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ISBN : 208137868X
Éditeur : Flammarion (23/08/2017)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Abandonnés par tous, Reine et ses trois enfants n’arrivent plus à faire face. Sa vie finit par ressembler à son jardin qui n’est plus qu’une décharge. Tant de richesses en elle voudraient s’exprimer et pourtant son horizon paraît se boucher chaque jour davantage. Seul un miracle pourrait la sauver... Il se présente sous la forme d’une mobylette bleue. Cet engin des années 1960 lui apportera-t-il le bonheur qu’elle cherche dans tous les recoins de ce monde et, surtou... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
28 août 2017
Je suis une "aficionada" de Jean-Luc Seigle... Sa sensibilité, ses thématiques, son style me touchent au plus profond... Là aussi, cela a marché... sauf que je suis comme les enfants, j'ai du mal à accepter les histoires qui finissent mal...
Une histoire qui débute dans le désespoir d'une femme, Reine, acculée financièrement, et mentalement. Au chômage depuis un long moment, abandonnée par son mari, elle ne sait comment sortir du tunnel, et faire vivre décemment ses trois enfants...Elle pense à faire le pire...Ouf, elle se reprend, nettoie son jardin, embarrassé par des tonnes d'objets,
de ferraille, que son mari avait accumulés... Elle veut au moins retrouver un jardin digne de ce nom, des fleurs...une sorte de beauté dans le quotidien, qui aide à vivre et à espérer... ....et MIRACLE, elle va trouver une vieille mobylette, qu'elle parvient à faire démarrer. Cette chère mob. va lui permettre de se présenter à un
entretien de boulot...
Elle deviendra thanatopracteuse", pourra redresser "la barre",faire vivre ses enfants; parallèlement, elle rencontre un homme,"cabossé" comme elle, cela sera le coup de foudre immédiat, entre eux... On est content... La vie semble à nouveau sourire à Reine, mais le sort... va revenir s'acharner ! je n'en dis pas plus...
Même si le style est aéré, poétique, ne fait que suggérer; A nouveau le ciel s'assombrit très violemment ! A tel point que j'ai achevé l'histoire de Reine et de ses enfants, la gorge complètement nouée...On espérait tellement que les batailles, l'acharnement, la gentillesse et les talents de cette femme voient la fin du mauvais temps, des tempêtes !..
"Travailler avec des morts ne pouvait pas être pire que travailler à l'usine. Et puis, les morts, sûrement à cause de sa proximité depuis l'enfance avec les ancêtres, lui faisaient au fond moins peur que les vivants. Ca risquait même d'être assez agréable de préparer
des hommes et des femmes à devenir des fantômes" (p. 32)
"Les enfants médusés, ne posent aucune question. Sacha se contente de dire: "Tu touches les morts", avec une certaine admiration. Sonia ajoute: "Non elle ne les touche pas, elle les habille pour les faire beaux."
Igor est des trois le plus impressionné à l'idée que sa mère serve de passeur entre des vivants qui ne le sont plus et Dieu que personne ne voit. Il aime les points de force de sa mère , son courage, sa vivacité, son acharnement à vouloir transformer la réalité avec ses
tissanderies, sa propension aussi à l'émerveillement tout en sachant que son comportement volontariste, cette violence qu'elle se fait subir à elle-même pour être à la hauteur, n'ont pour socle que son extrême fragilité." (p. 91)

Comme à chacune de mes lectures de Jean-Luc Seigle, je ressent très vivement l' empathie, et la compréhension intime de l'écrivain envers les personnages qu'il met en avant !
J'ai été très émue par ce personnage féminin, pauvre, accablée par la précarité, mais qui reste un personnage lumineux, qui aime la vie , l'amour , ses enfants, sa grand-mère qui l'a élevée avec intelligence et bienveillance... qui garde un esprit d'enfant, elle
s'émerveille de tout, croit à une renaissance possible grâce à l'amour qu'elle rencontre en la personne aussi attachante et blessée qu'elle, Jorgen, routier au demeurant qui se révèle être un peintre connu, de talent mais qui écoeuré par le monde commerçant, vénal de l'art, lâche tout !!
