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ISBN : 2330012500
Éditeur : Actes Sud (10/10/2012)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Si Sénèque est resté longtemps méconnu comme auteur de théâtre – ses tragédies étant aujourd’hui encore trop souvent lues comme des œuvres littéraires et philosophiques –, le grand dramaturge latin a pourtant été une source d’inspiration majeure pour le théâtre européen de la Renaissance. Sans lui, pas de Shakespeare, pas de Calderón, pas de Corneille, pas de Racine. Florence Dupont l’a retraduit en latiniste inspirée, conservant au texte cette clarté spectaculaire ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Lesaloes
  16 mars 2019
Thyeste, monstrueuse orgie et défi aux Dieux
Horresco referens
 « De le relater, j'en frémis d'effroi »
Virgile, Enéide, 2, 204
La monstruosité, Sénèque ça il connaît. Il l'a côtoyée sur ces hauts sommets de l'Antiquité romaine où la lutte pour le pouvoir impérial, « monarchie absolue tempérée par l'assassinat » se jouait dans l'impunité du crime. Lui-même faisait partie de cette oligarchie, en précepteur de Néron, au moment où ce dernier se débarrassait de Britannicus, son demi-frère, avant de faire assassiner sa propre mère Agrippine - soeur du dément Caligula - qui elle-même aura(it) empoisonné l'empereur Claude, son mari. Il eut beau jeu ensuite de se consacrer, au soir de sa vie, à ses stoïciennes Lettres à Lucilius avant de s'ouvrir les veines sur ordre express de son empereur et maitre, Néron.
Comme en écho/exorcisme à ces dérèglements barbares, il puisa la matière de ses tragédies dans la plus noire inhumanité des mythologies : Médée, répudiée par Jason au profit d'une jeune épouse, qui ranimera une cruauté refoulée au plus profond d'elle-même pour immoler par vengeance ses enfants innocents.
Et Thyeste, de la funeste dynastie des Atrides fondée par le roi Tantale frappé par l'anathème d'un monstrueux décret des Dieux « Que leurs crimes passent, comme un héritage, à leurs fils qu'aucun d'eux n'ait le temps de se repentir d'un attentat commis, mais qu'il en commette chaque jour de nouveaux, et que le châtiment d'un crime soit un crime plus grand » (acte I,1).
Dès lors, Atrée lui-même reproduira l'horreur des crimes de son grand-père Tantale, la démesure / hubris de son défi aux divinités et à l'harmonie naturelle du Cosmos : métamorphosé en monstre sanguinaire par sa fureur et son orgie de vengeance, il tuera ses propres neveux en un cérémonial archaïque d'holocauste et poussera l'abomination jusqu'à offrir en pâture ces enfants sacrifiés à leur propre père, le malheureux Thyeste.
Pourtant Sénèque, maître stoïcien, le sait : dans Thyeste se joue l'ultime combat des Dieux et Jupiter doit se mesurer à l'homme prométhéen voleur de feu qui le nargue. Atrée, antithèse absolu de l'humain, sera certes persécuté dans sa descendance par les tourments divins mais la justice des hommes finira par imposer l'équilibre de ses lois, contre ceux, implacables et capricieux, de l'Olympe : le petit-fils d'Atrée, Oreste meurtrier de sa mère, sera jugé pour son forfait et acquitté par le premier tribunal criminel de la ville d'Athènes, rompant ainsi le cycle de ses malédictions.
C'est là l'ultime message de cette pièce magnifique. le ciel doit se vider pour laisser place à l'ère de l'entre-soi de citoyens émancipés de la tutelle divine ; et naîtra alors l'homme moderne « mesure de toute chose » maitre de son destin, souverain de ses passions et de ses pulsions, « Mets-toi bien dans l'esprit / Que faire du mal à son frère / Même si c'est un mauvais frère / C'est attenter à l'humanité » pour construire en « un traité d'indulgence mutuelle » une harmonieuse terre des hommes.
Alors les Dieux déchus, définitivement relégués dans leur sphère céleste, iront peu à peu s'enfoncer dans le crépuscule de leur lointain exil.
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Virgule-Magazine
  22 mars 2016
Les auteurs latins, imitant les grecs, se sont eux aussi intéressés au mythe d'Oedipe. Ainsi, au Ier siècle, le philosophe et poète latin Sénèque a écrit une tragédie intitulée Oedipe et inspirée de l'Oedipe Roi de Sophocle. Sénèque, dont la pièce n'a pas la sobriété de celle de Sophocle, accumule les descriptions propres à faire frémir d'horreur.
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ArmelleAlx
  18 juin 2019
Lecture de cette très belle traduction de Florence Dupont, à la suite du spectacle THYESTE que j'ai eu la chance de voir le 13 juillet à Avignon, dans une mise en scène admirable de Thomas Jolly. L'occasion de découvrir ce grand auteur dans une langue accessible et poétique à la fois. Des récits de vengeances tirés de la mythologie et adaptés au théâtre - Médée qui sacrifie ses enfants pour punir Jason de sa tromperie, Atrée qui donne ses neveux à manger à son frère Thyeste, leur père, par vindicte - qui se lisent très bien, dans lesquels il s'agit d'observer comment un humain devient un monstre.
Chaque pièce est précédée d'une présentation courte de la traductrice qui prépare et éclaire parfaitement la lecture.
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Anadyomede
  06 octobre 2013
Une traduction qui s'éloigne peut-être trop souvent des vers d'origine, mais extrêmement agréable à lire. Ces huit tragédies (les seules tragédies latines conservées !) montrent à quel point les passions sont destructrices pour l'homme lorsqu'il les laisse prendre le dessus, et on ne ressort pas indifférent de sa lecture. A lire et à relire !
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saphira44
  12 octobre 2012
Une magnifique tragédie, où Phèdre tombe malgré elle amoureuse de son beau-fils, hippolyte. On sent bien toute les émotions éprouvées, une pièce très bouleversante.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   16 novembre 2014
MÉDÉE : Tu m'ordonnes l'exil
Sans me l'offrir. Dehors ! Ordre du royal gendre !
J'accepte tout, ordonne encor mille supplices,
Ils me sont dus. Qu'en sa fureur le roi accable,
Enchaîne la rivale et l'enferme sanglante
Dans l'éternelle nuit d'un cachot, ou bien pis,
Je le vaux bien.

