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ISBN : 2915978786
Éditeur : Editions Argol (23/03/2012)

Note moyenne : 3.29/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Tout aliment s'associe trois qualifications, comme les humains : une substance, un nom, une provenance.
Pourtant, il n'est pas rare que nous soyons amenés à consommer des nourritures auxquelles l'un de ces attributs fait défaut; c'est "l'alimentation vaporeuse".
Manger des nuages, la brume, la transparence...
Dans un style tout à la fois poétique et humoristique, émaillé de textes insolites, l'auteur nous conduit peu à peu vers des horizons plus... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
kuroineko
  11 octobre 2017
Avec ce court essai, Sekiguchi Ryoko nous invite à appréhender différemment le fait même de s'alimenter. Action banale s'il en est, et pourtant ô combien vitale, manger suppose autre chose que la chaîne mécanique de l'absorption.
L'auteure pose comme principe que chaque aliment dispose de trois attributs que sont la substance, le nom et la provenance. Elle désigne ensuite par le concept d'alimentation vaporeuse l'absence d'un de ces qualificatifs.
Elle aborde également la symbolique mise dans la nourriture, qu'il s'agisse d'aspects culturels (une provenance particulière qui fait voyager le temps d'un repas, par exemple) ou culturels (interdits ou purification religieux).
Passionnée de cuisine et de littérature, Sekiguchi Ryoko intègre à sa prose des citations ou anecdotes émanant d'autres écrivains tels Tanizaki ou les frères Goncourt.
Si le ton reste globalement léger, quelques notes d'amertume viennent acidifier le texte, plus particulièrement le dernier chapitre, au titre éponyme. Difficile d'évoquer la valeur des aliments ou de leur provenance sans parler de la mort ("fantôme") qui se cache insidieusement dans tout ce qui pousse ou vit sur toute une zone du Japon, celle du Tohoku où Fukushima annihile la joie que devrait être tout acte de se nourrir.
Je découvre cette auteur avec cet opuscule. J'ai beaucoup apprécié et son style, poétique et doté d'humour, et son fond. Comme elle doit venir dans le cadre d'une discussion à la médiathèque de ma ville, je compte bien lire d'autres ouvrages à elle auparavant et profiter au mieux de sa présence.
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nounours36
  27 octobre 2014
Tout aliment s'associe trois qualifications, comme les humains: une substance, un nom, une provenance. Pourtant, il n'est pas rare que nous soyons amenés à consommer des nourritures auxquelles l'un de ces attributs fait défaut; c'est « l'alimentation vaporeuse ». Manger des nuages, la brume, la transparence…
Dans un style tout à la fois poétique et humoristique, émaillé de textes insolites, l'auteur nous conduit peu à peu vers des horizons plus inquiétants, pour parvenir jusqu'à ce monde qui « mange fantôme », cette évidence, pour ne pas la nommer, qui s'est imposée à nous depuis le 11 mars 2011.

Le 11 mars 2011, 14h46 : un séisme et un tsunami dévastateurs frappent le Japon…
Manger les nuages : peut-être l'une des parties la plus poétique, en effet enfant qui n'a pas essayé de voir des symboles dans les nuages, d'essayé de les attraper, de les gober pour les déguster. La barbe papa en est un exemple concret et collant. C'est d'ailleurs une anecdote ou une légende : »Un jour, un poète de l'époque Yuan qui tenait un restaurant vit, en servant ce plat, le ciel se refléter dans sa soupe. Songeant donc que le client buvait le ciel en buvant cette soupe, un ciel où nageaient les raviolis, il nomma ce plat wahn-tan : ‘la soupe qui permet d'avaler les nuages' »
Mais on ne s'arrête pas aux nuages, viendra le moment de la brume et de ces symboles. On apprendra que ‘manger la brume‘ est une expression japonaise qui signifie mener une vie d'ermite ou vivre sans ressources. Ryoko Sakiguchi va nous parler de symbolisme mais également de concret, de recettes.
Empli de délicates notes d'humour également, ou l'auteure va nous citer Tanizaki et l'éloge de l'ombre, en se demandant si Tanizaki lui même aurait accepté de faire figurer la gelée de café parmi les nourritures de l'ombre ? !!!!
Mais nous faisons ensuite une incursion dans le grave, « Manger le lieu » , en effet manger le lieu va nous rêver sur la provenance du produit la plupart du temps, surtout en France où nous sommes friands des appellations d'origine contrôlée ou protégée, appellations qui font notre fierté. Mais l'auteure lève le voile sur les appréhensions que peut engendre le lieu : »champignons cueillis à proximité de Tchernobyl ou le dilemme suivant : « Que choisir entre une pomme marqué tout simplement « japon », indication trop vague pour identifier la région de provenance, une autre marquée » de Ibaragi », région proche de Tôkyô partiellement contaminée par la radioactivité, et une troisième sans aucune indication de provenance ? »
Mais c'est l qu'intervient le manger fantôme, qui nous rapprochera de la date du 11 mars 2011, le manger qui nous coupe l'appétit, la faim et l'envie. Ryoko Sakiguchi nous livre un superbe essai sur la gastronomie, qui éveille les papilles mais qui nous interroge puis nous glace d'effroi. Une lecture d'actualité depuis 2011, même avant d'ailleurs, mais qui reste invariablement contemporain et qui s'insinue malgré nous dans nos assiettes.
