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Jean-Paul Cortada (Traducteur)Bernard Lesfargues (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2868696082
Éditeur : Actes Sud (15/10/1990)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Pourquoi, lisant le "Requiem pour un paysan espagnol" de Ramón Sender, est-on saisi par la même fièvre qu'à la lecture de "L'Ami retrouvé" de Fred Uhlman, de "L'Accompagnatrice" de Nina Berberova ou du "Fusil de chasse" de Yasushi Inoué - pour ne citer que trois de ces récits dont on sait, à peine les a-t-on découverts, qu'ils demeureront à jamais gravés dans la mémoire? (...) La réponse tient en partie au moins, je crois, dans le double jeu de l'ellipse et de l'imp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  27 juillet 2015
Espagne, aux temps de la guerre civile. Les cloches de l'église du village sonnent pour annoncer le début d'une messe de requiem, en mémoire du jeune Paco, fusillé un an auparavant. Dans la sacristie, Mosen Millan, le vieux curé, se remémore la courte vie de Paco. Il l'a vu naître, grandir, acquérir une conscience politique, se marier, mourir. Paco, enfant, se demandait déjà pourquoi les pauvres du village vivaient dans des grottes, et pourquoi personne ne les aidait. Devenu adulte, il choisira le camp de ceux qui aboliront la monarchie et les privilèges quasi-féodaux de la noblesse espagnole. L'arrivée au pouvoir des phalangistes brisera brutalement ces idéaux et ceux qui les portent. Paco n'échappera pas au peloton d'exécution, une fois sa cachette dénoncée par Mosen Millan lui-même.
Très court roman (à peine 90 pages), au style sobre, qui ne laisse passer que peu de sentiments et ne permet pas de rendre les personnages attachants. le récit est très descriptif, presqu'un documentaire ethnographique, et rend très bien les différentes scènes de la vie du village, on s'y croirait. de même pour l'atmosphère oppressante de peur et d'insécurité à l'arrivée des phalangistes, « bel » échantillon de la terreur qui régnera pendant cette période.
On comprend bien aussi que l'auteur est du côté républicain (voir sa biographie), et que l'Eglise ne bénéficie pas d'un grand crédit à ses yeux.
En bref, une lecture aisée, mais qui me laisse perplexe, un peu sur ma faim, sans que je puisse dire ce qui manque à cette histoire. Peut-être un manque d'émotions, ou alors au contraire un trop grand écoeurement pour le comportement du prêtre, trop abruti ou trop lâche pour comprendre et regretter les conséquences de ses actes. Charité chrétienne, qu'ils disaient...
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Herve-Lionel
  01 juin 2014

N°272 – Avril 2007
Requiem pour un paysan espagnol - Jamón J Sender.
Il est des livres qui, avec une grande économie de mots et une histoire sans autre prétention que de porter témoignage, en disent long sur la condition humaine, son hypocrisie, ses trahisons, ses bonnes consciences, ses silences, ses renoncements, son acceptation facile de la loi du plus fort ou de son propre intérêt en se trouvant toutes les bonnes raisons d'agir ainsi, tout en se répétant à l'envi que l'homme est humain et humaniste!
C'est facile de faire bon marché de la vie des autres en se disant que Dieu est bon et miséricordieux, qu'il voit tout et saura faire la part des choses à l'heure du “jugement dernier” pourvu qu'on observe ses lois, c'est à dire celles des puissants et des riches qui possèdent le pouvoir temporel, parce c'est dans l'ordre des choses et qu'il ne faut rien y changer. C'est pratique la religion de type médiéval, celle qui règne dans cette Espagne d'un autre âge, aux valeurs traditionnelles mais surtout inspirée par un régime ultra conservateur qui souhaite que les choses demeurent figées dans un ordre éternel, les pauvres restent pauvres et craignent Dieu, les riches restent riches et commandent aux autres en Son nom et ce d'autant plus que le clergé est là pour rappeler à ces esclaves que Dieu a voulu les choses telles qu'elles sont et qu'il serait criminel de vouloir les changer. C'est aussi une carte postale aux couleurs sépia douloureusement fanées, celle des pénitents de la Semaine Sainte qui se mortifient devant les hommes et s'humilient devant Dieu, avec, en filigrane, l'évocation de deux mondes qui cohabitent sans jamais pouvoir se rejoindre!
