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ISBN : 2757862421
Éditeur : Points (03/11/2016)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.94/5 (sur 2249 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture :
Antonio José Bolivar Proaño est le seul à pouvoir chasser le félin tueur d'hommes. Il connaît la forêt amazonienne, il respecte les animaux qui la peuplent, il a vécu avec les Indiens Shuars et il accepte le duel avec le fauve. Mais Antonio José Bolivar a découvert sur le tard l'antidote au redoutable venin de la vieillesse: il sait lire, et il a une passion pour les romans qui parlent d'amour, le vrai, celui qui fait souffrir.
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Critiques, Analyses & Avis (237) Voir plus Ajouter une critique
andman
11 janvier 2014
Ce braconnier, trouvé mort par des indiens Shuars sur la berge de la rivière Nangaritza, pourrait figurer au palmarès de l'inconscience. Il faut en effet une sacrée dose de cupidité pour oser débusquer en solitaire des bébés jaguars alors que les parents de la progéniture sont dans les parages…
Rassemblés autour du cadavre mutilé, quelques habitants d'un petit village équatorien du nom d'El Idilio écoutent avec attention le plus âgé d'entre eux supputer sur les derniers instants de vie de ce chasseur imprudent. Visiblement la jungle n'a pas de secret pour le septuagénaire !
En deux courts chapitres le lecteur découvre l'environnement et fait la connaissance d'un personnage romanesque qu'il n'oubliera pas de sitôt. A El Idilio il est connu sous le nom d'Antonio José Bolivar Proaño mais pour le lecteur il est déjà et restera « le vieux qui lisait des romans d'amour ».
Après quarante années de liberté infinie dans la forêt amazonienne en compagnie de ses amis Shuars, le vieux sentant ses forces décliner s'est installé dans une cabane en bambou. Son besoin d'évasion est toujours intact et se concrétise maintenant par la lecture passionnée de romans à l'eau de rose.
Le vieux sait mieux que quiconque apprécier la frontière ténue entre le monde végétal et animal. Il se méfie par contre de ses semblables, de leur penchant à se croire en territoire conquis. Ce solitaire sentimental, au mode de vie atypique, est un bel exemple d'humilité pour le genre humain dont la course aux profits met chaque jour un peu plus la planète en danger.
Luis Sepúlveda a achevé l'écriture de ce livre en 1988, l'année même de l'assassinat de son ami brésilien Chico Mendès, le défenseur de la forêt amazonienne.
La genèse de cette oeuvre littéraire a débuté dix ans plus tôt. Contraint à l'exil, l'opposant à la dictature chilienne a vécu en 1978 quelques mois en Equateur dans un hameau shuar.
Surpris un jour au coeur de la forêt par un épouvantable orage, Luis et un de ces compagnons amérindiens trouvèrent refuge dans une hutte habitée par un blanc d'un certain âge. de cette rencontre sylvestre, particulièrement conviviale, est né « le vieux qui lisait des romans d'amour ».
Le succès rencontré par ce conte écologique se poursuit depuis plus de vingt ans, preuve s'il en est que les problématiques liées à la préservation de la biodiversité rencontrent dans l'opinion publique un écho durable.
Puisse cet écho aller crescendo dans le temps !
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ClaireG
07 septembre 2015
En route pour une chasse dans la forêt amazonienne à la saison des pluies !
Les glissades dans la gadoue, les ouistitis curieux et voleurs, le silure-perroquet pas méchant mais mortellement affectueux, les crotales au venin tueur, puis aussi, dès que la pluie s'arrête, les nuées de moustiques qui s'insinuent partout, tous ces plaisirs ne sont annoncés dans aucun prospectus de voyagiste !
Pourtant, ceci n'est que le hors-d'oeuvre. La pièce principale est une maman jaguar devenue enragée à la découverte de ses petits assassinés et dépiautés par un affreux chasseur blanc. Elle est un danger pour le petit village d'Antonio José Bolivar, l'homme qui connaît la forêt et tous ses habitants, hommes et animaux. Il a quitté ses amis Shuars pour vivre en bordure du hameau et son plus grand plaisir est de déchiffrer des romans d'amour qui font souffrir mais qui finissent bien.
A contre-coeur, il finira par tuer l'animal, sans aucune fierté. Puis il retournera à son livre dont les mots lui font, parfois, oublier la barbarie des hommes.
Ce petit livre est un enchantement, un chant pour la préservation de la plus grande forêt du monde, une réflexion sur l'arrivée inévitable de la "civilisation" et de la cupidité des gringos.
