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EAN : 9782896152254
Alire Editions (17/04/2021)
4.25/5   185 notes
Résumé :
Bonjour. Je m’appelle Florence Roberge et j’ai huit ans. J’ai commencé un journal intime. Je trouve que c’est une bonne idée parce que je peux parler de mes amies Emma, Charlie et Ling. Il y a Félix aussi qui vient jouer avec nous même si c’est un gars. Et je peux aussi parler de mes parents. Il y a papa qui travaille dans son dépanneur. Il me montre comment marche la caisse et il me fait rire. Il y a maman qui me donne souvent plein de becs et avec qui je regarde p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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Antyryia
  18 avril 2021

Journal intime d'Antyryia

13 avril 2021
Aujourd'hui j'ai posé ma matinée parce que le facteur doit m'apporter un colis important. Il a sonné à 10h00 du matin et m'a demandé d'abord de lui régler une taxe. Ca s'appelle des droits de douane je crois. Moi je trouve que c'est un peu du vol parce que j'ai déjà payé cinquante euros de frais de port mais lui il m'a dit que c'était la loi et que sans ça je n'aurai pas mon colis. Alors j'y ai fait son chèque quand même. J'étais pas mal tanné, ça veut dire agacé en québécois, mais en même temps très excité parce que quand j'ai ouvert le paquet j'avais le nouveau Patrick Senécal entre les mains. Il s'appelle "Flots". Je sais pas du tout ce que ça va raconter mais la couverture est trop belle et très intrigante.
Pour ceux qui ne le connaissent pas Patrick Senécal est considéré comme le maître de l'horreur au Canada mais pour moi ça va beaucoup plus loin. Déjà parce qu'il s'agit de suspense et d'angoisse, ensuite parce qu'il ne se répète jamais. Seul point commun : Au début tout est souvent banal puis crescendo l'écrivain avance ses pions, jamais au hasard, la tension monte, la peur s'installe doucement pour le lecteur puis devient terreur. Qu'il s'agisse de thrillers policiers, de romans fantastiques ou de récits plus psychologiques, il n'a aucun égal. Il est capable de rédiger un roman d'une phrase ( Contre Dieu ), de faire de l'humour ( la tétralogie Malphas ), de parodier Alice au pays des merveilles ( Aliss ) ou avec le vide d'écrire un roman pouvant se lire aussi bien dans l'ordre proposé que chronologiquement.
En tout cas me voilà devenu l'heureux propriétaire de Flots et ça c'est le fun.
Je suis très pressé de le lire mais je dois aller travailler alors bye.
Après le travail je suis rentré chez ma mère pour m'occuper du chien. Elle s'appelle Grisella, c'est un Shetland et elle est très jolie. Elle me fait toujours la fête quand je reviens. Maman n'est pas là cette semaine parce qu'elle est au chevet de ma mamie qui est hospitalisée à domicile. Elle a eu un gros accident du cerveau et elle ne peut plus bouger qu'un bras. Pis surtout elle ne peut plus parler et plus rien avaler. Les docteurs lui ont mis une perfusion de glucose mais ils ont dit à maman que ça serait provisoire et que mettre une sonde gastronomique ça serait de l'acharnement. Alors maman veut s'en occuper pendant ses derniers jours et les médecins ont accepté que ça soit à sa maison et non pas dans une maison spécialisée pour les vieux où elle n'aurait pu voir personne. Après moi je vais avoir une assurance vie alors ça me dérangeait pas de m'occuper du chien et de lui faire des mamours.
Ce soir j'ai commencé Patrick Senécal mais j'ai pas été convaincu. J'ai trouvé ça plate le début. Plate ça veut dire ennuyant au Québec mais on devine rapidement le sens de ces quelques mots inusités en France, pas de quoi s'affoler. Un dépanneur par exemple c'est une petite épicerie, qui sert à dépanner. C'est là que travaille le père de Florence Roberge qui est l'héroïne du livre.
Enfin je vais pas dans l'ordre. D'abord la tante de la petite Florence, huit ans, presque neuf, entre chez sa soeur et découvre que la petite est seule. Elle refuse de prononcer le moindre mot, impossible de savoir si elle sait où sont ses parents. Elle a l'air d'aller bien, à l'exception d'une coupure à la joue. La police est prévenue.