L'histoire qui nous est contée évoque des faits vieux d'une année. Nous sommes dans cette Espagne d'une royauté finissante, une fin de règne... Et soudain, tous les espoirs deviennent permis, ceux d'un monde nouveau, où les éternels opprimés auront enfin leur chance. La République porte ses nouveaux espoirs pour les oubliés, ces laissés pour compte que sont les paysans sans terre de ce petit village sans nom mais qui est le miroir de ce pays d'alors. C'est compter sans la société traditionnelle qui voit ses privilèges soudain s'évanouir et qui, avec la bénédiction de Dieu et de son clergé va tuer, au mépris de Ses commandements, pour maintenir sa prééminence. Ce sera la Guerre Civile qui, de 1936 à 1939 va détruire tout un pays déjà exsangue. La dictature franquiste fera plus tard et pour longtemps perdurer les choses dans la haine et la terreur. Elles sont suscitées ici à travers les éléments fascistes qui envahissent le village et y répandent la mort .
Le curé Millan peut nous paraître sympathique. Il nous est présenté comme quelqu'un qui vit parmi ces paysans et leur parlent par ses prêches. L'autre protagoniste, c'est Paquito qu'il a baptisé, qu'il a marié, qu'il connaît bien parce qu'il était son enfant de choeur. Mais ce petit paroissien docile est devenu Paco, a oublié son curé et sa religion et a trouvé intérêt aux idées nouvelles. Il est donc devenu Paco l'apostat et menace l'ordre traditionnel en voulant simplement vivre autrement! Au fond de lui, ce brave curé doit faire vengeance et le lecteur n'est pas dupe. L'ecclésiastique va se révéler tel qu'il est, complice des possédants, de leurs représentants et de leurs tortionnaires et va livrer Paco sachant très bien ce qui l'attend. Il l'accompagnera vers la mort tout en maintenant jusqu'au bout l'illusion d'un justice impossible, lui donnant l'absolution et extrême-onction pour que les apparences soient sauves. Paco tombera sous les balles du peloton avec la bénédiction et la complicité de l'homme d'église qui ne fera rien pour le sauver “Parfois, mon fils, Dieu permet la mort d'un innocent. Il a permis celle de son propre fils qui était plus innocent que vous trois” et peu importe la veuve, les orphelins et la famille en deuil! Il n'a même pas eu le courage, un an après, de rendre aux siens la montre et le mouchoir du mort! Sa honte est grande puisque, un an après, il dira lui-même cette messe de requiem pour Paco, payées par ses ennemis, Don Valériano, Don Gumersino et M. Castulo et à laquelle personne d'autres n'assistera. Seul le poulain de Paco qu'ils ont chassé avant l'office voudra, par dérision, être de l'assistance!
Ce retour en arrière est ponctué par les phrases d'une comptine composée par le peuple du village et dites par l'enfant de choeur en mémoire de la mort de Paco. C'est là un véritable requiem, laïc celui-là! Pourtant, le vieux prêtre espère être quitte avec de belles parole et surtout avec cette amnésie qui caractérise si bien la condition humaine [“Dimanche dernier vous avez dit qu'il fallait oublier”], mais la comptine est là pour faire perdurer la mémoire de l'injustice.
Ce récit nous rappelle aussi que la mort fait partie de la vie et qu'elle peut intervenir à tout moment, surtout quand tous les espoirs sont permis, qu'elle est souvent le fait des autres hommes et de leur injustice, que l'individu en tant que tel ne compte pas et qu'on n'hésite pas à s'en débarrasser quand il devient encombrant, pour peu qu'on puisse le faire en toute impunité. C'est ainsi et malgré tous les discours lénifiants des philosophes sur la valeur et unicité de l'homme, sa position au centre de l'univers... c'est comme cela qu'il faut comprendre les choses de cette vie, simplement, brutalement. C'est ce que nous rappelle Sender dans ce récit devenu célèbre.
J'ai déjà eu l'occasion de le dire dans cette chronique, Ramon Sender reste bien l' écrivain de la condition humaine, un grand témoin qui ne laisse pas son lecteur indifférent.


© Hervé GAUTIER - Avril 2007
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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djathi
  27 mai 2016
Une oeuvre , courte , dense , qui claque , sans échappatoire pour le lecteur .
Ecrite en 1953 au Mexique par Ramon Sender qui débutera sa carrière d'écrivain par cette première oeuvre majeure. Ce court récit est un écho lancinant des souffrances du peuple espagnol en cette période trouble de la montée du fascisme , qui marquera l'histoire de ce pays durant des décennies; Ramon Sender lui même étant touché directement par la perte de sa femme et de son frère dans cette guerre silencieuse , utilisera sa plume pour mener son propre combat et continuer à vivre.
