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Daniel Mauroc (Traducteur)
ISBN : 2264030542
Éditeur : 10-18 (04/03/2004)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 218 notes)
Résumé :
" La terreur ? La plupart de mes personnages sont si terrifiés qu'ils n'en ont même pas conscience. Ils soutiennent le contraire. Ils se composent un personnage du genre : "je n'ai peur de rien" ; ils n'utilisent jamais ces mots-là, mais c'est bien ainsi qu'ils se comportent. Et la pitié ? Eh bien, en ce qui concerne la pitié, je ne sais pas. La chose la plus miséricordieuse qui puisse arriver à certains d'entre eux, c'est de pouvoir mourir. Mais je crois que la pit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
darkmoon
  01 novembre 2013
1. Critique du roman :
Oh non mais quelle leçon de morale affligeante... Alarmiste, sombre au possible !
Un roman extrêmement inégal. Hubert Selby Jr a choisi, à ses risques et périls, de traiter d'aspects particulièrement sombres de la société américaine à savoir la drogue et la manipulation par les médias. Mais le résultat est au final assez déconcertant. L'auteur a pourtant le mérite de saisir ces deux problèmes à la racine et de les montrer sans aucun fard. Mais c'est justement cette brutalité des faits qui marque, et qui choque davantage qu'elle ne touche. de plus, le roman souffre d'un scénario tapageur et agressif qui accroit l'incompréhension du lecteur. Malgré le désir évident de montrer la déchéance de ces quatre personnages, tout cela finit par se terminer en une horrible queue de poisson, qui atteint un niveau de violence rarement égalé, quasi surréaliste.
Pourtant ça démarrait bien: un jeune homme, et sa copine complètement accros à la drogue et dont la mère est shootée à la télé ; tous les deux des reclus de la société, s'accrochant désespérément à des rêves impossibles à atteindre: The Americain Dream et son lot de malheur. Seulement voilà, ce roman est désespérant! Il met mal à aise, pas parce qu'il est dérangeant ou parce qu'il nous confronte à ce que l'on s'efforce d'oublier, non, il procure un malaise de par la façon dont le sujet est traité! On a bien compris que l'auteur voulait faire du style, mais trop de style tue le style. le scénario est d'une simplicité infantile et se résume à une descente aux enfers sans réflexion ni échappatoire. On dirait un résumé paranoïaque de la vie de Hubert Selby Jr, où il y retranscrit toutes ses pires expériences concernant la drogue, avec comme seul message "La drogue ce n'est pas bien». Et les personnages sont d'un vide intersidérale, ils ne réfléchissent jamais, ils se laissent juste entrainer et aspirer dans ce tourbillon de n'importe quoi, sans se poser aucune question.
Requiem For A Dream nous gratifie donc d'un message aussi convenu qu'édulcoré. En choisissant de traiter le toujours épineux problème de la dépendance à la drogue, la seule morale qui s'échappe de ce bien terne roman pourrait se résumer en ces quelques mots: «les enfants, ne touchez pas à la drogue, ce n'est pas bien et puis ne regardez pas trop la télévision non plus, ça rend fou. "Vous l'aurez compris, niveau provocation, faudra repasser.
2. Critique du film :
Le film est d'une nullité assez aberrante par rapport à la haute estime que lui porte le public en général. Élevé au rang de film culte par toute une génération, il ne parvient jamais à justifier son statut, et cela dans tous les critères qui soient. Etant donné que le sujet de base manquait déjà cruellement d'intérêt par la faute de sa facilité évidente et sa pauvreté intellectuelle, il aurait été idéal pour le réalisateur de se raccrocher à l'essence même de toute fiction : une narration efficace et une histoire intéressante. Pourtant, bien qu'il essaie d'y parvenir, le film en est strictement incapable. Des personnages inintéressants, des effets de style faussement originaux et un répertoire d'idées extrêmement limité, voici la proposition de cinéma offerte par Requiem for a Dream, qui signe l'apologie du mauvais goût lorsque, touchant à sa fin, il tombe dans un misérabilisme à pleurer de rire, tant ce dernier est excessif (et inutile). Sont à extraire de ce bric-à-brac : une musique désormais mythique signée Clint Mansell, un début encore pas trop mal et quelques acteurs qui sortent du lot (Marlon Wayans en tête).