. Deux êtres "purs", authentiques qui veulent une vie meilleure, comme un monde meilleur...
Je ne reviens par sur la conclusion qui me peine et que
j'imagine différente, dans ma tête !!
Ce qui m'a particulièrement retenu c'est le deuxième texte qui prolonge le roman...Et qui donne quelques clefs sur les sujets récurrents qui habitent depuis très jeune, Jean-Luc Seigle....
Ce deuxième texte plus autobiographique, où des éléments de son parcours nous permettent de mieux saisir le choix de ses personnages parmi "les éclopés de la vie", des exclus, des personnes trop modestes pour se sentir le droit de prendre la parole...Il est le digne petit-fils de ses grands-parents communistes qui l'ont élevé: un grand-père , paysan, et une grand-mère, femme de ménage, qui lisait la nuit, et a transmis son amour des livres à son petit-fils....
Dans ce texte intime, il relate un voyage qu'il a effectué en Amérique... Cela lui permet d'aller au-delà du Voyage, à proprement dit, pour parler du monde, des "pauvres" sur cette terre, des émigrants qui participent
à la richesse, à la construction des pays d'accueil... mais ils sont le plus souvent les laissés pour compte... Une crise économique survient, des troubles sociaux... et très vite, les mauvais comportements envers "l'Etranger" resurgissent...encore et encore !
"Quand les pauvres n'en peuvent plus, ils prennent des balais qu'ils chevauchent et montent au ciel pour échapper à l'injustice sur terre. C'est ce qu'elle raconte souvent à ses enfants qui ne la croient pas." (p. 33)
Sans être un manifeste, ce texte accompagné de photographies éloquentes dont des clichés de Long Island, et d'autres lieux...est de façon sous-jacente, une réflexion sur les devoirs d'un écrivain, qui ne peut pas rester neutre dans une société remplie d'injustices
criantes et inacceptables!
Je ne peux m'empêcher de me rappeler le texte fabuleux de Jean-Luc Seigle sur Charles Péguy, qu'il a sorti avec bonheur des clichés habituels, et des images
stéréotypées où il se trouvait...
Péguy a écrit, s'est battu, a écrit pour se battre et défendre l'essentiel à ses yeux. Curieusement, nous retrouvons un petit garçon vif, élevé avec amour
par une mère veuve et pauvre, qui rempaillait des chaises pour survivre et élever son fils...
Des échos, des liens résonnent entre les ouvrages de Jean-Luc Seigle, dont les mêmes injustices,
dysfonctionnements de la société... le font sortir de ses gongs et lui font prendre la plume... ! Pour notre immense plaisir et émotions sans partage !!
Je termine cette chronique déjà bien longue par cette dernière citation:
"Au fond, elle n'a rien voulu d'autre dans sa vie qu'inventer le paradis, sans pour autant l'étendre à toute la terre comme sa communiste d'Edmonde le lui avait appris; Reine voulait seulement l'inventer dans
sa maison. Peut-être l'étendre jusqu'au jardin. Ca lui paraissait raisonnable. Plus réalisable que le paradis sur terre." (p. 66)
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canel
16 septembre 2017
Histoire triste d'une femme, d'une femme à bout, bout de (vieilles) ficelles, selle de mobylette, let me get off the (love) story...
De Jean-Luc Seigle, j'avais aimé 'Je vous écris dans le noir', et plus encore le bouversant 'En vieillissant les hommes pleurent'.
J'étais impatiente de le retrouver en cette rentrée littéraire.
Le début de ce dernier roman m'a enthousiasmée, même si la ressemblance avec les premières lignes de 'Chanson douce' (Slimani) m'a fait tiquer.
Déception rapide ensuite, impression d'emprunts épars, à Joncour, Goolrick ('Arrive un vagabond'), Ono-dit-Biot, Benameur, Olmi, Gallay, ainsi qu'à Sizun, De Vigan et Bourdeaut pour la mère bipolaire.
Et puis à d'autres auteurs non-identifiés - impression tenace de déjà-lu, et renouvelée à mesure que d'autres éléments s'ajoutaient à l'intrigue.
