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Félix Jobbé-Duval (Illustrateur)
ISBN : 2203135247
Éditeur : Casterman (08/10/2003)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 618 notes)
Résumé :
Délaissant pour une fois les héros enfantins qu'elle a su nous rendre familiers, la Comtesse de Ségur, dans ce petit livre divertissant, se fait la mémorialiste du brave Cadichon. Elle nous y enseigne avec infiniment d'esprit que les animaux peuvent porter sur l'homme des jugements pleins de logique, et que l'âne en particulier n'est pas si bête qu'on le corit communément. Il est vrai, on le verra, que Cadichon est un âne exceptionnel.
Têtu comme ceux de son... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Rebus
  14 septembre 2016
La Comtesse de Ségur, ma petite madeleine à moi. J'ai lu et relu un certain nombre de ses livres enfant. Et curieusement, je ne connaissais pas Les mémoires d'un âne.
Quelle jolie lecture ! J'ai suivi avec plaisir les aventures et mésaventures de l'âne Cadichon, animal si injustement, selon Cadichon lui-même, catalogué bête, têtu et parfois méchant.
Têtu, notre héros à quatre pattes le fut, méchant parfois également, mais bête, jamais. Cet âne extraordinaire comprend l'homme mieux que lui-même et appréhende la vie avec sagesse et modestie.
Mais avant de jouir de cette sérénité, il a fallu qu'il apprenne de ses erreurs et de ses expériences, qu'elles soient tristes ou heureuses.
Avec mes yeux d'adulte, j'ai bien entendu été plus sensible au côté « morale » du roman, mais cela n'a en rien altéré ma lecture, l'écriture est un délice, les personnages ont ce côté désuet que j'affectionne, le rythme est soutenu.
Un joli retour au pays des livres de mon enfance.
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Gwen21
  28 novembre 2012
Mon préféré ! Lu à maintes reprises dans mon enfance.
Niveau style, égal à ce que cette chère Comtesse peut produire de mieux.
Niveau narration, l'originalité de faire de Cadichon le personnage central et le narrateur rend ce roman unique en son genre. J'ai particulièrement affectionné ce petit âne, j'ai suivi avec crainte et compassion ses mésaventures et ses joies.
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Shenandoah
  12 janvier 2015
Lorsque je pense aux livres qui ont marqué mon enfance, celui-ci est l'un des premiers à me venir en tête (à égalité avec Bilbo le Hobbit). Il faut dire que j'ai déjà une grande affection pour le livre en lui-même, trouvé dans un coin du grenier des mes grands-parents quand j'avais 6 ou 7 ans. Depuis, je l'ai relu un nombre incalculable de fois, même si ma dernière lecture remontait jusqu'à aujourd'hui à une bonne quinzaine d'années.
C'est donc avec délice que je me suis replongée il y a quelques jours dans les aventures de l'âne Cadichon, qui nous raconte sa vie et comment il a appris la sagesse et l'humilité.
Avec délice, mais aussi avec un peu d'appréhension. En effet, j'avais un souvenir très vif de certains passages qui m'avaient fait pleurer toutes les larmes de mon corps, et donc oui, à 28 ans, je redoutais d'arriver à l'histoire de Pauline... C'est vous dire à quel point ce livre m'a marqué !
Heureusement, je n'ai pas été traumatisée par cette relecture, même s'il est incontestable que le style très "réaliste" de la Comtesse de Ségur semble bien différent de la majorité des livres pour enfants actuels. le fait que l'histoire soit contée par un âne atténue un peu la violence de certains passages, mais il y a quand même des moments très durs. Heureusement, ils sont contrebalancés par des moments plus joyeux voire carrément drôles, et l'on passe donc très rapidement du rire aux larmes.
J'ai tout de même trouvé l'ambiance générale du livre plus légère que dans mon souvenir, aidée par le style de l'écriture et les situations désuètes qui rendent souvent l'histoire plus mignonne qu'elle ne l'était sans doute au départ. Car oui, tous ces petits gamins qui se comportent comme des adultes étaient sûrement très réalistes à l'époque, mais le côté daté de leurs attitudes les rend absolument adorable aujourd'hui.
Enfin, j'ai trouvé très drôle tout le côté "leçon de morale" du livre, que je n'avais pas du tout perçu quand j'étais enfant. du classique "il ne faut pas faire de mal à son prochain" à la plus originale apologie du gendarme, il y en a pour tous les goûts. Cependant, cela s'intègre très bien au style de l'histoire, et même si c'est parfois très appuyé, ça n'en devient jamais lourd, juste parfois comique.
En résumé, j'ai adoré ce livre à 7 ans, et, même si l'histoire est moins intense que dans mon souvenir, j'ai adoré cette relecture. J'espère vraiment que les enfants d'aujourd'hui auront encore la chance de découvrir ce livre car, même si l'écriture est assez vieillotte, il n'y a rien d'insurmontable, et je pense que c'est vraiment un roman dont les jeunes lecteurs sortiront grandis.
Challenge Petits Plaisirs 2014-2015
Challenge Variétés 2015
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rabanne
  13 décembre 2015
J'ai un faible pour cet animal depuis mon plus jeune âge, bercée par la présence des deux ânesses (véritables baudets du Poitou) de nos voisins.
Qui n'a pas succombé aux charmes de Cadichon et de ses mémoires ? Bête de somme corvéable à merci, maltraité et insulté par les hommes et certains garnements. Heureusement que d'autres auront plus d'égards et de caresses pour lui, il leur rendra au centuple...
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SabiSab28
  27 juillet 2018
Malgré ma bibliothèque bien fournie en Comtesse de Ségur, je n'avais jamais lu me semble-t-il ce livre.
J'ai passé un très beau moment avec Cadichon et ses mémoires, qui n'est pas plus idiot qu'un homme, certes mais qui n'est pas plus intelligent non plus.
Ainsi, il aura les mêmes défauts que l'on peut trouver chez les humains, esprit de vengeance, colère, susceptibilité, orgueil, ... mais qui saura se remettre en question et réparer ses erreurs afin de devenir meilleur.
C'est un excellent livre pour faire comprendre aux enfants (et aux adultes) que la méchanceté et la vengeance ne peuvent mener qu'aux mêmes sentiments ou à la mise à l'écart.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
VilloteauVilloteau   09 décembre 2012
Pour mieux vous faire connaître ce que sont les ânes, j'écris et je vous offre ces Mémoires. Vous verrez, mon cher petit maître, comment moi, pauvre âne, et mes amis ânes, ânons, ânesses, nous avons été et sommes injustement traités par les hommes. Vous verrez que nous avons beaucoup d'esprit et beaucoup d'excellents qualités (...) Vous verrez que lorsqu'on a lu ce livre, au lieu de dire bête comme un âne, ignorant comme un âne, têtu comme un âne, on dira : de l'esprit comme un âne, savant comme un âne, docile comme un âne.

