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Charles Guittard (Éditeur scientifique)
EAN : 9782080709929
146 pages
Éditeur : Flammarion (04/01/1999)
3.71/5   124 notes
Résumé :
Médée, la furieuse. Une femme bafouée devient une mère inhumaine. Médée, la magicienne. Ses sortilèges et ses imprécations apportent la mort et le néant.

Une autre édition (Traduction de Blandine Le Callet):
Cela pourrait être la trame d'une comédie bourgeoise ou d'un mélodrame : mère de famille passionnément amoureuse d'un mari à qui elle a tout sacrifié Jason, Médée se voit abandonnée au profit d'une femme plus jeune. Désespérée, furieuse, el... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Nastasia-B
  17 novembre 2014
Mais pourquoi diable est-ce que je m'ennuie toujours autant à la lecture de l'une ou l'autre Médée ? Avec la Médée d'Euripide, j'avais bâillé à faire de la concurrence aux hippopotames, et avec la Médée de Sénèque, rebelote ! C'est pourtant un personnage réellement intéressant, complexe, symbolique et qui — à mes yeux en tout cas — a tout pour plaire.
J'en viens à considérer l'oeuvre sous deux angles d'attaque très distincts. Sur le plan du pur bonheur de lecture, sur le chapitre du plaisir proprement littéraire, Médée est selon moi un bide monstrueux, une pièce assommante, bavarde, ampoulée, un brin geignarde, volontiers poussive et où les rares moments d'action sont éludés pour notre plus grand malheur.
En ceci, la Médée de Sénèque est très comparable à celle d'Euripide. On pourrait peut-être noter malgré tout un petit surcroît de grandiloquence et de formules tragiques absolument indigestes, malgré une fort belle écriture latine, un petit côté encore plus baroque chez Sénèque, notamment la scène finale de trucidation de progéniture qui aurait tout pour ravir les producteurs américains de films à grand spectacle. Si l'hélicoptère avait existé du temps de Sénèque, nul doute qu'il nous aurait concocté un final à la James Bond. (soupirs) Mais outre cette frêle nuance, dans l'ensemble, c'est quif-quif bourricot, c'est-à-dire un pénible moment de théâtre.
Ceci étant dit, et ne souhaitant pas m'étendre sur ce volet, reste le personnage et ce qu'il symbolise et qui, lui, aurait de quoi alimenter bien des réflexions. Médée est une étrangère, une fille de roi, qui a trahi les siens par amour pour Jason et cela en dépit du fait qu'elle ait une très haute estime de son propre lignage et de son pays natal.
Il fallait donc qu'elle aimât à la folie pour commettre une telle trahison, il fallait donc qu'on justifiât dans sa nation d'adoption de l'ampleur du sacrifice consenti. Et au lieu de cela, qu'est-ce qu'on lui chante, après quelques années, l'on souhaiterait la reléguer au rang de seconde, même pas reine, tout juste lui accorder des mérites de mère et encore, puis la contraindre à l'exil ? Et tout ça pour quoi ? Pour que Jason puisse aller librement convoler en justes noces avec la fille du roi Créon ! Cré non de non ! Ça ne se passera pas comme ça !
C'est bien mal connaître Médée si l'on s'imagine qu'elle va gober la chose et s'en retourner penaude là où d'ailleurs plus personne ne peut vouloir d'elle, précédée qu'elle est par sa sinistre réputation.
Voilà le décor. Ne reste plus qu'à s'imaginer une lionne, une furie qui symbolise toutes les craintes d'un public masculin omnipotent. Médée, la femme fatale, la femme piège, la femme qui ne s'en laisse pas compter, la magicienne, l'étrangère qui n'a donc nulle allégeance à faire vis-à-vis du pouvoir en place, la folle, la mère castratrice, l'épouse indomptable, la fille insoumise bref, l'incarnation de la menace, la révélatrice de l'angoisse enfouie au plus profond des hommes.
Personnage donc hyper intéressant dans un monde méditerranéen machiste à l'extrême. Car une telle furie, à elle seule, est capable de faire ployer la mécanique bien huilée du pouvoir des hommes et de la soumission des femmes. Les femmes, dont les seules raisons d'être semblent résider dans la bonne tenue du foyer, l'incontournable rôle procréateur en ayant fourni au passage un joli motif de satisfaction à peu de frais pour leurs secourables fertiliseurs.