Comme son héroïne Reine avec ses 'tissanderies', l'auteur coud, assemble, recycle à pas cher, pour rendre vivant ce qui ne l'est pas/plus. Ça donne un patchwork pas convaincant, cousu de gros fil, clinquant. Rien de féérique dans le résultat - ou plutôt si, un conte de fées mais à la Disney, convenu, kitsch et démago.
• 5/5 pour le personnage bouleversant du petit Igor, 4 pour le début et la fin, -1 pour la bluette, 2 pour le reste...
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syth
19 juin 2017
Reine fait partie de la France d'en bas, celle qui est oubliée; Elle vit seule avec ses trois enfants car leur père l'a abandonnée pour aller vivre avec une femme plus riche...Alors c'est vrai, Reine manque de maturité et elle est aussi un peu étrange. Mais surtout Reine a un esprit plein de poésie et d'amour pour les autres. Un jour, après une nuit difficile, elle prend son courage à deux mains et va déblayer son jardin encombré de tas d'objets que lui a laissé son mari; là, elle trouve une mobylette bleue qui fonctionne encore... Et tout va changer! Ce texte est merveilleusement poétique, émouvant et fort!
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montmartin
12 septembre 2017
Toute une nuit entière elle a pensé mettre fin à la vie de ses enfants, puis à la sienne. Même si la sienne n'a plus aucune importance. On ne dit jamais le nom de ceux qui chutent. La chute de Reine dure depuis trois ans, la chute n'en finit pas. Olivier est parti de la maison après qu'elle ait perdu son travail, il l'a laissée avec trois enfants de moins de dix ans. Des enfants soudés pour mieux résister aux secousses que leur mère ne parvient plus à leur éviter. Effacée du monde, elle se débobine., le jardin qui s'est transformé en dépotoir, les enquêtes des assistantes sociales,pas d'argent, pas d'avenir.
Une mobylette qui après deux ou trois étouffements, finit par vrombir et Reine revient définitivement à la vie. Elle trouve un emploi de passeur entre les vivants qui ne le sont plus et Dieu que personne ne voit. Sans un caprice de la mécanique de la mobylette elle n'aurait jamais rencontré Jorgen. Il éclaire quelque chose dans sa nuit pour qu'elle ne s'égare plus, il est peintre et elle sera l'amour du peintre. Mais le retour au réel va être terrible.

Portrait d'une femme qui lutte avec courage et acharnement contre les galères. Une femme qui rêve d'être emportée le plus loin possible tout en restant sur place, mais qui n'arrive pas à faire quelque chose de sa vie sans mettre les autres en danger. Une femme pauvre qui n'a rien, rien que ses enfants et qui va les perdre. Un récit simple, bouleversant, où la sensibilité de l'auteur transpire à chaque page.
A noter que ce roman est suivi d'un texte intitulé « à la recherche du sixième continent » à la fois carnet de voyage, souvenirs d'enfance mais surtout une réflexion profonde sur les migrants, sur leurs apports à nos pays, réflexion aussi sur les pauvres, les sans grades, ceux qui ne prennent jamais la parole. Ce texte à lui seul justifie l'achat de ce livre.

Lien : http://notreavis.canalblog.c..
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Aufildeslivres
19 septembre 2017
La vie peut être moche, très moche. En tout cas, celle de Reine n'est pas bien folichonne. Chômage, fins de mois difficiles, déprime, solitude. Comment faire face quand on gère seule trois enfants, sans emploi, le coeur en berne et le moral dans les chaussettes ? Reine essaie. Touche le fond. Imagine le pire – tuer ses enfants avant d'attenter à sa vie. Tout s'effrite. Son mari l'a quittée. Les kilos se sont empilés. L'amour propre s'est envolé. C'est gris, c'est sombre. Pesant. Oppressant. Jean-Luc Seigle le dépeint si bien.