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ChtiteEmilie
  23 septembre 2018
Retour à Brooklyn, mais de quel retour semble nous parler Selby puisqu'il s'agit ici d'un aller simple vers la déchéance. le titre original Requiem for a Dream nous met davantage sur la piste car, oui, il nous faudra prier pour nos héros. Nous allons les suivre dans leurs longues descentes aux enfers, celles des rêves déchus.
Harry n'est pas ce qu'on pourrait appeler un fils modèle, il ne cesse de piquer la télé de sa mère pour la revendre dans le but de s'acheter ses doses. La came est pour lui, son ami Tyrone et sa petite amie Marion, récréative mais ils leur arrivent souvent de finir dans un squat une piquouse dans le bras. Sa mère Sara, se retrouve bien seule depuis la mort de son mari et le départ de son fils unique. Sa seule distraction est le poste de télé, qu'elle vient à chaque fois récupérer chez le prêteur sur gage. La télé n'est plus que sa seule raison de vivre jusqu'au jour où elle reçois un appel lui disant qu'elle va participer à une émission télé dont elle ignore tout. La télé l'appelle, elle, Sara, qui fera tout pour ressembler à cette femme qu'elle était le jour de la bar-mitsva d'Harry, cheveux rouges, robe rouge. Une Sara flamboyante! Pendant ce temps chez Harry et ses amis, c'est shoot sur shoot et tout s'accélère. La récréation n'a qu'un temps et devient un besoin inévitable, une addiction irréfrénable. Harry est heureux, camé jusqu'à plus soif, amoureux fou de Marion. Il vient même revoir sa mère pour lui faire sa B.A. Il la retrouve complètement changée, elle lui parle dans des propos qui lui semblent incohérents et est complètement accro à ses pilules amaigrissantes. Oui Sara est heureuse mais à deux doigts de la schizophrénie. Les addictions de chacun les mèneront tout droit à leurs pertes et personne n'en sortira indemne.
Le film qui a retranscrit cette histoire est très fidèle au roman, l'amplifie par les images incroyables de shoots, paranoïa ....et la musique y est incroyable. Un petit bijou.
Le seul bémol que je pourrai faire à ce roman est surement que Selby nous déroute en utilisant un phrasé parlé. Des phrases qui ne nous indiquent pas le dialogue sans que cela gène plus que ça. le phrasé parlé ralenti sans doute un peu la lecture et n'apporte rien de plus à l'histoire, ça la dessert plutôt.
Une incroyable déchéance, une prière pour un rêve déchu!
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Era29
  23 août 2015
Parmi les romans les plus connus d'Hubert Selby il y a Last exil to Brooklyn, The Demon et bien sûr Requiem for a dream (adapté au cinéma en 2000 avec Jared Leto) ! Il faut tout d'abord savoir que cet écrivain est originaire de Brooklyn et a déjà souffert d'une dépendance à l'héroïne. On peut penser qu'écrire lui a permis de se libérer de ses démons et on comprend mieux pourquoi la dépendance à la drogue est un sujet présent dans la plupart de ses romans.
La dépendance … C'est en tout cas autour de ce sujet que gravite Requiem for a dream, que ce soit à la télévision, aux jeux, à la drogue ou aux médicaments. Requiem for a dream c'est l'histoire de trois personnes (Harry, sa petite amie Marion et sa grand-mère Sara) que la dépendance va détruire peu à peu, d'une façon plus ou moins différente.
Je vous le conseille. Il faut cependant savoir qu'il s'agit d'un drame et que certains passages sont très sombres. Hubert Shelby a réussi à nous exposer ce qu'il sait, ce qu'il connait, ce qu'il a expérimenté et vu, il fait un portrait de tous les types de dépendance qui nous dégoute, nous vaccine … Son style d'écriture très naturel et un peu dérangeant nous montre d'ailleurs une certaine volonté de témoigner. C'est un très bon roman !
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KrisPy
  05 juillet 2014
Retour à Brooklyn (Requiem for a Dream) c'est "la suite" cauchemardesque du non moins cauchemardesque : Last Exit to Brooklyn. Pour ceux qui ne connaissent pas l'univers d'Hubert Selby Jr., vous risquez d'être choqués. Pour les autres, on ne retrouve pas vraiment de caractères du précédent opus, mais c'est plutôt, comme un air de famille avec les paumés du même quartier...
Harry, sa petite amie, et son meilleure ami, se droguent allègrement.Mais ils sont jeunes et ils ont des projets... La mère d'Harry subit l'addiction de son fils. Elle se languit de le voir plus souvent. Elle est très seule. Et elle aussi se drogue, mais avec la bénédiction du médecin...
