AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

François Maspero (Traducteur)
ISBN : 202021783X
Éditeur : Seuil (15/03/1995)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 307 notes)
Résumé :
Un garçon de seize ans lit Moby Dick et part chasser la baleine. Un baleinier industriel japonais fait un étrange naufrage à l'extrême sud de la Patagonie. Un journaliste chilien exilé à Hambourg mène l'enquête et ce retour sur les lieux de son adolescence lui fait rencontrer des personnages simples et hors du commun, tous amoureux de l'Antarctique et de ses paysages sauvages. Il nous entraîne derrière l'inoubliable capitaine Nilssen, fils d'un marin danois et d'une... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
andman
08 novembre 2013
Contrairement à bon nombre de lecteurs, je n'ai guère été enthousiasmé par « le Monde du Bout du Monde » et place ce court roman de Luis Sepúlveda loin derrière deux découvertes récentes du même auteur.
Par le plus grand des hasards la baleine Chaudron et Luis Sepúlveda ont été contraints à la même époque, milieu des années 70, de fuir des ennemis certes différents mais tout aussi féroces : les chasseurs scandinaves et les militaires chiliens.
Tandis que le grand mammifère marin descendait l'Atlantique pour trouver refuge dans les eaux du Pacifique sud, l'opposant politique à la dictature du général Pinochet, en sens inverse, émigrait vers l'Europe.
Journaliste free-lance basé à Hambourg, Sepúlveda travaille régulièrement avec Greenpeace. Au printemps 1988, un mystérieux correspondant alerte l'organisation écologique de la présence dans les eaux chiliennes d'un navire-usine japonais, à proximité des baleines Chaudron en danger imminent d'extinction.
Mêlant réalité et fiction, « le Monde du Bout du Monde » décrit le long voyage du journaliste jusqu'à l'archipel de la Terre de Feu et sa rencontre avec les cétacés.
Malheureusement pour le lecteur, le militant écologiste prend rapidement le pas sur l'écrivain.
Avec sa verve habituelle Sepúlveda dénonce pêle-mêle le pillage des océans, le massacre des indiens, la déforestation massive des cordillères côtières, l'irrationalité des essais nucléaires français sur l'atoll de Mururoa…
Ses positions affirmées sont certes louables mais donnent plusieurs fois l'impression de meubler le roman. Celui-ci manque de magie mais pas de lourdeurs, ainsi l'énumération fastidieuse des innombrables canaux et fjords empruntés par Luis et ses compagnons pour atteindre les baleines. Le lecteur depuis longtemps perdu dans ce labyrinthe aquatique s'en serait bien passé.
Il ne suffit pas d'avoir lu « Moby Dick » dans sa jeunesse, d'avoir effectué l'année de ses seize ans un périple initiatique sur un baleinier et d'aimer les grands mammifères marins, pour faire des terres australes son jardin.
Vers la moitié du livre, comme s'il prenait conscience de ses carences fuégiennes, Sepúlveda parle de son aîné Francisco Coloane qui, fort de son vécu dans ces contrées inhospitalières, savait mieux que quiconque raconter des histoires extraordinaires.
Rendre hommage à l'ami écrivain passe encore mais retranscrire dans le détail « L'iceberg de Kanasaka », une nouvelle de Coloane, dénote pour le coup un manque flagrant d'inspiration.
Jeunes et moins jeunes, lisez les formidables nouvelles de Francisco Coloane dans « Cap Horn » et « Tierra del Fuego » !
« le Monde du Bout du Monde » de Luis Sepúlveda est comparativement bien fade et, de mon point de vue, d'un intérêt limité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          656
Palmyre
02 septembre 2014
Extrême sud de la Patagonie, un adolescent est fasciné par les baleines après avoir lu Moby Dick. Il décide alors de s'approcher le plus près possible de ce mammifère. Il convainc un capitaine de le prendre avec lui sur son bateau.
Une vingtaine d'année plus tard, au milieu des années 80, on retrouve un homme devenu journaliste à Hambourg. Mais un évènement va le ramener vers ces contrées sauvages: le naufrage d'un baleinier industriel japonais au sud de la Patagonie.