Un mois avant environ, son oncle Hubert lui avait offert trois carnets afin qu'elle puisse y raconter ses secrets et comprendre ses émotions. Et c'est ainsi que l'on fait connaissance avec Flo ( je pense y'a un lien avec le titre ! ) et ses parents, ses amies à l'école, sa professeur de piano.
Le langage est très enfantin, même si je suis pas très bon en français j'ai été irrité par son vocabulaire limité, sa syntaxe approximative, ses répétitions. Et pis j'ai vu que tout le long du livre ça serait que ça avec quelques courts intermèdes nous ramenant à aujourd'hui. J'ai pensé que monsieur Senécal avait pris du crack avant d'écrire ces niaiseries de petite fille.
Après j'ai fait sortir le chien pour qu'il fasse son pipi dehors, j'ai fermé les volets et j'ai été dormir. Bonne nuit.

14/04/2021
Aujourd'hui on est mercredi et après avoir donné ses croquettes à Grisella je suis parti tôt au travail. Il faisait froid et quand je suis arrivé les fenêtres étaient grandes ouvertes et j'ai eu encore plus froid. J'avais deux pulls et Antoine avait juste un t-shirt mais il avait chaud. Comme j'étais frigorifié j'ai eu envie de faire passer Antoine par la fenêtre mais je l'ai refermée pendant la pause café. A part ça j'ai passé ma matinée au téléphone à cause de tous ceux qui sont en télétravail.
A midi j'ai repris mon livre et j'ai davantage apprécié. D'une part parce que le style d'un journal intime d'une gamine de huit ans demandait juste un temps d'adaptation, d'autre part parce qu'on commence à comprendre que sa vie n'est pas un long fleuve tranquille et que Senécal nous emmène doucement mais sûrement dans son univers cauchemardesque, en posant les premiers jalons. On est alors au tout début du coronavirus, qui va faire ses toutes premières victimes à Québec. Sébastien Roberge, le papa de Flo, est complètement paranoïaque.
"Il a dit que c'étaient les gouvernements qui avaient inventé le virus pour que les pharmacies fassent de l'argent." Enfin il n'est peut-être pas si tant fou que ça parce que la dernière fois à la pharmacie j'ai vu des crèmes pour réparer les mains abîmées par le gel hydroalcoolique. C'est qu'il y a quand même beaucoup d'argent à se faire !
En parlant d'alcoolique, Marilyne, la maman de Flo, ancienne mannequin qui vit dans le passé, boit beaucoup. Des fois elle rit mais des fois elle est triste.
Elle est très proche de sa fille Florence qui a le droit de regarder des films d'horreur avec elle. Les litres de sang n'impressionnent pas du tout la petite qui profite des moments de complicité avec sa mère, même si le mari n'est pas d'accord. Il l'exprime d'ailleurs parfois avec ses poings mais regrette toujours parce qu'il les aime profondément sa femme et sa fille.
Le soir je suis rentré chez ma mère mais avant j'ai magasiné à Intermarché. Magasiner ça veut dire faire ses courses. J'aurais vraiment dû choisir le québécois en langue vivante au collège, c'est plus facile que l'allemand. Il était déjà tard et après avoir fait des minouches au toutou ( ça veut dire caresses ) ma maman m'a appelé pour prendre des nouvelles. Je lui ai dit qu'on n'avait pas été cambriolés et que je n'avais rien cassé. Elle m'a parlé de mamie : le docteur a voulu qu'on lui retire sa perfusion, qui était donc sa dernière façon de s'alimenter. Il avait peur que sinon elle ait mal à cause d'un neudème aux poumons et toutes les précautions sont prises pour qu'elle n'ait pas mal. Elle ne ressent plus ni la faim ni la soif. J'espère qu'elle a eu le temps de manger les chocolats Lindt que je lui avais offert à noël.
Le soir je ne lis pas beaucoup parce que j'ai la tête ailleurs mais le personnage de Flo me fascine de plus en plus. Ce n'est pas une petite fille comme les autres. Son environnement familial n'aide pas mais ça va bien au-delà. Déjà elle est très perturbée par les menteries : Une fois on lui demande de toujours être honnête, une autre de cacher certaines vérités. C'est aussi comme si elle n'avait pas eu les bons outils pour distinguer les notions de bien et de mal pourtant inculquées aux enfants dès leur plus jeune âge. Comme si elle n'avait pas de compassion, pas d'émotion, que la gravité des évènements lui échappait totalement.
C'est sa grand-mère Laura qui mourra des suites de son cancer, ce qui la laissera totalement indifférente.
