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Corinne Atlan (Autre)André Beaujard (Traducteur)
EAN : 9782072924903
112 pages
Gallimard (07/10/2021)
3.78/5   32 notes
Résumé :
Haruha akebono: «Au printemps, l'aurore.» Tous les Japonais connaissent par coeur l'ouverture du Makura no sôshi (les Notes de chevet), fleuron de la littérature ancienne dû à une dame de cour de l'an mille. Ses premières phrases évoquent un paysage en mouvement:cycle des saisons, parcours du soleil, traînées de nuages, vol de lucioles ou d'oies sauvages. La toile de fond de montagnes à la lumière changeante place d'emblée les fastes du palais de Heian-kyô (l'actuel... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Petit livre atypique et très original qui fait voyager dans tous les sens du terme : il nous fait voyager dans le temps car ces quelques notes éparses sont de la plume d'une dame de la cour de l'an Mille, il nous fait voyager au Japon et nous enlace de cette douce sensibilité mélancolique typique du Japon.
Il nous fait voyager dans nos habitudes bibliothiques ! Ce n'est ni un roman, ni un essai, ni une nouvelle... C'est une sorte de recueil de notes prises, des pensées couchées sur le papier sur le moment, l'instant, des réflexions faites sur la nature, sur l'observation des femmes et des hommes, sur les choses qui quotidien.

Ceux qui aiment faire des listes trouveront leur bonheur : il y a quantité de "choses qui... " où l'auteur répertorie tout ce qui lui fait penser ou ressentir au titre de sa liste, comme par exemple "choses qui rendent heureux", " choses qui font honte"...

J'ai aimé avant tout l'originalité de ce petit livre, idéal pour lire sans réfléchir, pour se divertir et passer le temps lors d'une pause thé par exemple. Néanmoins, je le trouve "futile", peu profond mais à l'image du sentiment du temps qui passe et de la futilité de toutes ces choses répertoriées mais qui nous font ressentir des émotions.

Le contenu est donc très léger, mais le livre se lit très vite et fait quand même passer du bon temps dans cette ambiance japonaise moyen-âgeuse.
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« Au printemps, c'est l'aurore que je préfère. La cime des monts devient peu à peu distincte et s'éclaire faiblement. Des nuages violacés s'allongent en minces traînées. En été, c'est la nuit. J'admire, naturellement, le clair de lune ; mais j'aime aussi l'obscurité où volent en se croisant les lucioles. Même s'il pleut, la nuit d'été me charme. En automne, c'est le soir. le soleil couchant darde ses brillants rayons et s'approche de la crête des montagnes. […] »

Choses qui rendent heureux, Sei Shônagon @folio

Profitant d'un séjour à Kyoto, j'ai pris plaisir à lire ce recueil de pensées de celle qui y vécut, en tant que dame de compagnie de l'impératrice Teishi, à partir de 993.

Quel plaisir de lire ses pensées, couchées sur le papier comme elles lui viennent, « choses qui font battre le coeur », « choses qui font naître un doux souvenir du passé », « choses qui égayent le coeur »…

Sous sa plume, la nature se pare d'un attrait particulier, beau et charmant à la fois…

« J'aime la fleur du prunier, qu'elle soit foncée ou claire; mais la plus jolie, c'est celle du prunier rouge. J'aime aussi un fin rameau fleuri de cerisier, avec ses corolles aux larges pétales, et ses feuilles rouge foncé. »

La nature se décline au fil des saisons, à travers ses fleurs, ses cieux, les animaux qui l'habituent…

« Quand le faisan cuivré chante en regrettant sa compagne, il se console, dit-on, si on lui présente un miroir. Cela m'émeut, je songe avec compassion à la peine que doivent éprouver les deux oiseaux, par exemple lorsqu'un ravin les sépare ! »

Tout n'est qu'enchantement et ravissement à travers ses mots!

Cependant, sa plume peut se faire plus pointue lorsqu'elle parle de la vie de son temps, de la cour, des us et coutumes…

« Quand c'est un amant qui vient la voir, il n'est pas besoin de dire la joie qu'une femme ressent. Elle est heureuse encore, si c'est seulement quelqu'un avec qui elle est en relation d'amitié. Mais quel ennui lorsqu'un homme qui n'est ni votre amant ni votre ami vient sans motif particulier vous rendre visite ! [...] »

Tout un monde se découvre à travers son verbe ou sa verve… et ce serait bouder son plaisir que de ne pas prendre le temps de plonger dans le passé, à la cour de l'ère Heian!

« Choses auxquelles on ne peut guère se fier

Un homme, vite rassasié, qui oublie facilement ses amours.
Un gendre qui passe souvent la nuit dehors.
Un chambellan du sixième rang qui a la tête blanche.
Un homme qui ment d'habitude, et qui pourtant a l'air de vouloir veiller avec zèle sur les affaires d'un autre, se charge d'une chose importante. »

J'ai aimé partager Kyoto avec l'autrice, celle qu'elle décrit et celle que j'ai visitée, le présent et le passé, l'Histoire et ce qui nous est délivré par le biais des monuments, temples, nombreux sites… une ville incroyable qui mérite assurément de s'y perdre pour de longues journées!

