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EAN : 9782842053253
61 pages
Éditeur : 1001 Nuits (25/03/1998)
4.05/5   149 notes
Résumé :
Cet écrit de Sénèque est une lettre écrite à son ami Paulinus, dans laquelle il développe ses réflexions sur ce qui, aux yeux de beaucoup, est vécu comme une sorte d'injustice ou de déception : que la vie soit trop courte.
Loin s'en faut, proclame le grand philosophe. La vie est, au contraire, a priori plutôt généreuse. Seule l'attitude des individus peut conduire à ce que leur vie leur paraisse passer plus vite qu'il ne l'est.
Ainsi, si tant de person... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Deslivresalire
  14 mai 2018
"Personne n'apprécie le temps à sa véritable valeur" dit Sénèque dans ce rapide traité sur la brièveté de la vie, qu'il adresse à son beau-père Paulinus.
Nous n'avons pas véritablement une existence courte, mais nous en gaspillons une part considérable.
Il s'applique alors à démontrer, souvent par l'absurde, que finalement, nous disposons d'un temps suffisant, mais que la vie nous parait plus ou moins courte selon ce que nous en faisons.
Ainsi, "la vie la plus courte et la plus remuante échoit à ceux qui oublient leur passé, négligent leur présent, redoutent l'avenir : quand la dernière extrémité est venue, ces malheureux comprennent trop tard qu'ils ont cru tout le temps, alors qu'ils ne faisaient rien, avoir été occupés".
Il nous amène alors à considérer que ceux qui veulent fréquenter quotidiennement les philosophes n'émietteront plus les années de leur existence et apprendront à mourir.
A mon avis :
Sénèque est un philosophe stoïcien (courant dont la finalité est le bonheur individuel, qui s'appuie sur l'acceptation de ce qui ne dépend pas de nous pour se concentrer sur ce que nous pouvons modifier).
Il naquit entre -4 et -1 avant J-C (encore que J-C ne soit pas né en l'an zéro, mais sans doute 7 ans plus tôt... mais c'est un autre débat !) pour mourir en 65.
Autant dire que l'étayement de sa philosophie repose sur un environnement qui nous est parfaitement étranger.
Et pourtant, quelle modernité dans le propos !
Un traité plein de bon sens et d'exemples concrets, qui permettent une compréhension facile de son contenu, lu rapidement et trop bref à mon goût (cela s'expliquant par le fait qu'il s'agit d'une correspondance avec son beau-père).
Attention néanmoins à quelques contresens possibles sur des mots dont la signification a pu être légèrement modifiée avec le temps ou qui ressortent d'une définition philosophique (exemple : "l'oisiveté" relève plus de la pratique de la sagesse, les "occupés" étant ceux qui ne la pratiquent pas).
Bref, un traité instructif qui démontre que certaines problématiques d'aujourd'hui... ne datent pas d'aujourd'hui.
Retrouvez d'autres avis sur d'autres lectures sur mon blog :
https://blogdeslivresalire.blogspot.com/
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Nat_85
  26 janvier 2019
Oeuvre intemporelle que cet essai du célèbre philosophe stoïcien qu'était Sénèque ! Rééditée en 1998 aux éditions Fayard, dans la collection Mille et une nuits, » de la brièveté de la vie « est une lettre écrite à son beau-père Paulinus en l'an 49, dans laquelle Sénèque expose le fait que pour atteindre le bonheur, il faut consacrer son temps à la sagesse et non le perdre en activités stériles et inutiles ! Si l'homme court inexorablement après le temps, il semble ne pas en user efficacement. Un grand classique de la philosophie qu'il est bon de lire et relire.
Qui n'a jamais fait le triste constat que la vie nous filait entre les doigts ? Sénèque débute ainsi cette lettre :
p. 7 : » La majeure partie des mortels, Paulinus, accusant de mauvaiseté la nature, déplore que nous naissions dans la perspective d'une trop courte existence. «
Or, d'après le philosophe, nous ne manquons pas de temps, bien au contraire, mais nous ne l'exploitons pas à bon escient. L'homme semble se placer dans une certaine attitude de passivité, ce qui lui confère cette sensation de frustration. Cette négligence du présent est contraire au discours épicurien.
p. 9 : » Mince est la part de la vie que nous vivons. Quant à tout l'intervalle restant, au fond n'est pas vie mais seulement temps. «
Ainsi, Sénèque invite à vivre l'instant présent. Si nous ne pouvons échapper à la finalité de notre existence par la mort certaine, nous pouvons en revanche tendre vers le bénéfice de la vie et la sérénité devant l'acceptation de la mort.
