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Christophe Claro (Traducteur)
EAN : 9782264043795
256 pages
10-18 (18/01/2007)
3.56/5   139 notes
Résumé :
2002.

Une personne à la recherche d'une arme pour se suicider, décide finalement de s'en prendre à la société. A travers son personnage, l'auteur décrit sa vision de l'Amérique de Georges Bush Jr.
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Waiting Period, c'est le titre, est un roman dans la digne lignée des précédents de Selby : l'étude des démons qui obsèdent les Etats-Unis, et l'auteur par conséquent.

Le résumé lapidaire de la Fnac : C'est l'histoire d'un homme qui voulait juste en finir, s'acheter une arme et se tirer une balle dans la tête. Mais voilà que l'armurier lui demande d'attendre quelques jours. Quelques jours, c'est long quand on est au bout du rouleau. Alors il reconsidère son projet. N'a-t-il pas mieux à faire ?

Effectivement le personnage principal à bien mieux à faire !

Il profite de cette période d'attente avant de récupérer son arme, pour réfléchir et se poser d'autres questions. Il se rend compte que son suicide serait un échec personnel et n'affecterait en rien le quotidien de tous ces parasites de la société qui l'ont conduit à ce geste !

Il décide tout simplement de dépolluer le pays, de supprimer ceux qui n'ont de cesse que de profiter de leur situation pour détruire leur concitoyen, ceux qui mangent littéralement la société, qui ne sont que d'inutile profiteurs.

Alors on entre dans le cerveau du protagoniste. Sa logique est implacable et froide.

L'écriture peut heurter, car Selby est coutumier des longs monologues quasi sans ponctuations, mais c'estun rythme qui va avec l'histoire et les personnages. C'est une fuite en avant.

C'est tout l'envers du Rêve Américain, le cauchemar de la réalité plutôt.

Hubert Selby a toujours porté un regard acéré sur ses contemporains, mettant en relief l'individualisme maquillé en patriotisme, la soif de l'or travestie en noble ambition.

On reconnaît le protagoniste comme étant l'auteur lui-même qui a voulu dans son oeuvre littéraire dénoncer (pour éliminer ?) les travers de l'Amérique.

L'écriture est toujours aussi rythmé et incisive. On ne peut que sentir la froideur de l'arme et le désespoir profond.

Or ce n'est pas un roman optimiste et joyeux, mais la réflexion se fait jour en nous et cela n'a pas de prix !

C'est un roman fondamental, comme toute l'oeuvre de Selby !
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" le suicide !
mais c'est la force de ceux qui n'en ont plus, c'est l'espoir de ceux qui ne croient plus, c'est le sublime courage des vaincus".
_Guy de Maupassant.

Cachetons, corde, tranchage de poignets, hara-kiri.. Ouchhh ! Oh non! .. impossible hara-kiri...il faut être né là-dedans, tout simplement pas pour les occidentaux...
Restons simple... une balle dans la tête... rapide, "propre", adieu.
Surtout ne pas se rater, sinon ils vous enferment.
Vous vous rendez compte ?
C'est illégal de mettre fin à sa vie.
Le suicide est un péché impardonnable... Bah voyons !
Ces adorateurs tuent des millions et des millions de gens au nom de leur Dieu, mais toi... pas le droit de mettre un terme à ton existence, même au bout du rouleau, même malade...
Pas le droit à la mort.
Une agonie perpétuelle, voilà à quoi tu as le droit.
La torture, ça se passe comme ça.

Bon... ça commence plutôt fort.
Selby n'y va pas par quatre chemins, il nous plonge tout de suite dans l'ambiance, et c'est donc sous la forme d'un sombre monologue intérieur, que l'on suit notre narrateur en proie à une sévère dépression. Ne supportant plus sa vie, il opte pour la solution, la seule qu'il estime être en mesure de mettre fin à son calvaire... une balle.
Mais un grain de sable va venir tout chambouler. Il va s'opérer un petit changement de programme...
"Si j'en suis là, c'est aussi un peu à cause de ces connards avec leurs systèmes corrompus. Peu importe ce qu'ils font, ils s'en sortent toujours.
Toutes ces sordides petites ordures... juste exploser leurs têtes pourries...
Voilà ce qui arrive quand la colère vous rend fou."

Bon !... vous avez pigé le nouveau programme ?