"Elle a dit que quand quelqu'un qu'on aime meurt, il faut être triste."
"Je n'avais pas vraiment des regrets, mais je me demandais si c'était correct que j'en ai pas."
"Je ne comprenais pas pourquoi moi, je ne pleurais pas."
Cette fillette est adorable, attachante, on connaît tout de sa vie, du cheminement de ses pensées, qui sont d'une logique enfantine et pourtant parfois glaçantes voire macabres.
On dirait que par cet effet saisissant de contraste Senécal est en train de réussir son pari.
En tout cas il a déjà bien distillé l'angoisse.
J'ai eu une longue journée alors j'écrirai plus demain. Bonne nuit. Bye.

15/04/2021
Je me suis levé très tôt aujourd'hui tellement j'avais envie de connaître la suite du journal intime de Flo. Si je devais qualifier ce livre unique en son genre de par sa narration je dirais quand même qu'il s'agit d'un thriller domestique. Pourtant il est à contresens de tout ce qui se fait actuellement. Les "chapitres" sont très longs, il n'y a aucun dialogue bien sûr, juste des restitutions de ce que Flo a entendu.
"Là, papa a dit qu'ils auraient dû accepter les médicaments du docteur qui m'avait examinée l'année passée."
Et pourtant, Barbara Abel, Claire Favan, Karine Giébel que j'adore et qui excellent dans ce genre de thrillers familiaux noirs ne tiennent pas la comparaison.
Je ne vais plus parler de l'histoire, juste de mes impressions.
Si ce n'est pour révéler que Flots est aussi une allusions aux grondements qui se produisent parfois dans la tête de notre héroïne, quand elle se sent contrariée par exemple.
"Et là j'ai encore plus trouvé que ça ressemblait à de l'eau, comme des vagues."
J'ai lu, j'ai même dévoré. Plus j'avançais dans le livre et plus je voulais connaître la suite et la conclusion de ce roman effroyable.
Je l'ai déjà dit mais qui aurait cru qu'un journal intime pouvait nouer notre gorge à ce point et faire augmenter la vitesse des battements de notre coeur ?
J'étais très en retard pour aller travailler alors le matin j'ai tracé la route.
En rentrant j'étais toujours aussi pressé de reprendre Flots que j'ai ouvert la porte du garage et rentré la voiture sans me méfier le moins du monde et j'ai entendu un jappement tandis que mes roues arrières passaient sur une bosse. J'étais tellement à la bourre ce matin que je n'avais pas refermé la porte de cave et en entendant le bruit du moteur Grisella a bien sûr foncé vers moi.
Je l'examine et il n'y a plus rien à faire.
Tant pis pour la lecture, je prends une pelle et je la mets avec le corps déjà raide du chien dans mon coffre. Je me prépare une attestation de déplacement "promenade d'animaux de compagnie" pour justifier de ma sortie après 19h00 et je l'enterre dans un champ voisin. Je décide de ne pas en parler à ma mère, je lui dirai simplement que je l'ai fait sortir hier soir comme d'habitude mais qu'elle n'est jamais revenue. Qu'elle réapparaîtra peut-être tout à l'heure ou demain. Elle nous a déjà fait le coup et ma menterie devrait passer. Je me sens un peu triste quand même mais maman a déjà beaucoup à gérer et je ne veux pas lui enlever cet espoir.
En tout cas c'est pas l'fun cet accident.
J'ai plus envie d'écrire alors bye.

16/04/2021
C'est vendredi, enfin le week end !
Mais je suis seul au bureau et j'ai tellement de boulot aujourd'hui entre les mails, les appels et les courriers que je ne sors pas la tête hors de l'eau. Bon au moins j'ai pu fermer les fenêtres, c'est toujours ça de pris. Je suis encore un peu magané d'avoir autant bêché hier soir.
En rentrant tard le soir ma mère était déjà rentrée, sa soeur avait pris la relève auprès de ma mamie ce week-end. Elle m'a demandé où était passée Grisella coudonc alors j'y ai répondu que j'en savais rien et que son ostie de chien s'était fait la malle hier soir mais qu'elle allait sûrement revenir comme la fois dernière.
Après j'ai voulu la serrer dans mes bras pour la rassurer parce que je sais qu'elle en a déjà beaucoup des tracas en ce moment mais avec le virus chinois on n'a pas le droit de faire des becs même à sa famille, et même si ma maman a eu un premier vaccin.
