présence du meilleur roman de Mme de Ségur, on ne saurait nier qu'elle y a créé un type comique de poids, l'Anglais - ou plutôt l'Irlandais - Mr Georgey, qui me permit, il y a de cela très longtemps, mes chers petits enfants ;o) , d'apprendre mon premier mot de la langue de Shakespeare : celui de "turkey" (ou "turkey-cock") qui signifie tout simplement "dindon" ou "dinde."

Pourquoi y a-t-il donc autant de dindes dans ce roman destiné aux enfants ? Toute cette volaille glougloutante semble pour ainsi dire littéralement pulluler dans les deux tiers du texte et l'on pourrait même aller jusqu'à affirmer que, en un certain sens, dindons et dindes constituent le pivot du roman. En effet, sans ces encombrants et assez contrariants "turkeys", qui se faufilent toujours du côté opposé à celui où les cherche leur petit pâtre, jamais nous n'eussions rencontré celui-ci, le jeune et raisonnable Julien, investi de cette délicate mission par ses employeurs, M. et Mme Bonard, pas plus que l'irrésistible et tonitruant Mr Georgey (qui, en bon Victorien, porte un "inexpressible" et ne prononce jamais le mot dégoûtant qu'est celui de "cuisse"), Mr Georgey qui, soulignons-le puisque c'est cette passion indicible qui déclenche toute l'affaire, éprouve, envers les dindes, une attirance culinaire si prononcée qu'il est capable d'en manger une par jour sans, pour autant, ressentir ne serait-ce que la plus légère lourdeur au creux de l'estomac .

Or donc, Mr Georgey, installé dans ce paysage rural pour un certain temps car il doit y superviser la construction d'une usine, est tout heureux de tomber sur Alcide, le fils du bistrotier du coin, lequel lui promet des dindes à six francs pièce (soient deux francs de plus que le prix normal) autant qu'il en voudra. Vous vous en doutez, ce n'est pas dans le café de son père qu'Alcide compte se procurer les dindons tant espérés . Non, pour réussir sa petite escroquerie, il assure l'ascendant qu'il a pris sur Frédéric, le fils unique de la ferme Bonard, afin que celui-ci devienne son complice dans le vol des dindes que les fermiers ont, nous l'avons vu plus haut, confiées à la garde quotidienne de Julien, un petit orphelin qu'ils ont recueilli et envers lequel, disons-le tout de suite, ils se montrent extrêmement bons. Julien leur en est d'ailleurs extrêmement reconnaissant.

D'abord réticent, Frédéric se laisse convaincre. Sa part de "travail" dans l'affaire revient à détourner Julien de la garde des dindons en lui affirmant, par exemple, qu'on le demande à la ferme alors que rien n'est moins vrai, ou encore à prétendre froidement qu'il ne se rappelle absolument pas le décompte du troupeau, pourtant effectué devant lui par Julien avant que celui-ci ne le lui remette lorsqu'il déclare le prendre lui-même en charge tandis que Julien court lui rendre un service.

Au début, cela fonctionne assez bien mais le mécanisme se grippe très vite. le père Bonard devine assez tôt que quelque chose cloche parce que, jusque là, le petit Julien ne lui a jamais causé de souci et qu'il le ressent comme "un bon et brave garçon." Idem, mais avec un léger retard, pour Mme Bonard, laquelle, bien qu'aimant son fils, se refuse à laisser accuser Julien alors qu'elle le sait innocent. Bientôt démasqué, Frédéric avoue alors avoir agi sous l'influence d'Alcide, que son père lui avait pourtant interdit de fréquenter, et reçoit une raclée maison qui, associée aux piques mauvaises d'Alcide, engendre, chez ce caractère faible, un début de haine envers Julien, ce "petit mendiant qui vit de la charité des autres."

Ajoutons à cela que Julien est devenu ami avec Mr Georgey qui, bien que parlant plutôt mal le français, n'en est pas moins un homme à l'esprit vif. Naïf à certains moments et jugeant les autres sur sa propre nature, foncièrement loyale, lui aussi finit par comprendre la vilaine astuce imaginée par Alcide et exécutée avec la complicité de Frédéric. Il comprend aussi le rôle qu'on voulait y faire tenir à Julien - Alcide cherche d'ailleurs un temps à le corrompre par l'attrait d'un profit illicite - et, après avoir sympathisé avec les Bonard, s'offre comme protecteur de l'enfant.

Cependant, du côté d'Alcide et de Frédéric, haine et désir de vengeance ne cessent de croître. Les deux garçons sont aussi outrés que "ce miséreux" se soit attiré la bienveillance de leur ancienne dupe et ils ont bien l'intention de remettre Julien à sa place en le faisant accuser, à l'occasion d'une foire, d'un vol bien plus grave ...

