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EAN : 9782875601087
450 pages
ONLIT ÉDITIONS (16/10/2019)
3.89/5   40 notes
Résumé :
Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, François est obnubilé par la dernière phrase prononcée par Elise May, son amour de jeunesse. Celle qui lui avait dit sa haine du Führer quelques semaines auparavant, a crié avec conviction « Heil Hitler » un soir de janvier 1945, avant de poser son front contre l’arme du soldat de l’armée rouge qui lui fait face, prêt à l’abattre. François a besoin de comprendre ce cri. Quarante ans plus tard, il décide de refaire le voya... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Rosa de Marcel Sel avait été mon coup de coeur de l'année 2017, j'attendais donc avec curiosité de lire le second roman de cet auteur.
Je n'ai pas été déçu, j'en ai aimé la lecture mais il n'a pas détrôné Rosa.

Il y a 40 ans, François, un jeune soldat français est fait prisonnier par les Nazis et conduit dans un stalag en Mazurie, dans la Prusse Orientale. Il obtient de travailler chez un éleveur mais rapidement, ses connaissances musicales lui permettent d'accompagner au piano une Baronne et sa domestique.
Cette dernière, Élise, est au début admirative d'Hitler mais en viendra à le détester - elle le surnomme Wolf - Elise et François tomberont amoureux.
le Quartier Général de Hitler est à proximité et Élise y sera réquisitionnée comme goûteuse.
le dernier souvenir que garde François d'Elise est de l'entendre crier « Heil Hitler » alors qu'elle va être abattue par un soldat russe.

40 ans après, il entreprend de revenir en Mazurie, à présent polonaise pour comprendre ce cri.

À cet ancien amour se juxtapose l'histoire de Rita, l'épouse actuelle de François.

Difficile donc de tout décrire tant les épisodes sont nombreux et sans trop dévoiler...
La trame est ici tronquée par moi et je vous laisse la découvrir...

Il y a beaucoup de points communs avec le roman précédent de Marcel Sel : la seconde guerre mondiale et ses atrocités, les viols, la mémoire et la recherche de la vérité, les régimes totalitaires.
L'on passe du passé au présent, de la Mazurie prussienne à la Mazurie communiste polonaise, de la guerre en France à une marche forcée vers le stalag.
L'on passe aussi de la voix de François à celle d'Elise, ces deux personnages s'ignorent au début, se sentent attirés l'un par l'autre ensuite, s'aiment enfin mais restent néanmoins une énigme pour l'autre.
La guerre nous est montrée dans toute sa cruauté, certains épisodes de celle-ci sont éprouvants. Tous en sortent meurtris.
La genèse du régime nazi est bien narrée : on y voit pourquoi tant d'Allemands furent séduits, satisfaits de leur bien-être, et ont identifié leur pays à leur Führer et ce dernier s'est identifié à son pays.

La mémoire est omniprésente : elle justifie la recherche que fait François sur le comportement d'Elise, puis sur le passé de Rita qui elle, amnésique, n'a plus de mémoire.
Belle description également de la RDA, de la Pologne et du régime communiste qui eux, veulent éradiquer la mémoire de certains faits.
Les régimes totalitaires sont bien décrits avec leur endoctrinement et leur bureaucratie.
À la lecture, je me suis revu traverser à l'époque les frontières d‘Allemagne de l'Est et de Pologne, de la surveillance dont tous les occidentaux faisaient l'objet.
Beaucoup d‘humanité également dans ce roman, on y assiste même à la rédemption d'un nazi fanatique.

La lecture du roman reste aisée malgré ces retours en arrière.
Dois-je encore préciser que je l'ai aimé ?

Une petite touche négative cependant : j'ai été souvent irrité par les notes de fin de page expliquant certains faits qui me semblaient connus de tous, mais ce ne sont que des notes de fin de page, je ne devrais sans doute pas m'en offusquer...
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J'ai failli renoncer à la lecture du 1er chapitre, heureusement j'ai persévéré grâce à la recommandation d'une amie du groupe de lecture de la bibliothèque de ma localité.
Un conseil, il faut s'accrocher et cela en vaut la peine !

C'est la guerre de 1940-1945, en Allemagne nazie, dans l'ombre d'Hitler.
Heureusement, il y a de la tendresse, de l'amour et la musique omniprésente : un prisonnier français envoyé pour accorder le piano dans un château. Ils donneront des concerts de musique classique : au piano, François, le prisonnier français, la Baronne Ellinor et Elise, son élève pour le chant. Notre trio profite du peu de culture musicale des officiers SS présents pour interpréter Mendelssohn, musicien juif interdit par Hitler, en présentant sa musique comme étant de Schumann.