Avec toutes ces affaires j'ai peu lu mais je me suis rendu à la page 300. Je réalise que la toute première phrase du livre, "Tout est une histoire de confiance", est en réalité le point d'orgue du roman.
"C'est pas grave de raconter des menteries pour ne pas avoir de problèmes, mais trahir la confiance de quelqu'un, ça c'est pas correct." nous expliquera Flo, très déçue par l'attitude de certaines de ses meilleures amies.
Et en dehors de l'horreur ( qui devient en définitive prédominante après une lente et inexorable ascension vers le chaos axée sur les raisonnements de chacun, et en premier lieu celui de Florence ), je suis resté admiratif de la façon dont Patrick Senécal avait placé chacun de ses pions, d'une façon qui paraissait à mes yeux totalement innocente, afin de pouvoir s'en servir les uns après les autres pour le feu d'artifice final.

17/04/2021
Aujourd'hui samedi, je suis rentré chez moi, et je me suis assis sur mon parquet ensoleillé pour lire la fin du meilleur roman que j'ai lu depuis longtemps.
Qui aurait misé sur la rédaction d'un journal intime d'une toute jeune demoiselle se mêlant dans les mots et l'orthographe pour en faire un tel chef d'oeuvre ?
Personne je pense. Enfin j'aurais quand même mis une pièce en sachant que ce serait Senécal qui relèverait le défi.
C'est audacieux, c'est différent, la construction est parfaite, la tension devient de plus en plus palpable jusqu'à nous faire mal au ventre et pourtant on est redemande. On entre dans la tête d'un enfant dont on comprend les raisonnements, aussi étranges ou sévères puissent-ils être. Est-on en droit de l'apprécier ?
Non, nous n'aurions pas réagi de la même façon à sa place et à son âge mais ce n'est pas notre histoire.
Inoubiable.
Je trépigne d'impatience à l'idée de raconter la toute fin, que je voyais venir avec le coeur serré. A tort ou à raison ?
Mais je pense que ce serait dommage parce que j'envisage de publier mon journal sous forme de critique demain sur Babelio. Et les fans m'arracheraient les membres un à un si j'en disais davantage.

18/04/2021
Ma décision est prise et je vais publier mon journal intime. Je sais bien que normalement ça se fait pas mais comme ça après ma mort mon souvenir du livre sera toujours là.
Un hommage à mon auteur de prédilection, à Flots, et à Florence.
Lisez le également, et n'hésitez pas à partager votre avis, à venir m'en parler.
Je me demande ce que je vais bien pouvoir lire à présent. Tout risque de paraître plate.
Mais là il est temps pour moi de vous laisser.
J'ai raconté des menteries concernant ma chienne, mais je dois rentrer en prendre soin pendant que maman sera au chevet de la sienne dès demain. Ca c'étaient pas des paroles en l'air.
Et j'achève mon journal avec une grosse pensée pour mamie Lucette.
Bye.
21/04/2021
Décès de ma grand mère le jour de son 93eme anniversaire. Qu'elle repose en paix.
+ Lire la suite
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bilodoh
  17 avril 2021
Un roman d'horreur, avec le journal d'une petite fille, du sang et des meurtres.
L'horreur ce n'est pas comme un polar. Dans les films d'horreur, on devine un peu ce qui va arriver, on sait que ça va mal finir, mais ça ne diminue pas l'intérêt. Au contraire, on anticipe l'horreur, on a peur à l'avance…
Mais non, je ne vais pas résumer l'histoire. Juste que c'est le journal d'une petite fille de huit ans, qui aime beaucoup les livres. Elle a un talent exceptionnel en français et elle écrit son journal à l'incitation de son oncle qui lui a dit que ça pourrait l'aider à comprendre ses émotions (et les horreurs de sa vie...)
Pour nous qui lisons cet horrifiant journal, ce sera aussi des émotions, de celles avec lesquelles on aura du mal à s'endormir…

(même si on se rassurera en se disant que « ce n'est qu'un roman, ça s'peut pas, des affaires de même »…)
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jrm30
  22 avril 2021
Florence Roberge est une enfant de huit ans, qui vit avec des parents aimants mais dont ils se querellent souvent.
Un jour la dispute tourne au drame et son père tente de lui faire garder le secret sur la disparition de sa mère.
Le poids est trop lourd pour les frêles épaules de Florence, qui va devoir faire face avec ça et aussi un père qui sombre de plus en plus dans la folie.