p. 23 : » Personne n'apprécie le temps à sa véritable valeur ; chacun en use avec lui sans retenue, comme s'il était presque gratuit. «
L'oisiveté semble par conséquent incompatible avec la limite inéluctable qu'est la brièveté de la vie. Vantant notamment les vertus de la connaissance, de la curiosité et de l'ouverture d'esprit, l'homme sage devient ainsi pleinement acteur de l'accomplissement de sa vie. Sénèque réfute la notion de prévoyance. Car en se projetant, l'homme s'arrache au moment présent.
p. 24 : » le plus grand obstacle à la vie est l'expectative, qui, suspendue au lendemain, gâche l'aujourd'hui. «
La crainte de l'avenir empêche tout être humain de tirer parti du temps présent. Sénèque désapprouve ceux qui dépensent ce précieux sésame qu'est le temps en plaisirs et distractions éphémères. Recherchant plus souvent une ascension sociale qu'une élévation de soi, l'homme néglige sa propre réalisation. La cause de cette insouciance : chacun vit comme s'il devait vivre pour l'éternité, mais la fragilité de l'existence ne vient souvent que trop tard. Et si le temps est ce que l'homme dit avoir de plus précieux, c'est ce qu'il dépense le plus, quand au contraire il s'attache à son argent ou ses possessions. Ces occupations futiles sont des passions incompatibles avec la vie de l'homme sage.
p. 18 : » Votre vie, pardieu, durerait-elle mille ans et plus, se rétrécira malgré tout jusqu'aux plus étroites limites ; point de siècles que les vices ne soient capables de dévorer ; il est, de fait, inévitable que cet espace, que la nature franchit même si la raison s'efforce de le rallonger, vous échappe bien vite ; car vous ne comprenez pas, ne retenez pas, ni ne forcez à ralentir, la plus fugitive des choses, vous la laissez au contraire s'en aller comme une chose superflue et récupérable. «
Ainsi, pour le penseur romain, la vie se divise en trois temps : ce qui fut, ce qui est et ce qui sera. le rapport qu'entretiennent les hommes avec ces trois ekstases de la temporalité influe sur la qualité de leur existence.
p. 41 : » La vie du sage offre de vastes perspectives ; cette fameuse limite, qui enferme le reste des gens, ne vaut pas pour lui ; lui seul est dégagé des lois du genre humain ; tous les siècles lui sont dociles comme à un dieu. Une période est-elle passée ? Il s'en saisit par la mémoire. Présente ? Il en use au mieux. Est-elle à venir ? Il l'anticipe. Il se fait une longue vie par conjugaison de tous les temps en un seul. «
Sénèque constate également l'incapacité de l'homme à pouvoir rester seul avec lui-même. Cependant, seule une confrontation avec ses propres désirs pourrait lui procurer le sentiment de vivre une vie accomplie. L'expérience de l'ennui et de son dépassement est peut être le passage obligatoire pour se rencontrer et s'éprouver dans une temporalité véritable.
Entre stoïcisme et épicurisme, ce traité de sagesse a pour vocation d'atteindre l'ataraxie, la paix de l'âme. Sa hauteur morale n'a pas perdu de son actualité. A méditer pleinement…
Lien : https://missbook85.wordpress..
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Vermeer
  29 novembre 2017
Bonne nouvelle : la vie n'est pas courte, elle est longue si on sait la vivre, utiliser le temps qui nous est donné à bon escient. Réflexions d'une grande modernité, ce qui est logique puisque le sujet abordé est intemporel.
Les hommes courent après la gloire, les honneurs, gaspillent leur temps en activités inutiles, vivent comme s'ils avaient l'éternité devant eux. "Vous vivez comme si vous étiez destinés à vivre toujours".
Inutile de se demander ce que l'on fera à la retraite, à cinquante ou soixante ans puisque nous ne sommes pas sûrs d'atteindre cet âge, vivons le présent et ne le gaspillons pas."Le plus grand obstacle à la vie est l'attente qui espère demain et néglige aujourd'hui".
Beaucoup d'hommes n'ont pas longtemps vécu mais ont longtemps été, n'ont pas été dans la vie mais dans le temps "ce n'est pas de la vie mais du temps". Pour éviter de perdre sa vie, mobilisons nos ressources intérieures, les seules qui restent durables.