Mosen Millan curé de campagne se prépare à dire une messe pour Paco ,jeune homme fusillé par les phalangistes ; dans l'attente des fidèles , sous le regard d'un enfant de coeur qui chante l'hymne qui circule depuis cette tragédie, sur ce héros de l'histoire , le prêtre se souvient .....
Du baptême du nourrisson associé à ses papilles régalées en ce jour de fête ...
De l'enfant "Paquito"qui servit à ses côtés dans l'église , enfant de choeur bien-aimé ,
Du jeune homme curieux , et trop souvent dérangeant par son regard trop plein de questionnements sur l'ordre établi ,
De cet ordre justement , si bien gardé jusqu'alors où chacun avait sa place , noblesse ou paysannerie , et tout allait bien ainsi ...Avec les plus pauvres parmi les plus pauvres loin du centre villageois , dans les grottes ....parce que ça fait désordre et qu'on n'y peut rien,
Chut ,
De l'audace de Paco devenu homme qui refuse de se taire et bouleverse tous les rouages de cette structure ancestrale pour avancer vers la libération du peuple soumis encore au servage ,
De"la Jéronima" sorcière représentante des temps ancestraux où les croyances paiennes régulaient les passions des hommes , de Don Valériano et de Don Gumersindo représentant la puissance nobiliaire inattaquable , du rôle de chaque membre de cette petite communauté , rôle inébranlable jusqu'alors , bien gardés par la conscience collective ,
Et puis ....de son rôle à lui ....qui le conduit , au nom de Dieu le père tout puissant à ne pas pêcher par le mensonge et à faire acte de délation lorsque les fascistes poursuivaient Paquito , Paco ....l'homme au grand coeur , libre et rebelle ....
Dans la sacristie , il attendra en vain l'arrivée des villageois : le peuple a parlé par son absence .
Seul face à Dieu , seul face à sa conscience douloureusement tenue en éveil par la présence des trois notables impliqués dans l'assassinat de Paco et qui viennent payer la messe dans un souci de maintien de l'ordre immuable !
Les yeux fermés , tout au long de ses réminiscences qui remontent en surface , rythmé par le chant litanique racontant l'histoire de Paco mort pour le peuple .....
A travers une écriture elliptique , sêche , aride , des personnages symboliques aussi burlesques que dramatiques , Ramon Sender a su faire de cette oeuvre subversive , un pilier incontournable pour qui veut appréhender l'histoire de l'Espagne de l'intérieur .
Longtemps interdit en Espagne et circulant souvent sous le manteau , il fallut attendre la mort de Franco pour qu'il soit publié et dans son engagement sans réserve , Ramon Sender renoncera à ses droits d'auteur permettant ainsi une plus grande diffusion .
Une oeuvre magistrale .
J'ai regretté de ne pas l'avoir lu dans sa langue : les sons gutturaux de l'idiome espagnol accentuant sans aucun doute l'impact de ce récit rude , sobre et qui agit sur le lecteur avec un certain décalage dans la temporalité : l'impact ne se ressent pas dans l'immédiateté tel les contes et légendes .....
Au delà de son sens politique , Ramon Sender offre aussi une immense réflexion universelle : celle de la notion de culpabilité liée au sens du devoir démontrant la complexité du "dur métier de vivre" pour l'homme englué dans ses passions , sa moralité , ses appartenances religieuses et sociales .
On retrouvera d'ailleurs ce même thème dans la nouvelle "Le gué" , tout aussi poignante mais plus intimiste .
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MarianneL
  25 avril 2013
Requiem pour un paysan espagnol (1953) & le Gué (1948) (aux Editions Attila, 2010)
À l'intérieur d'une église qui reste obstinément vide, le curé, Mosén Millán, est sur le point, en cette année 1936, de célébrer la messe d'enterrement de Paco, fusillé par les phalangistes. Seul, appuyé contre le mur de l'église, il repasse le film de ses souvenirs, ceux du baptême, de l'enfance de Paco, de ses actes de compassion envers les pauvres, de son mariage, de ses espoirs et de sa lutte après 1931, et enfin de sa chute dont le prêtre a été l'artisan sans l'avoir vraiment voulu.
Par les yeux de ce prêtre passif, défenseur avec l'Église de l'ordre établi et des puissants, sont évoqués en filigrane la misère noire de l'Espagne d'alors, le système de domination des propriétaires terriens hérité de l'époque médiévale et les années troublées précédant la guerre d'Espagne.