Elle doit prendre des décisions avec la vision naïve d'une enfant de son âge, dont même un adulte ne saurait faire face.
Elle découvrira également à ses dépens, que même à des amies elle ne peut faire confiance.
Son bol d'oxygène à tout ça est son journal intime, dont il ne vaut mieux pas qu'il tombe entre les mains de quiconque.
Un Thriller assez dur et original, dont on se trouve dans l'intimité avec la vision d'une enfant de huit ans quelque peu particulière dans son genre.
Une fois de plus avec « Flots », Patrick Sénécal a su me captiver.
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Stewartjef
  18 juin 2021
Évidemment, il faut connaître le style de Senécal.
Aucune dentelle
Surtout que 80% est vécu et écrit par une fillette de 8 ans (son journal intime). L'écriture n'est donc pas très recherchée.
Par contre, le propos est désarmant.
Empathie:
Capacité à ressentir les émotions de quelqu'un d'autre, arriver à se mettre à la place d'autrui.
N'ayez crainte, il n'est aucunement question d'empathie ici. Tout le contraire d'ailleurs.
Recommandation:
Il est préférable d'avoir lu quelques autres livres pour en apprécier pleinement la lecture.
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profileuse_criminal_lectrice
  25 juillet 2021
" Flots " placent à l'histoire d'une petite fille Florence âge de huit ans qui ne voit pas la vie aussi belle et qui vit malheureusement dans une famille complètement dysfonctionnelle.
Florence est seule chez elle, on la retrouve dans sa maison familiale en haut du dépanneur, et aucune trace de ses parents et elle refuse de dire quoi que soit et c'est tranquillement qu'à travers son journal intime où elle confie ses réflexions et ses observations sur sa vie quotidienne que je vais avoir la confession d'une Flo une gamine pas du tout comme les autres.
Florence en apparence et une jeune fille comme toutes les autres, elle a beaucoup d'amis avec qui elle joue beaucoup.
Florence à un journal intime, un journal que lui a offert son oncle Hubert et qui lui a dit d'écrire tout ce qu'elle veut, et elle, elle adore ça, lire, écrire, regarder des films avec sa mère, apprendre ses leçons de piano avec Mme Lemaire.
Qui dit journal intime dit que personne n'a le droit de le lire et d'y toucher, car s'est inscrit dessus journal intime.
Surtout ne jamais trahir la confiance de Florence, sinon elle ne pardonne pas la petite Flo.
Florence chez elle, il y a un truc qui ne tourne vraiment pas rond, elle sent en elle des bruits assourdissants qui arrivent dans sa tête, et quand ça arrive, elle n'a pas d'autres choix que d'agir.
Comme à son habitude Patrick Senécal à placer la barre très très haute, ici rien n'est laissé au hasard, car Florence à huit-ans et l'auteur à écrit un roman où c'est le journal intime d'une enfant de huit-ans et franchement, c'est carrément super réaliste et franchement, j'en ai pris plein la vue.
Quand j'ai lu cette histoire, je lisais vraiment comme dans un journal intime de Florence, tout se passe à travers le regard de Flo, c'est elle la narratrice, elle est à la fois toute mimi dans ses robes et à la fois hyper terrifiante et elle juge tout ce qui se passe autour d'elle à travers son regard à elle, son regard de petite fille et le retranscrit dans son journal intime.
J'ai bien compris que l'auteur voulait absolument que l'écriture ressemble à une enfant de huit-ans, sinon ne saurais pas été crédible, mon moment de panique à moi avoir peur de me lasser, mais non, ça va, Flo et attachante, et cela, malgré les choses horribles qu'elle commet, et le truc, c'est qu'elle n'a pas vraiment l'air de s'en rendre compte.
J'ai sentie une fillette qui à gros problème dans sa tête , mais en même temps elle à des parents pas très finaud , une mère qui lui fait voire des films d'horreurs et en même temps refuse de voir qu' un truc cloche chez sa fille , pour elle sa fille et normal et elle aime au-dessus de tout alors à coup de bisous tout ai pardonner , un père qui voit que sa fille à un truc qui cloche mais part dans des délires que le monde , les politiques ,les gens lui en veulent du mal , donc il est perché grave et complotiste sur les bords .
J'ai assisté à la naissance d'une véritable psychopathe à en devenir, et en plus, personne ne pourra rien faire pour elle, parce qu'ici, dans ce roman, on parle d'une enfance ratée, des amitiés foireuse, de la confiance rompue, de la trahison et de meurtres.