Je connaissais un peu Hubert Selby Jr (cubby), j'avais déjà lu quelques trucs "SUR" lui, mais jamais rien "DE" lui, jusqu'à la semaine dernière, où j'ai pu me plonger dans son recueil de nouvelles : "Chanson de la neige silencieuse", que j'ai apprécié sans non plus m'y trouver en apnée. À l'époque de sa sortie, je m'étais également acheté le DVD :"Requiem for a dream" ; moderne et géniale adaptation ciné de son roman éponyme (une descente dans l'enfer des addictions, qu'accompagne une B.O toute aussi addictive)

Dans ce roman, son dernier, l'écriture est beaucoup plus tendue, rageuse, voir haineuse que dans ses nouvelles.
Plus désespérée aussi.
Les réflexions, interrogations, obsessions, les doutes, les craintes s'enchaînent à toute berzingue, si bien que les phrases,les mots, se percutent, sont résolument crachés.
Une écriture bi-polaire.
On passe du noir au blanc,de petites victoires en rechutes inéluctables, ça bouillonne... ça bouillonne...
Alors on se calme...on inspire...on expire...on écoute le chant du merle... ça fait du bien...
Et ça repart... l'embrasement, inévitable, radical.

J'ai aimé son style brut de décoffrage, grossier,cash, sa mélodie du désespoir et du dégoût.
Peut-être qu'il y a quelques répètes de trop , que par moment le rythme s'essouffle, la lecture n'en reste pas moins électrique.
J'ai aimé côtoyé la folie... j'en redemande même.
Ce "waiting period" aurait aussi bien pu s'intituler "washing machine", mais alors...en mode essorage.
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Complément par Simon Vart

Enthousiasmé par l'idée derrière le livre, ayant adoré le démon et la Geôle, admirateur de Selby Jr., j'ai pris un grand plaisir à sa lecture : le style fracassant de Selby Jr, syncopé, brutal, envoûtant ; le choix de ses haines, ou du moins de son personnage, remarquablement proche des miennes ; et puis le sentiment trouble de lire quelque chose qui ressemblait à un testament.

J'ai vu une continuité dans son oeuvre et l'auteur comme un révélateur de notre époque. le personnage principal et unique – Waiting Period est un long monologue entrecoupé d'étranges commentaires divins de l'auteur qui absout son personnage – est proche de celui du Démon, il décrit la lutte intérieure d'un homme qui cherche la paix. Il cherche sa place dans le monde, un sens à sa vie, il juge ses contemporains et cherche désespérément une façon de se comporter qui lui apporte la joie et l'amour. Mais là où le personnage de Harry White est cynique, cruel, indifférent et fort – et donc tout à fait conforme à la période qui verra naître les impitoyables yuppies -, celui de Waiting Period est plein de compassion, d'amour, de tolérance, et faible. Bouleversé, il tient à peine debout, respire avec peine, se prostre et attend la mort comme une libération. La colère qui le saisit devant les imbécilités de la bureaucratie, à l'encontre des abrutis racistes et violents, sexistes et homophobes, l'empathie qui lui fait comprendre la douleur des victimes, servent de catalyseur à sa torpeur qui devient alors une joie mauvaise et vengeresse. Loin du cynisme, il fait le tour des maux de notre époque moderne, utilise Internet, se rend compte comme nous tous que la faim dans le monde, la misère, le chômage, l'intolérance, ne sont pas des fatalités, mais les conséquences de notre mode de vie. Et il se mobilise pour lutter à sa façon infime mais réelle contre l'injustice.

Le livre a été écrit avant le 11 septembre 2001, et pourrait être lu comme la genèse d'un terroriste. Un terroriste âgé, compatissant, dans lequel je n'ai pu m'empêcher d'y voir Selby Jr, homme gentil et affable qui se délivre par l'écriture de sa colère et lui donne un objet raisonnable. C'est lui qui vient absoudre son personnage, en commentant son état, le jugeant sans défaut, lumineux, entier. Ce n'est plus l'époque des yuppies tout-puissants, émanations d'un néo-libéralisme assumé, prêt à écraser le monde sans se soucier des conséquences : le pacte social est brisé, le monde a accouché du changement climatique, les peuples se mobilisent et les nouvelles générations réclament de la justice ; Selby Jr. a senti ces changements bien avant nous et les a couché sur le papier. La bataille du démon apparaissait inexplicable, maladive ; celle de Waiting Period est une libération, une guérison.

Si vous connaissez Selby Jr., vous n'avez pas besoin que l'on vous conseille. Si vous ne connaissez pas, lisez d'abord le Démon, la Gêole et ensuite Waiting Period, et vous me direz si vous avez ressenti comme moi l'itinéraire d'un auteur juché sur son époque et qui l'embrasse avec violence et passion.