(L'âne est le narrateur durant tout l'ouvrage)
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ChristianChristian   18 octobre 2007
Caroline remonta sur son âne, et prit le petit garçon sur ses genoux. Il lui indiqua le chemin, et, cinq minutes après, nous arrivâmes tous à la cabane de la mère Thibaut, qui était morte de la veille et enterrée du matin. L'enfant courut à la maison et appela : « Nourrice, nourrice ! » Aussitôt une chèvre bondit hors de l'écurie restée ouverte, courut à l'enfant et témoigna sa joie de le revoir par mille sauts et caresses. L'enfant l'embrassait aussi ; puis il dit : « Téter, nourrice ». La chèvre se coucha aussitôt par terre ; le petit garçon s'étendit près d'elle et se mit à téter comme s'il n'avait ni bu ni mangé. »
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CielvariableCielvariable   12 mai 2013
J'avais été acheté par un monsieur et une dame qui avaient une fille de douze ans toujours souffrante et qui s'ennuyait. Elle vivait à la campagne et seule, car elle n'avait pas d'amies de son âge. Son père ne s'occupait pas d'elle ; sa maman l'aimait assez, mais elle ne pouvait souffrir de lui voir aimer personne, pas même les bêtes. Pourtant, comme le médecin avait ordonné de la distraction, elle pensa que des promenades à âne l'amuseraient suffisamment. Ma petite maîtresse s'appelait Pauline ; elle était triste et souvent malade ; très douce et très jolie. Tous les jours elle me montait ; je la menais promener dans les jolis chemins et les jolis petits bois que je connaissais. Dans le commencement, un domestique ou une femme de chambre l'accompagnait; mais quand on vit combien j'étais doux, bon et soigneux pour ma petite maîtresse, on la laissa aller seule. Elle m'appela Cadichon : ce nom m'est resté.

'Va te promener avec Cadichon, lui disait son père ; avec un âne comme celui-là, il n'y a pas de danger ; il a autant d'esprit qu'un homme, et il saura toujours te ramener à la maison.'

