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EAN : 9782266066907
187 pages
Pocket (30/11/-1)
3.48/5   22 notes
Résumé :
Dans le petit village de Casamance où Oumar Faye vient d'arriver avec sa jeune épouse blanche, les commérages vont bon train. Sous l'arbre de palabre, on raconte que le père Moussa a chassé son fils, que la vieille ne voulait pas de sa bru, que la Française trouvait ses beaux-parents malpropres... On murmure aussi qu'Oumar et les siens veulent chasser les Blancs et qu'après ils se partageront tout...

Ce classique de la littérature africaine évoque le ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
aouatef79
  04 avril 2019
Ô pays , mon beau pays : est un roman de l 'écrivain sénégalais Ousmane
Sembene .Il fut publié en 1957 à une époque où l' auteur était docker au port de Marseille .Le récit se déroule en Casamance , Sénégal .Un Sénégalais ,Oumar Faye débarque avec sa jeune épouse blanche .L 'arrivée de ce couple mixte sème le trouble parmi la population locale .Les traditions et les moeurs des habitants font obstacle à la présence de couple mixte parmi eux .Les ragots et les rumeurs courent sur les arrivants .Ousmane Sembene en écrivant ce livre , a voulu dénoncer à sa façon cette tradition obsolète et aliénante qui veut s 'immiscer dans la vie privée des gens et la régenter .
Ö pays ,mon pays : est un classique qui évoque le combat d 'un homme seul ( Oumar Faye ) pour arracher son pays à une longue hibernation .
l''auteur évoque "l 'Afrique tourmentée , révoltée ,qui veut se construire en rejetant une tradition aliénante ".Un beau livre sur l 'Afrique à une époque révolue .