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raton-liseur
  27 août 2012
Certes ce livre est un petit classique de la pensée stoïcienne, et, écrit vers 50 avant notre ère, il faut savoir le replacer dans son contexte philosophique et littéraire (ce que je ne suis pas la meilleure placée pour faire). Mais je dois avouer que, même en prenant ces précautions, je n'arrive qu'à être agacée par ces livres d'idées qui ne sont pas des démonstrations mais plutôt des sermons. Si l'on n'est pas d'accord d'emblée avec la pensée de Sénèque, ce ne sont pas ces lignes qui convaincront car elles ne prêchent qu'aux convaincus.
Quant au fond, je dois avouer que cette conception très étroite de ce qu'est une vie réussie (ou une vie tout court d'après Sénèque, le reste n'étant que temps qui passe) ne me convainc pas du tout, refusant tout ce qui n'est pas réflexion philosophique et prônant ce qui ressemble fortement à un égoïsme sans borne.
Une lecture instructive, je suppose, mais qui ne me réconcilie pas avec la philosophie et les philosophes.
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myrtigal
  20 septembre 2021
Dans ce court traité Sénèque tente de nous démontrer que la vie n'est pas si courte que l'on croit mais que c'est la façon dont nous la vivons qui nous la rend plus ou moins longue ou courte. Au début j'ai été plutôt étonnée par cette thèse, puis en lisant on comprend mieux, car à grand renforts d'exemples des hommes de son temps, et d'arguments fondés sur sa propre expérience, Sénèque nous montre combien nombreux sont ceux qui vivent soit pour les autres soit comme des "automates", bref des vies vécues uniquement à la surface, rongés de vices et de vacuité. Il nous montrera à travers tout cela comment finalement la vie peut être longue, quand elle est attachée à la vertu, dans l'absence des passions et de la crainte de l'avenir.
C'est un traité fort instructif et qui invite à une réelle réflexion sur le sens que l'on donne à la vie, que l'on soit d'accord ou non avec Sénèque.
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
raton-liseurraton-liseur   27 août 2012
Nous n’avons pas trop peu de temps, mais nous en perdons beaucoup. La vie est assez longue, elle suffirait, et au-delà, à l’accomplissement des plus grandes entreprises, si tous les moments en étaient bien employés. Mais quand elle s’est écoulée dans les plaisirs et l’indolence, sans que rien d’utile en ait marqué l’emploi, le dernier, l’inévitable moment vient enfin nous presser : et cette vie que nous n’avions pas vue marcher, nous sentons qu’elle est passée. (p. 2, Ligne 3, Chapitre 1).
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Cedric_OCedric_O   04 décembre 2010
Ce n'est pas que nous disposions de très peu de temps, c'est plutôt que nous en perdons beaucoup. La vie est suffisamment longue et elle nous a été accordée avec une générosité qui nous permet d'accomplir de très grandes choses, à condition toutefois que nous en fassions toujours bon usage; mais lorsqu'elle s'égare dans le luxe et l'insouciance, lorsqu'elle n'obéit à aucune valeur, il nous faut la contrainte de la nécessité suprême pour que nous nous apercevions qu'elle est passée alors que nous n'avions pas compris qu'elle était en train de s'écouler.
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DeslivresalireDeslivresalire   14 mai 2018
Le plus grand obstacle à la vie est l'expectative, qui, suspendue au lendemain, gâche l'aujourd'hui
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AmIvankovDiazAmIvankovDiaz   26 août 2020
À cinquante ans je me retirerai pour prendre du bon temps, la soixantaine me verra démis de toute charge officielle.

(La retraite à soixante ans : Sénèque, grand sage précurseur. Quand on pense à certains de nos contemporains à l'esprit limité qui songent à reculer, tant et plus, l'âge de la retraite...)
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myrtigalmyrtigal   08 septembre 2021
Mais ceux qui oublient le passé, négligent le présent, craignent pour le futur, ont une vie très brève et très tourmentée ; lorsqu’ils vivent leurs derniers instants, ils comprennent mais trop tard, les malheureux ! qu’ils se sont démenés tout ce temps pour rien.
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Videos de Sénèque (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Sénèque
SÉNÈQUE, le tragique – Phèdre : adaptation radiophonique (France Culture, 1991) Pièce radiophonique adaptant « Phèdre », tragédie de Sénèque, diffusée le 9 août 1991 sur France Culture, dans une adaptation de Françoise Gerbaulet réalisée par Jean-Pierre Colas. Distribution des rôles : Jacqueline Danno (Phèdre), Alain Cuny (Thésée), Christophe Alwright (Hippolyte) et Yves Gerbaulet (Le choeur).
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