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Marc Gibot (Traducteur)
ISBN : 2879291534
Éditeur : Editions de l'Olivier (15/05/1998)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Outre le légendaire Last Exit to Brooklyn, paru aux U.S.A. en 1964 après dix ans de censure, Hubert Selby Jr. a publié trois romans et un recueil de nouvelles : Chanson de la neige silencieuse. Pratiquement inconnu en France, cet ouvrage est une révélation. L'auteur y excelle tout à tour dans le comique, l'action ou l'abomination, et puise dans la langue des rues et des bars new-yorkais l'obscénité poétique qui l'a rendu inoubliable. " Bien sûr que je suis contenu d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Ambages
  29 mars 2017
J'ai adoré ce recueil de nouvelles. C'est une écriture qui surprend. Et c'est une écriture qui prend directement le lecteur dans un tourbillon de poésie et de folie, avec un humour quelquefois cinglant. le choix de la mise ne page est lui-même parfois décalé pour rendre d'autant plus fort les sentiments, l'exaspération, l'angoisse ou la rêverie. Il y a un crescendo dans la description de l'aliénation des protagonistes qui est magnifiquement orchestré par Hubert Selby Jr. jusqu'au moment où la tension culmine et fait décrocher le protagoniste pour le faire tomber dans les affres de la démence -et parfois, mais rarement- grâce à un petit flocon de neige qui tombe silencieusement, le personnage revient à l'équilibre après une longue promenade. L'auteur a une prédilection pour le prénom Harry qu'il donne fréquemment aux personnages des nouvelles. Par ailleurs j'ai remarqué que les membres de la famille présentée dans Un peu de respect possèdent tous un prénom qui commence par la même lettre : Morris Milton Miltie, comme si la famille était un tout où l'individu n'avait pas d'autonomie. Une autre petite chose a attiré mon attention, il est très souvent question de personnages masculins dans ces nouvelles à l'exception de Je suis bien sage, une suite de lettres écrites par une femme enfermée dans un hôpital psychiatrique. Je reprends ci-dessous les titres des nouvelles, incapable de dire celle que je préfère car elles ont toutes un petit truc qui les rend précieuses.
Le jour de chance du gros Phil
Salut champion
La dernière séance
Le biscuit porte-bonheur
À quoi penses-tu ?
Liebesnacht
Le bruit
Je suis bien sage
L'été de la Saint-Martin
Un peu de respect
La puberté
Le manteau
Le musicien
Des baleines et des rêves
Chanson de la neige silencieuse
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trust_me
  12 février 2012
J'ai lu la semaine dernière un article qui parlait d'un SDF accueilli dans un foyer Emmaüs. Ce jeune garçon, contraint de trouver refuge dans un endroit chaud au moment où le froid polaire avait envahit les rues, se plaignait de la promiscuité du foyer, de la violence et des vols. Il venait notamment de se faire dérober 140 euros et surtout le manteau qu'il considérait comme son bien le plus précieux. Ce témoignage m'a secoué et m'a donné envie de relire une nouvelle d'Hubert Selby Jr. intitulé le manteau.
Selby fut une vraie déflagration dans ma vie de lecteur. Comparable à la découverte de Bukowski, de Carver ou de John Fante. C'est au début des années 90 que j'ai entendu parler de cet auteur dans une interview du chanteur Henry Rollins. J'avais à l'époque beaucoup d'admiration pour Rollins, ex-leader du groupe punk Black Flag, grand gaillard musculeux au cheveu ras et tatoué de la tête au pied. J'écoutais en boucle l'album The end of Silence de son nouveau groupe, le Rollins Band, sur mon walkman à cassette (je sais, c'était le moyen âge). Bref, tout ça pour dire que c'est parce que Rollins a toujours cité Selby comme une influence majeure que je me suis intéressé à lui. J'ai commencé par le sulfureux Last Exit to Brooklyn et j'ai pris une claque monumentale. J'ai enchaîné avec le démon, La geôle, Retour à Brooklyn et enfin Chanson de la neige silencieuse. Ce dernier titre est un recueil de nouvelles publiées entre 1957 et 1981. le manteau date de 1978 et c'est une de mes nouvelles préférées.