Nous sortions donc ensemble. Quand elle était fatiguée de marcher, je me rangeais contre une butte de terre, ou bien je descendais dans un petit fossé pour qu'elle pût monter facilement sur mon dos. Je la menais près des noisetiers chargés de noisettes ; je m'arrêtais pour la laisser en cueillir à son aise. Ma petite maîtresse m'aimait beaucoup ; elle me soignait, me caressait. Quand il faisait mauvais et que nous ne pouvions pas sortir, elle venait me voir dans mon écurie ; elle m'apportait du pain, de l'herbe fraîche, des feuilles de salade, des carottes; elle restait avec moi longtemps, bien longtemps; elle me parlait, croyant que je ne la comprenais pas; elle me contait ses petits chagrins, quelquefois elle pleurait.

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CielvariableCielvariable   12 mai 2013

Je ne me souviens pas de mon enfance ; je fus probablement malheureux comme tous les ânons, joli, gracieux comme nous le sommes tous ; très certainement je fus plein d'esprit, puisque, tout vieux que je suis, j'en ai encore plus que mes camarades. J'ai attrapé plus d'une fois mes pauvres maîtres, qui n'étaient que des hommes, et qui, par conséquent, ne pouvaient pas avoir l'intelligence d'un âne.
Je vais commencer par vous raconter un des tours que je leur ai joués dans le temps de mon enfance :
Les hommes n'étant pas tenus de savoir tout ce que savent les ânes, vous ignorez sans doute, vous qui lisez ce livre, ce qui est connu de tous les ânes mes amis : c'est que tous les mardis il y a dans la ville de Laigle un marché où l'on vend des légumes, du beurre, des oeufs, du fromage, des fruits et autres choses excellentes. Ce mardi est un jour de supplice pour mes pauvres confrères ; il l'était pour moi aussi avant que je fusse acheté par ma bonne vieille maîtresse, votre grand'mère, chez laquelle je vis maintenant. J'appartenais à une fermière exigeante et méchante. Figurez-vous, mon cher petit maître, qu'elle poussait la malice jusqu'à ramasser tous les oeufs que pondaient ses poules, tout le beurre et les fromages que lui donnait le lait de ses vaches, tous les légumes et fruits qui mûrissaient dans la semaine, pour remplir des paniers qu'elle mettait sur mon dos.
Et quand j'étais si chargé que je pouvais à peine avancer, cette méchante femme s'asseyait encore au-dessus des paniers et m'obligeait à trotter ainsi écrasé, accablé, jusqu'au marché de Laigle, qui était à une lieue de la ferme. J'étais toutes les fois dans une colère que je n'osais montrer, parce que j'avais peur des coups de bâton ; ma maîtresse en avait un très gros, plein de noeuds, qui me faisait bien mal quand elle me battait.
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CielvariableCielvariable   12 mai 2013
J'étais heureux, je l'ai déjà dit ; mon bonheur devait bientôt finir. Le père de Georget était soldat ; il revint dans son pays, rapporta de l'argent, que lui avait laissé en mourant son capitaine, et la croix, qui lui avait donnée son général. Il acheta une maison à Mamers, emmena son petit garçon et sa vieille mère, et me vendit à un voisin qui avait une petite ferme. Je fus triste de quitter ma bonne vieille maîtresse et mon petit maître Georget ; tous deux avaient toujours été bons pour moi, et j'avais bien rempli tous mes devoirs.
Mon nouveau maître n'était pas mauvais, mais il avait la sotte manie de vouloir faire travailler tout le monde, et moi comme les autres. Il m'attelait à une petite charrette, et il me faisait charrier de la terre, du fumier, des pommes, du bois. Je commençais à devenir paresseux ; je n'aimais pas à être attelé, et je n'aimais pas surtout le jour du marché. On ne me chargeait pas trop et l'on ne me battait pas, mais il fallait ce jour-là rester sans manger depuis le matin jusqu'à trois ou quatre heures de l'après-midi. Quand la chaleur était forte, j'avais soif à mourir, et il fallait attendre que tout fût vendu, que mon maître eût reçu son argent, qu'il eût dit bonjour aux amis, qui lui faisaient boire la goutte.
Je n'étais pas très bon alors ; je voulais qu'on me traitât avec amitié, sans quoi je cherchais à me venger. Voici ce que j'imaginai un jour ; vous verrez que les ânes ne sont pas bêtes ; mais vous verrez aussi que je devenais mauvais.
Le jour du marché, on se levait de meilleure heure que de coutume à la ferme ; on cueillait les légumes, on battait le beurre, on ramassait les oeufs. Je couchais pendant l'été dans une grande prairie.
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