Hubert Selby nous fait vivre le quotidien de ces personnages, leurs espoirs, leur déchéance, et leur désespoir, tout cela avec sa crudité et son énergie dévastatrice habituelles. C'est une grande et lente descente aux enfers, un requiem pour la mort des rêves. C'est violent, la mort d'un rêve... ça laisse des traces.
Génialement adapté au cinéma par Darren Aronofsky, avec Hubert Selby qui a participer au tournage (acteur et consultant)
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Bunee
  15 janvier 2009
Contrairement aux précédents, je l'ai acheté de façon planifiée. J'avais en effet regardé "Requiem for a dream" de Darren Aronofski (y?), que j'avais adoré, et je cherchais le roman dont il était inspiré.
Ce livre décrit la chute de l'être et de ses rêves. Deux histoires sont mises en perspective: une femme rêvant de passer à la télé pour oublier sa solitude, et son fils (et deux amis de celui_ci) en prise avec les conduites addictives.
La traduction et la rédaction demandent au lecteur un effort d'adaptation au départ (notamment dans les dialogues) mais une fois lancé, le récit suit une trajectoire en parabole: naissance de l'espoir / du rêve, puis illusion d'accéder à ce but, et enfin desillusion.
On est bien au delà du classique thème de l'initiation, le style est en outre très réaliste, décrivant sans fard une misère sociale et humaine très dure.
Le film, si vous l'avez vu, est assez fidèle au livre.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
kaliemlirkaliemlir   19 septembre 2012
Elle était attachée dans son fauteuil roulant, sa tête tombait en avant, on la poussait dans les couloirs, dans un ascenseur, dans d'autres couloirs, elle avait, de temps en temps, un éclair de conscience et se rappelait qu'elle n'avait pas eu son petit déjeuner, tant mieux, elle n'avait pas eu à repasser par cette épreuve, ça lui redonnait le courage de penser qu'il y avait peut-être de l'espoir, qu'elle allait peut-être revoir ce charmant jeune docteur, et sa tête retombait, on l'avait hissée sur une table, elle avait cligné des yeux, les avait ouverts, elle ne reconnaissait rien et s'était mise à frissonner et à trembler de peur tandis que les visages défilaient, tout brouillés, il y avait des lumières, elle ne savait pas où elle était mais quelque chose lui disait qu'elle n'aurait pas dû y être, le sentiment très net, à travers ce voile, que c'était une question de vie ou de mort, qu'elle aurait dû sortir de cette pièce, loin de tous ces gens aux visages informes, ou qui se cachaient derrière Dieu sait quoi, elle essayait de leur résister, elle en était incapable, des mains puissantes la maintenaient sur la table, l'y attachaient, sa gorge se bouchait, son cœur menaçait d'exploser, on lui avait fixé quelque chose sur la tête et fourré quelque chose entre les dents, les gens parlaient, riaient, mais les voix étaient brouillées, un tas de visages se penchaient sur elle, la regardaient, l'épiaient, ses yeux s'écarquillaient, elle entendait des rires, les visages s’écartaient, s’évanouissaient dans le brouillard, et ce fut soudain comme si un coup de feu lui traversait le corps, comme si ses yeux allaient éclater dans leurs orbites, son corps entier grillait, il se raidit, se tendit, prêt à éclater, une douleur qui lui transperçait le crâne, lui crevait les oreilles, les tempes, Sara n’arrêtait pas de sauter et de rebondir, le feu grillait jusqu’à la moindre cellule, ses os se tordaient, écrasés entre d’énormes pinces, à mesure que le courant s’intensifiait, son corps s’arc-bouta et se rabattit sur la table, ses os claquèrent, elle pouvait sentir brûler sa chair, des crocs s’enfonçaient dans ses orbites, lui arrachaient les yeux, elle ne pouvait plus qu’endurer, souffrir, et respirer cette odeur de chair brûlée, elle était incapable de crier, d’implorer, de supplier, d’émettre le moindre son, de mourir même, rivée qu’elle était à cette lancinante douleur, tandis qu’elle entendait ce hurlement dans sa tête, AAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHhhhhhhhhhhh…
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LeRouquinBouquineLeRouquinBouquine   25 février 2014