Pour finir, le seul point faible du livre est son manque d'intensité dramatique : tout entier concentré sur le personnage et ses remugles intérieurs, il manque d'une certaine construction sociale, de scènes, de lieux, et d'autres personnages ; mais il compense par sa brièveté la clarté de cette exposition morale. Pour moi, le testament de Selby Jr., qui dit à ses lecteurs : je suis vieux, je vais mourir, et me voici, tel qu'en moi-même, je suis. Remember me.
Lien : http://www.immobiletrips.com..
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Waiting period, par Hubert Selby Jr. Les premières pages m'ont sauté à la figure, je me suis demandé où j'étais, Suicide, mode d'emploi ? Les Carnets du Sous-sol de Dostoievski ? Ce monologue morbide, cette lamentation désespérée, ou plutôt cette révolte nerveuse, cette turbulence fiévreuse, cette effervescence chaotique, écrites dans une langue parlée, parfois grossière, ont quelque chose d'éblouissant, qui vous tient jusqu'à la fin, car le ton est toujours le même au long du roman, et reflète parfaitement l'état d'esprit du narrateur, une sorte de cinglé, paranoïaque aux prises avec tout le monde et notamment ceux qui voudraient le juger ou l'aider, tout le monde sauf une serveuse rousse qui aura plus tard ses faveurs (sans retour).
Après avoir voulu quitter ce « monde pourri » et cette « lamentable existence » en se suicidant, tout en voulant que ce soit propre, rapide et sûr, après avoir égrené les méthodes en esthète, le narrateur opte finalement pour le canon de revolver dans la bouche. L'armurier, aux prises avec une panne informatique, ne peut le servir et il doit attendre quelques jours que lui soit livrée l'arme. C'est alors qu'il réalise qu'il est une victime, que ce n'est pas à lui de mourir, mais à ceux qui lui font du mal et en font à d'autres.
Le narrateur se veut un justicier, jurant d'éliminer les bureaucrates qui vous suppriment vos avantages dans l'anonymat, les mafieux en exacerbant la guerre qu'ils se mènent entre eux, Russes et Ritals, enfin les racistes – celui qui tue des personnes parce qu'elles sont noires et les jurés tout aussi ségrégationnistes qui s'emploient à innocenter l'assassin. Dans cette folie furieuse, il y a de la morale. de la méthode et de l'efficacité aussi, car il va mettre ses projets à exécution.
Au moyen d'un style parfaitement efficace car reflétant les méandres d'une pensée primaire, l'auteur décrit une démence liée à la solitude, à des rancoeurs de laissé pour compte, tel que peut en sécréter cette Amérique si profondément individualiste, inégalitaire, bureaucratique, corrompue, mafieuse…
Ce livre est pour moi davantage un exercice de style réussi qu'un oeuvre majeure telle que celles auxquelles Selby Junior nous avait habitués (Last exit to Brocklin, le Démon).
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Ce livre est le dernier roman, publié de façon posthume, d'Hubert Selby Jr. Décédé le 26 avril 2004.

Il s'agit d'un type qui, en pleine dépression, décide d'en finir avec la vie. Mais le temps qu'il puisse se procurer une arme, quatre jours d'attente, il ressasse ses motivations, reconsidère son geste et se dit que finalement ce n'est pas lui qui mérite de mourir, ce sont les personnes qu'il juge néfastes pour la société. Ainsi, il commandera de l'anthrax par internet et partira en croisade contre la bêtise humaine.

L'histoire de ce livre paraît anecdotique, sans saveur et sans souffle comparé aux autres livres de l'auteur, il aurait mérité tout au plus de faire l'affaire d'un recueil de nouvelles. La narration ne décolle jamais vraiment, le style de Selby est méconnaissable et le traitement du sujet glisse franchement vers le politiquement correct jusqu'à une certaine mesure, chose assez surprenante au regard des thèmes qui émaillent toute son oeuvre.