Et puis, il y a les services sociaux, les menaces du mari qui va reprendre les gosses. C'est sûr. Elle est une mauvaise mère. Pourtant elle les aime ses enfants. Plus que tout. Alors il faut réagir. S'accrocher au miracle : cette vieille mobylette bleue dénichée dans le jardin. Parcourir les kilomètres et y croire. Parce qu'elle y croit Reine. Un emploi, un nouvel amour, des illusions, de l'argent pour les enfants qu'elle peut enfin gâter. le bonheur. La dignité. Elle ne demande rien de plus. Elle s'accroche… Je n'en dévoilerai rien plus pour ne pas spolier ce roman.
Reine a une seconde chance dans un monde qui va mal, dans une société qui l'a abandonnée. L'analyse est fine, les ressentis très bien exprimés. Reine s'épanche et on imagine, on comprend, on compatit. Les mots sont justes. le style entraînant de part ses chapitres et ses phrases assez courts -bien que quelques longueurs, au milieu du récit, enlisent la lecture. L'auteur parvient à émouvoir. Il interpelle. Cette Reine, femme courageuse au destin pathétique, nous attrape le coeur et nous le presse jusqu'à l'ébranler.

Lien : http://aufildeslivresblogetc..
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Les critiques presse (1)
LaPresse12 septembre 2017
Le romancier, scénariste et dramaturge propose une vision sensible de la détresse, matérielle et psychologique.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations & extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel17 septembre 2017
Seul Igor a du mal à se réjouir de ce [cadeau]. Pire que la crise, il redoute tout autant ces moments où sa mère réussit à faire vibrer la vie autour d'elle, où elle s'excite pour rien, quelquefois sans raison. Il mesure l'extrême dangerosité de cet état qui risque à la moindre contrariété de la fissurer tout entière. Le phénomène a empiré depuis que son père a quitté la maison, comme si sa présence avait, toutes ces dernières années, servi de digue aux débordements de sa mère. Igor en a voulu à son père d'être parti, mais depuis qu'il échange avec lui par Internet quand sa mère est absorbée dans ses travaux de couture et ses tissanderies, il a fini par accepter. C'est à lui-même surtout qu'il en veut, parce qu'il n'est pas capable de servir de digue aux débordements de sa mère ; sûrement parce qu'il est trop petit et que son corps d'enfant ne réussit pas encore à se mettre en travers de la folie. Il doit falloir un corps de colosse.
(p. 84-85)
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canelcanel17 septembre 2017
Elle a même appris à aimer la pluie, une fois bien encapuchonnée sous son imperméable en plastique transparent qui recouvre aussi une grande partie de la mobylette. Malgré les difficultés qu'elle a rencontrées pour rendre les coutures étanches, elle se l'est confectionné dans un rideau de douche épais et transparent, imprimé de grosses pivoines rouges.
(p. 89)
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canelcanel14 septembre 2017
Une cigarette ! Ça oui, elle fumerait bien une cigarette, une Pall Mall des paquets rouges. Elle a arrêté de fumer le mois dernier pour faire des économies justement, après que quelqu'un lui a dit : « Quand on est capable d'acheter des cigarettes, on ne peut pas dire qu'on ne peut pas nourrir ses enfants. » C'était un homme du Conseil départemental en cravate bariolée sur une chemisette. Elle était venue lui demander une aide. Il lui avait juste proposé une colonie de vacances pour les enfants. Mais impossible pour elle de se séparer de ses enfants, même pour un mois d'été.
(p. 17)
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montmartinmontmartin11 septembre 2017
Pourquoi la modestie devrait-elle toujours être la vertu des pauvres ?.. Il faudrait que les pauvres se contentent de la joie d'être en vie.
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montmartinmontmartin11 septembre 2017
Elle n'a jamais rien voulu d'autre dans sa vie que d'être emportée le plus loin possible tout en restant sur place.
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Videos de Jean-Luc Seigle (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Luc Seigle
http://www.librairiedialogues.fr/ Julien de la librairie Dialogues nous propose ses coups de c?ur de la rentrée littéraire de septembre : "Nos richesses" de Kaouther Adimi (Seuil), "Underground railroad" de Colson Whitehead (Albin Michel) et "Femme à la mobylette" de Jean-Luc Seigle (Flammarion). Réalisation : Ronan Loup. Questions posées par : Élise le Fourn.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues/
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