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MarianneL
  19 janvier 2015
«Qui n'a rêvé, une fois au moins, de manger les nuages ?»
Dans ce surprenant petit livre paru aux éditions Argol en 2012, et sous-titré «Manuel pratique de l'alimentation vaporeuse», la franco-japonaise Ryoko Sekiguchi, dont les appétits pour la cuisine et la littérature semblent également insatiables, dresse un inventaire poétique des nourritures fantômes, dont les caractéristiques physiques, d'aspect ou de texture, de provenance ou tout simplement de nom, restent insaisissables : manger la brume, la fumée, ou la transparence, manger des nourritures évanescentes ou innommables, et avec elles absorber une part de mystère.
« «Manger la brume» est une expression japonaise tout ce qu'il y a de plus banale, qui signifie mener une vie d'ermite, ou vivre sans ressources. On parle ainsi, avec une nuance moqueuse, d'individus peu sociables, voire excentriques. Pourtant, à l'origine, cette expression viendrait des sages ermites de la Chine qui subsistaient, dit-on, en mangeant la brume.»
Ce tour d'horizon érudit et parfois drôle des mets insaisissables se nourrit de la fascination ancienne, et réciproque, des français pour une cuisine japonaise où le plaisir de la vue et du geste, celui du toucher et de la texture, ont autant d'importance que celui du goût.
«Un conte populaire japonais de l'époque d'Edo rapporte l'histoire d'un marchand d'anguilles grillées. Pour attirer les clients, le cuisinier laissait la fumée s'échapper dans la rue. Un jour il s'aperçut qu'un homme s'approchait régulièrement du gril pour manger son bol de riz blanc, en toute tranquillité. Il se contentait de humer la fumée – le fumet – de ses grillades, sans jamais rien acheter. Au bout de plusieurs jours de ce manège, le patron de l'échoppe se mit en colère. Il exigea de l'homme qu'il paye pour la fumée, puisqu'il mangeait son riz avec. Et l'homme de répondre : «Eh bien, si je dois payer pour la fumée, contentez-vous que je fasse tinter la monnaie, voici !» »
Dans notre époque où la réalité devient fantomatique, et les sombres fictions deviennent réalité, la méditation subtile de Ryoko Sekiguchi rejoint, de façon surprenante, l'effroi des fantômes contemporains en guise de conclusion.
«Je ne pensais pas un jour écrire un texte qui coupe à ce point l'appétit, à commencer par l'appétit de celle qui écrit.»
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Baluzo
  20 octobre 2012
Tout petit livre si facile à lire et bien construit! une approche différente qui nous fait regarder les aliments et notre relation à eux différemment. Je n'ai pas bien compris la fin...mais ravi quand même!
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
kuroinekokuroineko   11 octobre 2017
(...) la dévalorisation de l'image d'un aliment du fait de la dégradation de celle du nom de lieu ressemble fort aux désagréments que rencontre celui ou celle qui a le malheur de porter le même nom qu'un meurtrier projeté au coeur Dr l'attention médiatique.
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kuroinekokuroineko   11 octobre 2017
Par sa consistance même, la bouillie a partie liée au cas de force majeure : guerre, maladie, pauvreté. Quelle différence, alors, entre la bouillie et la purée, ou, mieux encore, entre la bouillie et le velouté, plat largement valorisé, symbole de bonne santé, de nature et de métamorphose?
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kuroinekokuroineko   11 octobre 2017
Ce qui me plaît par-dessus tout, c'est de transformer en gelée les boissons alcoolisées : gelée de vin rouge servie dans un verre, gelée molle de saké, de vin mousseux dans une coupe. Elles cristallisent la joie du partage de la boisson alcoolisée.
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kuroinekokuroineko   11 octobre 2017
Reconnaître que les noms de plats existent, c'est reconnaître la valeur d'une cuisine.
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Videos de Ryoko Sekiguchi (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ryoko Sekiguchi
Ryoko Sekiguchi Nagori éditions P.O.L : où Ryoko Sekiguchi tente de dire de quoi et comment est composé son nouveau livre "Nagori", et où il est question notamment du sens du mot "Nagori", et de la trace et de la nostalgie, du gout et des mots, de la mort et des saisons, de figues et de châtaignes, de Fukishima et de Hiroshima, de la triple catastrophe et des haïkus, d'olivier Roellinger et d'Anne-Sophie Pic, de l?éphémère et de l'éternité, à l?occasion de la parution de "Nagori", aux éditions P.O.L, à Paris, le 16 octobre 2018 "Nagori, littéralement « reste des vagues », qui signifie en japonais la nostalgie de la séparation, et surtout la saison qui vient de nous quitter. le goût de nagori annonce déjà le départ imminent du fruit, jusqu?aux retrouvailles l?année suivante, si on est encore en vie. On accompagne ce départ, on sent que le fruit, son goût, se sont dispersés dans notre propre corps. On reste un instant immobile, comme pour vérifier qu?en se quittant, on s?est aussi unis." ??????????Nagori???????????????Nagori?????????????????????????? ?????????????????????????????Roellinger?Anne-Sophie Pic??????? ???2018?10?16?????POL?????Nagori????????
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