Et je vous laisserai sur cette sage pensée…

«  Choses qui ne font que passer

Un bateau dont la voile est hissée.
L'âge des gens.
Le printemps, l'été, l'automne et l'hiver. »
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Un texte écrit il y a plus de mille ans. Ces notes de chevet de Sei Shônagon touchent des domaines ou des catégories bien disparates : les insectes, les herbes, les nuages, les tissus, les vêtements ; choses qui rendent heureux, choses impatientantes, choses qui sont éloignées bien que proches, choses qui sont proches bien qu'éloignées... Parfois ce sont de simples listes, ou de petites histoires ou de jolis moments de poésie.
Les références culturelles du Japon médiéval sont très éloignées de nous, avec une société fortement hiérarchisée et codifiée, surtout dans le fonctionnement quotidien de la cour impériale.
Cependant certaines de ces notes restent d'actualité et en résonance avec notre époque.. car la nature humaine n'a pas beaucoup changé !
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Voilà enfin lu (et relu immédiatement) ce petit opuscule qui m'attendait sagement alors qu'il aurait du faire partie de mes lectures de jeunesse.
Chez Folio il est classé dans "sagesses" et je pense que ce choix est juste. Il ne s'agit pas ici de simples listes, de poésie ou de portraits de cour ébauchés à la façon d'un La Bruyére.
L'omniprésence de la nature et de l'intemporel donnent toute sa valeur à ces "Notes e chevet" compilées il y a mille ans par la dame de cour Sei Shonagon à Kyoto.
Malgré les prouesses de la traduction, ici comme souvent, on regrettera de ne pouvoir lire dans le texte. Les notes, fort bienvenues, nous sont d'un secours constant dans l'approche de ce Japon médiéval soutenu dans notre lecture uniquement par nos constructions imaginaires perverties par les images déformantes de quelque film ou reportage. Car il s'agit bien de cela, s'imaginer le temps d'un livre cette culture japonaise si différente de la nôtre, son contact évident, constant, avec la nature, mais aussi une philosophie de l'existence marquée par l'inéluctable et une forme de fatalité. La forme "listes" rend le discours fluide, dépouillé du superflu (zen?). J'envie très fortement cette lectrice qui a pu lire ces évocations à Kyoto. La présence de la Nature et celle des lieux sacrés a du permettre une bien meilleure immersion et amplifier oh combien la poésie des mots.
Amoureux(ses) de la littérature japonaise ce livre est quasi obligatoire tant il donne quelques clés de compréhension de ses auteurs principaux. Immédiatement me sont revenus Kawabata avec "Pays de neige", "Nuée d'oiseaux blancs" "Le lac"" ou encore "Les belles endormies", mais aussi dans le rapport à l'existence Tanitzaki ou Oé.
Et puis, tout de même, ce livre amène à réfléchir un peu sur le sens de notre vie, sur notre rapport au pouvoir, à l'Autre, à la Nature bien sûr. Sagesse taôiste d'un autre millénaire, dans un autre monde, mais sagesse éternelle comme l'est celle des Grecs anciens.
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Défi lecture 2023
Lecture 16/100, item 96 roman poétique

Choses qui rendent heureux et autres notes de chevet
Sei SHÔNAGON
Traduit du japonais par André Beaujard
Gallimard , 2021

Sei Shonâgon (vers 965 – après 1013) est une dame de cour. C'est l'une des plus illustres autrices du Japon.
Composé dans les premières années du XIe siècle, "Le livre se présente à la fois comme un journal et comme une énumération infinie du monde. Les saisons, les montagnes, les insectes, la nature, l'eau, les plus menus détails de la vie quotidienne, la vie aux champs, la vie à la Cour, les sensations les plus infimes, les tissus, les Poésies, les Choses qui font battre le coeur, les Choses effrayantes, les Choses qui remplissent de tristesse, les Choses qui ont une grâce raffinée, les Choses élégantes, etc…(source France Culture)"

Les + : A lire par petites touches, pour s'accorder une pause et savourer à la fois l'écriture et la quiétude du moment. Regarder autour de soi avec un oeil neuf, s'apaiser...
Les petites choses du quotidien prennent une autre dimension sous cette plume douce, légère et pleine de poésie.
Excellent ouvrage pour découvrir le mode de vie à la cour au XI ème siècle.

Les - : il faut savoir apprécier l'écriture nostalgique et sereine, elle peut parfois sembler lente.

Une très jolie invitation à la méditation.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Fleurs des arbres

J'aime la fleur du prunier, qu'elle soit foncée ou claire; mais la plus jolie, c'est celle du prunier rouge. J'aime aussi un fin rameau fleuri de cerisier, avec ses corolles aux larges pétales, et ses feuilles rouge foncé.
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CHOSES QUI FONT BATTRE LE CŒUR

Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Passer devant un endroit où l'on fait jouer des enfants.

Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée d'encens.

....

...Une nuit où l'on attend quelqu'un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l'averse que le vent jette contre la maison.
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CHOSES QUI FONT BATTRE LE COEUR
Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Passer devant un endroit où l'on fait jouer de petits enfants.
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée d'encens.
(...)
Se laver les cheveux, faire sa toilette, et mettre des habits tout embaumés de parfum. Même quand personne ne vous voit, on se sent heureuse, au fond du coeur.
Une nuit où l'on attend quelqu'un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l'averse que le vent jette contre la maison.
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CHOSES QUI PERDENT À ÊTRE PEINTES
Les œillets ; les fleurs de cerisier, de kerrie. Le visage des hommes ou des femmes dont on vante la beauté dans les romans.

CHOSES QUI GAGNENT À ÊTRE PEINTES Un pin. La lande en automne. Un village dans la montagne. Un sentier dans la montagne. La grue. Le cerf. Un paysage d'hiver, quand le frod est extrême. Un paysage d'été, au plus fort de la chaleur.
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LES NUAGES
Les nuages blancs, pourpres, noirs, me ravissent.
Les nuages chargés de pluie, que le vent chasse.
J'aime voir aussi, à la pointe du jour, les nuages sombres, qui peu à peu blanchissent. Dans une poésie chinoise, on a parlé, je crois, de la teinte qui disparaissait à l'aurore. C'est bien joli encore lorsqu'un nuage mince couvre la face brillante de la lune !
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