Les magnifiques descriptions de paysage nous invite à vivre l'aventure au plus près. Ce livre ne nous laisse pas indifférent face au combat perpétuel pour la sauvegarde des espèces.
A découvrir!
Commenter  J’apprécie          420
pdemweb1
21 novembre 2014
Ce court roman est un roman d'aventures et engagé.
Luis Sepulveda dénonce la chasse à la baleine, holocauste des peuples de la Patagonie.
Luis Sepulveda est un bon conteur car il a été facile d'adhérer pour ces causes, car il arrive à donner à ses personnages , le ton du témoignage grâce au personnage central qui est journalste.
Ce court roman m'a rendu sensible à ces deux causes.
Luis Sepulveda m'a motivé pour découvrir et Moby Dick , et Franscisco Coloane.
Commenter  J’apprécie          404
OlivierH77
02 décembre 2015
Un journaliste d'origine chilienne vivant à Hambourg se remémore les côtes du Chili, où enfant, bercé par la lecture de Moby Dick, il a navigué comme aide-cuisinier avec des chasseurs à la baleine…s'émerveillant des paysages, découvrant l'amour de la mer et des marins, mais aussi renonçant à embrasser ce métier devant cette atteinte à la vie animale.
Dans ces années 80, indigné par la ruse diabolique d'un gigantesque bateau-usine japonais pour poursuivre sans vergogne, en violation des traités internationaux, la chasse à la baleine, avec des méthodes industrielles, cruelles et non ciblées (des bébés dauphins sont victimes de la boucherie), touché par l'agression d'une amie militante écologiste qui avait découvert cette fraude et s'apprêtait à la dénoncer, il décide de traquer ce navire, le Nishin Maru et son capitaine Tanifugi sur les eaux froides chiliennes.
Il s'embarque donc à bord du Finisterre, commandé par le capitaine Nilssen, où il assistera aux confins de l'antarctique à une scène de carnage aveugle où les animaux vont pourtant se défendre avec l'energie du désespoir et se sacrifier pour leurs défenseurs humains.
Ce livre a le ton et l'allure d'un reportage, où Sepulveda, s'incarnant dans la peau de ce journaliste, scande ses convictions et son indignation devant les atteintes à l'environnement, les trafics, l'immobilisme voire la complicité des Etats qui mettent en péril la survie de nombreuses espèces animales.
Pour moi qui suis naturellement sensible au propos, j'avoue m'être ennuyé. Je rejoins les quelques critiques, minoritaires il est vrai, qui reprochent à l'auteur d'avoir pioché à droite, à gauche, des textes, citations d'auteurs, Francisco Coloane par exemple, de s'appuyer sur des faits divers (le coulage du Raimbow Warrior) par exemple…La rythme est ralenti, on a du mal à entrer dans l'histoire, qui prend vite un tour assez soporifique…
Reste néanmoins une voix précieuse pour la lutte contre la destruction de la vie animale à grande échelle, à l'heure où les japonais, en pleine COP21, et au mépris des conventions internationales, relancent la chasse à la baleine. Trente ans après la publication de ce livre, on en est au même point…désespérant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
le_Bison
04 mars 2012
L'histoire commence comme un conte pour enfants. Un jeune chilien de 17 ans découvre « Moby Dick » de Herman Melville et s'émerveille de cette aventure passionnante. Pendant ses longues vacances scolaires, il décide donc de partir seul tout au sud pour embarquer sur un baleinier et découvrir véritablement l'âme de son pays. le Sud, la mer, Terre de Feu et la Patagonie, les dauphins et baleines... Que d'histoires à raconter à ses camarades restés pour bronzer à la plage et tourner autour des filles...Cependant, parce que Luis Sepúlveda reste un des plus fervents défenseur de la Nature, le roman change radicalement de cap et prend une nouvelle tournure : celle d'un thriller écologique.