Comme toujours chez Mme de Ségur, les bons sont récompensés et les méchants punis. L'insistance sur la prière quotidienne et les visites chez Monsieur le curé, plus accentuée que dans "Après la Pluie le Beau Temps" par exemple, gêne par contre plus nettement aux entournures car l'auteur le fait ici sans son doigté habituel. (D'un autre côté, il est bien vrai que Julien, pauvre et orphelin, a plus d'occasions d'implorer le Seigneur que de petits héros plus fortunés.) Pour le reste, on est heureux de relire les scènes comiques lues dans l'enfance (Mr Georgey porte sur lui les deux tiers du livre) même s'il y a trop forte disparité entre le nombre de chapitres consacrés à l'enfance de Julien et de ses ennemis et ceux réservés à leur vie d'adultes.

Bref, un roman qui, à notre sens, a vieilli plus que les autres, mais ne vous gênez pas pour autant pour le lire et le relire. ;o)
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*** Ahhh Madame La Comtesse !***

Un plaid, une tasse de thé, et une édition de la Bibliothèque Rose de 1913 ! Me voici avec Madame La Comtesse de Ségur nous racontant l'histoire de la Famille Bonnard qui a recueilli le gentil petit Julien, qui travaille dans la ferme familiale. La famille Bonnard a un fils, Frédéric, qui se laisse influencer par le Mauvais Alcide afin de faire les quatre cent coups, au détriment de son père et de sa mère, et où Julien en subit les conséquences.

Un jour, un Anglais, Monsieur Georgey fait son entrée en grande pompe dans la vie des paysans et là ... tout va changer.

Une jolie comptine qui prend tout un sens : Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirais qui tu es ...

Une belle leçon de morale.

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Mes chers petits enfants, méfiez-vous des mauvaises fréquentations ! Voyez ce pauvre Frédéric entraîné à mal faire par ce vilain garnement d'Alcide. Il aurait pu très mal finir, comme ce vilain garnement d'Alcide qui mérite à peine le coup de fusil. Prenez plutôt exemple sur ce brave petit Julien, si bon, si humble et si fidèle à ses bons maîtres qui l'ont recueilli par charité. Il est bien récompensé de son bon coeur par la bienveillance du richissime M. Georgey.

Aaah, la Comtesse de Ségur ! Je ne la lis pas si souvent mais, à chaque fois, je suis frappée par la fraîche naïveté de ses histoires, par leur morale simple où les bons sont récompensés, les méchants punis et les entre-deux remis dans le droit chemin, repentants et touchés par la grâce. "Le mauvais génie" n'échappe pas à la règle. C'est une histoire édifiante pour mettre en garde les enfants trop naïfs contre les mauvaises fréquentations. C'est furieusement daté, délicieusement XIXe siècle et, finalement, très drôle, pour peu qu'on lise ça avec un solide sens de l'humour.

Je recommande pour un bon moment de détente sans prise de tête mais je ne suis pas sure que ce soit à mettre entre les mains de nos chères têtes blondes.
Et, en plus, on peut le trouver en version audio gratuite ici :
http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/segur-comtesse-de-le-mauvais-genie.html
Alors, pourquoi s'en priver ?
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Regret que les couvertures des nouvelles éditions soient aussi laides ou disons faciles et un peu niaiseuses, la comtesse écrivit pour ses petits enfants d'abord, d'autres petits enfants ensuite, un peu de morale, il fallait bien, des personnages tantôt cocasses, tantôt facétieux, chaque caractère est à sa place, une fin heureuse, il faut bien rassurer, une part d'ombre, et le mauvais génie n'a qu'a Bien se tenir. le dernier mot a parfois un goût de trop peu mais bientôt, il sera temps de se préparer pour la nuit, faites de beaux rêves et à demain!
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Prenez garde au Mauvais génie!

Regardez ce pauvre Frédéric qui suit, sans vraiment réfléchir, son "ami' le vilain garnement Alcide qui ne cherche que profit auprès du richissime anglais monsieur Georgey. Il l'entraîne dans des bêtises de plus en plus remplies de méchancetés où le jeune homme s'engouffre. Que va -t-il lui arriver?!
Suivez plutôt l'exemple de ce brave et humble petit garçon " le petit Juliène" qui est d'une bonté envers la famille Bonard qui l'a recueillie.

Dans cette savoureuse histoire, la Comtesse de Ségur nous donne encore une très bonne leçon de vie avec sa plume et son humour que nous lui connaissons si bien.Toujours une morale présente et de belles réflexions qui nous font du bien.

