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François Gaudry (Traducteur)
ISBN : 2020315491
Éditeur : Seuil (19/03/1998)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 163 notes)
Résumé :
Enfant, Luis Sepúlveda a fait une promesse à son grand-père : retourner un jour en Andalousie, à Martos, le village d'où celui-ci partit pour l'Amérique. Mais avant d'y parvenir, notre infatigable voyageur aura parcouru le continent latino-américain en pratiquant toutes sortes de métiers. Il aura rencontré nombre de gens aux destins singuliers. Il aura subi les systèmes totalitaires et vécu quelques histoires aux allures fantastiques.
Avec ces récits, Luis Se... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
06 février 2016
Fabuleux conteur que Luis Sepulveda.
Je continue la lecture de son oeuvre avec un plaisir sans cesse renouvelé.
Ce qui l'intéresse, c'est rencontrer les gens, partager du temps et des histoires toujours un peu extraordinaires. Chaque histoire de chaque livre est une pièce du puzzle de sa vie.
Ici, il est question d'une promesse faite, à 11 ans, à son grand-père, anarchiste espagnol, en exil au Chili, d'aller un jour à Martos trouver ses racines andalouses.
Etre communiste sous la dictature de Pinochet signifiait recevoir un "billet pour nulle part" Nulle part, ce fut la prison de Temuco où Sepulveda séjourna durant 942 jours. Il y retrouva "presque la totalité du corps enseignant des universités du sud" et, ensemble, ils créèrent le "Grand Amphithéâtre de l'Athénée de Temuco" où ils échangèrent leurs disciplines respectives entre deux séances de torture. Libéré en juin 1976 à l'initiative d'Amnesty International, Sepulveda dut s'exiler mais il le fit par le chemin des écoliers, en sillonnant le vaste continent sud-américain.
Tout est prétexte à histoires ; que ce soit celle d'une gare de Patagonie où l'horloge, arrêtée par une balle perdue, marque à jamais neuf heures vingt-huit en souvenir de la rébellion de 1920, que ce soit à Machala (Equateur) où le lieu-dit La Olla est le dépotoir puant de millions de bananes impropres à l'exportation, que ce soit le souvenir de sa rencontre avec l'écrivain britannique, Bruce Chatwin,, grand amoureux de la Patagonie, qui n'écrivait que dans des carnets de moleskine, comme Céline et Hemingway, ou encore une simple soirée de concours de mensonges ou le transport d'un mort congelé dans un coucou pourri trop petit pour le corps. Tout est bon pour appeler la liberté par son nom, pour boire jusqu'à plus soif, du moment que chacun donne le meilleur de lui-même..
Une autre histoire étonnante est celle de cet ancien professeur d'université de Buenos Aires que son passé nazi fit se perdre en Patagonie sous un nom espagnol et qui, le premier, en 1980, découvrit un trou dans la couche d'ozone. Ses travaux, vérifiés et attestés par les autorités scientifiques adéquates, reçurent le prix Nobel alternatif de physique en 1988. A défaut d'adresse valable, il ne fut pas honoré mais, de toutes façons, il hurlait à qui voulait l'entendre : "Dites à tous ces connards d'arrêter la pollution atmosphérique avant de décerner des prix. Les prix, c'est pour les reines de beauté".
Tous ces détours conduisirent finalement Luis Sepulveda à Martos, en Espagne, où grâce aux registres paroissiaux, il retrouva le plus jeune frère de son grand-père, vieillard cacochyme qui, quand il eut compris qui il était, s'écria : "Femme, apporte du vin, mon neveu d'Amérique vient d'arriver".
Avec Sepulveda tout commence et tout finit autour d'un verre. Celui de l'amitié et de la paix entre les hommes.
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andman
18 septembre 2013
« le neveu d'Amérique » s'apparente à un carnet de voyages fait de notes éparses sans vraiment de lien entre elles sinon qu'elles décrivent la vie de prisonnier puis d'aventurier de Luis Sépúlveda de 1975 à 1982.
L'auteur est né au Chili en 1949, mais une note introductive fait allusion à ses racines andalouses. L'année de ses onze ans Luis promet à son grand-père, un anarchiste anticlérical de Santiago, de se rendre un jour en Andalousie la terre de leurs ancêtres.
Amnesty International obtient en 1977 la libération de Sépúlveda de la sinistre prison de Temuco où il séjournait depuis plus de deux ans comme détenu politique. Contraint à l'exil, l'écrivain commence une vie d'errance à travers l'Amérique du Sud, essayant par des petits boulots d'économiser le prix du voyage pour l'Europe.
Les notes retracent ses pérégrinations de l'Equateur à la Patagonie en passant par la Bolivie, le Brésil et l'Argentine.