Inspiré par l'histoire familiale de Ramón Sender, son frère et sa femme étant tombés sous les balles franquistes, ce court roman initialement publié au Mexique en 1953 est surtout une histoire humaine, celle du courage et de l'intégrité de Paco et celle de l'attitude du prêtre, homme gris qui a trop peu de force pour un grand dessein - qui m'a remis en mémoire cette citation de Primo Levi : « Les monstres existent, mais ils sont trop peu nombreux pour être vraiment dangereux ; ceux qui sont plus dangereux, ce sont les hommes ordinaires, les fonctionnaires prêts à croire et à obéir sans discuter »
« Un groupe de jeune gens arriva au village, des fils de bonne famille avec des bâtons et des pistolets.
Ils avaient l'air de pas grand-chose, et certains poussaient des cris hystériques. Jamais on n'avait vu de gens aussi effrontés. Normalement, ces garçons rasés de près et élégants comme des femmes, on les appelait, au carasol, petites bites, mais la première chose qu'ils firent fut de passer une formidable raclée au cordonnier, sans que sa neutralité lui serve à quoi que ce soit. Puis ils abattirent six paysans, dont quatre de ceux qui vivaient dans les grottes, et ils laissèrent leurs corps dans les fossés de la route qui menait au carasol. Comme les chiens venaient pour lécher le sang, ils postèrent un des gardes du duc pour les écarter. Personne ne demandait rien. Personne ne comprenait rien. Les gardes civils n'intervenaient pas contre les étrangers.
À l'église, Mosén Millán annonça que le très saint sacrement serait exposé jour et nuit, puis il protesta auprès de don Valeriano, que ces petits messieurs avaient choisi comme maire, parce que les six paysans avaient été tués sans avoir eu le temps de se confesser. le curé passait ses jours et une partie de ses nuits à prier.»
Requiem pour un paysan espagnol est suivi dans ce volume publié par Attila en 2010 par un deuxième court récit de 1948, également sobre et magnifique, « le Gué », la culpabilité d'une moucharde après la folle dénonciation de son beau-frère, fusillé lui aussi par les franquistes.
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Hardiviller
  20 mars 2016
Roman si court que d'aucuns le décrètent nouvelle , je pencherai plutôt pour le scénario d 'un drame cinématographique . le livre sera d'ailleurs adapté au cinéma par Francesc Betriu en 1985 avec Antonio Banderas dans le rôle de Paco . Les personnages sont ceux d'un village non nommé et de ceux qui en tirent les ficelles . Nous sommes dans le même climat social que dans " l'empire d'un homme " , des petits paysans , d'un grand dénuement , des riches , souvent propriétaires , ou se disant tel ,du foncier et enfin l'église qui régit la conscience des pauvres mais cautionne celle des autres . Ceux qui assassinent pour faire régner leurs droits sur le peuple sont clairement du coté de la phalange , mais cela n'est que suggéré . Sender qui se rangea un moment dans le clan communiste les trouvant potentiellement plus efficaces que les anarchistes pour lutter contre la droite , se le reprochera toute sa vie . Sa compagne , Amparo Barayon fut arrêtée et fusillée ainsi que son frère Manuel peu après son élection en tant que Maire de Huesca . On comprend alors qu'il n'accepte de retourner en Espagne en 1974 qu'à condition que soit enfin édité " Requiem pour un paysan espagnol " .
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
krzysvancokrzysvanco   27 janvier 2015
--- Savez-vous où il se cache ? demandaient-ils tous les quatre en même temps.
Mosén Millàn répondit en baissant la tête. C'était une affirmation. Cela pouvait être une affirmation. Quand il s'en rendit compte, il était trop tard. Il leur demanda alors de promettre qu'ils ne le tueraient pas. Ils pourraient le juger et, s'il était coupable de quelque chose, le mettre en prison, mais pas commettre un crime de plus. Le centurion au doux visage promit. Alors Mosén Millàn révéla la cachette de Paco. Il voulut ensuite essayer encore de le sauver, mais ils ne l'écoutaient pas. Ils sortirent en bande et le curé resta seul. Epouvanté par lui-même, et en même temps avec un sentiment de libération, il se mit à prier.
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Herve-LionelHerve-Lionel   01 juin 2014
Parfois, mon fils, Dieu permet la mort d'un innocent. Il a permis celle de son propre fils qui était plus innocent que vous trois
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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