On comprend mieux qu'une telle femme qui se fiche du foyer comme d'une guigne, qui refuse à son mari le droit d'un quelconque plaisir à l'extérieur et qui, de surcroît, n'hésite même plus à supprimer les propres rejetons de ses entrailles, tout ce pour quoi elle a des raisons d'exister, on comprend mieux donc qu'une telle femme cristallise à elle seule beaucoup des angoisses masculines.
En somme, Médée fait peur car Médée choisit son destin et ne laisse pas un homme, fût-il roi du monde, décider à sa place de la conduite à tenir. Ça ne vous rappelle pas quelques débats enflammés de la fin du XXème siècle à propos du droit à l'avortement ? du droit de vote quelques années plus tôt ? et du droit à l'homoparentalité féminine plus récemment ?
Médée fait peur également parce qu'elle n'hésite pas à faire couler le sang, apanage typiquement masculin. Médée fait peur parce qu'elle est un peu enchanteresse et qu'on lui prête également des dons de troisième vue. Ça ne vous rappelle pas le fameux adage débile de « l'intuition féminine » qu'on nous ressort à toutes les sauces, comme un pouvoir supposément magique hérité unilatéralement dans notre chromosome X et qui n'est autre que reconnaître aux femmes des pouvoirs occultes, comme pour leur mieux dénier une quelconque compétence cartésienne.
Médée, c'est aussi l'incarnation de l'étrangère qui réclamerait les mêmes droits que les natifs du sol. A-t-on jamais vu pareille audace ? Peut-on tolérer pareille hérésie, en Grèce comme ailleurs ?...
Bref, Médée fait peur aux hommes de son temps, tout simplement parce qu'elle se comporte en homme exalté et non en épouse soumise. En ce sens, pour tous ceux qui militent pour une plus grande égalité des sexes, Médée est une oeuvre essentielle de l'histoire humaine, chiante à lire, mais essentielle. En outre, n'oubliez surtout pas que ce que j'exprime ici n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
P. S. : Je me permettrai juste encore d'ajouter que cette crainte ancestrale d'une femme qui se comporterait à l'égal des hommes est encore très présente, même parmi les milieux les plus progressistes. Prenez par exemple la fameuse chanson de Renaud où le refrain disait en substance (je cite de mémoire) : " Femmes du monde, femme je t'aime, à part bien sûr Madame Thatcher ".
L'ancienne premier ministre britannique a été l'objet de monstrueuses campagnes de dénigrement (par ailleurs tout à fait justifiées quant à sa politique) alors que dans le même temps, Ronald Reagan qui faisait exactement la même politique n'a jamais été autant critiqué. Pourquoi à votre avis ? Tout simplement parce qu'inconsciemment, la majorité des gens refuse à une femme le droit d'agir comme un homme.
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michfred
  10 avril 2016
Pour des raisons toutes personnelles, j'ai été amenée à relire tout ce que j'avais en magasin sur Médée...
Médée, le prototype de la femme-sorcière, de la harpie vengeresse, de la criminelle sans tabou, Médée l'empoisonneuse au sens propre...
Médée, le cauchemar des hommes! Médée la féministe enragée!
Je partais plutôt avec un préjugé favorable: elle a été tellement noircie, traînée dans la boue par Euripide, Ovide, Diodore, les frères Corneille, Lamartine, Anouilh...Une telle unanimité, c'en devenait suspect!
J'ai donc commencé mes relectures par Sénèque: un philosophe, stoïcien de surcroît, ça doit avoir le cuir plus épais face aux susceptibilités masculines, ça doit écouter avec moins de complaisance les qu'en dira-t-on littéraires, se montrer moins crédule face aux ragots mythologiques de tout poil...et manifester plus d'ouverture et de tolérance face à la problématique complexe de la femme abandonnée, rompue et manipulée...
Eh bien la réponse est non! Pour être philosophe on n'en est pas moins homme.
Voilà un terrible portrait de femme !
Voici une héroïne tragique plus près de la camisole de force que de la malédiction divine !