Les crimes commis par les Russes envers les civils se révèlent être la triste réalité de ce que vivent les Ukrainiens aujourd'hui.

L'auteur, Marcel Sel, achève son roman par un chapitre titré « La fiction et l'histoire » ; je ne peux que lui adresser mes félicitations pour s'être aussi bien documenté ainsi que pour sa qualité d'écriture.
Ce roman fait partie de la sélection « prix Horizon », prix accordé au deuxième roman d'auteurs sélectionnés, au préalable, par un jury et dont le premier prix est soumis au vote des lecteurs lors d'une rencontre dans la ville de Marche-en-Famenne, en Belgique, sous le patronage de Armel JOB.

Au vu de l'actualité, de la guerre en Ukraine, ces actes horribles sont malheureusement une réplique de ce qui s'est passé en 1940-1945.
À lire (sous réserve de votre état d'esprit) !
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Je devais lire ce livre dans le cadre du prix Horizon (prix du deuxième roman de la ville de Marche-en-Famenne).

La période de la seconde guerre mondiale est une période sur laquelle j'aime beaucoup lire.

Je disposais de peu de temps compte tenu de l'arrivée tardive des livres.

Il me tardait de découvrir comment quarante ans plus tard, le narrateur appréhendait cette époque extrêmement pénible.

Je n'ai pas pu aller bien loin. Violence extrême et très peu d'avancée dans les chapitres qui se déroulent quarante ans plus tard et qui auraient pu avoir beaucoup d'intérêt.

Je ne mets pas de note et je vous laisse tenter d'aller plus loin que moi dans la lecture.
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C'est un très beau mais dur roman que nous propose Marcel Sel. Un livre audacieux, déstabilisant au début pour plusieurs raisons.

La première est l'actualité et la guerre présente en Ukraine qui amplifient la violence décrite dans ce roman excessivement bien documenté. La seconde est que la narration évolue dans le temps, tantôt durant la seconde guerre mondiale, tantôt dans les années 80 ou encore dans les souvenirs des narrateurs, en alternance François, un soldat français fait prisonnier au début de la guerre et Elise, une jeune femme vivant en Mazurie dans la Prusse Centrale, la Pologne actuelle.

De nombreuses annotations en bas de page ayant le mérite d'être au plus proche de la réalité historique gâchent un peu le plaisir de lecture, mais je vous assure que faisant fi de cela cette histoire est vraiment magnifique.

Un roman audacieux qui mèle l'horreur de la seconde guerre avec une histoire d'amour adoucie par la musique, plus précisement le chant lyrique.

François a été emmené comme prisonnier au début de la guerre dans un stalag en Mazurie. Il a la "chance" d'en être sorti au départ pour "traire les vaches" mais aussi par ses qualités d'accordeur de piano. Il va devenir l'accompagnateur de piano à la demande de la Baronne Ellinor, une cantatrice ayant pour élève "Elise May", une jeune fille dont François deviendra amoureux.

Elise fait partie des 15 goûteuses d'Hitler, elle avait dit à François sa haine pour le Führer qu'elle surnommait péjorativement "Wolf" mais lorsqu'elle avait été mise en joue par un soldat de l'armée rouge en janvier 45, avait crié avec conviction "Heil Hitler".

François ne comprend pas pourquoi et va quarante ans après ce drame refaire le voyage à l'Est pour comprendre.

Une lecture exigeante qui décrit les atrocités de la guerre, l'endoctrinement, qui permet de comprendre la manipulation exercée dès le plus jeune âge d'un peuple qui va perdre sa lucidité et se sentir conforté dans ses droits en suivant son meneur. Endoctrinement, mensonges et terreurs semés par les régimes totalitaires.

Un roman historique qui présente la réalité des pays de l'Est avant la chute du mur. Ce roman est certes difficile, mais la poésie y trouve sa place. La musique adoucit un peu le tout et nous démontre qu'elle peut aussi être un outil de résistance.

Des passages magnifiques, une écriture poétique et un final surprenant.

C'est vraiment une belle découverte, je n'ai qu'une envie faire remonter "Rosa" le tout premier roman de ma PAL.

Ma note : 9/10

Lien : https://nathavh49.blogspot.c..
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Lorsque j'ai rédigé ma chronique de Rosa, l'auteur m'avait préparée en me disant qu'il ne me restait plus qu'à « affronter » le deuxième volume de son dyptique, Elise.
J'étais prévenue ! Effectivement c'est dur, parfois à la limite du supportable, mais malgré tout l'écriture fait que, tout comme Élise, on s'évade dans cette histoire romanesque.