Sara hocha la tête, Bon, Je suis heureuse. Je suis contente que tu te sois trouvé une gentille fille et un bon travail. Je suis heureuse. Ton père et moi nous n’avons toujours voulu que ton bien, le meilleur. Tout finit bien, je le vois tous les jours à la télévision. Toujours. Sara se leva et prit son fils dans ses bras et l’étreignit, des larmes lui caressaient les joues, Je suis heureuse Harry que tu sois avec quelqu’un. Porte-toi bien et sois heureux. Et ayez beaucoup d’enfants. Ne vous contentez pas d’un seul. Ce n’est pas bon. Ayez un tas d’enfants. Ils vous rendront heureux. Harry s’efforçait d’étreindre sa mère, de la laisser l’étreindre, sans la repousser, il se raccrochait à elle avec une sorte de désespoir, il ne savait absolument pas pourquoi, quelque chose lui commandait de tenir et il tenait, tant qu’il pouvait, comme si c’était capital. Elle le serrait, elle l’écrasait, mais il tenait bon, contre sa volonté d’une certaine manière. Finalement, au moment même où il s’attendait à tomber en miettes, sa mère recula légèrement et le regarda dans les yeux et sourit, Tu vois, je pleure déjà. Je suis si heureuse que j’en pleure. Harry se contraignit, avec le plus grand effort, à un sourire crispé, J’suis content qu’tu sois heureuse Ma. J’t’aime bien, vraiment.
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TheCloTheClo   07 février 2012
La solution qu'on regarde chauffer et se dissoudre, le coton qu'on remue de la pointe de l'aiguille, la seringue qui aspire puis qu'on serre dans sa bouche pendant qu'on se ligote sa veine favorite, en réutilisant le même trou généralement, l'excitation quand l'aiguille s'enfonce et quand le sang gicle dans le seringue, le bandeau qu'on attache et la merde qu'on s'injecte dans le bras et l'attente de cette premiere bouffé de chaleur dans le corps et qui enfle dans vos boyaux et la seringue qui se remplit de sang, et on arrête, on arrahce l'aiguille, on la repose dans le verre plein d'eau, on essuie les gouttes de sang sur son bras, et on se rassoit et on se sent fort, invulnérable, entier, et un tas d'autres choses, mais entier, surtout.
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micaravatimicaravati   22 octobre 2015
La fin de Sara :
"Les bras croisés elle glissait vers la salle de télévision, dans ses pantoufles de papier. Il y en avait déjà quelques-uns , assis, le menton sur la poitrine, sous l'effet de la drogue. D'autres riaient, ou pleuraient. Sara fixait l'écran" (p. 28 - Ed. 10/18)

Celle de Marion :
"[...] Big Tim avait raison, ne cessait-elle de se répéter, cette came est de première. J'en ai pour un moment. Elle avait souri. Et il y en aura encore, et je n'aurai plus à partager. Autant que j'en veux, toujours. Elle se peletonna sur le divan et sourit, Toujours. (p. 296 - Ed. 10/18)

Et Tyrone :
"Les spasmes et les hoquets finirent par s'arrêter, une autre journée s'écoula, avec l'aide de ses compagnons, et Tyrone ne fut bientôt plus qu'un macaque comme les autres, les gardes le laissaient tranquille, qu'y fasse son boulot, qu'y fasse son temps, et il restait là sur son lit, la nuit, à rêver de sa mamy et de la douce chaleur de ses seins." (p. 303 - Ed. 10/18)

Enfin, Harry :
"Harry regarda [l'infirmière] un moment, il sentait sur son front la fraîcheur du linge humide, ses yeux se fermèrent, il sombra progressivement dans l'inconscience sans cesser de lutter, avec ce qu'il lui restait de forces, pour échapper au noir, aux griffes du monstre, et retourner à son rêve de lumière." (p. 300 - Ed. 10/18)
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micaravatimicaravati   14 octobre 2015
"Tempus fugit, vraiment, hein ? Quelquefois. Et quelquefois il n'a pas l'air de bouger. Comme si on était dans un sac sans pouvoir en sortir et il y a toujours quelqu'un pour vous dire que ça ira mieux avec le temps, alors que le temps ne bouge pas et se moque bien de vous et de vos peines... Et puis le sac se déchire et on se retrouve six mois plus tard. Comme si on venait juste d'enlever ses vêtements d'été et c'est déjà Noël, avec dix années de souffrance entre les deux." (p. 47 - Ed. 10/18)
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