(MEDEA : Exuli exilium imperas
nec das. Eatur. Regius iussit gener.
Nihil recuso. Dira supplicia ingere :
merui. Cruentis paelicem poenis premat
regalis ira, uinculis oneret manus
clausamque saxo noctis aeternae obruat :
minora meritis patiar.)

MÉDÉE : Acte III, (v. 459-465).
+ Lire la suite
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Nastasia-BNastasia-B   14 novembre 2014
Le sort peut m'enlever mes biens, pas mon courage.
(Fortuna opes auferre, non animum potest.)

MÉDÉE : Acte II, v. 176.
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Virgule-MagazineVirgule-Magazine   22 mars 2016
à peine Œdipe […] a-t-il pénétré l'affreux mystère de sa naissance, et acquis la conviction de ses crimes, qu'il s'est avancé furieux vers son palais […], tel un lion d'Afrique déploie sa rage à travers les campagnes en agitant sa crinière terrible sur son front menaçant. Son visage est sombre et farouche, ses yeux hagards. De sourds gémissements et de profonds soupirs s'échappent de sa poitrine. Une sueur froide ruisselle de tous ses membres. Il écume ; il éclate en cris effroyables, et la douleur bouillonne en son sein comme un flot comprimé.
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Virgule-MagazineVirgule-Magazine   22 mars 2016
On voit sur sa figure la colère, la violence, l'emportement féroce et la cruauté d'un bourreau. Il pousse un gémissement, frémit d'une manière horrible, et porte à son visage ses mains furieuses. Ses yeux se présentent fixes et hagards : chacun d'eux s'offre de lui-même à la main qui le menace, et va au-devant du supplice. 
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DanieljeanDanieljean   30 octobre 2015
Quand le vainqueur a quitté les armes, le vaincu a le devoir de quitter sa haine.
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Videos de Sénèque (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Sénèque
Pièce radiophonique adaptant « Phèdre », tragédie de Sénèque, diffusée le 9 août 1991 sur France Culture, dans une adaptation de Françoise Gerbaulet réalisée par Jean-Pierre Colas. Distribution des rôles : Jacqueline Danno (Phèdre), Alain Cuny (Thésée), Christophe Alwright (Hippolyte) et Yves Gerbaulet (Le choeur).
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