La tragédie antique fonctionne sur le double phénomène de la projection- répulsion : le spectateur éprouve, pour l'héroïne, à la fois horreur et pitié. Il est révulsé par sa conduite en même temps qu'il la plaint d'être le jouet de puissances qui la dépassent. Malin, il s'en tire à bon compte ! Compatissant mais pas dupe : elle, c'est elle, lui, c'est lui. C'est ce qui s'appelle la catharsis, une sorte de blanchiment de pulsions criminelles pour pas cher !
Dans la pièce de Sénèque, pas la moindre compassion pour Médée ni du côté du choeur, ni du côté des personnages.
La tragédie du temps de Sénèque ne se jouait plus depuis belle lurette: elle se disait ou se lisait. cela se voit à la fonction fort creuse, ici, du choeur- qui est au...coeur de la forme tragique, à l'origine. le choeur tragique, traditionnellement, représente l'humanité moyenne- un petit 36 par rapport au cothurne géant chaussé par le héros tragique. C'est de lui, le plus souvent, que vient la mesure humaine, cette pitié, mêlée d'effroi.
Le choeur de Corinthiens, dans la pièce de Médée, ne commente même plus les épisodes, n'en redoute pas non plus l'accomplissement, n'en déplore pas l'horreur -il reste MUET après le meurtre des enfants !! Non, il fait une leçon de mythologie, comparant les exemples d'hybris à travers les siècles et les légendes, ou alors il donne des recettes de buffet pour réussir un beau mariage- j'exagère à peine! Il ne faut donc pas compter sur ce choeur, qui botte en touche en permanence, pour avoir un mot favorable ou simplement compatissant pour l'héroïne..
Médée est accompagnée de sa nourrice : traditionnellement, c'est un personnage maternel, mi-servante, mi-protectrice, qui est souvent le seul secours de l'héroïne en butte aux attaques de la Némésis, cette jalousie sans pitié des Dieux. Eh bien, ici, la nourrice est vendue à l'ennemi : pas un mot sympa pour Médée, pas le moindre effort pour la ramener à des sentiments plus humains en lui rappelant, par exemple, comme elle préparait bien les tisanes quand elle était jeunette… Cette sociale-traître de nourrice nous confie même son horreur pour son ancienne pupille dans des a parte qui frisent le coup de poignard dans le dos :
« Nous sommes menacés d'un forfait immense, effréné, impie, si j'en crois le visage furieux que je lui vois ! »
Quant aux autres personnages, Créon, Jason ou le Messager, inutile de dire leur répulsion pour la magicienne !
Médée est donc seule, face à Créon qui la hait et lui accorde à grand peine un jour pour dire adieu à ses enfants. Et bien sûr seule face à Jason qui s'apprête, le salaud, à convoler en injustes noces avec Créüse, fille de Créon, elle qui n'a pas levé le petit doigt pour lui donner la Toison d'Or, alors que Médée a fait tout le sale boulot! Médée n'a-telle pas tué son père, son frère, son beau-père, pour permettre à Jason d'accéder au trésor et au pouvoir?
Mais cet opportuniste de Jason a une faiblesse : ses enfants. Il les aime, et ne veut pas les laisser à Médée, ni partir avec elle non plus. Folle de chagrin, de colère et de ressentiment, Médée tue alors, un à un, ses enfants sous les yeux horrifiés de Jason et du spectateur. Non sans avoir au préalable chargé ces mêmes enfants de porter à leur future belle-mère des cadeaux empoisonnés qui provoquent sa mort et celle de Créon, tandis que l'incendie ravage leur palais….Fin de la tragédie !
Oups !
Là, la pilule passe vraiment mal…Sénèque a beau l'avoir abandonnée en rase campagne sans le moindre avocat, on a du mal à compatir aux fureurs d'une héroïne, qui semble trouver dans les pires abîmes la force qui va l'aider à commettre l'infanticide :
« O haine, mène-moi où il te plaît ! Je te suis ! (…) Que n'ai-je mis au monde quatorze enfants ! J'ai été trop stérile pour ma vengeance ! je n'ai mis au monde(…) que deux fils ! »
Et Médée ose dire à Jason:
« le fils que voici a déjà subi le trépas auquel il était voué ; quant à l'autre, c'est sous tes yeux que je vais le mettre à mort ! »
et elle ajoute, sadique :
« C'est à l'endroit où tu refuses d'être frappé, au point qui t'est douloureux, que je plongerai mon glaive. Va maintenant, homme superbe, va rechercher le lit des vierges : abandonne celles que tu as rendues mères ! »,
avant de fuir, altière, sur un char ailé tiré par deux serpents !!