Une lecture détente comme je les aime avec cette belle collection des ouvrages de la Comtesse.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Une dinde perdue.
BONARD - Comment, polisson ! tu me perds mes dindons au lieu de les garder !
JULIEN - Je vous assure, m’sieur Bonard, que je les ai pourtant bien soignés, bien ramassés ; ils y étaient tous quand je les ai ramenés des champs.
BONARD - S’ils y étaient tous en revenant des champs, ils y seraient encore. Je vois que tu me fais des contes; et prends-y garde, je n’aime pas les négligents ni les menteurs.»
Julien baissa la tête et ne répondit pas. Il entra les dindons pour la nuit, puis il alla puiser de l’eau pour la ferme ; il balaya la cour, étendit les fumiers, et ne rentra que lorsque tout l’ouvrage fut fini. On allait se mettre à table pour souper.
Julien prit sa place près de Frédéric, fils de Bonard.
Ce dernier entra après Julien.
BONARD , à Frédéric, - Où étais-tu donc, toi ?
FRÉDÉRIC - J’ai été chez le bourrelier, mon père, pour faire faire un point au collier de labour.
BONARD - Tu es resté deux heures absent ! Il y avait donc bien à faire ?
FRÉDÉRIC - C’est que le bourrelier m’a fait attendre ; il ne trouvait pas le cuir qu’il lui fallait.
BONARD - Fais attention à ne pas flâner quand tu vas en commission. Ce n’est pas la première fois que je te fais le reproche de rester trop longtemps absent. Julien a fait tout ton ouvrage ajouté au sien. Il a bien travaillé, et c’est pourquoi il va avoir son souper complet comme nous; autrement il n’aurait eu que la soupe et du pain sec.
MADAME BONARD - Pourquoi cela ? Il n’avait rien fait de mal, que je sache
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[...] ... En sortant de chez Bonard, le maréchal des Logis entra dans le cachot d'Alcide.


- "Que voulez-vous ?" dit ce dernier d'un ton brusque.
LE MARECHAL DES LOGIS

Je veux voir si tu as regret de ta conduite d'hier. Le repentir pourrait améliorer ta position et disposer à l'indulgence.

ALCIDE (d'un ton bourru)

Me prenez-vous pour un imbécile ? Est-ce que je ne connais pas le code militaire ? Croyez-vous que je ne sache pas que je serai fusillé ? Ca m'est bien égal. Pour la vie que je mène dans votre sale régiment. J'aime mieux mourir que traîner le boulet. Chargez-moi, inventez, mentez, je me moque de tout et de tous.

LE MARECHAL DES LOGIS

Je vous engage à changer de langage, si vous voulez obtenir un jugement favorable.

ALCIDE

Je ne changerai rien du tout. Je sais que je dois crever un jour ou l'autre. J'aime mieux une balle dans la tête que le choléra ou le typhus qu'on attrape dans vos méchantes casernes. Laissez-moi tranquille et envoyez-moi à manger. J'ai faim.

Le maréchal des Logis lui jeta un regard de mépris et le quitta.

- "J'ai faim !" répéta Alcide avec colère pendant que le maréchal des Logis sortait.

- "Qu'on porte à manger à ces hommes. Du pain et de l'eau à celui-ci. Du pain et de la soupe à Bonard," dit le maréchal des Logis au soldat qui l'accompagnait.

Il ajouta : "Quel gueux que ce Bourel !" ... [...]
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[...] ... En effet, il rencontra Frédéric revenant avec Alcide.

- "Que viens-tu faire ici ? " lui dit Alcide avec brusquerie. "Viens-tu nous espionner ?"
JULIEN

Je venais chercher Frédéric parce que M. et Mme Bonard m'ont envoyé voir où il était. On est à table depuis quelque temps.

ALCIDE

C'est-il vexant ! Ce mauvais garnement va te dénoncer. Prends garde !

JULIEN

Je ne l'ai jamais dénoncé, vous le savez bien tous les deux. Pourquoi commencerais-je aujourd'hui, à la veille de quitter la maison ?

ALCIDE

Qu'est-ce que tu vas dire ?

JULIEN

Je n'en sais rien, cela dépend ; si on m'interroge, je dirai la vérité, bien sûr. Qu'il rentre le premier, il parlera pour lui-même, alors on ne me demandera rien.

FREDERIC (inquiet)

Qu'est-ce que je dirai ?

ALCIDE

Tu diras que tu as été aux champs par la traverse, que, voyant la charrue dételée et restée dans le sillon, tu as pensé que ton père était rentré par l'autre chemin, que tu as rencontré un ouvrier qui t'a dit que ton père était chez le maréchal pour faire ferrer un cheval, et que tu en revenais quand tu as rencontré Julien.

FREDERIC

Bon, je te remercie ; tu as toujours des idées pour te tirer d'affaire.

Et, sans faire attention à Julien, Frédéric courut pour arriver à la maison le premier. ... [...]
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Ne dites pas, ma chère maîtresse, que je refuse le bonheur, la fortune. Mon bonheur est de vous témoingner la reconnaissane, de vous servir de mon mieux, de vivre près de vous toujours.
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