Avec un sens inné du contact, un goût pour les expériences pas toujours exemptes de risques, une attirance pour les petites gens et leurs histoires plus étonnantes les unes que les autres, l'écrivain chilien entraîne le lecteur dans une ronde américaine dynamique et dépaysante.
La tension est souvent palpable, la dictature est le dénominateur commun à ces pays sud-américains et l'auteur, épris de liberté, a bien du mérite à conserver un brin d'humour en toutes circonstances.
Deux éléments auraient rendu « le neveu d'Amérique » plus attrayant encore :
• Une carte détaillée de l'Amérique Latine : le nombre important de pays, régions et villes traversés oblige le lecteur à constamment se repérer en dehors du livre.
• Une chronologie précise des notes : le lien entre celles-ci n'est pas toujours évident à faire.
La dernière partie sur le sol andalou, jusqu'à la maison blanche du vieil oncle Don Angel, est bouleversante de bonheur contenu.
Luis a tenu sa promesse. Il pense à feu son grand-père, aux petits yeux malicieux, qui disait souvent : « Nul ne doit avoir honte d'être heureux ».
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domisylzen
05 janvier 2017
Si j'avais plutôt aimé, le vieux qui lisait des romans d'amour, je n'ai pas du tout accroché sur celui-là ...enfin pas trop. Pourquoi ? J'en sais trop rien. Trop décousu ? P'têt ben mon chéri. Ou p'têt j'ai pas trouvé de lien entre les divers récits, malgré tout quelques-uns ont retenu mon attention, notamment lorsqu'il se retrouve dans une famille qui veut le marié de force à la fille ainée ou quand son grand-père l'envoie pisser sur la porte des églises, ça a le don de me faire marrer. Pour le reste j'ai trouvé ça moyen moins. En l'ajoutant à mes livres, j'ai vu la note des membres de Babelio, qui avait l'air de le trouvé intéressant : doit être moi qui suis passé à côté.
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Under_The_Moon
20 avril 2014
Dans le Neveu d'Amérique, Luis Sepulveda nous raconte des épisodes qui ont marqué sa vie et on contribué en grande partie à faire de lui l'homme qu'il est devenu. Ce roman largement autobiographique est présenté comme un récit de voyage, spatial (à travers l'Amérique latine) et "émotionnel" (dans la prison chilienne pendant la dictature). A ceci près que contrairement à des récits de voyages plus " classiques", on sent quand même bien la griffe d'un écrivain et non celle d'un simple journaliste.
Une fois ce livre refermé, je ne peux pas nier que c'est un superbe récit de voyage, mais aussi un roman d'apprentissage. le tout servi avec beaucoup d'humour, ce qui ne gâche rien à la lecture.
La première image que l'auteur évoque est celle de son grand-père, un communiste anticlérical convaincu, qui fait uriner son petit-fils sur les portes des églises (sans doute une forme d'exorcisme marxiste contre "l'opium du peuple") . La figure du grand-père est primordial car c'est par lui que naîtra la volonté de révolte et de résistance, mais c'est aussi "pour" lui que Sepulveda entreprendra son périple à travers le contient sud-américain, pour finir en Andalousie, terre d'origine de son grand-père.
J'ai beaucoup apprécié ce récit que j'ai trouvé très riche. L'auteur réussi à embarquer son lecteur de la même façon, que ce soit avec ses souvenirs d'enfances, avec les descriptions affligeantes du système de torture sous la dictature chilienne. Et encore mieux : avec les anecdotes qu'il nous livre sur son voyage. A travers les exemples de quelques "personnages", l'auteur nous donne à voir un magnifique tableau des personnes qui peuplent ce continent. Et où l'Histoire de l'Amérique latine (lointaine ou récente) se retrouve dans les "tragédies" et les joies quotidiennes des habitants. En plus de la grande histoire, je trouve que les personnes qu'il a choisi de décrire reflètent bien "l'esprit" et la "philosophie" de vie des latinos.
Un récit beau et émouvant parfois dont je conseille la lecture.
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pdemweb1
01 mars 2015
Luis Sepulveda à regrouper ces récits en deux parties : l'origine des ces partis pris et, ces rencontres.
Ses témoignages directs sur les tortures et sur la dictature Chilienne ont beaucoup de forces. Ce ne sont pas avec des descriptions techniques, mais avec des échanges, des dialogues que Louis Sepulveda passent les messages sur la violence de la dictature Chilienne.
Ces rencontres sont avec des personnages ayant des caractères bien trempés. Luis Sepulveda arrive en quelques phrases à les définir, ce qui permet d'adhérer très facilement aux histoires de ces rencontres.
Luis Sépulvelda est un très bon conteur, il a su rendre vivante les rencontres relatées dans « le neveu d'Amérique »,( c'est très difficile d'e s'interrompre de lire au cours des nouvelles ) et c'est une très bonne idée de sa part d'avoir partagé ses notes de voyages en Amérique du Sud, même si les lieux sont difficilement identifiables , ou la chronologie n'est pas respectée.