Dans ce roman, il y a de l'horreur et des événements complètement fous et des scènes hard, c'est le maître de l'horreur tout de même.
Comme dans tous les Patrick Senécal, le dénouement final se finit carrément en apothéose et j'espère une suite, où retrouver Flo voire ce qu'elle deviendra. Car si vous avez déjà lu comme moi le maître de l'horreur dans chaque roman , on retrouve un personnage phare de ses romans et là ici ce dénouement final est purement un coup de génie de sa part .
Flots le titre m'a fait penser au bruit que Florence entend dans sa tête. Flo comme son diminutif. Flots comme flot de paroles.
Quant à la couverture super mystérieuse, elle est en totale corrélation avec l'histoire de ce roman complètement dingue.
Ce roman est sublime en tout point, comme tous les Senécal, je n'arrive jamais à me dire qu'elle est celui que j'ai aimé le plus, parce qu'à chaque fois l'auteur écrit des romans complètement bluffant et dingue.
En tout cas, celui-ci est extraordinaire et terriblement incroyable.
Comme je le disais plus haut, pour ne pas être trop perdu, je vous invite à lire ses romans précédents, car il reprend souvent, un personnage phare et le glisse dans ses romans, mais vous pouvez de tout de même lire Flots et je vous invite carrément à le faire.
+ Lire la suite
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   13 avril 2021
Dans son nouveau roman noir à souhait, Flots, Patrick Senécal relève un nouveau défi d’écriture en racontant l’histoire en grande partie du point de vue d’une fillette de huit ans qui ne voit pas exactement la vie en rose.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
LespagesnoiresdecelineLespagesnoiresdeceline   06 avril 2022
Premier livre pour ma part de cet auteur que j'ai entendu souvent parler et aperçu ces livres.
Et me voilà à sauter le pas avec son dernier roman.
Très très belle découverte.
J'ai aimé cette histoire de journal intime, où notre personnage Florence se met à lui confier tous ses petits secrets. C'est vrai que dès les premières pages, on comprend très bien qu'il s'est passé quelque chose de grave, mais il y a ce fil conducteur (secret - vérité) qui nous tire tout au long de la lecture avec ses rebondissements et je n'avais qu'une seule envie c'était de connaître le fin mot de cette histoire. Et quelle histoire !

A savoir que dans ce roman le langage, pour les parties du journal intime, est enfantin, car l'histoire nous est racontée par Florence de huit ans, mais c'est ça qui fait le charme de l'histoire.
Certains passages sont cocassent, tandis que d'autres sont bien sanglants.
Quelques expressions québécois mais rien de bien méchant.
Une lecture qui m'a captivité.

Vous l'aurez compris me voilà convaincu et je suis bien décidée à lire d'autres de ces romans.
+ Lire la suite
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bgnbgn   22 mai 2021
À l’école, j’ai levé la main et j’ai demandé à madame Valérie qu’est-ce que ça voulait dire quand quelqu’un nous disait qu’il nous faisait confiance. Papa m’avait dit ça deux fois hier au dépanneur et je voulais comprendre. Et madame Valérie, elle est bonne pour expliquer les affaires. Elle a dit que c’était une très bonne question, alors j’étais fière. Elle nous a expliqué que quand on fait confiance à quelqu’un, ça veut dire qu’on pense que cette personne-là va bien faire ce qu’on lui a demandé. Elle a dit que faire confiance à quelqu’un, ça montre aussi qu’on l’apprécie. Normalement, on devrait faire confiance à notre famille et à nos amis. Elle a dit que ça veut dire aussi que si on dit un secret à un ami et que cet ami-là le dit à quelqu’un d’autre, ça veut dire que notre ami a trahi notre confiance et ce n’est pas bien, ce n’est pas gentil, ça nous fait de la peine. Là, elle nous a expliqué ce que ça voulait dire trahir. Trahir la confiance de quelqu’un, c’est comme dire à cet ami-là qu’il n’est pas important. C’était un peu compliqué, mais je comprenais en gros. Je me demandais si j’avais déjà dit un secret à quelqu’un.