Too much !
Cette Médée-là n'est qu'horreur : c'est une forcenée, un bloc de haine. Les dérives de la tragédie latine- à l'estomac et sans choeur - ne nous laissent rien à quoi nous accrocher. On ferme la dernière page avec un sentiment de dégoût !
Et pas le moindre argument, mesdames, pour titiller un peu notre fibre féministe !

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lemillefeuilles
  19 janvier 2021
J'ai étudié le mythe de Médée durant mes cours de littérature générale et comparée, et j'ai décidé de me pencher sur la version de Sénèque (quelques années après avoir lu celle d'Anouilh et le roman de David Vann, qui est également une réécriture du mythe).
Cette pièce de théâtre aura marqué les esprits parce que Médée est amenée à tuer ses deux enfants. Son amour, Jason, père des enfants, va en épouser une autre, la fille du roi Créon. Médée, quant à elle, est vouée à l'exil. Après tous les sacrifices - et les crimes - qu'elle a pu faire pour Jason, elle ne peut l'accepter. Elle décide alors de commettre l'irréparable, l'impardonnable. Bien qu'aimant ses enfants, elle va prendre la terrible décision de les tuer.
La figure de la magicienne est ici très marquante, tant elle est monstrueuse et inhumaine, mais c'est également une femme indomptable et puissante, qui terrorise les hommes, qui nous est présenté. En effet, le personnage construit par Sénèque est fascinant.
L'édition que je possède est précédée d'une présentation et suivie d'un dossier, que j'ai parcouru brièvement, étant donné que mes cours de littérature générale et comparée portaient sur le mythe (et notamment sur cette pièce et celle d'Euripide), mais cela peut être intéressant pour des personnes qui ont envie d'en apprendre plus.
En conclusion, c'est une pièce de théâtre que j'ai aimée, que j'ai trouvée intéressante parce que le personnage de Médée est fascinant, mais je sais que le fait de l'avoir étudié m'a permis de l'apprécier plus à sa juste valeur, et que mon avis aurait été différent s'il s'agissait d'une lecture effectuée seule.
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Henri-l-oiseleur
  19 décembre 2015
Médée est une figure théâtrale spectaculaire : dans l'idéal, il ne faudrait pas lire le texte de Sénèque (même s'il a peut-être été écrit pour la lecture publique et non pour la scène) mais le voir jouer. D'ailleurs, de jeunes troupes ont tenté récemment l'expérience de jouer Sénèque et le résultat était plutôt convaincant et bon. En l'absence de théâtre, on pourra lire ce texte poétique, démarqué d'Euripide, et surtout profiter de l'excellente édition GF, qui propose un dossier très complet sur l'héroïne dans le théâtre grec, latin, et dans celui des siècles qui suivirent (Angleterre élisabéthaine, France baroque, etc). On lira avec beaucoup d'intérêt et de curiosité les quelques pages consacrées à la "fureur" tragique, à savoir la représentation de la folie sur scène.
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brigittelascombe
  04 juin 2012
Médée ou la fureur décuplée d'une femme bafouée et abandonnée.
Cette tragédie versifiée en onze scènes de Sénèque (philosophe stoïcien du IV° siècle av J C, au style concis, auteur de de la brièveté de la vie et tragédien auteur de Phèdre) est issue de la mythologie grecque et du "cycle des Argonautes" dont le chef Jason s'est emparé de la Toison d'or aidé par les ruses (magiques et sanglantes!) de la princesse Médée qu'il doit épouser. La pièce se déroule en Grèce.
Dans Médée (Imprimerie Nationale Editions) Sénèque (traduit par Florence Dupont) relate la vengeance de Médée répudiée par Jason (sur ordre de Créon roi de Corinthe) le lendemain de ses noces avec la fille de Créon et l' exil qui s'en suit . On se rappelle la Médée d'Euripide, puis plus tard celle de Corneille.