Le manteau raconte l'histoire d'Harry, un clochard new yorkais qui vit une véritable histoire d'amour avec son manteau. Harry le solitaire squatte les immeubles désaffectés. Il travaille au noir quelques soirs par semaine comme plongeur. Ce petit boulot lui permet de se payer ses bouteilles de muscat quotidiennes. Il ne demande rien de plus. Tant qu'il a son muscat et son manteau, la vie vaut la peine d'être vécue. Ce manteau est son seul ami, celui sur lequel il peut toujours compter pour lutter contre la morsure du froid hivernal. En été, il ne s'en sépare jamais, paniqué à l'idée de le perdre : « Il était long, tombant pratiquement sur ses chevilles, et lourd, et il faisait presque deux fois le tour de son corps, et quand Harry en relevait le col, il se sentait protégé du monde extérieur. C'était un manteau provenant de surplus militaires qui lui avait été donné par l'armée du Salut, l'un des derniers qui restaient. Ç'avait été le coup de foudre. » Un soir d'hiver, deux SDF l'agressent pour lui voler son vêtement préféré. S'accrochant désespérément à son bien, Harry est roué de coup et laissé pour mort mais il a toujours son manteau sur le dos. Il doit son salut à l'intervention d'une patrouille de police. Sauvé in-extremis par les médecins, il passe des mois à l'hôpital. le jour de sa sortie, personne ne retrouve ses affaires dans les vestiaires. Pour Harry, la perte définitive de son meilleur ami signifierait la fin du monde...
Si vous passez régulièrement par ici, inutile de vous dire que c'est la littérature que j'aime. de la littérature à hauteur d'homme qui vous prend aux tripes. Pas de chichi, pas un mot de trop. L'écriture est brutale et réaliste. Selby déroule ses thèmes fétiches : la solitude, la misère et l'angoisse sans la vision apocalyptique qui caractérise ses romans. Car autant vous le dire tout de suite, le manteau se termine sur une note positive.
Je me rappelle avoir lu cette Chanson de la neige silencieuse au cours de l'été 1998 sur les bords du lac d'Annecy. Je m'en souviens parfaitement tant ce moment à été magique. Grâce à un simple article paru dans un journal local, j'ai eu le plaisir de redécouvrir cette fabuleuse nouvelle. Comme quoi, il ne faut parfois pas grand-chose pour dépoussiérer les trésors de sa bibliothèque.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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gui10sto
  31 janvier 2019
Quand on évoque Hubert Selby JR, de façon invariable, ce qui revient en premier ce sont des romans qui transpirent le malaise et la noirceur : "Last exit to Brooklyn" le premier et le plus connu ou "Le démon" dont on raconte qu'il a directement inspiré le "American Psycho" d'Eston Ellis (ce que je pense aussi). Sans oublier celui que le cinéma s'est chargé de populariser pour lui, le "Requiem for a dream" adapté par Lynch sur grand écran.
Hubert Selby (1928-2004) est le poil à gratter de la littérature américaine bien pensante, celui qui plus que n'importe quel autre auteur s'intéressant aux déclassés et aux laissés pour compte du rêve américain l'a fait avec une prose virtuose. Dans la majorité de ses livres, il a raconté l'errance, la violence et le côté le plus obscur de l'âme humaine, la torture du quotidien des camés, des paumés, des alcooliques et du sexe. de santé fragile, tuberculeux, alcoolique au dernier degré, héroïnomane un temps, Hubert Selby disait pourtant qu'enfant il aurait voulu être un saint. Ceux qui l'ont connu parlent de lui comme d'un être doux et bienveillant qui s'exprimait d'une voix sereine et sans éclat. Il y avait assurément deux Hubert Selby : celui qui écrivait et l'autre.
Il n'a pas laissé derrière lui une bibliographie pléthorique : à peine sept romans et recueils de nouvelles entre les publications de 1964 ("Last exit to Brooklyn") et de 2002 ("Waiting Period"). Les derniers ouvrages permettent de se rendre compte qu'Hubert Selby semblait apaisé et sur la voie d'une nouvelle littérature plus intense et plus belle encore que celle de ses débuts. Il y fait montre d'une poésie qu'on ne lui connaissait pas et qui s'ajoute à l'arc maîtrisé de son style direct et percutant. Les deux font bon ménage et offrent des histoires étonnantes.
"Chanson de la neige silencieuse" fait partie de ces ouvrages de "fin de vie". Il s'agit d'un recueil de nouvelles écrites entre 1957 et 1981 et publié en 1986 aux USA. Quinze nouvelles qui permettent à Hubert Selby de s'intéresser encore aux gens modestes, à ceux qui dorment dans la rue, à tous ceux qui n'ont pas pu ou pas voulu monter dans le train de la modernité. Selby y démontre son talent de conteur aussi à l'aise avec l'écriture urbaine de l'instant, dans une frénésie à l'urgence palpable, que dans des allégories poétiques où une seule averse de neige suffit pour changer un monde sinistre en terre de rédemption propice à tous les possibles. On retrouve dans ce recueil la palette complète de tous les talents de Selby qui le rendent si particulier dans le paysage littéraire américain du XXème siècle. Il serait dommage de ne garder de lui que l'auteur du "Last exit to Brooklyn". Certes ce seul bouquin justifie à lui seul de se souvenir de Selby mais ses nouvelles en donnent une image plus complexe et plus riche encore.