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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  09 novembre 2022
Quelque part au début des années 50, alors que le Sénégal est encore une colonie française, Oumar Faye revient au pays, dans sa Casamance natale. Âgé d'à peine 30 ans, il a passé plusieurs années en France, dont quatre à faire la guerre contre l'Allemagne, et le reste à fréquenter des cercles progressistes (lire : « bolcheviques », comme disaient certains à l'époque). Il y a rencontré Isabelle, jeune Française, qu'il a épousée.
Or donc, Oumar revient maintenant au pays pour s'y installer définitivement avec Isabelle. L'arrivée de ce couple mixte provoque rumeurs et réactions en tous genres, pas vraiment positives, et suscite surtout l'incompréhension générale. Un Noir qui épouse une Blanche, voilà qui est trop inédit pour l'entourage d'Oumar, baigné de traditions immuables et de religion.
Comme si cette défiance n'était pas suffisante, Oumar décide de bâtir sa propre maison à l'écart de celle de ses parents, et de se lancer dans l'agriculture. Son dynamisme heurte l'immobilisme ambiant, incompatible avec toute idée de développement et d'émancipation. Les aspirations au changement d'Oumar sont également mal vues par l'administration coloniale, à qui le statu quo convient parfaitement.
Cruel, ce roman raconte le combat d'un homme progressiste mais trop seul et trop en avance sur son temps, et dresse le portrait d'un pays qui commence très lentement à se sentir tiraillé entre fatalisme et besoin de changement, entre soumission aux colons et frémissement indépendantiste. Il est aussi question de racisme, de machisme, de religion, de conflits entre générations.
Publié en 1957 (soit trois ans avant l'indépendance du Sénégal), ce roman n'est donc pas une relecture a posteriori du processus de décolonisation. Malgré une narration qui m'a semblé parfois confuse, et des personnages peu incarnés, et même s'il parle d'une époque révolue, il reste intéressant sur les plans historique et sociologique.
En partenariat avec les Editions Les Presses de la Cité via Netgalley.
#Ôpaysmonbeaupeuple #NetGalleyFrance
Lien : https://voyagesaufildespages..
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raton-liseur
  21 octobre 2022
Je découvre avec ce livre, que les éditions Presse de la Cité ont eu la bonne idée de rééditer, Ousmane Sembène, qui fut acteur majeur de la scène culturelle sénégalaise de l'époque de la décolonisation et des indépendances. Ce livre n'est pas son plus célèbre, mais c'est le deuxième qu'il écrit et le premier qui se passe au Sénégal. Il est publié en 1957, 3 ans avant l'indépendance du Sénégal et alors qu'Ousmane Sembène est encore docker sur le port de Marseille. Il y a donc beaucoup d'Ousmane Sembène dans le héros de ce livre, Oumar Faye, qui revient dans son village de Casamance après 8 ans passés en France, dont 4 à faire la guerre, 8 années pendant lesquelles il a eu l'occasion de se frotter à des idées nouvelles, 8 années pendant lesquelles il a eu accès à l'éducation, dispensée notamment par les syndicats (et Ousmane Sembène a lui aussi profité des bibliothèques et des cours gratuits du Parti Communiste et de la CGT).
Oumar Faye arrive donc en Casamance, fort de ses idées nouvelles et prêt à vivre dans son village, mélangeant respect de la tradition et idées nouvelles. Petit détail, il débarque avec sa femme blanche, Isabelle. le livre, somme toute assez court, suit les premiers mois de l'installation d'Oumar Faye et de sa femme : les réticences de sa famille (un père iman et une mère un peu sorcière, c'est compliqué quand on amène des idées neuves et une femme blanche…), la défiance des villageois face à un dynamisme entrepreneurial auquel ils ne sont pas habitués. Mais Ousmane Sembène croit en son peuple (le titre du livre est assez explicite sur ce point !) et Oumar Faye arrive à emmener dans son sillage les jeunes de sa génération, et même peu à peu les générations plus âgées. Mais c'est sans compter sur l'administration coloniale qui voit d'un mauvais oeil se lever la figure de cet homme charismatique et prêt à tout changer.
Il me semble que le livre a quelques faiblesses, avec notamment une galerie de personnages secondaires très secondaires et peu caractérisés, ce qui rend parfois difficile le fait de les suivre au fil de l'histoire. Mais l'intérêt du livre n'étant pas là, c'est une faiblesse que l'on pardonne aisément, d'autant qu'il s'agit d'une oeuvre de jeunesse, il faut bien que plume se fasse.
Mais par-delà ces faiblesses, c'est une lecture très intéressante, qui met en scène l'évolution de la société et les rapports entre les générations, les espoirs de certains et le fatalisme des autres, les tiraillements qu'il peut y avoir au sein des individus comme des collectivités dans un moment qui précède des grands bouleversements. Ce livre ayant été écrit avant l'indépendance, ce n'est pas une relecture de ce moment en sachant ce qui allait se passer après et comment tout cela finirait, non, Ousmane Sembène est dans le même état d'expectative que son personnage, il aspire au changement, il rejette activement la colonisation, mais il ne sait pas où cela va mener, ni si sa cause vaincra, ni quelle forme cette victoire pourrait prendre. Et l'on sent bien cela dans l'écriture de ce roman, tous les possibles sont encore là, et si l'on espère, on ne peut pas savoir. Cela explique probablement la fin qu'Ousmane Sembène a choisi pour son roman, probablement le seul destin possible pour un homme qui était probablement en avance d'une décennie, mais qui représente ceux qui ont tracé le début du chemin qu'Ousmane Sembène et d'autres ont suivi après eux pour sortir de la colonisation et enfin écrire leur propre histoire sur leur propre sol.
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POY1
  26 février 2020
O pays, mon beau peuple ! est une ode au Sénégal et à la Casamance.
Ousmane Sembene narre le retour au pays d'Oumar Faye et de sa femme, blanche, Isabelle. Oumar a fait la seconde guerre mondiale en Europe. Il y a découvert l'amour mais également les idées progressistes de son temps.
Alors que les Africains s'éveillent à l'indépendance, Oumar revient en Casamance pour développer une agriculture performante qui puisse rivaliser avec celles des toubabs (les blancs). Il devra les affronter, eux qui voient d'un mauvais oeil ce jeune homme fougueux et rebelle qui va entamer la part de leurs bénéfices.
Oumar devra également secouer sa propre société, influencée par les traditions religieuses qui la maintiennent dans un carcan empêchant tout développement. Que cela soit son père, imam du village, sa mère, sorcière fétichiste, ou le vieux Gomis, notable commerçant du village qui ne cherche pas à remettre en cause l'équilibre des pouvoirs, Oumar devra les convaincre de croire en l'avenir de l'Afrique, de faire fi des différences religieuses, tribales et raciales pour assurer le bonheur futur de son « beau peuple ».
Ecrit à la fin des années 50, O pays, mon beau peuple ! est un roman d'optimisme qui rapporte l'inéluctable, à savoir la fin des empires coloniaux, la prise en main de la destinée de l'Afrique par les africains et la modernisation du continent.
Soixante dix ans plus tard, si nous constatons que l'Afrique a évolué favorablement, le chemin vers l'idéal décrit par Sembene n'est pas encore achevé.
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abija
  05 juin 2016
C'est bon
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
tgranductgranduc   05 octobre 2012
Nous qui sommes entre les deux Afriques, Il nous appartient d'apprendre des vieux leur savoir du passé et des jeunes ce qu'ils attendent de nous, bien que pour le moment, nos connaissances soient inférieures à nos désirs.
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aouatef79aouatef79   05 avril 2019
Faye Oumar était casamancien ; il retournait au domicile paternel après huit ans d 'absence , ayant quitté le pays natal comme nombre de ses camarades ,pour aller faire la guerre en Europe ; il rentrait quatre ans après la victoire .
Après avoir parcouru l 'Afrique du Nord et la France , il s 'était arrêté à Baden-Baden ;on l 'avait ensuite démobilisé et il s 'était marié avec une blanche .
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POY1POY1   25 février 2020
- Seck a raison, reprit Oumar. Voyez-vous, nos compatriotes en Europe reçoivent l'humiliation avec mépris, sans broncher.
[...]
- Je ne vous contredis pas, Monsieur Faye, et je suis affligé que ceux de ma race agissent de la sorte, mais ce racisme, c'est plutôt de l'ignorance.
- Mais non, Docteur Joseph. Voyez-vous, le noir aussi est raciste. Mais à sa manière.
- Il ne faut pas aimer une cité pour y vivre, mais attendre que les habitants t'aiment pour t'y installer.
[p. 100]
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aouatef79aouatef79   04 avril 2019
L 'amour ne se soucie pas plus de caste ni de race , que le
sommeil d 'un grabat .J 'allais en quête de l 'amour et je me
suis perdu .
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aouatef79aouatef79   09 avril 2019
En Afrique , les blancs sont les maîtres et ,en s 'attaquant à eux , on va
au-devant de la défaite .
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Video de Ousmane Sembène (3) Voir plusAjouter une vidéo

Dakar : le plaisir d'être polygame
Reportage à Dakar sur la polygamie : Jean CAZENAVE et Ousmane SEMBENE rencontrent tour à tour un mari et ses trois femmes, une assistante sociale, un imam, une femme, un instituteur et des jeunes qui apportent leur témoignage sur la polygamie.
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