Un petit bonheur qui se déguste lentement comme un bon café très noir.
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palamede
03 mai 2016
Cet homme a compris que la lecture est un remède à la vieillesse, et ce n'est pas là son unique qualité. Car avant de lire des romans (en fait des romances, personne n'est parfait), Antonio José Bolivar a appris la nature sauvage de ceux qui la peuplent. Il est l'antithèse du chasseur blanc, un braconnier tué par une femelle jaguar, devenue féroce après qu'il a abattu ses petits par vénalité. le fauve contre lequel Antonio engage un combat - qu'il est le seul à pouvoir gagner - pour protéger de sa vengeance instinctive et légitime ses amis les Shuars, peuple de la forêt amazonienne.
Ce roman du facétieux Luis Sepúlveda est une fable écologique qui se garde de tout angélisme. Dans ce domaine, on sait que la naïveté des remèdes peut se révéler pire que le cynisme des profiteurs. Souhaitons que ce tout petit livre - qui rend hommage à Chico Mendès, défenseur de la forêt amazonienne assassiné - très grand par sa poésie et puissant par son message, sensibilise utilement ses bienheureux lecteurs à l'indispensable nécessité de préserver notre terre.
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Sando
03 juin 2014
Antonio José Bolivar Proano a appris à vivre au rythme de la forêt amazonienne. le peuple des Shuars lui a enseigné l'art de la chasse, de la pêche et de la survie sur ce territoire sauvage et impitoyable, hostile à celui qui ne le respecte pas. Avec l'âge, le vieil homme a choisi de s'installer dans le petit village d'El Idilio, régit par un maire idiot et qui voit passer des aventuriers avides de gloire et des chercheurs d'or. Au fond de sa cabane, Antonio s'adonne à son plus grand plaisir : lire des romans d'amour, ceux qui parlent de passions ardentes et qui font souffrir jusqu'aux larmes. Mais sa tranquillité va être perturbée par la découverte d'un gringo retrouvé mort par les Shuars. Les traces sur le corps de l'homme ne font aucun doute, un jaguar a eu raison de son sort. L'inconscient n'aurait pas dû s'en prendre à ses petits… A présent, la femelle guette, folle de douleur et avide de vengeance. Antonio se retrouve chargé de traquer l'animal et de mettre fin à la menace qu'il représente. S'engage alors un combat à mort entre l'homme et la bête…

Avec ce premier roman, Luis Sepulveda signe une fable enchanteresse où se mêle la beauté d'une nature majestueuse à la cruauté d'un monde souillé par l'homme. Celui-ci apparaît dans toute sa dualité : bon, respectueux et humble quand il est incarné par Antonio ou les Shuars, barbare, vaniteux et cruel quand il s'agit du maire et autres aventuriers poussés par les promesses d'une richesse facile. On s'attache et s'émeut face à ce petit vieux sentimental, plein de sagesse et d'humilité qui fuit la barbarie des hommes en lisant des romans d'amour ! J'ai été bouleversée par ce combat désespéré et sans victoire possible entre l'homme et la bête. Une issue au goût amer, où l'on ne désire la défaite d'aucun des deux adversaires … A travers le récit de cette tragédie, Luis Sepulveda délivre un message empli d'humanité et d'amour pour une terre qui l'a abrité, protégé et qui souffre à présent, colonisée par l'homme. Un conte plein de poésie et de beauté, qui cache un message écologiste et un véritable appel au secours.
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domisylzen
31 août 2016
Antonio José Bolivar lit des romans d'amour pour échapper à la connerie humaine, à tous ces hommes qui souillent l'Amazonie. Cette fois-ci c'est un gringo qui a tué des petits d'ocelots mettant la mère dans une fureur telle, qu'elle l'a tué en le défigurant. Et pour elle, pas de répit, les hommes ont tous la même odeur. Alors elle est en chasse.
Le maire, même s'il n'aime pas Antonio, doit bien reconnaître qu'il est l'homme de la situation. Il a vécu parmi les Shuars, il connait et respecte la forêt et ses habitants comme personne. Il sait se cacher et interpréter les signes, lui seul peut combattre le fauve.
Un très court roman naïf qui fait du bien, un roman pour la gloire de la nature que les hommes se croient bon de piétiner. Un roman ou la maman ocelot est folle de chagrin et de douleur ou le se prend à espérer que les hommes ne la trouveront pas. C'est un joli conte écologique qui nous assure un dépaysement complet.