+ Lire la suite
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rkhettaouirkhettaoui   16 avril 2021
Il m’a dit que ça, c’était des romans inventés, mais que mon journal intime à moi, ce serait vrai et que personne n’aurait le droit de le lire. C’est pour ça qu’on peut écrire tout ce qu’on veut dedans, c’est secret. Il m’a dit que quand on vit des affaires difficiles, des fois, ça fait du bien de l’écrire dans notre journal intime. Il m’a demandé si je vivais des affaires difficiles des fois et j’ai dit non. Il a fait une face comme s’il n’était pas sûr, et ensuite, il a dit que faire un journal intime, c’est un bon moyen de comprendre nos émotions. Ça, je n’ai pas trop compris ce que ça voulait dire, mais il m’a dit que je comprendrais en écrivant. Il m’a dit aussi que quand on vit des affaires difficiles, des fois, ça fait du bien de l’écrire dans notre journal intime. Il a dit qu’en plus, j’avais une bonne mémoire et j’étais bonne en français, donc j’allais sûrement aimer ça. C’est vrai que j’ai une bonne mémoire, je me rappelle de toute toute. Et c’est vrai que suis bonne en français, madame Valérie me le dit souvent.
+ Lire la suite
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rkhettaouirkhettaoui   16 avril 2021
Il paraît qu’il faut écrire les dates dans notre journal intime. Je ne sais pas c’est quoi la date exacte aujourd’hui, mais je sais qu’on est au mois de février et que c’est samedi. J’ai eu mon cours de piano avec madame Lemaire. Madame Lemaire vient me donner un cours tous les samedis. Elle est vieille parce qu’elle a environ 60 ans. Et elle est aveugle. Mais elle joue bien quand même du piano même si elle ne voit rien.
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bilodohbilodoh   17 avril 2021
Là il pleurait vraiment fort, comme un enfant, comme quand je me fais mal, et je n’aimais pas ça voir ça, c’était trop bizarre. Il n’avait pas l’air d’un papa.

(Alire, p. 139)
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Videos de Patrick Senécal (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Senécal
Pierre-Majorique Léger Chercheur en expérience utilisateur
Professeur Pierre-Majorique Léger est professeur titulaire à HEC Montréal et titulaire de la Chaire de recherche industrielle CRSNG-Prompt en expérience utilisateur. Il est détenteur d'un Ph.D. en génie industriel de l'École Polytechnique de Montréal. Ses recherches visent à améliorer l'expérience utilisateur (UX) vécue lors de l'apprentissage ou de l'utilisation d'une technologie de l'information (TI), et ce, en mobilisant les données psycho et neuro physiologiques générées lors de l'interaction et permettant de qualifier l'émotion et la cognition de l'utilisateur.
Sylvain Sénécal Chercheur en comportement des consommateurs
Sylvain Sénécal est professeur titulaire de marketing, titulaire de la Chaire de commerce électronique RBC Groupe Financier de HEC Montréal et codirecteur ¤££¤13Pierre-Majorique Léger23¤££¤. Il est titulaire d'une M. Sc. et d'un doctorat en marketing de HEC Montréal. Ses intérêts de recherche sont liés au marketing des consommateurs sur Internet et aux neurosciences du consommateur. Ses travaux ont été présentés à plusieurs conférences internationales et publiés dans des revues scientifiques en marketing et en commerce électronique de renom.
Conférence : Comment l'utilisateur de technologies vit-il réellement son expérience ? Jeudi 5 mai 2022, 10h - 10h45 — Amphi mauve
Pour concevoir des produits et services numériques que les utilisateurs voudront utiliser et réutiliser, il est primordial de bien comprendre leur expérience. Or, l'utilisation que l'on fait des technologies au quotidien est fréquemment automatique et même inconsciente, ce qui rend très difficile à l'utilisateur de partager ce qu'il vit vraiment. Nos recherches visent à améliorer l'expérience utilisateur vécue, et ce, en mobilisant, grâce à des instruments issus de la neuroscience capables de mesurer les états cognitifs et émotionnels des utilisateurs lors d'une interaction avec une technologie. Ces données neuroscientifiques sont une véritable mine d'or pour les concepteurs afin de créer des applications plus intuitives. Cette conférence mettra l'accent sur des exemples concrets issus de projets menés avec des entreprises d'ici et d'ailleurs qui ont cherché à évaluer ce que vivent réellement leurs utilisateurs grâce à l'utilisation de la neuroscience dans le cadre de la recherche collaborative au sein du laboratoire ¤££¤21Pierre-Majorique Léger23¤££¤ qu'ils ont cofondé il y a plus de 10 ans.
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