Sénèque met en conflit le mal et le bien. Alors que Médée, insoumise, coléreuse,blessée dans son orgueil,malheureuse,obstinée, invoque les puissances des ténèbres pour assouvir sa vengeance dans une lutte à mort; les choeurs en appellent à la paix. L'auteur étudie finement les caractères: pour la femme amoureuse le coupable est forcément Créon, mais malgré les justifications de Jason et ses arguments,les conseils de sa nourrice de rester stoïque (thème cher à Sénèque) malgré la trahison, la morale et le rationalisme emportés par l' "amour malheureux et sauvage" de cette furie "titubante comme possédée", de ce "monstre", les crimes se succèderont sans pitié et déborderont du cadre de la justice pour rejoindre la folie.
Conclusion: une excellente pièce mettant en exergue l'une des doctrines les plus influentes de l'Antiquité, toujours d'actualité, en décrivant son pendant démultiplié car ainsi que le disait Sénèque: "C'est quand on n'a plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien". de bien sages paroles!
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   20 novembre 2014
MÉDÉE : Le sort craint les cœurs forts et accable les lâches.
LA NOURRICE : C'est quand l'occasion vient qu'on prouve sa vaillance.
MÉDÉE : À cœur vaillant nulle occasion ne peut manquer.
LA NOURRICE : Nul espoir, nulle issue ne s'offre à ta détresse.
MÉDÉE : Que qui n'espère rien de rien ne désespère.
LA NOURRICE : Colchos est loin, plus de confiance en ton époux,
Et de tant de pouvoirs plus aucun ne te reste.
MÉDÉE : Médée reste, et tu vois en elle te mers et terres,
Et le fer et la flamme, et les dieux et la foudre !

Acte II, v. 159-167.
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Nastasia-BNastasia-B   24 novembre 2014
JASON : Ô sort toujours cruel, destin toujours pénible,
Aussi méchant quand il fait grâce et quand il frappe !
Combien le dieu m'inventa-t-il de médecines
Pires que mes périls ! Si je veux reconnaître,
Fidèle, les bienfaits de mon épouse, il faut
Présenter ma tête au trépas, si je refuse,
Hélas, trahir ma foi. Je l'ai fait non par peur,
Mais, père, par piété, car outre moi mes fils
Étaient tués.

Acte III, (431-439).
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brigittelascombebrigittelascombe   04 juin 2012
Tais-toi
Je t'en prie
Pleure mais en secret
Cache ta douleur
Il faut savoir encaisser les coups les plus rudes
Sans un mot
Rester impassible
Afin de pouvoir ensuite riposter
Seule la colère qui se cache est efficace
Avouer sa haine c'est perdre sa vengeance.
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lemillefeuilleslemillefeuilles   21 octobre 2020
Jason : [...] La présence de mes enfants est ma raison de vivre, mon coeur consumé par les tourments et y trouve une consultation. Je pourrais plus facilement être privé de mon souffle,
de mes membres, de la lumière.
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EimelleEimelle   03 juillet 2012
le début
Dieux de l'Hymen, et toi, Lucine, gardienne du lit conjugal; Minerve, qui enseignas à Tiphys l'art de diriger le navire nouveau sur les flots obéissants; redoutable roi des profondes mers ; Soleil, qui distribues le jour au monde; triple Hécate, qui prêtes à de mystérieux sacrifices la lumière favorable; vous tous, dieux nommés par Jason, et vous, divinités que Médée a droit d'invoquer, chaos de l'éternelle nuit, régions souterraines de l'enfer, Ombres impies, souverain de ce royaume funeste, et toi, son épouse, enlevée par un séducteur plus fidèle, je vous invoque d'une voix sinistre : venez, déesses qui punissez les crimes, venez avec votre chevelure de serpents en désordre, et des torches funèbres dans vos mains sanglantes, venez telles que vous parûtes autrefois à mes noces ; apportez-moi la mort pour cette nouvelle épouse, la mort pour son père et pour toute cette race royale, et laissez-moi vous demander un supplice plus terrible pour l'époux.
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Vidéo de  Sénèque
SÉNÈQUE, le tragique – Phèdre : adaptation radiophonique (France Culture, 1991) Pièce radiophonique adaptant « Phèdre », tragédie de Sénèque, diffusée le 9 août 1991 sur France Culture, dans une adaptation de Françoise Gerbaulet réalisée par Jean-Pierre Colas. Distribution des rôles : Jacqueline Danno (Phèdre), Alain Cuny (Thésée), Christophe Alwright (Hippolyte) et Yves Gerbaulet (Le choeur).
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