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Citations & extraits (152) Voir plus Ajouter une citation
filippofilippo28 mai 2017
Il éteignit la lampe. Il s'allongea sur les sacs dans le nor,... et laissa toutes ses pensées s'apaiser comme les cailloux quand ils touchent le fond du fleuve.
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ArakasiArakasi21 mai 2014
Ne sois pas vaniteux, Antonio José Bolivar. Souviens-toi que tu n'es pas un chasseur, que tu as toi-même toujours refusé ce qualificatif, et que les félins suivent les véritables, les authentiques chasseurs à l'odeur de peur et de sexe en érection qui émane d'eux. Non, tu n'es pas un vrai chasseur. Souvent les habitants d'El Idilio parlent de toi en t'appelant le Chasseur, et tu leur dis que ce n'est pas vrai, parce que les chasseurs tuent pour vaincre la peur qui les rend fous et les pourrit de l'intérieur. Combien de fois tu as vu apparaître des bandes d'individus enfiévrés, bien armés, qui s'enfonçaient dans la forêt. Quelques semaines plus tard tu les voyais revenir avec des ballots de peaux de fourmiliers, de loutres, d'ours à miel, de boas, de lézards, de petits chats sauvages, mais jamais avec la dépouille d'un véritable adversaire comme la femelle que tu attends. Tu les as vu se saouler devant leurs tas de peaux pour dissimuler la peur que leur inspirait la certitude d'avoir été vus, sentis et méprisés par un ennemi digne de ce nom dans les profondeurs de la forêt.
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tuoyalatactuoyalatac14 février 2015
Il reçut le choc des pattes de devant et roula le long de la pente en tournoyant sur lui-même.
Nauséeux, il se releva en brandissant sa machette à deux mains, et attendit le combat final.
Au-dessus de lui, la femelle agitait frénétiquement la queue. Ses petites oreilles vibraient, captant tous les bruits de la forêt, mais elle n'attaquait pas.
Surpris, le vieux bougea doucement pour récupérer son fusil.
- Pourquoi tu n'attaques pas ? c'est quoi, ce jeu ?
Il arma les percuteurs et visa. A cette distance, il ne pouvait la rater.
Là-haut, la bête ne le quittait pas des yeux. Soudain, elle poussa un rugissement triste et fatigué, et se dressa sur ses pattes.
La réponse affaiblie du mâle se fit entendre, tout près, et le vieux n'eut pas de mal à le repérer.
Plus petit que la femelle, il était étendu à l'abri d'un tronc d'arbre mort. Sa peau collait aux os et un coup de feu lui avait presque arraché une cuisse. Il respirait à peine et l'on voyait que son agonie était très douloureuse.
- C'est ça que tu voulais ? Que je lui donne le coup de grâce ? cria le vieux, et la femelle disparut dans la végétation.
Il s'approcha du mâle blessé et lui caressa la tête. L'animal souleva lourdement une paupière. En examinant plus attentivement la blessure, le vieux vit que les fourmis avaient commencé à le dévorer.
Il posa les deux canons du fusil sur le poitrail de l'animal.
- Excuse-moi, camarade. cette ordure de gringo nous a tous gâché la vie. Et il tira.
Il ne voyait pas la femelle, mais il la devinait au-dessus de lui, cachée, secouée par des sanglots presque humains. p.124
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Mia_ouMia_ou10 août 2011
"- De quoi ça parle?
- De l'amour.
A cette réponse du vieux, il se rapprocha, très intéressé.
- Sans blague? Avec des bonnes femmes riches, chaudes et tout?
Le vieux ferma le livre d'un coup sec qui fit trembler la flamme de la lampe.
- Non. Ca parle de l'autre amour, celui qui fait souffrir."
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JeannepeJeannepe27 septembre 2016
Le roman commençait bien.
« Paul lui donna un baiser ardent pendant que le gondolier complice des aventures de son ami faisait semblant de regarder ailleurs et que la gondole, garnie de coussins moelleux, glissait paisiblement sur les canaux vénitiens. »
Il lut la phrase à voix haute et plusieurs fois.
– Qu’est-ce que ça peut bien être, des gondoles ?
Ça glissait sur des canaux. Il devait s’agir de barques ou de pirogues. Quant à Paul, il était clair que ce n’était pas un individu recommandable puisqu’il donnait un « baiser ardent » à la jeune fille en présence d’un ami, complice de surcroît.
Ce début lui plaisait.
Il était reconnaissant à l’auteur de désigner les méchants dès le départ. De cette manière, on évitait les malentendus et les sympathies non méritées.
Restait le baiser – quoi déjà ? – « ardent ». Comment est-ce qu’on pouvait faire ça ?
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