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MahaDeeMahaDee31 mars 2017
Nous marchions dans Santiago un matin d'été. Mon grand-père m'avait déjà payé six limonades et autant de glaces qui me gonflaient l'estomac et je savais qu'il guettait le moment où j'aurais envie d'uriner. Peut-être se faisait il véritablement du souci pour mes reins lorsqu'il me demanda :
- Alors, petit ? Tu as pas envie de pisser, bordel ? Avec tout ce que tu as bu !...
Ma réponse logique, celle que j'avais l'habitude de souligner en serrant les jambes, aurait dû avoir l'accent d'une affirmation dramatique. Et lui, crachant le mégot de Farias qui pendait à ses lèvres, aurait soupiré avant de s'exclamer sur le ton le plus didactique :
- Attends, petit. Attends et retiens-toi jusqu'à ce qu'on trouve la bonne église.
Mais ce jour-là, j'avais décidé de mouiller mon pantalon, s'il le fallait, plutôt que de supporter encore une fois les engueulades d'un curé. Le gag consistant à me remplir de limonade pour ensuite me faire pisser à la porte des églises, nous l'avions maintes fois répété depuis que j'avais commencé à marcher et le vieux avait fait de moi son compagnon d'aventures, le petit complice de ces mauvais coup d'anarchiste à la retraite.
Que de portes d'églises j'avais arrosées ! Et combien de curés et de bigotes avaient pu m'insulter !
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le_Bisonle_Bison16 janvier 2014
Río Mayo est une petite ville de la Patagonie argentine, balayée jour et nuit par un vent violent qui arrive de l’Atlantique en soulevant dans la pampa des tonnes de poussière, des arbustes de calafate et des touffes de coirón. Les tourbillons de poussière sont tels que d’un trottoir à l’autre on ne se voit pas.

En 1977, durant la dictature militaire argentine, un colonel du régiment des Fusiliers du Chubut eut une idée géniale - génie militaire, il va de soi - pour empêcher d’éventuelles manifestations de conspirateurs. A chaque carrefour, il fit accrocher aux poteaux de l’éclairage des haut-parleurs qui bombardaient la ville de musique militaire - qu’on me pardonne de l’appeler musique - de sept heures du matin à sept heures du soir. Lorsque l’Argentine réintégra la communauté internationale, malgré une démocratie sous haute surveillance, les nouvelles autorités ne voulurent pas retirer les haut-parleurs pour éviter de contrarier les militaires, si bien que la population de Río Mayo continua d’endurer douze heures quotidiennes de bombardements de décibels. Depuis 1977, les oiseaux de Patagonie évitent de survoler la ville et la plupart des habitants souffrent de problèmes auditifs.
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andmanandman19 septembre 2013
Temuco est une ville triste, grise et pluvieuse. Nul ne l’imaginerait destinée au tourisme, et pourtant le régiment Tucapel devint une sorte de congrès international de sadiques. Outre les militaires chiliens, qui tant bien que mal étaient les amphitryons, assistaient aux interrogatoires des primates de l’intelligence militaire brésilienne - les pires -, des Américains du Département d’Etat, des paramilitaires argentins, des néo-fascistes italiens et même des hommes du Mossad.
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andmanandman15 septembre 2013
Dès le premier instant j’eus l’impression que cette femme sortait d’une peinture baroque ; les maîtres du baroque avaient peint des naines aux formes généreuses. C’était comme si l’un d’eux, ayant bizarrement perdu le sens des proportions, avait représenté Aparicia sous les traits d’une grande femme opulente, puis l’avait extraite du tableau afin de ne pas trahir l’école.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon21 avril 2014

Les deux gringos, (…), ont consacré une grande partie de leur vie aux activités bancaires, lesquelles, comme on le sait, peuvent se pratiquer de deux manières : en étant banquier ou pilleur de banques. (…) Ils le (l'argent) partageaient avec des actrices de Baltimore, des cantatrices de New York, des cuisiniers chinois de San Francisco, des prostituées au teint chocolat des bordels de Kingston ou de La Havane, des voyantes et des sorcières de La Paz, des poétesses douteuses de Santa Cruz, des muses mélancoliques de Buenos Aires, des veuves de marins de Punta Arenas, et finirent par financer d'impossibles révolutions en Patagonie et en Terre de Feu.
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Videos de Luis Sepúlveda (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Luis Sepúlveda
Présentation Dernières nouvelles du Sud par Luis Sepulveda et Daniel Mordzinski .Une présentation en images du dernier livre de Luis Sepulveda et Daniel Mordzinski, Dernières nouvelles du Sud. En route pour la Patagonie...
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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