François, français, se retrouve prisonnier de guerre en Allemagne. Amoureux de la langue de Goethe et de Mendelssohn (compositeur juif dans l'Allemagne nazie), il se retrouve à la traite des vaches et accordeur de piano dans un château d'Elinor, baronne et cantatrice et son accompagnatrice, Élise. Les deux femmes, comme beaucoup d'autres, sont de « bonnes aryennes », croient en leur Führer … enfin jusqu'à un certain point, avant de comprendre et de basculer dans la détestation de celui qui mènera le pays, et ses habitants, à la ruine. Quelques quarante ans plus tard, François revient dans cette Prusse orientale, devenue polonaise, pour tenter de comprendre pourquoi Elise a pu hurler « heil Hitler » avant de tomber sous les balles des soldats russes.

Ce roman, c'est plusieurs histoires en une : celle de la seconde guerre mondiale, de l'embrigadement de la jeunesse allemande, de la vie des prisonniers étrangers sur le front arrière en Allemagne, mais aussi celle de ses habitants dont la vie qui continue malgré tout, et une, enfin deux, belles histoires d'amour.
C'est aussi une histoire de doutes, de questions sans réponse, de convictions qui volent en éclat et, malgré les horreurs (et le mot est faible) commises par les représentants des deux camps totalitaires, une histoire d'une grande humanité.

Il est aussi beaucoup question de musique et de littérature dans ce roman, comme pour mieux mettre en exergue que ces arts peuvent, à défaut d'adoucir les moeurs, faire l'objet d'actes de résistance. En ces temps troublés par les obscurantismes de tous bords, c'est toujours bon de l'avoir en tête.

Même si le personnage de François peut paraître parfois un peu niais et naïf, encore une fois, Marcel Sel réussit la prouesse d'écrire un roman ultra bien documenté en arrivant à mettre de la poésie et même de la délicatesse dans ce monde et cette époque de brutes, et rien que pour cela ce roman mérite le détour.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Élise est face à Ellinor, debout, à côté du Blüthner, les yeux happés par son regard, comme si le lied créait un lien concret entre la villageoise et la baronne, un chemin qui les nourrirait mutuellement de leurs émotions les plus pures, au-delà de leur âge et de leur statut. Leurs épaules se tendent et s’abaissent au rythme de leur souffle long, les cous s’inclinent, se dressent, les lèvres virevoltent comme pour dessiner les notes qu’elles puisent au bas de leur ventre pour les projeter en l’air sans la moindre pudeur, leurs voix se charment, se fondent, s’enlacent avec une audace indécente, leurs yeux s’admirent, s’attirent, se donnent, se désirent et il suffirait peut-être que leurs mains se touchent, se dit Élise, pour que leurs cors soient emportés dans cette spirale sensuelle, inconvenante, interdite.
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Nous, on allait se battre pour la patrie. Elles, allaient nous attendre comme des saintes. Nous, on butterait les Fridolins. Elles, passeraient leur temps à lire les nouvelles du front. À craindre. À espérer. À mourir d’angoisse. À éviter la page des nécrologies. Et un jour, forcément, nous rentrerions. En héros. Mais les pieds devant. Ou alors, le cœur tellement empierré qu’elles nous reconnaîtraient plus.
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Imagine que tu fais un rêve. Dans ce rêve, tu as 16 ou 17 ans. On t'a placé dans un groupe solidaire et formidable. On t'a dit que tu étais avec les meilleurs. On t'a inculqué une culture supérieure à toutes les autres. On t'a montré Dieu sous les traits du Führer. Et ça, depuis ta première primaire. Notre Führer. Notre Grand Monsieur. Heil Hitler ! Tous les jours. Dix fois par jour ! Alors, tu suis les autres, tu penses comme eux. Plus tu penses comme eux, plus tu montes dans l'estime des chefs. Evidemment, tu es persuadé que tout ce que tu fais est normal, moral, et même héroïque ! Et puis, un jour, tu sors du rêve, tu vois tout ça d'en haut, tu découvres la vérité nue, sans la propagande, sans la doctrine... Et là, tu te rends compte que ce rêve était un cauchemar et que le monstre du cauchemar, c'était toi...C'était moi !
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Se moquer de l'autre, dans un vieux couple, c'est faire entrer le printemps dans le quotidien.
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Je regardais ces braves jeunes femmes, incapables de faire du mal à une mouche et je me demandais : comment les générations suivantes les jugeront ? Est-ce que leurs enfants comprendront à quel point on les a manipulées depuis toute petite ? Entraînées à avaler tout cru les délires d’un fou furieux ? Soumises à une nouvelle langue systématique ? Obligées de tendre les bras en criant Heil avant que d’être ?
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