Troisième lecture de cet auteur, et je reste toujours aussi subjugué par ses décors. J'arrive à ressentir ces embruns et ce vent glacial qui me fouette sèchement le visage pendant que je prends mon quart sur la passerelle. Je garde les yeux bien grand ouvert en regardant défiler des images de Terre de Feu et en espérant apercevoir au loin un de ces souffleurs si majestueux et magiques. Mais avec Luis, le voyage n'est jamais gratuit. Il me fait prendre conscience des atrocités humaines : la déforestation et la pollution des terres me faisaient déjà frémir dans « le neveu d'Amérique » ou « le vieux qui lisait des romans d'amour », mais je découvre que les hommes peuvent se montrer encore plus irrespectueux et atrocement barbares envers mers et océans.
Ces atrocités, dont j'ignorais tout (ou du moins je ne voulais pas les connaître), me font terriblement peur. Pour moi il est déjà trop tard, mais pour mon fils... Quel monde vais-je lui laisser ? Quelle image aura-t-il de notre génération pour laquelle le mot d'ordre semble être « profit, profit, profit », sans concession aucune et sans pitié pour notre planète. Des peuples autochtones ont été rigoureusement anéantis, des forêts ont été entièrement décimées, des océans irrémédiablement pollués...Et dire que mers et forêts représentent la survie de l'espèce humaine, ce qui laisse présager du niveau d'intelligence de l'homo sapiens sapiens.
J'ai mauvaise conscience quand je lis Sepúlveda. Un malaise m'étreint et j'ai honte d'appartenir à l'espèce humaine et honte d'être français. Il arrive presque à me culpabiliser par certaines irresponsabilités de nos chers gouvernants élus « démocratiquement ». le Japon en prend pour son grade avec sa chasse à la baleine à outrance (le Chili aussi puisque c'est le gouvernement chilien qui délivre des droits sur la tuerie des animaux dans ses eaux territoriales, un concept bizarre, non ? de se sentir tellement supérieur au point de délivrer des permis de tuer sur des espèces en voie d'extinction) mais la France n'en est pas moins égratignée et ses agissements loin de ses frontières montrent bien sa politique dominante et supérieure qu'elle s'octroie (au nom de quoi ?).
De la mer et des fjords, des images du Chili et de la Patagonie, un roman d'aventures océanes et écologiques...Voilà tout ce qu'un roman de Luis Sepúlveda donne au lecteur. Mais cette fois, ce dernier ressort avec l'odeur nauséabonde d'une pourriture de chair et de sang gisant à la surface des mers. Il repart avec le sentiment d'un terrible gâchis humain anéantissant les ressources océanes. La mer peut-être belle, soyeuse et magique, du moment qu'elle reste vide de toute présence humaine...
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          241
Citations & extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
andmanandman01 novembre 2013
Rien n'est plus beau qu'un voilier qui fend les mers en silence, et c'est dans ce même silence qu'en décembre 1985 des amis venus du monde entier avait remorqué le Rainbow Warrior endormi jusqu'à la baie de Matauri, au large de la côte néo-zélandaise : là, au cours d'une cérémonie maorie, ils l'avaient laissé s'enfoncer vers les profondeurs marines, vers le havre abyssal dont il avait besoin pour s'unir à la vie pour laquelle il avait lutté.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          410
pdemweb1pdemweb121 novembre 2014
Page 29
A Santiago, parmi mes amis, j'avais la réputation d'être un bon 'raconteur' de film. Il était cinq heures de l'après midi quand j'ai commencé à raconter, timidement d'abord, l'épopée de capitaine Achab. Les deux hommes m'écoutaient en silence et pas seulement eux; aux autre tables, les conversation s'étaient interrompues, et peu à peu, les clients se sont rapprochés de la nôtre. Je racontait et je luttait avec ma mémoire. Elle ne pouvait pas me trahir. Les hommes avaient compris que je me concentrais sur quelque chose qui les concernait et sans faire de bruit ils ont renouvellé plusieurs fois mon verre de chicha de pomme. J'ai parlé deux heures durant. Qu'Herman Melville si cette version de son roman s'est trouvée agrémentée de quelques trouvailles de mon cru, mais à la fin tous les hommes montraient des visages pensifs et , après m'avoir donné des tapes sur les épaules, ils ont regagné leurs tables.