En tout cas une chose est sûre : ce livre ne nous laissera pas un souvenir impérissable !
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Et me voilà ici à présent à attendre. Le système pourri ne fonctionne pas. Toujours le système. Impossible d’y échapper. Cette saleté de vie merdique. Veut juste me torturer. Je trouve enfin un but dans ma vie et ils font tout capoter. Me laissent même pas me suicider bon dieu de merde. Quelle sorte de folie est-ce là ? Ils continuent de vous presser jusqu’à ce qu’il reste rien. Ce monde atroce ne cesse de rapetisser jusqu’à ce que vous vous retrouviez dans un putain de placard, enfermé eh merde. Une vraie histoire d’horreur. Enterré vivant.
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Mais supposons que je change soudain d'avis et que j'appelle les flics? Il se passe quoi alors? Je vais me retrouver dans un asile de dingues avec des millions de gens qui me poseront des questions, qui me rendront dingue voudront savoir pourquoi j'ai fait ça, comme si vivre dans ce monde était si merveilleux et qu'il fallait être fou pour vouloir le quitter. Ils s'esquintent les uns les autres à essayer de vivre de plus en plus vieux, allez, encore une année, c'est tout... Ouais, vivre pour atteindre 70, 80, 90 ans ou je ne sais quel âge encore. Dans quel but? Et qui sont-ils bon dieu pour prétendre que je suis cinglé parce que j'en ai eu marre de ce monde pourri? Qu'ils aillent se faire voir. A me gonfler avec leurs questions: pourquoi avez-vous fait ceci? Pourquoi avez-vous fait cela? Pourquoi n'aimez-vous pas cela? Pourquoi ne faites-vous pas plus d'exercice? Prenez pas des cours de gym? Ouais, gardez la forme, buvez de l'eau d'Evian, apprenez à danser, sortez en boîte, rencontrez des nanas, fréquentez une église, agrandissez votre cercle d'amis, prenez un verre ou deux, ne soyez pas aussi rigide, fumez donc de la marijuana, décompressez, rencontrez des nanas.
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Une fois levé, l'inévitable se produit. Ne pas balancer le masque contre le mur, ne pas crier quand la lumière filtre par les volets, ne pas brandir le poing à la face du monde, admettre simplement qu'une autre journée a commencé, une journée qui mettra sans doute un terme à toutes ces journées. Mais je n'en crois rien. Je n'ai toujours pas trouvé le moindre défaut en cet homme. Je dis cela quand bien même il met une fois de plus le canon de son arme dans sa bouche, ferme les yeux et essaye de contraindre son doigt à presser la détente. Une autre journée pénible, pitoyable et pénible. Une journée quasi semblable à la précédente, différente seulement en ce que chaque journée est toujours nouvelle, la douleur nouvelle et pourtant ancienne et sans fin.
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Pas la moindre issue hors de ce bordel épouvantable. Peux pas traverser cette obscurité. Elle a des crocs et des griffes et me boulotte en permanence la chair et m'arrache les yeux des orbites bon sang je suis bouffé et rebouffé et encore bouffé mais jamais crevé... jamais. Une agonie perpétuelle, c'est tout. La torture ça se passe comme ça, d'abord y'a la menace de la mort, puis y'a la promesse de la mort, mais on n'a jamais droit au simple cadeau de la mort.
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Si j'en étais capable j'aurais qu'à me trouver un boulot dans un labo pharmaceutique et torturer des lapins et des souris et des singes et dieu sait combien d'autres créatures. Comment peuvent-ils faire ça? Leur trancher les cordes vocales pour pas qu'on les entende hurler de douleur et continuer de les torturer puis rentrer chez eux le soir, manger, se détendre, se lever le matin et recommencer. Je suppose qu'ils "font juste leur boulot".
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Videos de Hubert Selby Jr (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hubert Selby Jr
Selby le rédempteur. Création radiophonique de Nicolas Judéléwicz et Nathalie Battus diffusée sur France Culture le 26 février 2014. Prise de son et mixage : Alain Joubert. Trente-six ans après sa parution « Le démon » d’Hubert Selby Junior (1928-2004) n’a rien perdu de sa puissance. Œuvre de contrastes violents : apparence, réalité, rêves, cauchemars, illusions, obsessions, lumière, obscurité, éclat, mort... elle révéla plus que nulle autre l’ambivalence du rêve américain confronté aux plus sombres instincts de la nature humaine... L’envers froissé en noir et blanc de l’Amérique technicolor des années 70. Le projet du compositeur Nicolas Judelewicz, est de concevoir une partition sonore, musicale, visuelle et interactive en plongeant au coeur de l’humanité brute et brutale du « Démon » d’Hubert Selby, Jr. Se glisser à la suite de son héros dans les entrailles tentaculaires de New York, univers kaléidoscopique de toutes ses dérives. Rechercher ses errances, ses marques, ses obsessions. Revivre et faire renaître les traces de son escalade dans une spirale désespérée et sans concession: de sa recherche inextinguible de plaisir, d’interdit puis de mort, à sa chute finale prévisible et inexorable.
Thèmes : Création Radiophonique| Création Sonore| Littérature Étrangère| Hubert Selby, Jr.
Source : France Culture
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