Lien : https://napalm10sto.blogspot..
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Godefroid
  27 juillet 2015
On retrouve dans ce florilège de nouvelles écrites entre 1958 et 1981 toute la verve de l'auteur, servie par son style inimitable. Tous les textes ne présentent pas le même intérêt et on peut être souvent déçu de l'absence de chute, la fin restant le plus souvent ouverte ; il faut prendre ces nouvelles pour ce qu'elles sont, des tranches de vie de gens "normaux" : gamins bourrés, cadres déprimés, femme seule et dépressive en maison de repos... des misères et des joies somme toute assez ordinaires, souvent touchantes. Se distingue tout de même le dernier texte du recueil, celui qui lui a donné son nom : un petit chef d'oeuvre d'une grande sensibilité dans une atmosphère très étrange, fruit du mal-être du personnage principal. 4 étoiles, rien que pour lui…
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
AmbagesAmbages   29 mars 2017
Il tourna au coin de la rue et découvrit un grand espace plat d’une blancheur éclatante, ponctué par la trace de ses propres pas, qui disparaissait au loin dans la lumière gris-blanc. Cela semblait impossible, mais pourtant, l’air était encore plus doux et le silence encore plus grand. Il continua à marcher, suivant ses propres traces, ayant l’impression qu’il pouvait continuer ainsi éternellement, que tant que la neige continuerait à tomber silencieusement, il pourrait poursuivre sa route et, ce faisant, oublier ses soucis et ses ennuis et toutes les horreurs passées et à venir. Rien ne pourrait plus tourmenter ou torturer son esprit, ni le faire trembler de peur ; les ténèbres qui s’étaient abattues sur son âme se dissiperaient. Il n’y aurait que lui et la neige douce et silencieuse ; et chaque flocon, grâce à la vie qui lui était propre, du fait de l’entité unique et distincte qu’il constituait, apporterait sa part de joie pendant qu’il continuerait à marcher, la neige douce et silencieuse tombant si paisiblement, si joyeusement…
oh oui, et si amour-eu-se-ment…
amour-eu-se-ment…
Mais oui, bien sûr ! Voilà pourquoi l’air est si vivifiant et d’un gros si lumineux alors que, par ce temps-là, on s’attend à voir un ciel plombé et sinistre. La neige porteuse d’amour en est la cause. Oh Dieu, quel apaisement !
Oui, il pourrait marcher éternellement. Il pourrait continuer à marcher si facilement, et toutes ses pensées morbides disparaîtraient, ensevelies sous la neige silencieuse.

(Chanson de la neige silencieuse)
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AmbagesAmbages   29 mars 2017
Voilà pourquoi le Bowery était un un quartier idéal. Dans d’autres lieux, quand tout lui paraissait gris et laid, il y avait toujours une petite parcelle de lui-même pour se souvenir et lui rappeler que les choses n’étaient pas toujours ainsi, qu’il lui était arrivé de regarder le monde qui l’entourait et d’aimer – parfois même d’adorer – ce qu’il voyait, de tout son cœur et de toute son âme, et il ne pouvait que boire pour essayer de ranimer tout cet amour… toute cette beauté… et cette situation conflictuelle le rongeait.
Mais plus il buvait, plus il devenait difficile de rester dans de tels endroits, et il était contraint de partir, en proie aux affres d’un enfant qui pleure, ou d’un chat perdu, ému parfois jusqu’aux larmes par la beauté d’une fleur ou d’un arbre couvert de bourgeons.

(Le manteau)
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PinceauPinceau   16 mai 2016
Il suivit ses propres traces, les seules traces visibles dans la neige.Elles lui parurent petites, et quoiqu'elles fussent les seules empreintes visibles, elles ne semblaient pas souffrir de cette solitude.L'idée que des empreintes puissent souffrir de leur solitude le fit sourire; comme si les empreintes avaient une vie propre, ou comme si elles pouvaient refléter la vie de leur auteur! Peut-être, après tout...qui sait? D'ailleurs, ça n'avait aucune importance.
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Videos de Hubert Selby Jr (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Hubert Selby Jr
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