- Moby Dick . Dites donc, a soupiré le Basque
Ils ont demandé l'addition. Ils ont payé. J'avais la certitude amère que mon aventure s’arrêtait là
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
le_Bisonle_Bison05 mars 2012
Nous avons vu un bateau-usine de plus de cent mètres de long, avec plusieurs ponts, arrêté, mais ses machines tournant à plein régime. Nous nous sommes approché pour reconnaître le pavillon japonais qui pendait à la poupe. A un quart de mille, nous avons reçu un tir d’avertissement et l’ordre de nous éloigner. Et nous avons vu ce que faisait ce bateau. « Ils aspiraient la mer avec des tuyaux d’environ deux mètres de diamètre. Ils sortaient tout, en provoquant un courant qu’on a senti sous notre quille, et après le passage de la suceuse la mer n’était plus qu’une espèce de soupe noirâtre et morte. Ils sortaient tout, sans s’arrêter à penser aux espèces interdites ou sous protection. La respiration presque paralysée par l’horreur, nous avons vu plusieurs bébés dauphins se faire aspirer et disparaître. « Et le plus horrible, ç’a été de constater que par un trop-plein fixé à l’arrière ils rejetaient à l’eau les déchets de la boucherie. « Ils travaillaient vite. Ces bateaux-usines sont l’une des plus grandes saloperies inventées par l’homme. Ils ne vont pas sur les bancs. La pêche, ça n’est pas leur affaire. Ils cherchent la graisse ou l’huile animales pour l’industrie des pays riches et, pour arriver à leurs fins, ils n’hésitent pas à assassiner les océans.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
OlivierH77OlivierH7702 décembre 2015
Il restait très peu de lumière, mais ça suffisait pour reconnaître le style de chasse du capitaine Tanifuji. Vous avez déjà entendu parler de la chasse aux chevaux à l'australienne ? C'est très simple : on repère en hélicoptère les troupeaux de chevaux sauvages et on attend la nuit. Alors de puissants projecteurs rendent les chevaux fous de peur, ils se mettent à galoper en rond et les chasseurs les mitraillent du ciel.
"C'était pour ça que Tanifugi avait attendu l'hélicoptère à Corcovado. Et ici, dans la grande baie, il mitraillait les baleines qui arrivaient, curieuses, à l'appel des projecteurs.
"Au matin, les Japonais continuaient à hisser à bord des baleines mortes. Nous les avons vus en charger une vingtaine à la file, et ils avaient travaillé toute la nuit sans relâche : impossible, donc, de savoir combien ils en avaient tué. L'eau de la baie puait le sang et les lambeaux de peau flottaient partout.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
OlivierH77OlivierH7729 novembre 2015
"Ils aspiraient la mer avec des tuyaux d'environ deux mètres de diamètre. Ils sortaient tout, en provoquant un courant qu'on a senti sous notre quille, et après le passage de la suceuse la mer n'était plus qu'une espèce de soupe noirâtre et morte. Ils sortaient tout, sans s'arrêter à penser aux espèces interdites ou sous protection. La respiration presque paralysée par l'horreur, nous avons vu plusieurs bébés dauphins se faire aspirer et disparaître.
"Et le plus horrible, ç'a été de constater que par un trop-plein fixé à l'arrière ils rejetaient à l'eau les déchets de la boucherie.
"Ils travaillaient vite. Ces bateaux-usines sont l'une des plus grandes saloperies inventées par l'homme. Ils ne vont pas sur les bancs. La pêche, ça n'est pas leur affaire. Ils cherchent la graisse ou l'huile animales pour l'industrie des pays riches et, pour arriver à leurs fins, ils n'hésitent pas à assassiner les océans.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Videos de Luis Sepúlveda (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Luis Sepúlveda
Présentation Dernières nouvelles du Sud par Luis Sepulveda et Daniel Mordzinski .Une présentation en images du dernier livre de Luis Sepulveda et Daniel Mordzinski, Dernières nouvelles du Sud. En route pour la Patagonie...
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
autres livres classés : littérature chilienneVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Le monde du bout du monde de Luis Sepúlveda

Quel âge a le garçon ?

16 ans
12 ans
15 ans

10 questions
1 lecteurs ont répondu
Thème : Le monde du bout du monde de Luis SepúlvedaCréer un quiz sur ce livre
. .